‹ Cours complet de météorologieChapitre 59 sur 194 · DE L'ESPACE · texte numérisé non relu

DE L'ESPACE

ces deux résultats montre combien celte question est difTicile, et d’ailleurs la température de l’espace paraît n’avoir qu’une faible influence sur colle des couches inférieures deratmosphère.

En supiK)sant une température (différente dans les différentes régions de l’espace, Poisson en adéduil la chaleur propre de la terre. Car tout notre système étant emporte dans le vicie, il est possible qu’il ait traversé des régions très-chaudes. De là, la chaleur qu’on observe encore dans les rouches profondes de la terre qui n’ont pas encore eu le temps de se refroidir.

INFLl^ENCE SES HVSB.OMÉTÉORES SER LA TEM- PERATURE. — ^Abandonnons les théories pour étudier des causes dont l’action est plus puissantq et plus facilement déinon- Irable. Parmi ces causes, les hydrométéores occupent 1e premier rang. On conçoit en effet que l’état du ciel ait une immense influence. Quand le malin, en été, le temps est calme et le ciel serein, la température s’élève notablement en quelques heures. .Mais si des nut^'es couvrent le ciel et interceptent les rayons lumineux, le tbermomètre monte peu ou même baisse bien avant le moment du maximum de chaleur. L’inverse a lieu quand le ciel est couvert le matin et serein dans l’après-midi. En hiver, au contraire, le thermomètre monte quand le ciel se couvre, et baisse sensiblement dès que les nuages se dissipent.

thermomètres, ou de l’abaissement de celui do l’actinomètre, que l’on déduit la température zénithale.

Les expériences faites avec cet instrument ont donné à M. Pomllrt deux limites pour la température de l’espace, — 1 15” et — 175", dont la moyenne est 140".

11 déduit de ces recherches plusieurs conséquences |;éoérales d'un grund intérêt.

La quantité totale de chaleur que l'espace envoie dans le cours d'une année & le terre et i l'atmosphère serait capable de fondre sur notre globe une couche de glace de 26 mètres d'épaisseur.

Nous avons vu que la quantité de chaleur solaire est exprimée par une coucho de glace de 31 mètres; ainsi, en sommo, la terre reçoit une quantité de chaleur représentée par une couche de glace de 57 mètres.

On sera sans doute étonné que l'espace, avec sa température de — 140", puisse communiquer è la terre une quantité de chaleur si considérable qu'elle se trouve presque égale à la chaleur moyenne que nous recevons du soleil. Cependant il faut remarquer qu'à l'égard de la téVre le soleil n’occupe ,jne les 6 millionièmes de Jn voûte céleste ; qu'il doit, par conséquent, envoyer deux cent mille fois plus de chaleur pour produire le même elTet.

Si le soleil ne faisait pas sentir son action sur notre globe, la température de la surface du sol serais partout uniforme et do — 89". Or, puisque la température moyenne de l'équateur est de 27",5, il faut eu conclure que la présence du soleil augmente la température do la zone équatoria’e de 1 16", 5.

Pour étendre ces calculs à d’autres régions, il sufTit de tenir compte du décroissement de la température du sol à mesure que la latitude au(;mento. (Voy. Com/ites rendu» de VAcnd. de» Sciences, t. vit, p. 53 [1838], cl Eléments de Physique, t II, p. 5:18. et «g. 377.)

— M. Arai;o ayant trouvé, dans la relation du voryngedu capitaine B>rh, qu'au fort RclianCb le thermomètre était descendu à — 56", 7, en conclut que ht tempér.ature des espaces célestes ne peut manquer d’être notablement inférieure à — 57*. [Comptes rendu» de t’Aead. des Sciences, t. ii, p. 575 |1836 p M.

L’ensomblo de.^ observations est d’accord avec ces faits isolés. • Si, dans nn mois isolé, nous prenons la moyenne des jours sereins et des jours couverLs, nous trouvons une différence notable entre ces deux nombres. En hiver, les jours couverts sont plus chauds de plusieurs degrés; en été, c’est l’inverse.

