‹ Cours complet de météorologieChapitre 53 sur 194 · PLUIES SUIVANT JLES SAISONS · texte numérisé non relu

PLUIES SUIVANT JLES SAISONS

égale, l’air est plus chaud au-dessus de la mer Atlantique qu’audessus de la terre. Quand les vents d’ouest chargés de vapeur d'eau commencent à souffler, celle-ci se précipite dès qu’ils sont en collision avec le? vents plus froids du continent. Ajoutez à cela que les nuages sont beaucoup plus bas en hiver qu’en été, et se laissent arrêter par des chaînes de montagnes peu élevées. En été ils passent par-dessus et vont verser l’eau dont ils sont chargés dans l’intérieur des continents ; cette dernière circonstance est d’autant plus influente que la plupart des pluies d’été sont dues aux courants ascendants qui entraînent les vapeurs et les nuages vers les parties supérieures de l’atmosphère ; phénomène qui se reproduit bien plus souvent sur le continent qu’en Angleterre, par exemple.

C’est en Scandinavie qu’on voit sur un petit espace le passage d’un climat marin à un climat continental. A Bergen, il tombe annuellement 2™, 25 d’eau, c’est-à-dire plus qu’en aucune autre ville de l’Europe, et plus que sur bien des points situés entre les tropiques. Cela vient de ce que les nuages sont poussés par les vents de S.O. dans les fiords de la Norvège, où ils sont arrêtés par les montagnes; ils s’y accumulent, ell’eau en est pour ainsi dire mécaniquement exprimée. En Suède, il ne tombe en moyenne que 54 centimètres d’eau , et le rapport entre les pluies d’été et celles d’hiver est complètement changé; car, tandis qu’en Norvège la quantité d’eau qui tombe en été n’est que les trois quarts de celle de l’hiver, on trouve en Suède des localités où les rapports sont les mêmes que sur le continent.

PltOIES SUR X.&S COTES SB SA MÉSXTERRAMéB.

— L’Atlantique est le grand réservoir des pluies pour les régions de l’Europe que nous avons considérées jusqu’ici, mais elle n’a que peu d’inQuence sur les climats des pays situés au nord de la Méditerranée. Les vents d’ouest se déchargent de l’eau qu’ils contenaient sur les Pj rénées, les montagnes de la péninsule Ibérique et celles du midi de la France. Le S.O. venant de l’équateur règne concurremment avec le sud , engendré par les déserts brûlants du Sahara, et qui donne lieu à beaucoup de tourbillons locaux, tandis quq les vents du nord soufflent sur la Méditerranée (voyez p. 44). Ce vent se distingue par sa sécheresse et sa température élevée ; aussi, quand le courant ascendant entraîne les vapeurs en haut, celles-ci arrivent dans un air sec- et ne se condensent pas, surtout si le vent souffle avec violence.

La vallée du Rhône, dan» le midi do la France, est arrosée par une quantité de pluie annuelle à peine supérieure à.ceHe qui

. DES MÉTÉORES AQl’EUX.

tombe en AHema^e; mais sa répartition entre les diverses saisons est bien difTérenle, rar en été il tombe à peine 10 pour 100 de la quanlité tolale, et 40 pour 100 en automne. Si, parlant du liord do la mer, on remonte la vallée, la quantité de pluie qui' tombe en été augmente à cliaqiie pas, et on trouve les rappoi-ts qui existent dans l’est de la France. Encore à Genève on reconnaît l’influence (lu dimat méditerranéen

L’Italie montre, sous le rapport de la distribution des pluies, des différences locales fort remarquables; nous ne saurions les poursuivre dans leurs détails, à cause du manque d’observations. Nonseulement les vents pluvieux ne sont pas les mêmes qu’en Europe, mais on trouve des (lifférences entre ceux des plaines de la Lombardie et ceux de la cote occidentale. A Padoue, il pleut le plus souvent par les vents de nord et de N'.E. ; Car un tiers de la quantité totale de pluie tombe avec le premier de ces deux vents. Les vents de sud et de S. O. n’amènent que la vingtième de la cpiantité totale. Si nous notons la fréquence (les vents, nous verrons que les vents de sud et de S. O. souffleront 10 fois sans qu’il tombe de la pluie, tandis que le N.E. ne souffle jamais 4 fois sans qu’il pleuve; on voit que c’est précisément le contraire de ce qui se passe en Allemagne. Mais les vents du nord qui amènent si souvent fa pluie à Padoue ne soufflent qu’à la surface du sol; les vents de sud, qui rognent dans les régions supérieures de l’atmosphère, accumulent les nuages contre les Alites, et le vent du nord qui se réfléchit sur les montagnes les ramène sur les plaines de la Lombardie. Au

’ ‘ Le tablean snirairt, dit à M. IJr>T«i«, montre le mode de distribntion de la plate suivant les diverses saisons de l'année dans la va>lée de la Saône et dn Rliùne, soit au nord, soit au sud du parallèle de Viviers. Il a mis en regard les nombres relatifs à Genève et à Milan, i cause de la proximité de ces villes, et de la trairsitioir qu’elles établissent entre le climat de la vallée du Rhône et celui de l’Allemagne et de l’Italie ; enfin, parce que ces nombres doivent inspirer une grande confiance, étant la moyenne d’un trh-granJ nombre d’années d'observations.

Page 1