VERSANT MÉRIDIONAL
Oa voit que cet nombres présentent de grandes différenees sur un même versant; toutefois l’on peut dire, d'une manière générale que la zone des rhododendrons a nne hauteur de 592 mètres sur le versant nord, et de 622 sur le versant sud. Ainsi , l'orientation a peu d'influenee sur les limites altitudinales des rhododendrons, qui, dans les Alpes Pennincs, paraissent être à peu près les mêmes sur les deux versants.
I.es montagnes isolées, telles que le Ventoitx en Provence , l’Etn^en Sicile , et le pic de Ténérilfe dans les Canaries, se prêtent singulièrement aux études de géographie botanique; alors une partie des causes perturbatrices que nous avons signalées tendent à disparaître. C'est sur ces montagnes que l'influence de l'exposition devient prédominante , car elle n'est point contre-ba lancée par les abris que forment les massifs environnants. Aussi sur res montagnes,quelques mesures barométriques sont-elles stiflisantes pour déterminer la limite d'une plante, tandis que sur de longues chaînes l’exactitude des résultats est en raison du nombre des observations dont les moyennes ont été déduites.
La nature du sol a quelquefois une influence égale à celle du climat ; ainsi en Norvège, le pin silvestre est, après le bouleau blanc, l’arbre qui s'avancè le plus vers le nord, il dépasse en particulier l'epicéa [Abies excelsn). Dans les Alpes,, c’est tout le contraire ; le pin silvestre s'arrête au pied des montagnes, tandis que la limite moyenne de VAbics excelsa est à 1800 mètres. C’est que le pin ne peut prospérer que dans un terrain sablonneux; or, le terraiu de
* Dans ce tableau les nombrea ont été rangés uniquement d'après leur grandeur, et les deux limites placées l’une en face de l'tiutre ne se rapportent pas nécessairement i la même localité.
4M NOTES DU TRADÜCTEUH.
transport cessant au pied des Alpes, le pin s'arrête k sa limite. Dana le nord au contraire, il se retrouve jusque dans les fiords les plus reculés de la I.jiponie.
Si Top veut faire la flore complète d'utussooa régetale, afin de savoir quelles sont les plantes qui lui sont propres et celles qui montent de la plaine ou descendent des régions supérieures, on éprouve les mêmes difficultés que pour la flore d'un )>ayt de plaine ; c’csi-à-dire que, malgré les recherches les plus persévérantes, on risque toujours d’étre incuiiiplei. 11 est bon dans ce cas de préférer un sommet isolé, parce qu’ulors les limites de la région sont mieux circonserhes, l'irotion du climat plus puissante et l'iuflueuce des régions avoi> siiiantM moins marquée, fiapiond a le premier dtmné vu esemple de ce genre de recherches, dans son mémoire intitulé : Etat de la végétation au sommet ilu pic du Midi de Bagnères, Ce sommet s'élève à 28(10 mètres au>desrus de la mer. Ilainund y fit trente-cinq ascensions en quinze années, et chaque fois il recueillait toutes les plantes qu'il y trouvait en fleur. Ca limite inférieure de ses herborisations élait k IG mètres au»dessout de la cime. Il y a constaté l'existence de 133 éspèces, dont 71 phanérogames et G2 cryptogames.
J'.ii fuit le même travail sur le sommet du Faulhorn eu Suisse. Ce sommet s'élève à 26S3 mètres; il se termine par un cône de 80 mètres de haut et de quatre hectares et demi de superficie. C’est la flore de ce cône que j'ai entreprise avec mon ami M. Bravais. Nous y avons séjourne 45 jours eu 1841 et 1842. la! climat de ce soiiinicc est maintenant assez hicp connu, grâce à ces deux séjours et à ceux de M. Kaern tz, qui avaient précédé les nâtres ; car maintenant la connaissance de la température des mois d'été repose sur 131 jours d’observations , distribués dans quatre années diflërentas.
Voici les températures des mois d'éld et de l'année; celles de l'hiver et du printemps n’ont nulle importaaoe , puisque les plames' sont alors etisaveliet sous une couche de neige qui atteint presque toujours plusieurs métrés d'épaisseur.