Cette différence entre les deux saisons résulte de ce que nous avons dit de l’absorption des rayons calorifiques par l’atmosphère et (p. 2i) de la marche du réchauffement dans les deux saisons. En été comme en hiver la terre perd par le rayonnement une partie de la chaleur qu’elle a revue du soleil; mais en été elle reçoit bien plus qu’elle ne perd. Quoique les rayons calorifiques obscurs soient absorbés relativement beaucoup plus que les autres, toutefois la chaleur reçue est plus considérable que la chaleur émise; mais si, pendant l’été, le ciel est couvert, il y a abaissement do la température. En hiver, au contraire, la terre se refroidit en général, la perte due au rayonnement nocturne pondant la nuit étant plus grande que réchauffement par l’action solaire. Mais, comme les nuages s’opposent au rayonnement et réfléchissent vers la terre une partie des rayons obscurs qu’elle émet, il y a élévation de la température par les temps couverts. Ajoutez à cela que les vapeurs précipitées pondant l’hiver sont à une hauteur bien moindre qu’en été, et que la chaleur latente qui devient libre au moment do leur condensation peut agir sur le sol.

L’abaissement de la température qu’on remarque en été quand le temps est couvert est encore plus considérable quand il pleut ; alors, non-seulement les masses d’eau se précipitent des hautes et froides régions de l’atmosphère, et abaissent notablement la température en vertu de leur grande capacité pour la chaleur; mais cette eau, en s'évaporant, absorbe encore une quantité notable de chaleur, qu’elle enlève à la terre efà l’air qui est en contact avec elle. De là provient le refroidissement qu’on observe après les pluies d’orage. Si on étudie même une longue série d’observations, on retrouve d’une manière évidente les différences de tem[)érature qui existent entre les mois pluvieux et les mois secs de l’hiver et do l’été; chacun se rappelle les étés pluvieux et froids do 18.33 et 1838, l’été serein et chaud de 1834 ; l’hiver doux et pluvieux do 1833 à 1834, ainsi que les temps clairs et froids de celui de 1829 à 1830.

C’est entre les tropiques que l’influence de l’état du ciel sur la température est surtout remarquable. La hauteur méridienne du soleil variant peu dans ces climats, ce sont surtout les pluies qui règlent la marche de la température, marche totalement différente

INFLUENCE DES HYDROMÉTÉORES. «55

de ce qu’elle est dans nos climats. Quand le soleil est très-éloigné du zénith , c’est-à-dire quand il se trouve dans l’hémisphère boréal pendant les mois do décembre et de janvier, la température est relativement très-basse. A mesure que la hauteur méridienne du soleil augmente, la chaleur augmente aussi et irait sans cesse en s’accroissant jusqu’à ce que le soleil fût au zénith ; mais alors la pluie commence, la chaleur diminue, et c’est seulement plus tard , lorsque le soleil s’éloignant du zénith se trouve dans l’autre hémisphère , qu’il y a un accroissement dans la température , qui atteint son maximum lorsque la pluie vient à cesser, et diminue ensuite pour atteindre le minimum dont nous avons parlé. .4insi, tandis que dans nos climats la température a un minimum et un maximum, elle offre deux maxima et deux minima dans les pays chauds. Les deux derniers sont l’un au milieu de la saison sèche et l’autre au milieu de la saison humide, lorsque la distance zénithale du soleil de midi est aussi grande que possible. Les deux maxima surviennent au commencement et à la 6n de la saison humide. Chaque localité entre les tropiques nous offre donc une marche différente de la température ; le minimum est un effet instantané de la pluie, mais qui dure peu ou bien persiste pendant plusieurs mois sans qu’il y ait plus tard un maximum trèsnotable, parce que, le soleil s’éloignant du zénith, la chaleur diminue.

Parmi le grand nombre de lieux situés entre les tropiques où j ’ai trouvé la confirmation de ce que je viens de dire , qu’il me suffise de nommer trois villes de l’Inde : dans le tableau suivant je donne pour chacune d’elles les quantités de pluie et les températures moyennes mensuelles; la dernière ligne présente la somme des quantités d’eau mensuelles et la moyenne des températures.

QUANTITÉS DE PLUIE ET TEMPÉRATURES MENSUELLES CORRESPONDANTES DANS l’INDE.

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