‹ Cours complet de météorologieChapitre 170 sur 194 · GLOBES ENFLAMMÉS · texte numérisé non relu

GLOBES ENFLAMMÉS

NOMBRE DE OLORES ENFLAMMÉS DANS CnAQPB MOIS.

Janvier . .

Juillet

Février . .

Août

Mars. . . .

Septembre. . .

Avril . . .

Octobre ....

Mai. . . .

Novembre. . .

Juin. . . .

Décembre. . .

Le plus grand nombre se montre en novembre , le plus petit en juin; sans doute en été la longueur des jours fait qu’un grand nombre de ces météores passe inaperçu ; toutefois il faut observer que leur fréquence est plus grande en automne qu’au printemps. En août, où les étoiles filantes sont communes, il y a aussi beaucoup de globes enflammés.

APPARSNCSS BES GX^BES EXn’XJUOMés. — Leur éclat surpasse celui de la lune ; quelques-uns étaient si brillants , même de jour, qu’ils produisaient une ombre. Leur lumière est d’un blanc éblouissant ou bien rougeâtre; on y remarque aussi d’autres couleurs plus ou moins distinctes.

Pendant qu’ils traversent l’atmosphère, des flammes, des étin^ celles' et de la fumée partent de tous les côtés; quelquefois ils semblent s’éteindre en toinbant, puis s’allument de nouveau après avoir émis beaucoup de vapeur et de fumée : quand ils traversent l’atmosphère, ils se boiiVsouflent et éclatent avec bruit. ChUdni expliquait cette rupture par le développement et la dilatation de fluides intérieurs qui crèvent leur enveloppe. Lorsqu’on ne les voit pas éclater, c’est qu’ils sont trop élevés ou qu’ils se sont éloignés de l’atmosphère, et ont poursuivi leur route dans l’espaee. Quelquefois un globe enflammé se divise en un certain nombre de i^ragments , et chacun de ces fragments forme ün petit globe lumineux qui éclate ensuite à son tour; dans quelques-uns la masse, après avoir donné issue aux gaz intérieurs, s’affaisse sur elle-même, pnis se gonfle de nouveau pour éclater une seconde fois. Les globes qui font des bonds éclatent ordinairement au point qui sépare deux bonds successifs; ces explosions s’accompagnent de vapeur, de ' fumée, et l’on voit que le globe poursuit sa course, en jetant on nouvel éclat. L’ébranlement est tel quelquefois que les maisons tremblent, les portes et les fenêtres 8’ouvrent, et les assistants se figurent qu’il y a tremblement de terre. Quelquefois, dit Ohla- , dni , l’explosion n’est point remarquée , parce que la masse , après

avoir émis ses gaz, s'enveloppe d'une épaisse fumée qui masque sa clarté.

AÉROLITHES OU PIERRES MÉTÉORIQUES {Meieorsteine). — (juand le glol)e a éclaté, les morceaux tombent sur la terre; il y en a quel(|uefois beaucoup, témoins ceux qu’on ramassa près de L’Aigle le 2ü avril 4SÛ3, et près de Slanntrn le iî. mai 1 808. Ce|>endant ils peuvent tomber aussi sans se briser ; ces fragments sqnt connus t^us le nom d'aérolithes.

La plupart des aérolithos ont une forme générale toujours la même; suivant Scbreibe», c’est un prisme à quatre ou cinq pans inégaux ou une pyramide oblique. En dehors elles sont entourées d'une éçorce noire ou noirâtre qui parait avoir la même composition, chimique que le noyau, quoiqu’elle ait passé à l’état de scorie. Cette écorœ, dont l'épaisseur dépasse rarement 0'”'',5a, présente des inégalités; elle est noire et peu brillante, ou bien d’un brun noirâtre brillant comme si la pierre avait été endqite d'un vernis. Quelquefois 'eUe a un éclat métallique comme du fer fondu et peu oxydé ; ou bien l'aspect du bitume. L’écorce peut être tellement dure qu’elle fait Jeu avec le briquet; dans quelques pierres on trouve des couches, des veines et des taches de même nature que l’écorce. L’aérulithe semble avoir déjà été formé lorsqu’un nouveau bousouQement a ramené à l’intérieur une partie de l'écorce. Cette écorce n’a pas la moindre analogie avec un produit volcanique, et nous ne pouvons obtenir une croûte analogue qu’en fondant ces pierres à l’abri de l’acljon de l’air^ mais il est (lillicile de dire quel est celui de ses principes composants qui contribue le plus à la formation de cette envelop|)e. La composition de ces pierres est dilfércnte de celle de toutes les pierres qu’on trouve , à la surface du globe. D’après les analyses faites par M. Guttave Roie, les unes sont formées d’une masse grise dans laquelle on ne trouve d’autre substance que du fer métallique; les autres sont composées de substances diverses dont les unes blanches sont probablement du labrador (feldspath opalin) : les autres qui sont brunes ressemblent au pyroxène. • .

