GLACIERS
s'nbaissc, cl le bloc Knit par se trouver au sommet d’un piédestal de glace dont la hauteur donne une idée approximalivc de la fusion du glacier. Aussi, parloiil où sa surface est recouverte d'une masse de blocs, ou remarque que son niveau est plus élevé.
L’état hygrométrique de l'air n’a pas une influence moins grande. Si l’air est chaud et sec, l’évaporation de l’eau et de la glace sont plus actives ; s’il est froid et humide, les vapeurs se condenseront sur le glacier et conirihueront ù son accroissement.
Tous ces effets seront encore bien plus marqués si l’air est en mouvement) et ici l’action du vent s’ajoutera à celle de la vapeur d’eau. Est-il nécessaire d’insister sur le rôle que jouent les bydrométéores dans l’économie des glaciers? Qui ne comprend que des pluies chaudes hâtent la font mieux encore cpie de l’air chaud, à cause de la plus grande capacité de l’eau pour la chaleur; qu’une couche épaisse de neige le met temporairement à l’abri des influences atmosphériques et modifie ces influences dès qu’elle entre en fusion? Mais l’appréciation exacte du rôle que jouent tous les agents météorologiques nécessiterait des recherches longues et persévérantes; c’est en observant simultanément le glacier et les instruments météorologiques qu’on peut arriver â une appréciation des phénomènes qu’il présente et probablement à la découverte de leurs causes. •
La pression barométrique jooe*t-elle un rôle important dans lea phéaomèues des glaciers? Sans doute ce rôle n’est. point comparable à. celui de la température, des vents et des hydroméiéores; néanmoins, j’ai pu constater que la pression n’était pas tout h fait étrangère aux phénomènes de leur * formation. Une masse de neige non tassée est, comme l’on sait, remplie d’un nombre immense de huiles d’air ; lorsque cette masse se pénètre d’eau puis se change en glacier par des congélations succe'sslves , cet air se dégage sous forme de petites bulles qui viennent crever à la surface des. flaques d’eau dont j’ai parlé, avec un bruit de crépitation très-marqué. Or, sur le glacier que j’observais, la pression barométrique moyenne n’est que de 560 millimètres, au lieu de 762 comme au bord de la mer, à latitude égale. U est donc évident que les bulles doivent se dégager avec plus de fiicilité que si le phénomène se passait an niveau de l’océan.
Je n’entre point dans de plus grands détails; mon seul but était de faire voir que les glaciers forment la transition entre la géologie et la météorologie, et qne lenr dépendance de l’atmosphère est encore plus grande que celle des lacs, des rivières et de la mer. L’étude de leurs phénomènes offre de grandes difficultés, parce qu’ils sont très-complexes et résultent de la combiaaison des forces, dont la connaissance rentre dans le domaine de la physique, de la chimie delà météorologie, de la physique du globe et de la géologie.
«OTES DU TRADLCTELR.
Note E, p. 347.
M. Pel I rèr déduisant de tes expériences et de scs observations des inter* prctatiôns fort differentes de CrlIeS des antres pliysiciens, nous pensons qu'il est utile de présenter ici le résumé des recherches qu'il a publiées jusqu'il ce Jour et de celles qu'il nous a communiquées direciemem.
Uiie'ancienne espérience de deSaussure et d’Rrmann, restée tans résultat, est le point de départ de la série de faits qui lui fant enviseger d'une manière toute nouvelle les phénomènes aqnens et i(piés de l'atmosphère. Voici cette espérience fondamentale , telle que l'a modifiée M. Pe 1 1 i er '.
