VARIABXXJTB DES VENTS DANS NOS CONTREES
— Nous venons d’établir qu’il existe dans notre hémisphère deux directions générales des vents. Toutefois, les registres météorologiques nous présentent l’indication d’un grand nombre de vents qui souillent de tous les points de l’horizon. Q'iond on com pare des observations correspondantes faites dans beaucoup de localités en Europe, on ne tarde pas à reconnaître que ces vents no reconnaissent d’autres causes que des différences de température^ Supposons en effet qu’un vent général do S.O. ait le dessus, mais que la partie occidentale de l’Europe soit très-chaude, tandis que les régions orientales restent très-froides avec un ciel couvert. Cette différence de température engendrera immédiatement un vent d’est; et lorsque ce vent rencontrera celui de S.Ü., il y aura un vent de S.E. qui pourra se transformer en un véritable vent du sud. Ainsi les différences de température rendent compte de l’existence de presque tous les vents. Supposons maintenant qu’une région s’échauffe outre mesure et qu’il n’y ait aucun vent dominant, alors l’air chaud affluera de tous côtés; et, suivant que l’observateur sera au nord, à l’est, au sud ou à l’ouest, il sentira un vent différent soufflant des points correspondants de l’horizon. Toutefois, pour mettre ce fait hors do doute, il faudrait des observations correspondantes embrassant un grand nombre do localités.
M. Dove a déduit d’une manière simple et ingénieuse la production des autres vents de l’existence dos vents régnants de S.O. et de N.E. Supposons en effet que le N.E. et le S.O. souillent a quelque distance avec une grande régularité, l'un en a, l’autre en
DES vents;
6 (Pj. Il, llg. 2), ils se rencontreront quelque pari, le long de la ^ ligne cd, par exemple. Là se produiront néces.sairement des tourbillons dans la direction dos flèches dessinées sur la périphérie <du cercle qui empiète sur le domaine' des deux' vents.' Si, du milieu du courant S.O. a, 110118 nous dirigeons vers b, nous trouverons au nord un vent soufflant du S.O., de l’ouest ou du N.O.; au sud au contraire des vents de N.E., est ou S.E. Imaginons maintenant à l’est du courant de N.E. b un second courant S.O. en e, nous trouverons aussi des tourbillons tournant en sens contraire; savoir, dans la direction N.E., du nord, du N.O.
Non-seulement M. »o»e explique par cctfe théorie l’origine de tous les vents , mais il en conclut qu’ils doivent sq succéder daim un certain ordre. En effet, si la limite qui sépare lès deux vente se déplace vers l’ouest, la direction du vent change dans un même lieu. Entre les latitudes moyennes où le vent de S.O. n’est point arrêté par les inégalités du sol, il sonffle è l'ouest d’un observateur placé sur la côte d’Europe, tandis que le N.E. règne dans l’intérieur du continent. Si celui-ci s’étend , co qui arrive presque toujours, puisque l’air doit revenir des pôles à l’équateur, la limite des deux courants se déplace vers l’ouest, et l’observateur verra le vent tourner peu à peu du S.O. à l’ouest, au N.O., au nord , et enfin au N.E. Ainsi la succession des phénomènes est la môme que si l’on avait marché de f en g. Mais peu à iieu le S. Os s’établit de nouveau dans les régions supérieures de l’atmosphère, des tourbillons s’y produisent, les vents viennent de l’ouest et du S.O. ; tandis qu’à la stfrface de la terre les girouettes indiquent le N.E. ou plutôt l’est. Le vent de S.O. refoule en s’abaissant le N.E. dans l’intérieur du continent ; le vent tourne au sud et s’établit enfin au sud-ouest. On conçoit que dans ces passages les vents sautent en peu de temps à tous les points de l’horizon , et soufflent dans des directions très-différentes. Il peut arriver alors que le vent ne passe pas régulièrement de louest au nord, mais qu’il tourne en sens contraire; cor les tourbillons engendrés par la rencontre des courants se déplacent avec eux et peuvent rarement être observés complètement dans une même localité. Le déplacement du tourbillon nous apparaît comme une saute de vents de l’est à l’ouest, par exemple, si ce tourbillon se déplace du nord au sud.
Dans la succession régulière des phénomènes, le vent doit tourner comme le soleil de l’est au sud et à l’ouest. M. Bove a rassemblé un grand nombre d’observations de toutes les parties de l’Europe , et a trouvé que dans l’héRÛsphère boréal le vent passe le plus sou-
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INFTUEXCE DES SAISONS. 51
vent do Test à l’ouesl par le sud ; et dans l’hémisphère austral', de l’est à l’ouest par le nord.