Si on les réduit en poudre, on peut, avec un aimant, en retirer environ 20 pour cent de fer et de nickel; l’analyse chimique y démontre encore les principes suivants : de l’oxygène, de l'hydrogène, du soufre, du phosphore, du carbone, de la silice, du chrême, du potassium, du sodium, du calcium, du magnésium, de l’aluminium, du fer, du roangan^, du nickel, du cobalt, du cuivre et de l’étain. Suivant M. BsneUui, ces dix-huit substances élémentaires y 'forment les composés suivants -

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AÉR0LITHE8. 475

4<> Fer métaUiqu»^ coqtenant un peu de nickel, de cobalt, de magnésium, de manganèse, d'ètain, de Quiyre, de soufre et de carbone.

2“ Sulfure de fer avec proportion égale de soufre et de fer.

3® Fer magnétique. •

4® Olivine météorique; elle constitue la moitié du résidu qu’on obtient quand on a enlevé les métaux altérubles à l'uimunt; sa composition est la même que celle de l’oliviim terrestre.

5" Des silicates, des combinaisons de chaux, de magnésie, ii'oxy^ des de fer, de manganèse, d'argile, de soude et de potasse insolubles dans les acides, dans lesquelles l'acide silieique est en proportion double de tous les autres corps, et qui forment probablement deux minéraux, l’un pyroxénique, l’autre analogue à la leucite.

6® Chromate de fer, en petite quantité, mais constant.

7® Oxyde d'étain. '

MASSES SE FER MÉTÉORIQUES. — Quelquefois l’aérolithe tout entier est uniquement composé de fer métallique; toutefois ce cas est plus rare que celui où il n'en contient qu'une certaine quantité. Le 26 mai 1751 deux masses tombèrent près llradsebina, dans le comitat d’Agra : l’une pesait 3a, l’autre 8 kilogrammes. On en a trouvé dans d’autres pays qu’on n’a pas vues tomber du ciel, mais que leur forme et leur composition doivent faire considérer comme des aéroüthes. Une des plus connues est celle, que FalU» découvrit en Sibérie dans l’année 1771 , pt que lesTartares considéraient comme un objet sacré tombé du ciel; son |K)id^ était de 700 kilogrammes. On a trouvé des masses analogues ea Bohème, en Hongrie, au cap de Bonne-Espérance, au Mexique, au Pérou, au Sénégal, dans la baie de Baflin, etc., etc. Le fer est plein de cavités remplies de cristaux d’oiivine plus ou moins |iarfaits; ces cristaux enlevés, le résidu contient encore 90 pourcent de fer, quelques pour cent de nickel , pt je reste mérite à |>eine d’entrer en ligne de compte.

ORIGINE DES MÉTÉORES IGNÉS. — Comipe i|s se trouvent dans des régions inaccessibles à Hhomme , l’imagination a beau jeu pour forger des hypothèses que la raison ne saurait contrôler. Autrefois on alTirmait que les étoiles filantes étaient composées d’une matière gélatineuse, et l’on a souvent dit que les ditférentes espèces de Nostoch qu’on trouve sur les bords des rivières étaient des étoiles filantes. cbUdnî le premier fit voir que les globes enflammés et les étoiles filantes sont une seule et même chose, et ne différent que par leur grosseur. Depuis qu’il a prouvé aussi que des pierre» tombent du ciel, on a émis quatre hypothèses principales que nous allons exami nep.

llYPOTiiÈaE viTCA.MENNE. — On 0 soiitonu dans l’origine que ces pierres étaient vomies par les volcans de noire globe; mais ce système est insoutenable, car nos volcans ne pourraient les lancer à une grande hauteur, et leur composition diffère totalement des produits volcaniques.