Ob te place sur un lien parfaitement découvert, dominant tout les objets environnants : on prend nn électromètre armé d'une tige de 4 décimètres environ , eurmontée d'une boule de métal poli, de 3 à 4 centimètres de rayon, afin d’augmenter les efTeta d’induence et d'éviter l'écoulement do l'électricité qui peut être repoussée dans la partie sirpérieure. On tient l’iintrumcni d’une main, on l'équilibre de l’autre, en mettant en communication la tige et la platine. Tomes les réactions élant égales de ]>art et d’autre, les feuilles d'or de Eéleetrométre tombent droites et marquent séro. Dans cet état d’équilibre, on peut laisser l'instrument en contact avec l'air libre pendant une journée entière fous un ciel serein, sans qu'il se manifeste le moindre signe d’électricité : on peut même le promener et agiter l'air ; dès l'instant qn'on le lient è la même hautenr, il restera complélcmem muet. Mais si , an lieu de le laisser dans la même couche d’air, on l'élève de 4 à 3 décimètres , on voit aussitbt les feoillef d'or diverger et indiquer une tenston vitrée (M. Pel lier préfère les Mou l'itié et rétmeux è cens de fositif et de ttégatif, comme étant' plus Inslgniüants et ne préjugeant aucune théorie). Si on replace rinslninient an point de départ, les feuillea retombent exactement è xéro ; si on le descend au-dessous de ce point d’équilibre, les feuilles divergeai de nouveau, mats alors piles sont eborgées d’électricité cénnease. Eu le remontant au point de départ, l'instrument reprend son zér.o et ne conserve rien des électricités libres qu'il a momtées un instant. Puisque aucune électricité libre n'est restée dans l'instrument, l’air ne lui a donc rien communiqué, et les signes qu’it a donnés n’élaient qii - le produit d'une répartition nouvelle de l’électricité qnc la tige pesiédaic au |tnint d’équilibre; il a sullî de replacer rHisirument au mène point pour les faire disparaiire. Ce u’étaienteiiKn que des signes de l'électricité d'influence dans nu corps qu’on approche ou qu'on éloigne d'un autre corps chargé d’une électricité libre, phénomène qu'oii peut reproduire dans le cabinet en SC pliiranl sur une surface résineuse ou sous une surface vitrée.
Au lien d’une lioiile |H>lie, si on place une ou plusieurs pointes, ou une luèclie allumée, comme faisait Vol la, le phénomène cesse d’élre simple et
• Voyez ses mémoires dans les Annaies de chimieel de physique, t. iv,3* série; Mémoires de l'Acad. de Bruxelles, t. .\v, 2' partie; son Trailé des trombes; l’article Atmosphère du Supplément au Dictionnaire des sciences naturelles et les Comptes rendus de l’Acad. des Sciences de Paris , année 1838 à 1842.
■ ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQXJE. 4M
ne permei pliii de diitingiier *i l'eflel primitif a etc une répartition nouvelle dVIectricité , on si c'est de rélectriché prise i l'atmosplière. Kn effet; lorsqu'on lève l'instrument, l'électricité reiinmse, cocrcée par l’iiifluenre vitrée de l'espace céleste à l'eslrémité de la nge, au lieu de s'y niaiiiieiiir s’échappe par les |)ointes ou la flamme ; lorsqu'on baisse riiistrumeot, il lui manque tome l'électricité perdue, et l’équilibre ancien ne peut s'ÿ rétablir. Il reste alors de l'éleclricité vitrée permaiieiile , qu'on attribue à tort su coiuacl de I air | elle n'est en réalité que la |Hirtion séparée de celle de nom contraire qui s'm évanouie par les pointes et qui ne peut plus être neutralisée lorsqu’on re|ilace rinstriimeot au point de dé|Miri,
Cette etpérience, constatant que ni l'air, -ni la vapeur qu’il contient, ne pos. sédent d'électricité vitrée libre, invalidait les conséquences que Volta, Lavoisier et Laplace avaient tirées de leurs expériences. En reprotluisant et analysant cet dernières ', M. Peltier s'est efforcé de prouver que la vapeur produite à une température au-dessous de 1 10° centigrades n’emporte jamais d’électricité libre) qu'il n’y a d’électrioité que celle forniéo k une lem-’ péralure plus élevée que i lO*’. Celte température ii’étaut |ias celle de la surface du globe, les vapeurs électriques qui s'en élèvent ne peuvent donc provenir de la simple évaporation des eaux salines ou pores.
