DE LA TERRE
la terre. A 6 ou 7 moires environ rinstriimcnl est stationnaire pendant toute l’année et indique un degré de température qui se rapproche beaucoup de celui de la moyenne annuelle. Cette température augmente à mesure qu’on s’enfonce davantage dans le sol. Des e.x périences faites dans les mines et les puits artésiens mettent ce fait général hors de doute. La nature du terrain et des cireanstanccs locales modifient la loi do raccéoissenient , qui varie entr» 12 et .35 mètres pour un degré centigrade.
Dans tous les pays la température augmente avec la profondeur. Dire si cet accroissement n’a point de limites, c’est ce que l’expérience ne saurait nous apprendre, et nous en sommes réduits aux conjectures. Quelques physiciens admettent un accroissement indéfini ; il en résulterait qu’on trouverait la température de l’eau bouillante à 3200 mètres de profondeur environ, et que le centre de la terre se composerait de matières à l’état de fusion ou à l’état gazeux, dont la chaleur dépasserait tout ce que l’imaginalion peut se figurer. Ajoutez à cela que le globe, ayant été jadis à l’état liquide, ne s’est refroidi que par le rayonnement. La surface s’est refroidie la première, et une partie de ses jierles o été réjiarée par la chaleur qui se transmettait du dedans au dehors. Cotte transmission a lieu incessamment ; mais on a calculé que celle quantité do chaleur était insignifiante en comi>araison de ceHo qui nous vient du soleil. Elle a, été plus considérable avant que l'homme existât sur la terre. A certaines éf)oquos géologiques, tous les points du globe étaient plus chauds, et cela nous explique pourquoi nous trouvons dans les hautes latitudes des végétaux et des animaux fossiles dont lès analogues ne peuvent vivre aotucllcment qu’entre les tropiques.
Au premier abord il semble incroyable que le noyau du glube soit incandescent, tandis qu’à la surface nous ne sentons point cette chaleur. Ce fait ne s’expli(iuc que par le peu dç conductibilité dos roches qui composent l’écorce terrestre. Les volcans nous ont familiarisés avec des phénomènes de ce genre. La lave qui s’écoide d’un cratère de volcan possède une chaleur telle qu’elle fond presque tous les métaux. Bientôt une croôte se forme à la surface, 9C rompt, et ses débris nagent dans le courant de lave comme dt*s glanons sur une rivière. Ils se solidifient as.sez vile I»our que des voyageurs aient pu Iraverscu- la lave liijuido en marchant sur eux. Le courant s’est-il arrêté, ces débris forment, on se réunissant , une croi'ite solide qui empêche la masse de s«> refroidir , et après plusieurs années on trouve dans l’intérieur de CCS coulées une chaleur notable. Gemellaro a observé sur l'Eliia
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une masse de glace sur laquelle un courant de lave avait coulé sans la fondre
La terre, en tournant autour du soleil, se meut dans un milieu dont la température, vraisemblablement fort basse, nous esl'complétement inconnue. D’un autre côté, les astres, malgré les distances infinies (]ui les séparent de nous , nous envoient des rayons à la fois lumineux et calorifiques. Quelques régions du ciel étant aussi plus riches que d’autres en étoiles, la quantité do chaleur qui nous arrive des différents points de l’espace n’est pas la môme. .Mais, de même que les différentes indications du thermomètre pendant le cours d’une année se réduisent toutes à une moyenne, de môme nous pouvons supposer que la chaleur du ciel est uniformément répandue sur toute la voûte céleste. Cette chaleur, combinée avec celle de l’espace dans lequel la terre se meut, nous donne la température que Fourier nommait température de l’espace, et qu’il dit être de— SO" à — 60®, tandis que M. Pouillet la fixe à — UO® *. La différence de
’ Dans VAnnuaire pour 1834, M. .AragAs publié une notice sur Vétal ihtrmométrique du globe. Il prouve avec sa luciditékh^iturlle ;
1° Qu'il existe dans la terre un foyer de cbalàM^ccntrale ^
2° Que depuis 2000 ans la température généraieta^a masse de la terre n’a pas varié d’un dixième de degré, et cependant la surlacf^tot refroidie dans lè cours des siècles au point de conserver h peine une trace seninki de sa température primitive;
3“ Il fait voir que les changements qu’on a observés, ou crrfcobserver, dans c,ertains climats, ne tiennent point à des causes cosmiques, mai,Wi.4fs cirewstaiiees toutes iocales, tclics que les déboisements des plaimsi et dcs'muMj^K^e dessèchement des marais, des travaux agricoles considérables, ct^,é^BKc.st ainsi qu'en comparant les observations tlicrmoméiriques fbites à Ktoreh^ajPlprès les instructions de rAca.Iémie del Cimento, vers la fin du xvi' siècle, avecaKes comprises entre ItéiO et 1830, on a trouvé que la moyenne était restée sensiofement In même. Seulement il paraîtrait que les hirere sont un peu moine froide, les étés un peu moine chaude, r^ultat dfi probablement aux déboisements opérés depuis cetle époque. .Aux Ktats-ünis on observe un eflet analogue A la suite des vastes défrichements dont ce pays est le théAlre. M. .Arago applique ensuite ces notions au climat de la France, et fait voir que rien ne prouve qu'il ait subi des changements nulrcs que ceux qui proviennent des travaux de l'homme. Quant A la température de l'enveloppe terrestre A une profondeur de 28 mètres, qui est celle des caves de l'Observatoire, elle n'a pas changé en un siècle, puisqu'une observation faite par Messier en 1776 donne exactement le même chiflre qu’en 1826, savoir: 11», 8.
> PourÆhercher A déterminer la température de l’espace, M. Pouillet a proposé un instrument qu’il nomme aclinomtlre. Il se compose de quatre anneaux de 2 décimètres de diamètre, garnis de duvet de cygne et reposant l’un sur l'autre pour que ce duvet ne soit pas comprimé. La peau du cygne elle-même forme le fond dti cercle de chacun des anneaux. Ce système est enveloppé dans un premier cylindre, enveloppé lui-même !tc peau de cygne et contenu dans un cylindre plus grand. Un thermomètre repose nu centre du duvet supérieur, et le bord du cylindre extérieur a une hauteur telle que le thermomètre ne puisse voir que les deux tiers de l'hémisphère du ciel. Ce rebord est percé de trous pour que l'air froid s’écoule facilement.
Cet appareil étant exposé dans un endroit découvert , et par une nuit sereine, an rayonnement du ciel, on observe d'heure en henre son thermomètre et un thermomètre voisin librement suspendu dans l’air. C'est de la différence de ces deux