Ce combat entre le vent de S.O. et celui de N.E. est d’autant plus intéressant pour nous qu'il détermine presque tous les changements de temps, et que la prédominance dp l'un ou de l’autre caractérise des saisons et même des années entières. Dans la suite nous reviendrons souvent sur ce sujet. Qu’il nous suffise d’avoir signalé le fait et d’attirer l’attention sur la différence qui existe entre eps deux vents, dont l’un, le S.O., est chaud et humide; tandis que l’autre est froid et sec.
XNFX.UENCE DES SAISONS SUR. DES VENTS. — J usqu'ici nous n’avons considéré que la direction moyenne du vent dans les latitudes élevées. IMais , en considérant que le continent est plus chaud en été et plus froid en hiver que la mer qui l’avoisine, les vents de mer doivent dominer pendant la saison chaude, les vents de terre pendant la saison froide. Celte alternance est surtout très-sensible sur la côte orientale de l’Amérique. Déjà Francklin avait observé qu’en été les vents sont qu sud, en hiver au nord. Ces derniers souillent souvent avec une grande violence dans le golfe du Mexique.
En Europe nous trouvons des relations semblables. La direction moyenne du vent en hiver à Paris est S. 18° O. ; en été, N. 88“ O. Ce résultat se confirme sur un grand nombre de points en Europe. Sebouw, en résumant, toutes ces observations, a établi les lois suivantes :
En hiver, la direction du vent est plus australe que dans le reste do l’année; c’est en janvier que sa force atteint son maximum.
Au printemps, les venis d’est sont communs; sur certains points en mars, sur d’aulres en avril. Us diminuent la force du courant occidental, qui, dans beaucoup de pays, est alors plus faible que dans le reste de l’année. Le rapport des vents du nord aux vents du sud n’est pas constant et varie suivant les localités. Dans quelques-unes, la direction est plus boréale; dans d’autres, plus australe que la direction moyenne de l’année.
En été, surtout en juillet, les vents souillent surtout do l’ouest; leur prédominance sur les vents d’est atteint son maximum: et en même temps les vents du nord deviennent plus communs; d’où il résulte que la direction moyenne du vent dans celte saison est au nord de ce, lie de l’année.
En automne, la prédominance des vents d'ouest diminue; ceux du sud souillent trés-sonvent, surtout en octobre : de manière que
sa HKS vi;nts.
daa*? beaucoup de localilés la direction générale est jilus méridionale que dans tous les autres mois.
DU MODE DE PROPAGATION DES VENTS.— Un vent soullle-t-il d’abord dans le pays d’où il vient ou dans celui où il va? Un vent d’est, par exemple, sé fait-il sentir d’abord dans les contrées orientales, ou dans les parties occidentales de l'Europe? C’est une question qui a été souvent agitée sans qu’on, puisse la résoudre d’une manière satisfaisante dans tous les cas particuliers. Je crois qu’on ne saurait rien dire de positif à cèt égard, et je serais porté à croire que le vent commence dans un point situé au milieu de la région qu’il occupe, et que de là il se dirige en arrière et en avant. Les brises de terre et celles de mer, dont la cause est bien connue, confirment ce que j’avance. La brise de mer se fait sentir d’abord sur la côte, puis au bout de quelques heures- dans l’intérieur des terres et en pleine mer. Il arrivera donc qu’un vent "d’est soufflera d’abord en Allemagne, et plus tard en Hollande et en Russie.
On admet généralement, depuis Franoklin, que les vents se font sentir plutôt dans les contrées vers lesquelles ils soufflent, que dans celles d’où ils viennent. Il cite une observation favorable à cette théorie. Un fort vent de N.E. s’éleva un jour vers 7 heures du soir à Philadelphie, et empêcha d’observer une éclipse de lune. Ce coup de vent se fit sentir ausssi à Boston, qui est située au N.E. de Philadelphie, mais seulement à 11 heures du soir. Un vent violent de S.O. qui ravagea les États-Unis le 12 juin 1829, souffla d’abord à Albany, puis à New-York, qui est située plus au sud. Toutefois il y a de nombreuses exceptions à cotte règle. Le terrible ouragan de S.O. du 29 novembre 1836 passa sur Londres à 10 heures du matin ; à La Haye, à 1 heure; à Amsterdam, à 1 heure à Emden, à 4 heures; à Hambourg, à 6 heures; à Lubeck, BleckedeetSalzwcdel, à 7 heures, enfin à Stettin, à 9 heures ^ du soir. 11 se transportait donc dans la même direction que celle dans laquelle il soufflait, et il mit 1 0 heures à parcourir l’espace qui sépare Londres de Stettin. Sa vitesse était par conséquent de 36 mètres par seconde , Ou de 12960 mètres par heure,