L’électricité des nues et des brouillards ne pouvant être méconnue, il reeliércha d'où elle provenait. Dès qu’il eut constaté que le globe terrestre est un corps chargé d'électricité résineuse, il fut facile de démontrer par l’expérience que la vapeur qui s’en élève est résineuse comme lui; que cet état électrique du globe est une cause puissante d’évaporation, et que cette dernière peut être qitiutuplée et sexliipiée par une haute tension. La vapeur qui s'élève du sol étant résineuse comme lui, sa tension devait réagir de haut en bat contre celle du globe et en atténuer succestiveineui tout les effets; c’est ce qui a lieu et c’eti ce que démontre l'affaiblittement de l’influence terrestre sur les éleciromètres k mesure que la vapeur te forme pendant la chaleur de la journée. Ces instruments ne donnent pas la mesure de la totalité de l’électricité, mais de la différence seule des quantités qui agissent sur les armatures, d’une part, et sur la tige qui porte les feuilles d’or, de l’autre. Il en résulte qu’ils peuvent être placés au centre d’une mane de vapeurs chargée d’une grande quantité d’éleotricité tans en donner le moindre signe. Aiiui, leur manifestation décroissant avec la formation des vapeurs est une preuve que cet deruiéret tout chargées d’électricité résineuse comme le globe, et qu’elles réagissent de haut en bat contre son action qui agit de bat en haut.
l-a vapeur étant tjuelquc peu conductrice, ne garde pas bng-tempt l'égale répartition de sa tension résineuse; l’action incessante du globe repousse l'électricité résineuse vers les couches supérieures, et rend ainsi vitrées les coucbcs inférieures, La nouvelle répartition de l’électricité te fait d’autant plut facilement que la densité augmente ; c’est pourquoi l’élcctromètre, qui avait pres4]ue cessé de donner des signes électrii|ucs au milieu de la journée, reprend peu k peu de rétendue dans tes indications lorsque la condensation du soir se fait sentir : les vapeurs inférieures deviennent vitrées par infliieiice,
* Recherches sur la cause des phéhomènes électriques de l'atmosphère, jinnalee de chimie et de pkyeique, t-. iv, 3* série.
et les vapeurs sup^ricnret deviennent plus résineuses. Pendant la nuit, les va* peurs inférieures s'etant déposées en rosée, la quantité des vapeurs vitrées a diminué, les vapeurs supérieures réagissent alors plus librement, et, vers le malin, l'électromètre parle moins qu'il ne le faisait la veille au soir.
Le premier effet du soleil levant est de faire repasser à l’état de vapeur élastique les vapeurs condensées de la nuit, qu’elles soient ou non à l’état vésiculaire. Ces vapeurs étant placées entre la terre résineuse et l'espace céleste vitré, les premières qui repassent à l’état de ftuide élastique emportent en s’élevant une plus hante tension résinease, qu’eMes ^tiennent en affaiblissant celles des vapeurs qu’elles laissent en arrière et qui, devenues ainsi moins résineuses que le globe, sont vitrées par rapport à lui et à nos instruments. Dans ce premier moment de la révaporation des vapeurs supérieures, les couches laissées en arrière, devenues vitrées, sont attirées par le sol, agissent davantage sur nos instruments par leur proximité, produisent souvent une seconde rosée, jusqu’à ce qii’enhn.le soleil, dardant sur le sol même des rayons directs, l'échauffe et reproduit des vapeurs résinemes qui se répandent dans Tatmosplière, réagissent de haut en bas sur l’instrument, comme la veille, et atténuent de nouveau l’effet du globe.