Tempéiature moyenne de
Juin .... 9«, 6 Juillet. . , 4“,0 Août. ... 3», 6 Septembre. 1®, 6
Moyenne de l'année. -- 8*, 33.
Eh bien ! sous ce climat plus froid que celui du cap Nord (lat. TI*), et dont l'été n'est guère plus chaud que celui du Spiitberg ; sur ce rocher isolé, battu des vents de toutes parts, croissent près de 200 espèces, dont 126 phanérogames, qui fleurissent |>endant l'été. Quand on parcourt cette liste nn y trouve des plantes de la plaine qui se sont aventurées jusqu'à cette hauteur. Telles sont ; Cerastium nrvensn, Alchcmilla vutgaris, Capsella bursa-pastorls, Thymus setpillum, etc., d’autres appartiennent à la région subalpine; exemple : dconitum napcilas, Arahis alpina',' Oxytropls oampestris , Arnica srorpioides, Biirtsia nipma, Cirsium spinosissimum, Gentiana campestris , Phalnngium seiotinum, etc. Un grand nombre ont été a iissi, observées par R a mond sur le pic du Miili, et doivent être considérées comme des plantes rcellemeiit montagnardes. Eufia, il en est que j’ai trouvées au Spitzberg, et qui sont par conséquent des plantes tout à fait polaires. Telles sont ; Cardamine Itellidi/ii-
GLACIëHS. 4»1
lia ( Drabb flatUûxensis « Silene acaulis , Vrjas oclopeUi^a , SaX^'raga sletlaris , •S. oppotUyblia, (hyfria rendormis, Palygonuin viviparum et TriseUtm subspicatum.
Je ne teuralt entrer ici dani de plus grand» ddtaili <ur les rapprochement» ialéreisent» auxquel» ce» comparaMonk donnent lieu; mai» j'etpère développer ce iiget dan» la partie botanique de» P'ojages de la CommUsion du J\ord, et faire voir quelle» lont le» analogie» et les, différences entre la végétation des Bommet* élevé» de» Alpes et celle de» coutrée* boréale» de la Norvège et du 8i>iubtrg eu particulier.
Note D, p. 228.
La nainrt! ergaaiqne toqt entière se trouve son» la dépendance des pbénomèncs météorologique». L'influence dit clinèat est toute-puissante sur l'existence et le développement des végétaux et des animaux. Toutefois, parmi les masse» inorganiques , il en est qui sont aussi puissamment modihées par la lempératilre ) rhuniklilé, les vents, le» pluies, la neige et la pression barométrique i ce sont les glaciers. L’auteur a déjà-suffisamment fait voir par quel mécanisme sé forme un glacier. Issu de la région des neiges éternelles, il descend comme un fleure solide dans les vallées qui en proviennent , et d'autant plus bas que les régions de neiges éternelles qui lui donnent naissancc sont plus élevées. Ainsi, de la hauteur à laquelle la partie inférieure d’un glacier «e trouve au-dessus du niveau de la mer, on peut presque déduire celle de la région des neiges éternelles, d'oii il tire son origine. Plu» cette p.-irlie inférieure descend dans la plaine, et plus la partie slipérieuEcdu.glacier est élevée dans l’atmosphère. Kn voici la preuve. Parmi les glaciers dont l’élévation au-dessus de la mer est connue f ce sont ceux de GrindelsvaUl, des Bossons cl de la Breuva qui descendent Je plus bas, la hauteur moyenne de leur partie inferieure étant à 1230 mètres ali-dessus du niveau de la nier; or, Cesquatre glaciers descendent du Moiu-Blanc et de,la Jungfrau, les deux ^ sommités les plus élevées des Alpes orientales et occidentales. Saps doute l'orientalioii , la profondeur et la largeur de la vallée ne sqnt pas sans influence ; mais la. condition principale, c’est l’élévation de la source, ou, en d’autres termes, le climat du glaeierà son origine. Ou le voit donc, la Longueur et la puissance du glacier sont le résultat direct des conditions atmosphériques et de la température en particulier.
