BARQUE DE PÈCHE ATTENDANT LE FLOT
rement sur la couleur fraîche, un pinceau de martre plat et plein d'essence de térébenthine pour lisser, ou au besoin rayer la pâte dans une forme d'accent circonflexe qui est voulue parla perspective, ainsi que cela a été dit dans la partie précédente à propos de la manière de peindre les arbres.
Pour exécuter les fils si fins de certains cordages, il est nécessaire de procéder comme il a été dit plus haut; puis il faut être muni d'un excellent pinceau à filets, sans lui le succès ne serait pas possible, et il y a pour exécuter le fil d'un cordage deux manières d'opérer. Il faut, dans la première manière, tenir le pinceau très plein de couleur liquide (l'essence du pincelier employée pure est ce qui convient le mieux). On prépare le ton sur la palette et l'on s'assure de la valeur parla comparaison avec les tons du ciel restés sur la palette ; on prend ensuite des dispositions pour bien assurer sa main, en essayant le mouvement pour voir si l'on aura toute facilité de lancer les coups de pinceau du haut en bas sans être obligé de s'arrêter en route ; quand tout cela a été ainsi raisonné, on exécute. Ce qui semble si difficile aux débutants, n'est qu'un jeu quand on a acquis l'expérience que donne la pratique et surtout quand on a su comprendre que l'exécution n'est que secondaire en art ; l'exécution esta la peinture ce qu'est la belle écriture au style. Quand un littérateur écrit bien, ainsi que le faisait Alexandre Dumas père, cela ne gâte rien et fait plaisir à ceux qui possèdent des autographes d'artistes, mais, qu'est la réputation de calligraphe à côté de celle de grand littérateur? En peinture comme en littérature, c'est par les sentiments exprimés, ou par ceux que l'on suggère à ceux qui contemplent les œuvres, que l'on mérite le titre d'artiste ; l'adresse de la main n'est qu'un moyen, elle ne doit pas se laisser voir au point d'exciter la curiosité.
La seconde manière d'exécuter les fils les plus tenus dont nous parlons, consiste à laisser prendre la couleur (voir dans cet ouvrage notre Dictionnaire des termes employés en peinture) jusqu'à la fin de la séance et de peindre les cordages toujours avec le pinceau à filets mais sans liquide en employant le ton en pâte et en frôlant, sans insister, en traçant le fil, comme avec un crayon, sans laisser aucune épaisseur. Ce moyen s'emploie avec succès pour préparer les dessous quand on peint plusieurs bateaux placés les uns devant les autres ; il donne aux c ordages les plus éloignés une perspective aérienne que les traits ajoutés ensuite, au moyen du liquide, pour peindre les cordages des premiers plans font admirablement valoir.
L'étude se continue ensuite en peignant la mer et les terrains. sur lesquels se repose le bateau. Nous ne dirons presque rien sur la manière dont on devra peindre ces terrains, ayant dit dans la partie précédente tout ce que nous pensions devoir être utile à ce sujet. D'ailleurs pour l'étude qui nous occupe, il n'est utile que de bien observer la valeur
des plans, et ce n'est qu'après avoir terminé le bateau que Ton pourra exécuter plus à fond les terrains si l'effet n'est pas trop changé et si l'heure de la marée montante n'est pas arrivée.
On devra peindre ensuite le bateau en commençant par la quille qui est la partie la plus foncée. Pour faciliter l'exécution on ébauche toute cette partie d'un seul ton foncé où le noir, le bleu d'outremer et le violet foncé du second rang de la palette sont les principales couleurs, à l'aide desquelles on obtient ce ton noir des parties goudronnées. On ajoute ensuite les tons les plus noirs de l'ombre et l'on peint les reflets du terrain qui sont plus chauds, avec des couleurs comme la laque de garance et les terres de Sienne naturelle ou brûlée, puis on ajoute les gris de la lumière sur le gouvernail et les filets du tableau d'arrière ; enfin on termine cette partie par la moustache peinte en vert à l'avant du bateau dont on ne voit qu'une pointe. C'est par l'ombre portée que l'on termine la coque et les parties basses du bateau. Pour peindre l'ombre, il faut, bien en observer la couleur si fine et sa valeur relativement claire, si on la compare aux noirs du bateau ; quand on croit que la valeur et le ton ont été suffisamment observés on ajoute les parties reflétées par le ciel et par le bateau ; ce sont ces reflets qui donnent tant de finesse et de limpidité aux ombres. On sait aussi qu'il ne faut jamais employer la couleur en pâte pour pe'n.lre les ombres, si l'on veut les obtenir légères, aérées et transparentes, ce qui est le but à atteindre.