Ce jeu des influences électriques se montre sur une très-grande échelle et plusieurs fois par jour autour des cimes des hautes montagnes. Depuis que M. Peltier a constaté que tous les nuages gris et ardoisés sont chargés d’électricité résineuse, et que tous les nuages blancs, roses ou orangés sont charges d’électricité vitrée , il lui a été facile de suivre à distance cet ordre de phénomènes sans être obligé d’aller mesurer leur tension avec t l’électromètre. Voici l’extrait de ses observations. Ix>rsqu’un nuage blanc domine le sommet d’une montagne, sa puissante tension vitrée provoque et active l’évaporation de set flancs humides; la quantité de vapeurs produites dépassant le point de saturation de cet régions froideà, elles passent à l’instant à l’état de vapeur vésiculaire et paraissent sous forme de flocons gris-cendré, d’une teinte d’autant plus foncée que le nuage supérieur est d’un blanc plus éclatant. La teinte grise ne reste pat long-temps uniformément répartie ; l’attraction vitrée du nuage blanc rend plut résineuse la bande périphérique du nuage gris, qui prend alors une teinte plus foncée et forme un ruhan étroit à sa partie supérieure. Cette couche extrême te divise en stries sinueuses et tremhlotantes, qui s’agitent, s’élèvent et disparaissent en repassant à- l’état de vapeur élastique. Cet premières vapeurs disparues sont remplacées par d’autres qui éprouvent la même transformation et ainsi de suite. La plus graude tensiofr résineuse du ruban supérieur, manifestée par sa teinte plus ardoisée, ne peut aiioir lien qu’en prenant aux vapeurs inférieures l’électricité résineuse quelles ont «mportée du soi ; par la diminution de leur tension résineuse, -ces dernières perdent peu à peu leur teinte grise et finissent par devenir presque aussi blanches que le nuage supérieur. Ce dernier lui-même a perdu de ton premier éoini à mesure que ses propres vapeurs étaient neutralisées par celles qui rayoMtaient de la bande grise; le phénomène s’arrête alors, et la montagne cette de fumer, pour ne recommencer que lorsque les vents l’auront débarrassée de ces nuages devenus semblables.
La présence d’un nuage gris au-dessus du sommet de la montagne pro-
ÉLECTIICITÉ ATMOSPHÉRIQUE. 497
duit ua effet analogue, mait avec dei signet êleciriquet invertet. I.e nnage qui tort de tet Hanct ett blanc, il ett chargé d’électricité vitrée; ton ruhaa supérieur est plut éclatant que le centre, il repasse h l'état de fluide élat-r tique, et le reste perd peu à peu ton éclat et devient gris. Enfin cet mêmes pliénomèiies te reproduisent encore sout un ciel serein, mais avec moins d'é' nergie; la tension vitrée de l'espace céleste suffit pour porter l'évaporation au delà du point de la saturation de celte couche d'air. Souvent aussi l'eleotromèlrc indique que la vapeur élastique invisible est puissamment chargée d'électricité, quelquefoit vitrée, d'autres fois résineuse. Sous cette influence nou' velle, le fumage des montagnes augmente considérablement; celte aboiw dance des vapeurs sortant du flanc des montagnes est elle-même un indice de la présence des vapeurs supérieures encore à l'état transparent. Elle indique aussi que leur condensation procliaine, à mesure que leur électricité sera neutralisée, donnera des pluies abondantes.