Examinons maimenant, sous un point de vue purement météorologique, les |ihénomènes que préseoteutJes glacier»; nous, verrons qu’il n’est point téméraire de soutenir qu'il viendra un temps où l'on pourra cQuclure des modiflcatioui d’un glacier à celles de l’atmosphère et vice versd. Mais pour établir ainsi d’une manière positive le lien qui unit la niéléorolugie et la physique du globe, il est à désirer que l’on fasse de longues Séries d’observations météorologiques dans le voisinage des glaciers, atia de mettre en rapport les deux ordres de phénomènes. , ,
De tout les agcnlt atmosphériques, la température est celui dont l'action est
la plus énergique. Sam doute le glacier est aussi sous l’influence de celle du soi, mais MM. Biscboff et Élie de Beaumont oM fait voir que cette action était tout à fait insigniflanle et pouvait être négligée. I.a température agit de deux manières : d'abord elle fond directement le glacier, principalement à ta partie inférieure ; ensuite, la neige convertie en eau sous son influence, s’infiltre dans la masse, là pénètre, la creuse, la mine, forme des galeries, des voûtes, qni donnent entrée à l’air extérieur; et, sous cette triple influence, la- masse dn glacier diminue et son extrémité inférieure est en partie fondue. Si celte fonte est assex considérable pour l’emporter sur la progression dn glacier, alors celui-ci recule, sinon il continue à se porter en avant, même pendant l’été. Ainsi, en 1818, d’après les mesures de M. de Charpentier, le glacier du Rhône s’était avancé de 48 mètres. M.vis pendant les étés chands le glacier recule ordinairement d’une manière très-sensible, Il résulte des alternatives d'étés chauds ou pluvieux que l’on observe en Snisse nne oscillation de l’extrémité infiérienre des glaciers , qui tantôt avancent en renversant devant eux les arbres et les granges, et tantôt reculent en laissant comme trace de leur passage nn sol stérile , jonché de cailloux, de sable et de blocs de rochers.
Mais la température change aussi complètement l’aspect de la surface dn glacier. Pendant une journée chaude, d’inuombrables filets d’eau sillonnent sa surface et sc précipitent dans les crevasses sous forme de cascades; de petites flaques transparentes, à fond bleu, se forment dans les parties creuses: mais qu’une nuit froide et sereine succède à cette journée, tout rentre dans le silence ; les ruisseaux tvissent, les flaques d’eau se couvrent d’une pellicule de glace, et, le lendemain, ce mouvement recommence lorsque le soleil vient animer de nonvean cette plaine immobile, •-»
liU surface siipénenie dq glacier fond aussi bien que son extrémité inférieure; on s’en asMreen eifençant des piqnets on en enterrant des jnerres dans la glace : au bout d’un certain temps les piqnets sont déchaussés et les pierres se trouvent à la surface du glacier. Par des mesures directes prises sur les roéhers qni bordent le glacier, on constate que le niveau de ces pierres est resté le même tant qn’elles ont été enfoncées dans le glacier, et qu’il a baissé depuis le moment où elles se sont trouvées à la Surface ; on mesure ainsi l’abaissement de la soriace. Dans l’été de 1811 , savoir, du 26 juillet au 4 septembre, avec une température moyenne de 4°, 61 et une humidité relative (voyez p, TT} de 76 pour 100, nous avons reconnu, M. B ra vai s et moi, que la fusion moyenne diurne de la surface du petit glacier situé au-dessous du sommet du Fanihorn avait été de 37 millimètres. Pendant le même période,celte surface a'élait abaissée de Im, 54.ËO 1842, M. Agassiz a observé nn abaissement de ht surBiee ou ablation moyenne de 77““ 3 par jour sur le glacier de TUnicraar, et, dans la même année, M. Forbes a trouvé que la mer de glace de Charaonnix t’était abaissée sur ses bords de 80 centimètres, dn 26 juin an 10 septembre.
Cet abaissement de la surface donne lieu à nn phénomène curieux. Quand Un gros bloc de pierre protège par sa masse,' contre l’action du soleil, la glace qu’il recouvre, celle-ci ne fond pas; mats, autour d’dle, la glace exposée à l'action de la chaleur fond coutinnellemeht : alors la surface du glacier