ÉTUDES D'ENSEMBLES
Manière de disposer les fleurs pour faire une étude. — L'arrangement, la disposition des fleurs dans un vase est toujours difficile, même
Forme à rechercher.
quand on a beaucoup de métier, et on ne peut guère dire comment il faut procéder. A part quelques conseils qui vont suivre, il n'y a que le goût qui puisse guider le peintre. Nous aurons presque tout dit, quand on saura que ce qu'il faut chercher, ce qui est la base fondamentale de tout arrangement, c'est une masse importante et une autre moindre pour l'accompagner.
La forme boule doit principalement être évitée; rien ne fait plus mal qu'une masse ronde. Il faudra donc s'efforcer de la rompre au moyen des fleurs dont les tiges accidenteront la forme, en la dépassant, en la brisant, en en rompant la monotonie.
On voit par les dessins ci-contre, la différence des deux formes.
Ce qui vient detre dit est tout ce qu'il y a à dire au sujet de l'arrangement d'une étude, nous y reviendrons en parlant des moyens de composer un tableau.
Les premières études d'ensemble devront se faire avec des fleurs de même espèce et de même couleur; prenons par exemple l'œillet rouge: Disposez dans un verre quelconque trois œillets, ainsi que l'indique notre dessin.
Trois œillets rouges dans un verre.
Placez-les de la façon qu'il vous conviendra, comme disposition d'ombre et de lumière et comme arrangement de lignes, mais appliquez-vous à trouver un effet intéressant par le jeu de la lumière et le pittoresque des silhouettes.
Considérez longuement l'ensemble de ces fleurs, examinez le fond avec beaucoup d'attention, car il a un rôle considérable, quoique ne se manifestant pas aux profanes, examinez bien l'enveloppe et pénétrezvous de sa grande importance, c'est ce qui ajoute tant de charme aux tableaux.
Quelques mots sur l'enveloppe. — L'étude qui nous occupe présen-
FLEURS
lement n'est pas celle dit dessin proprement dit, puisque nous ne voulons nous occuper que d'un ensemble, et qu'on sous-entend par le dessin la forme exacte, précise et individuelle de chaque fleur. Cependant, il est nécessaire de construire exactement les fleurs au point de vue de leur volume et de leur perspective, comme il est indispensable de les bien proportionner par rapport au verre dans lequel elles sont contenues. Non seulement ce serait un manque à toutes les lois du bon goût si les proportions étaient négligées, mais encore ce serait s'engager dans une voie funeste, qui donnerait vite des habitudes de désordre et d'indiscipline, auxquelles on n'est que trop généralement enclin en débutant.
L'enveloppe, l'air ou l'atmosphère d'un tableau, sont aussi essentiels que le dessin exact et la justesse du coloris. L'illusion ne se produit que si l'enveloppe est observée; au cas contraire et malgré une exécution très bonne, on ne produit qu'un tableau médiocre.
Nous avons conseillé à l'élève de commencer par des dessins très exacts, et nous lui conseillerons encore d'en faire très souvent, mais il lui sera indispensable aussi de faire des études comme celles qui nous occupent; sans elles, il n'obtiendrait jamais un bon résultat; il ne saurait toujours peindre qu'une fleur, même quand il en grouperait beaucoup sur le même tableau; jamais il ne saurait faire les sacrifices nécessaires dans la présentation d'un ensemble qui veut qu'on atténue ceci pour faire valoir cela; il ne montrerait toujours qu'une fleur, à côté d'une autre fleur, sans montrer un ensemble homogène; en voulant tout montrer, il ne montrerait rien.
C'est une grande erreur de penser qu'il faut commencer par copier des fleurs d'après des gravures ou des tableaux pour se préparer à peindre d'après nature ; l'élève qui procède ainsi perd volontairement un temps précieux; jamais les lignes froides d'une gravure n'apprendront à dessiner quoi que ce soit. Lorsqu'on sait supérieurement copier un œillet d'après une excellente gravure ou que l'on sait très bien le peindre en copiant le tableau d'un maître, comme Baptiste ou Mignon, on ne sait cependant rien, absolument rien ! et l'on reste incapable de peindre quoi que ce soit quand on n'a que la nature devant les yeux.
L'exécution des détails et l'enveloppe. — Le détail et l'enveloppe sont aussi opposés l'un à l'autre que l'eau et le feu. Il n'est pas niable que l'exécution des détails constitue une réelle difficulté, exige une adresse de main et une précision de dessin qui ne s'acquièrent que par des années de travail et d'application.