En suivant attentivement toutes ces’ transformations sur les montagues ou au milieu des plaines, on voit que cliaque jour ramène à peu près la même série de faits. Ce sont des vapeurs produites soit par la température seule, soit par la température secondée par l'allraclion électrique; puis vers le soir et pendant la nuit arrive leur condensation, et, par suite, une nouvelle, distribution de l’électricité sous l'influence du globe. Au lever do soleil, o’est la révaporation des vapeurs opaques ou une nouvelle dilatation de celles qui sont encore élastiques ; l'une et l’autre se font sout celte même influence , résineuse en bat, vitrée en haut : les premières vapeurs qui s'élèvent sont les plus résineuses , les dernières le sont moins et sont alors vitrées par rapport aux premières ; elles forment ainsi des nuages opaques de tensions différentes lorsque le refroidissement les condense. Les vapeurs journalières, en s’élevant ainsi dans l'atmosphère, éprouvent bientôt l'effet d'une autre influence électrique qui réagit puissamment de haut en bas : c'est celle du courant supérieur de l'atmosphère qui entraîne vers les régions polaires les vapeurs résineuses des régions tropicales. La hauteur de ce courant et l'énergie de sa tension résineuse variant avec les saisons, amèuent des réactions plus ou moins éloignées de la surface du sol. C'est encore , entre ces deux forces , un résultat de différenee dépendant de la proximité de l'une ou de l'autre de ces forces et des actions concomil.mles de la température et des vents. Nous ne pouvons entrer dans de plus longs détails, ce serait dépasser les limites d'une note ; il nous suffit d'avoir indiqué la route nouvelle que M. P'e I ti e r a suivie dans ses travaux : chacun pourra confirmer ou infirmer ces résultats par de nouvelles observations, et décider ainsi, avec l'aide du temps, quelle est la voie qui conduit le plus directement à la connaissance de la véritable cause des météores.
Noie E , p. 400.
La inecettion de« taiiMc* qui colorent le ciel pendant le crëpnieule offre platieiiri pariicularitiU qu'il n'est pat très-facile d'expliquer dans l'état d'ini« perfeclioo- où-te iroure encore l'optique des gax. Une exposition complète du phénomène detrant servir de base nécessaire è toute théorie qui voudra expliquer eet iàiit, je communiquerai ici les résultats des observations faites par M. Bravait sur le sommet du Faulhorn è 3663 mètres au-dessus du niveau de la mer» et qui n'embrassent pas moins d'une trentaine de crépus^ «lies parfahemenl sereins. Il avait è sa disposition les moyens les plus exacts pour apprécier soit la position du soleil au-dessus ou au-dessous de l'horiioOi soit la distance angulaire des xones colorées au xénilh de l’observateur. Nous allons suivre le soleil de 3° en 3* de marche , à mesure qu’i| se rapproche de l'horixon , vert le crépuscule do matin. Les distances aénitbalet suivantes te rapportent au centre du soleil , non déplacé par l'effet de la réfraction ( les disuncea sénitliales plus grandes que 00° indiquent que le soleil o'eat pas encore levé.
1° Distance aénithale du soleil 103*. A l'orient une bande rougeâtre ou orangée, dont la hauteur est è peu près égale è 0°. On ne distingue encore aucune antre teinte au-destnt de cette bande orangée t la hauteur tic U eeurbe crépusculaire est de 7°. Le fuseau compris entre ces deux arcs ca| d’un bleurblanchâire plus clair que le reste du ciel.
3<) Uitisnce sénithale du soleil 100*. I-a hauteur de la sone orange est de 1°. Au-dessus , le jaune commence è paraître , et ta hauteur atteint S» 80’ dans le vertical du suleil. On ne voit point encore de vert. La hauteur de U courbe orépusculaire est de 13«.
3* Distance lénithala du soleil 08°. La partie teintée de rouge s’éien4 depuis rboriton jutqu'è 1° 15’. Au-dessus, teinte jaune jusqu’à 3° 10’. Le vert commence à paraître sur le jaune; la bande verdâtre nedépatae guère' b* de.hauicnr. Au-dessus, mnance bleuâtre faible jusqu’à 35°, où se trouva • limite du erépuKule.