PiERHES DE LA LUNE. — Quclques mathématiciens, x.aplace entre autres, ont cherché à prouver que ces pierres pouvaient être projetées par les volcans de la lune assez loin pour entrer dans la sphère d’attraction de la terre et tomber sur elle. Le calcul montre que, pour que cet effet ait lieu , il faudrait que la pierre eût une vitesse initiale de 3250 mètres par seconde, et qu’elle fît en deux jours et demi environ le trajet de la lune à la terre.

Malgré la possibilité du fait, d présente encore, suivant Olben, de graves difficultés; car le corps lancé par le volcan est soumis à cette force de projection, et én outre à celle qui résulte du mouvement de la lune et qui agit tangentiellement à l’orbite lunaire. Ainsi donc les corps graves lancés par les volcans de la lune et qui s’approchent de la terre , sont attirés par elle et décrivent une courbe. Pour que le corps tombe à la surface de la terre, il faut qu’il e.\iste un rapport déterminé entre la direction et la vitesse du projectile, et p>ar conséquent peu d’entre eux tomberont sur la terre. Suivant Olben , la vitesse initiale de 7000 à U 000 mètres par seconde, déterminée par Brandei, est aussi contraire à cette hypothèse : en effet, supposons que la pierre soit lancée par le volcan avec la vitesse de 2600 mètres seulement, elle arrivera avec une vitesse acquise de 11400 mètres. Or, les globes enffammés, parcourant environ 37000 mètres par seconde, devraient être lancés par la lune avec une vitesse de 32300 mètres environ, vitesse qu’on doit regarder comme tout à fait impossible.

Hypothèse atmosphérique. — D’autres physiciens ont admis que ces météores ignés étaient un produit de notre atmosphère ; et quoique chladnî ait rejeté cette explication , elle a cependant été soutenue par Egen, G. Fûcher et Ideleri le premier surtout a émis quelques considérations importantes en faveur de Cette opinion. Un grand nombre de métaux s’élèvent dans l’atmosphère à l’état gazeux ; ci si l’analyse chimique ne les retrouve pas, cela tient -uniquement à ce que leur quantité proportionnelle est trèspetite. 11 s’élève des usines métallurgiques de Clausthal annuellement plus de dix millions de kilogrammes de vapeurs composées d’eau, de plomb, de fer, de zinc, de soufre, d’arttimoine et d’arsenic; plusieurs de ces métaux ont été retrouvés par R. Brandet et Zimmermann dans l’eau de pluie. Ensuite Egen s’appuie surtout

ORIGDIE, DES AÉROUTHES. 477

sur les phénomènes qu’on a obser\’és pendant la formation dos météores ignés : ou bien le ciel était troublé par un nuage sombre ou brillant, ou bien des bandes blanches se réunissaient en une seule masse. H faut donc admettre qu’une force dont l’action s’accompagne de production do lumière , détermine la condensation des vapeurs dans les hautes régions de l’atmosphère, vapeurs qui deviennent visibles comme la vapeur d’eau passant à l’état do nuage, et qu’en même temps d’autres forces les poussent dans une direction qui n’est point celle de la pesanteur : cette force, suivant lui, c’est l’électricilé. Egen examine ensuite en détail les différentes circonstances qui accompagnent leur translation, et les déduit avec beaucoup de sagacité de son hypothèsç ; il dit que les météores ignés sont surtout communs quand l’atmosphère n’est pas dans son état normal. On peut lui objecter que cela provient de ce qu’alors on examine les phénomènes célestes avec plus d’attention. Il est en outre difficile de comprendre comment ces vapeurs, répandues dans un espace immense, peuvent se réunir en masses énormes et acquérir une vitesse considérable. D’autres objections, et en particulier celle que ChUdni tire des bonds de ces météores, tombent d’elles-mômes quand on tient compte de la résistance de l’air et de la force d’impulsion des gaz qui s’échappent du globe, puisque toutes les fusées volantes font aussi des bonds de ce genre.