Si le détail précise tout, l'enveloppe au contraire éteint, efface presque tout. Mais l'enveloppe harmonise, unifie une œuvre, tandis que les détails la désagrègent, donc le détail c'est l'ennemi de la peinture.
i8 COURS COMPLET DE PEINTURE A L'HUILE
Ne faut-il donc pas mettre de détails? et ne pas savoir exécuter? — Si, mais il faut être un habile exécutant, posséder à fond la science de l'enveloppe qui permet de ne mettre les détails qu'à bon escient, là où ils sont nécessaires, mais limités et subordonnés à l'ensemble et à l'enveloppe. Il faut savoir exécuter admirablement et savoir l'oublier à propos.
Il est vrai que le public, par un goût souvent fâcheux, entraîne parfois les peintres dans la voie où ils trouvent le succès aux dépens de l'art véritable.
Convenons-en, il faut au peintre qui n'a pas l'aisance en naissant, une volonté et une énergie morale d'une puissance supérieure à celui qui n'a pas le souci de la vie matérielle. Après tout ce qu'on vient de lire, nous dirons encore que le mauvais goût du public, en général, est la cause que bien des artistes tournent mal, si cette expression n'est pas rop forte. C'est parce que le plus grand nombre des amateurs et des acheteurs se passionnent immodérément pour le détail, ce qu'ils nomment le fini; que beaucoup d'artistes se dévoyent, en faisant d'abord des concessions, afin de pouvoir trouver la vente de leurs œuvres, puis peu à peu se faussent le goût, en aimant à leur tour certains morceaux réussis au point de vue de l'adresse de main; ces artistes en arrivent ainsi à ne plus aimer que ce qui est adroitement peint, et par cela même s'éloignent à jamais de l'art.
Pour revenir à nos trois œillets, nous pensons avoir tout dit en ajoutant que la perspective d'une fleur tient beaucoup à son enveloppe; perspective aérienne, enveloppe, air ambiant, tout cela est à pau près synonyme, puisqu'en ne limitant pas le trait, on obtient du même coup l'enveloppe et la perspective, et qu'en ne le précisant pas, on obtient aussi l'air ambiant. On ne devra donc jamais empâter le contour d'une fleur, afin qu'elle soit bien dans l'air et fasse partie du tout.
Conseils pour peindre un tableau de fleurs. — Pour peindre un tableau, au sens véritable du mot, il faut posséder une science et des dons multiples, quel qu'en soit le genre. Il serait oiseux de discuter si tel genre est supérieur à tel autre ; nous dirons seulement que chaque spécialité demande des études particulières, une aptitude réelle et une préférence marquée pour celle qu'on veut adopter.
Parmi les dons naturels, celui qui est certainement le plus nécessaire à l'artiste, c'est le bon sens : « Oui, le bon sens ou la raison, voilà la première qualité que doit manifester l'élève. J'avoue que ce n'est pas tout, car la deuxième qualité, c'est l'imagination ou la sensibilité en action. Mais avec l'imagination seule et sans le bon sens que pourra-t-il produire, et avec la raison que ne produira-t-il pas?
« Ainsi, parmi les dispositions qui présagent le grand peintre, La
FLEURS 19
vivacité d'esprit et l'aptitude à l'imitation, ne sont pas aussi nécessaires qu'un discernement juste, capable de distinguer le bon du mauvais, et une âme tendre et sensible sur laquelle tous les sentiments fassent, ainsi que sur une cire molle, une prompte impression, que sa raison saura d'ailleurs modifier à son gré. C'est surtout la netteté et, si l'on peut parler ainsi, la fixité de l'imagination qui lui est nécessaire et non son extrême vivacité. Enfin, on ne doit voiries principales dispositions que dans le bon sens, la sensibilité, la pénétration, la patience et la vue.
« Paillot de Montabert. ))
Citons également Diderot :
« Méfiez-vous de ces gens qui ont leurs poches pleines d'esprit et qui le sèment à tout propos ; ils n'ont pas le démon, ils ne sont pas tristes, mélancoliques et muets; ils ne sont jamais ni gauches, ni bêtes. Le pinson, l'alouette, la linotte, le serin, jasent et babillent tant que le jour dure; le soleil couché, ils fourrent leur tête sous l'aile, et les voilà endormis. C'est alors que le génie prend sa lampe et l'allume, et que l'oiseau solitaire, sauvage, inaprivoisable, brun et triste de plumage, ouvre son gosier, commence son chant, fait retentir le bocage et rompt mélodieusement le silence de la nuit. »
Le bon sens doit donc être une qualité dominante chez un peintre, et c'est lorsqu'il composera, agencera les lignes de son tableau que ce bon sens sera son principal guide. Nous avons dit ailleurs qu'il était utile de procéder par une esquisse préalable lorsqu'on voulait faire un tableau, nous n'en reparlerons que pour mémoire. L'esquisse d'un tableau de fleurs n'a pas besoin d'être autant cherchée que celle d'un tableau de genre, ni d'un paysage, mais elle est indispensable au peintre pour savoir bien arrêter les lignes principales de sa composition et distribuer avec art les ombres nécessaires à l'effet du tableau.