4* Diitaoce xénilliale du soleil 06*. L’élévaiiop des eones oraogée et jaune n’a pas changé ; 1^ teinte verdâtre règne jusqu’à une hauteur de 7». La courbe crépusculaire gagne rapidement le xénith : ta hauteur est de 70°. Le eiel occidental p’offre encore aucune trace d'éclaireroeat,
6* Distance xéuithale du soleil Oi». Les bandes jaune et orangée con-r servent la même élévation au-dessus de l'horixon. La xone verdâtre atteint jusqu’ü 13*. Au-dessus d’elle commence à se montrer une teinte purpurine, du moins si les circonstances sont favorables. M. B ra vais ne l’a jamais vue commencer avant que la distance zénithale du soleil n’égalât 95°, ni persister après que cette distance était devenue plus petite que 93«. Elle se forme peu après le passage de la courbe crépusculaire par le zénith , et son existence ne dure que quelques miuntes. C'est vers 3.5<> de hauteur que cette teinte rosée offre son point maximum d’intensité , et elle ne dépasse pas 45° de hauteur.
TEINTES BE L’AüRORl.
On n'olnerre pa( 4e Hi^ré jannilre qui U tiipare de la région verdâtre liuiée an-deisoni. La teinte du aéDÎlh e«l bleue, quelqiiefofi peut-être légèrement teintée de verdâtre.
A l'hotrnon occidental, l’are anticr^uscultiire te ileiiina vert 10» de liautenr; il n'offre pas encore de teinte ronge bien évidente, mais un tnn bleuâlretoinbre avec une nùance purpurine plut on inoint prononcée. Kn-destons , le ciel parait plut clair. '
6* Distance xénithale du soleil 93*. Le rouge oriental commence k jaunir; sa hauteur reste la même ; la limite supérieure de la xone jaunâtre est toujours égala k 3» ou 3* 15’. De là jusqu'à 18« de hauteur, coloration verte plut intente que dans let périodes précédentes; la teinte purpurine secondaire a tont à fait disparu.
A l'horizon occidental, la hauteur de l’arc anticrépnscniaire est Je S*; la coloration en rouge s’étend de 3» jusque vers 1 5< de hauteur. Le roiige nffre souvent une teinte violâtre on du moins purpurine. Au-dessous de l'arc anticrépusculaire, nous n'avoat jamais pu découvrir le liséré blanc-jaunâlrp signalé par M. Kaemtt; mais le. bleu du ciel y parait quelquefois faiblement teinté de verdâtre, probablement par un effet de contraste optique. Au'» dessus de cette zone rouge , règne le bleu ordinaire , tans autres nuances intermédiaires perceptibles.
7o Distance zénithale du soleil 90». Le soleil est levé; son disque et les portions voisines atmosphériques offrent assez souvent une teinte jaunâtre et plut souvent encore orangée. La bande orange qui stationnait à l'horison oriental s'efface; cette disparition , lorsqu'elle a été le plut tardive possible , t'est faite lorsque le soleil a atteint la distance zénithale 89° ou 88» 30’. I.<o jaune persiste jusqu'à 3v de hauteur; de là jusqu’à 33*, verdâtre bien disa tinct. La sénitb bleu.
Du cAté opposé, l’aec anticrépusculaire a gagné l’horizon ; la teinte rouge s’élève jusqu’à 4* ou &• de hanteur. Le jaune qui a commencé a paraître aur destqs lortqqe la distance «énithale solaire atteignait 91*, s'élève maintenant jusqu’à oi) 7° de hauteur. Au-dessus du jaque, un peu de verdâtre commence à paraître.
8« Distance zénithale du 'soleil 88*. Le rouge a entièrement abandonné * l’horison oriental ; le jaune seul subsiste et s’affaiblit de plus en plus. La teinte verte surmonte le soleil et s’étend jusque vers 3â” de hauteur; le léuith est bleu. A l’occident , le rouge de l’acc anikréputcubiire a complôteroeoi disparu ; le jaune persiste encore , ta Kuiite supérieure ne dépasse pas ,
3>. Le vert qui le tuvrooute offre son maximum d'intensité vers 5° à 6«, de là il s’étend jusque vers 10* de hauteur .ou même au delà ; il est difficile de mesurer la hauteur du point de partage de cette lone d’avec le bleu de la partie séuithale du ciel.