Hypothèse cosmique. — Avant que l’on sût que les globes de feu ne sont que des masses de pierre et de fer incandescentes, Balley, Wallis, Bergmann et d^autres les regardaient comme des corps se mouvant dans l’espace, et que la terre rencontrait et attirait vers elle, cfaladni admit cette explication dès l’origine de ses recherches, et dans la suite il l’a toujours défendue; suivant lui, deux cas sont également possibles : ou ce sont des masses qui n’ont jamais appartenu à aucun astre , ou ce sont les débris d’une ancienne planète. Quoique ces deux hypothèses aient chacune leur degré de probabilité, Chladni regarde la première opinion comme la plus vraisemblable.

Un grand nombre d’observations prouvent qu’outre les grands corps célestes, il en est de petiLs qui se meuvent dans l’espace : tels sont les points et les traînées lumineuses que les astronomes ont souvent vus traverser le champ de leurs télescopes; telles sont aussi des masses opaques qù’on a remarquées pendant le jour devant le disque du soleil , et qui ont souvent une surface considérable. Suivant Chladni, CCS masses éparses sont de la matière primitive disséminée dans l’espace et destinée à former des mondes nouveaux; il croit aussi que ces nébuleuses, que le télescope ne peut

47* PHÉNOlfélfES PROBLÉMATIQUES.

pas décompoaor en étoiles, ne sont elles-mèmes que de la matière lumineuse très-dilluse répandue sur de grands espaces. Les comètes se distinguent de ces masses par leur petitesse, leur isolement et une densité plus considérable ; elles ne sont que des masses analogues aux nuages ou formées de poussière ou de vapeur dont les particules s’attirent mutuellement. Cette faible densité des comètes ne résulte pas uniquement de l'attraction, que les planètes les plus rapprochées exercent sur elles, mais encore de ce que l’on peut voir dM étoiles fixes à travers.

Il est possible aussi que oes masses proviennent d'astres détruits. Plusieurs observations prouvent qu’en effet des astres -ent die|)aru do la voûte des cièux , et la raison conçoit la possibilité de cette destruction. Lorsque des étoiles apparaissent douées d’un grand éclat, brillent pendant quelque temps pour disparaître ensuite, cela prouve, suivant ohladni, une violente combustion dans un corps que l’on doit ranger parmi les étoiles fixes. Telle est l'étoile qui , dans le onzième siècle, brilla pendant trois mois dans la constellation du Bélier d’un éclat variable, puis disparut pour toujours. La grande étoile rouge qui |iarut au printemps de près du Capricorne, diminua d’intensité vers la fin de juillet; l’étoile observée par Kepler dans la constellation d'Ophiucus fut visible du 10 octobre 1604 jusqu’au mois d’octobre 1605; la brillante étoile qui brilla pendant les années 945, 1264 et 1572 dans Cassiopée, appartient à la même catégorie. Si des planètes ou des comètes gravitent autour d’un astre semblable, ce développement subit de chaleur et de lumière doit avoir une grande influence sur elles. Quand la force agissant de dedans en dehors, qui tend à détruire un astre, vient à remporter sur l’attraction mutuelle de ses parties, il peut éclater : ainsi les quatre planètes télescopiques Cérès, Pallas, Junon et Vesta ne sont peut-être que les débris d’une grande planète. Si de pareilles explosions ont eu lieu , on comprend qu’un grand nombre de petits fragments doivent être projetés au loin.

Quelle que soit l’hypothèse que l’on embrasse, toujours est-il que le retour périodique d’un grand nombre d’étoiles filantes, qui semblent toutes partir du même point sans prendre part au mouvement de la terre, est un argument puissant en faveur de l'hypnc thèse cosmique. On peut admettre qu’outre les planètes et les comètes, des millions d’astéroïdes se meuvent autour du soleil, et deviennent visibles quand ils s’enflamment en entrant dans l'atmo-^ sphère terrestre. La plus grande partie abandonne probablement de nouveau l’atmosphère de la terre pour continuer sa révolution autour du soleil. Ces masses sont répandues dans l’espace, mais

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