Quelques personnes pensent que pour faire un tableau de fleurs, il n'y a qu'à en choisir de belles et de les peindre bien. Pour faire un tableau, il faut observer les règles de la composition, et la copie d'un bouquet, fut-elle bien faite, ne serait pas suffisante pour en faire un tableau, cela ne serait qu'une étude plus ou moins réussie.
Le tableau doit être l'évocation d'une pensée; il n'y a donc pas seulement dans sa composition le travail des yeux et de la main, il est nécessaire que le peintre soit un penseur, qu'il fasse naître la pensée chez les spectateurs, qu'il élève l'âme au lieu d'éveiller seulement la curiosité.
« Or, un tableau de fleurs, de fruits, doit avoir un caractère, un mode, une expression; il doit dire quelque chose de touchant; non seulement chaque fleur en particulier, mais un groupe de fleurs a son mode, son caractère. Un peintre peut, avec un tableau de fleurs, émettre des idées,
produire un langage éloquent qui laisse quelque chose dans le cœur. Il y a des bouquets joyeux et magnifiques, il y en a de tristes et de modestes, il y en a de fiers et d'éclatants, il y en a de suaves et de tranquilles. La verdure, la blancheur y ajoutent aussi leurs expressions, car leur quantité, leur espèce, etc., disent et expriment quelque chose dans le tout. N'est-ce pas ainsi que dans Fart de la musique, les sens et les accords ont leur expression et leur caractère. Ainsi la botanique, la perspective ne suffisent pas; la patience de l'outil ne suffit pas; le beau choix de clair-obscur et de coloris ne suffisent pas non plus; il faut quelque chose de plus; ce quelque chose est tout ce qui fait les beaux ouvrages et les grands talents, ce quelque chose, on peut l'attester, c'est la philosophie de fart.
« Cependant, quoique les fleurs aient quelquefois un langage allégorique et môme conventionnel, ce serait forcer les choses, ce serait subtiliser de vouloir qu'on trouve l'expression de telle ou telle idée dans la présence de telle ou telle fleur. Certains esprits recherchés ont étalé ces subtilités; mais le peintre doit se méfier de cet excès, il doit généraliser et ne supposer à telle ou telle fleur que le caractère métaphysique que tout le. monde, en général, est tenté de lui reconnaître.
«■ PAILLOT DE MoNTABEIVT. »
Lorsque l'on se sera bien pénétré de ce qui précède, qu'on aura déterminé par une esquisse le choix de son sujet et la disposition de l'effet, on agrandira l'esquisse en disposant sur la toile définitive les lignes adoptées.
Cette reproduction agrandie se fera au moyen des carreaux ainsi qu'il a été dit dans la première partie de cet ouvrage. On peut également se servir, pour ce travail, d'un moyen tout moderne dont nous a doté la photographie, c'est la lanterne à projections. Si ce moyen était adopté, voici comment nous conseillons de procéder :
Faites un cliché négatif de votre esquisse, et ce qui est mieux encore? quand l'esquisse sera sèche pour être décalquée, faites ce décalque avec soin, en vous servant d'encre de Chine pour que le trait soit bien noir ; faites ensuite, d'après ce dessin, un cliché négatif et servez-vous-en tel en le plaçant dans la lampe à projection. Les traits étant reproduits à l'inverse de leurs valeurs, ils apparaîtront blancs sur la toile, et comme pour les dessiner, on se servira d'un fusain taillé fin, chaque trait blanc disparaîtra à mesure qu'il sera recouvert d'un trait noir, cela facilitera le travail en montrant toujours les parties oubliées, ce qui n'a pas lieu quand on se sert d\m cliché positif qui, donnant les traits en noir, engage à confondre ceux qui sont projetés par la lampe, avec ceux qu'on a repassés au fusain. Il y a toujours économie de temps à procéder à la projection par un cliché négatif.
FLEURS
Quand on a une certaine habitude de peindre et que les portefeuilles aux études et aux dessins sont bien garnis, il n'est pas nécessaire d'ébaucher son tableau avec la nature devant soi. Souvent même ceb est nuisible, en ce sens qu'on résiste difficilement à copier ta nature qui semble, avec raison, toujours bien plus belle que ce que Ton a imaginé. Il faut se méfier de cette tendance; pour l'éviter, l'esquisse seule doit servir de guide dans F ébauche.
Lorsque le tableau est bien sec, on le reprend avec la nature devant soi pour le terminer.
La terminaison d'un tableau est chose extrêmement délicate; il faut savoir profiter de ce qu'il y a de bon dans l'ébauche et ne 'pas la gâter. C'est pour cela que la différence est si grande entre un tableau et un* étude dans tous les genres de la peinture.