0« Ditlanoe aéiiilhale du soleil 80°. Le jaune a lui-même 4isparii ; mais le vert subtisfe encore asaet fréquemment , surtout dans la partie du ciel opiKtsée au solei| : ce dernier vestige de 4a coluralion crépusculaire s’efface de plus eii plus. '
Ûe réfumé qne nous venons de faire offre la sueeestion des conleurs, teulemem dans le plan vertical qui reofeime le centre du soleil. Ia coloration
du ciel dans les régions latérales, quoique moins importante à connaître, offre cependant quelques particularités dignes de remarque. Ainsi les lignes qui séparent les diverses teintes entre elles s'abaissent en général , à mesure que l’on s’éloigne du vertical du soleil ; mais cette règle souffre cependant des exceptions. Les points de l’horizon sitnés-à 90* de l’intersection du vertical du soleil commencent 5 se colorer peu après que la courbe crépusculaire a dépassé le zénith. L'apparition des teintes rougeâtres y précédé celle des teintes vertes , lesquelles surmontent celles-ci. -Les lignes de séparation de ces teintes sont moins nettes que dans le vertical du soleil , le rosé y est moins intense que dans ce même vertical; mais il n’en est pas de même des teintes vertes, qui souvent, dans ces deux parties du ciel, l’emportent de ton sur le vert de toute autre partie, du moins pendant les quelques minutes qui précèdent le lever du soleil.
On peut expliquer la succession observée de tontes ces tetntes en admettant que le passage des rayons solaires à travers des couches d'air suffisamment épaisses leur donne d’abord une couleur jaune , et qu'un trajet plus prolongé dans CCS mêmes couches, ou dans des couches plus denses, fait prédominer finalement la teinte orangée. Ce double mode de coloration n’est pas contraire aux lois de l’optique , et la couleur transmise par un verre coloré change souvent avec l’aiigmentation de ton épaisseur; on en peut voir de nombreux exemples dans le Traité de la lumière d'H e r s c b e 1 1 ( tome 1*', 2* partie ). Ces effets , bien connut des physiciens, résultent de ce que l’extinction des rayons de diverses couleurs qui composent la lumière blanche ne se suit pas avec la même rapidité pour tous ees rayOps, Les teintes vertes du crépuscule ne peuvent être auribdees :i l’effet d'un contraste optique produit par la couleur complémentaire du vert, qui est le rouge. Les deux faits suivants en donnent la preuve. Les teintes rouget disparaissent du ciel au moment où le soleil sc * lève ; c'est dans ce moment que les teintes vertes offrent souvent la plus grande intensité. Sur le pourtour de l’horizon , lâ on un rideau de montagnes s’élève assez pour dérober i l’observateur la vue de la zone rouge , toujours très-basse , les autres teintes, jaune ou verte , n’en persistent pas moins et surmontent la ligne de faite de la chaine, s.ansque la présence de ce rideau altère leur disposition naturelle.
Pour expliquer ces teintes verdâtres, il n’est pas nécessaire d’admettre que la gradation de teintes due à l’absorption moléculaire aérienne débute par le verdâtre; il suffit de tenir compte des rayons bleus réfléchis et renvoyés à l’otil par les couches supérieures de l'atmosphère, et qui dans leur trajet, depuis le soleil jusqu’à la molécule réfléchissante, n’ont traversé que des couches très-raréfiées. A ce point de vue, la zone verdâtre, orientale ou occidentale, n’est que la continuation de la zone jaune, dont la teinte normale est altérée dans la moitié supérieure par le mélange des rayons bleus venus en nombre suffisant des hantes régions de l’atmosphère , et qui ont éprouvé une extinction beaucoup plus faible que celle subie par les rayons provenant de la réflexion dans les couches inférieures (voir le journal f Institut, 10* année, p. 310). On conçoit alors facilement pourquoi le disque solaire , à son lever, peut paraître orange , jaune, mais jamais vert. Cependant plusieurs circonstances sont encore difficiles à expliquer: la permanence de la
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