Il faut une grande pratique de la peinture et presque des aptitudes spéciales pour faire un tableau de fleurs, car ici ce n'est plus comme pour une étude, où on n'a qu'à copier exactement en observant les règles convenues ; il faut regarder la nature, mais ne lui emprunter que ce dont on a besoin pour rendre l'effet qu'on s'est imposé par l'esquisse et l'ébauche. La nature ne donne jamais exactement ce qu'on a indiqué dans l'ébauche, et si on n'est pas assez sûr de soi pour ne pas se laisser entraîner à copier ce que l'on voit, tout ce qu'on a imaginé se désagrège ; ce n'est plus soi-même, mais le hasard qui termine le tableau, Si le hasard est quelquefois intelligent, en servant heureusement l'artiste, il n'en est pas moins pernicieux en tuant la pensée créatrice. Nous le répétons encore, toute œuvre d'art n'existe pas sans la pensée, et l'adresse de main, malgré toute sa valeur, ne peut suppléer à la pensée absente. Le mérite d'avoir produit une telle œuvre est luimême fort diminué, malgré les qualités d'exécution qu'elle contient, puisque le peintre qui l'a produite ne saurait la recommencer sans l'aide de ce même hasard, et qu'il ne le retrouverait plus s'il l'appelait une seconde fois à son secours.
Nous savons combien le talent de Mme Madeleine Lemaire est admiré des connaisseurs et combien il est indiscuté par les peintres, aussi est-ce avec la certitude de faire plaisir aux lecteurs, amis de l'art, que nous avons demandé à la délicate artiste de nous exposer ici les conseils qu'elle jugerait utile aux débutants. Voici la lettre qn'elle a eu l'obligeance de nous écrire :
« Vous voulez bien me demander quels conseils on peut donner aux jeunes artistes qui se destinent à peindre les (leurs. Ils se résument en peu de mots. Mon expérience m'a appris qu'il faut d'abord savoir très bien dessiner, afin de donner à la fleur sa forme et sa ligne que la nature a créées parfaites, mais il faut être coloriste pour en rendre l'éclat et les tons variés. Il faut donc étudier la fleur à ces deux points de vue et ne
se faire peintre de fleurs que si on sait les comprendre et les aimer. L'arrangement et le groupement des fleurs doit être aussi l'objet d'une étude spéciale. Il est indispensable d'avoir du goût pour composer un bouquet. Tout dans Fart des fleurs est difficile et compliqué. Il ne faut donc pas s'imaginer que les fleurs se fassent quand on ne peut pas faire autre chose; c'est un art qui ne souffre pas la médiocrité et qui nécessite des études approfondies pour lesquelles il faut avoir des aptitudes spéciales. « Madeleine Lemaire. »
Nous sommes heureux de voir combien la gracieuse artiste est en tous points de notre avis sur les questions techniques touchant l'art de peindre les fleurs, et nous ne doutons pas que la grande autorité de son talent ne soit d'un puissant secours pour appuyer nos conseils.
L'Étude d'un bouquet. — Il y a une autre manière de concevoir un tableau ou plutôt une étude, car le nom de tableau est employé d'une façon réellement abusive à notre époque; mais admettons-le ici pour arriver directement à ce que nous voulons expliquer.
La représentation d'un bouquet peut suffire à l'agrément des yeux si on a distribué les taches harmonieusement et combiné les masses d'ombre et de lumière avec goût, et enfin si l'agencement des lignes de la silhouette est pittoresque. Toutes ces conditions sont possibles à réunir, et la nature peut fournir à elle seule tout ce que le peintre lui demande, il n'a qu'à bien disposer son modèle et le copier.
Lorsqu'on dessine sur la toile directement, sans esquisse préalable, il faut posséder une grande pratique pour bien mettre en toile. La mise en toile a une très grande importance pour l'agréable distribution des lignes et le bon aspect du tableau; il est donc nécessaire d'y apporter toute son attention pour éviter des fautes de goût qui amoindriraient l'œuvre. Un écueil où les commençants se heurtent généralement, c'est le manque de place, quel que soit l'espace dont ils disposent; ils emplissent trop la toile, en ne laissant pas assez de fond autour des fleurs; il en résulte un mauvais effet auquel on ne peut remédier qu'en agrandissant, c'est-à-dire en ajoutant de la toile au tableau, travail qui ne se fait pas toujours d'une manière invisible et qui n'atténue pas entièrement la faute , puisque le spectateur peut facilement s'en rendre compte.
Pour éviter ce défaut, il y a plusieurs moyens à employer, le premier consiste à se mettre en garde contre soi-même en commençant par tracer tout autour de la toile, un trait au fusain qui en diminue le format de quelques centimètres. Gela étant fait, on suppose que la toile finit à l'endroit limité par le trait et on compose les lignes du bouquet, comme si la toile devait être recoupée. On efface ensuite la limite qu'on s'est imposée et le bouquet apparaît en bonne place.