Il reste à peindre encore tous les objets vus à l'intérieur du bateau sur le pont, et c'est en commençant toujours par les parties les plus foncées et en terminant par les lumières, que l'on procédera pour exécuter plus facilement. Les voiles carguées déposées sur le pont et le plat bord se peindront ensuite en procédant de la même façon, mais avec la liberté de peindre plus solidement les parties claires des voiles.
Il ne reste plus à peindre que le bordage rouge ; on l'exécutera en plaçant le ton local et en terminant par les lumières vives qui donnent de la gaieté à cette étude. On terminera définitivement par les filets et les engins de pêche qui reposent sur le bordage de premier plan, en procédant toujours par l'ombre, la demi-teinte (ou ton local) et la lumière.
Pour les exécuter facilement, il sera nécessaire de peindre avec des brosses douces et pour ajouter quelques accents ou préciser certaines formes, le pinceau à filets sera très utile.
Évitez les petits détails secs, que donne souvent la trop grande précision du dessin, et quand vous aurez fini, reposez-vous cinq minutes en allant à quelques pas plus loin, puis revenez, examinez de loin votre étude, comparez l'ensemble en regardant alternativement la nature et votre travail. Quand vous reprendrez le pinceau, vous vous rendrez mieux compte de ce qu'il sera nécessaire de simplifier ou de supprimer afin
de donner beaucoup d'enveloppe et d'air ; ce sont les deux qualités indispensables à obtenir dans une telle étude.
Barques échouées à marée basse ; soleil couché. — Tout ce qui est dit dans le chapitre précédent sur la manière de dessiner et de
Barque échouée à marée basse (soleil couché).
peindre peut en grande partie se répéter ici; nous ne le redirons pas, nous y renverrons seulement le lecteur. Nous ne voulons donner que quelques conseils sur le choix des sujets à traiter et sur la façon de se placer pour que les barques se présentent d'une manière plus agréable.
On sait certainement que la disposition qui offre la plus agréable forme, c'est le trois quarts ; il en est pour les bateaux comme pour les portraits, les animaux, les objets quelconques, les fleurs, etc., etc.
Mais il faut cependant faire des études dans tous les sens quand on étudie les bateaux car pour faire chez soi des arrangements et grouper des ensembles, il est nécessaire d'avoir des études de toutes sortes, vues dans toutes les positions et peintes par tous les effets.
La planche en couleurs montre une barque vue par l'arrière et placée de trois quarts ; le dessin page 57 est encore une barque semblable vue aussi de trois quarts, mais montrant son avant. L'effet est un coucher de soleil brumeux, très voilé, comme il s'en présente souvent au mois de septembre. Par ces effets-là, la mer à marée basse prend une grande poésie, tout y semble mystérieux et les silhouettes des barques échouées ont une distinction et une élégance inaccoutumées qui donnent le désir de les peindre.
Nous ne répéterons pas tout ce qui a été dit au chapitre traitant: Le coucher de soleil en mer puisqu'on y trouvera les renseignements nécessaires; nous ajouterons toutefois quelques observations indispensables.
Chacun éprouve, à des degrés variés, une paresse du cerveau qui l'invite à faire choix des difficultés les moins grandes, quand il s'agit de la disposition d'un modèle quel qu'il soit. Pour ce qui concerne les bateaux, on est toujours enclin à les dessiner et à les peindre vus de profil ; il en est de même pour les animaux, les voitures, etc. C'est un travail moins pénible, où l'esprit est plus en repos parce que l'on est plus certain de la réussite, mais il faut toujours se méfier du travail facile, car ce qui ne donne pas de peine est rarement intéressant à voir ou bien, l'est si peu, qu'on s'en lasse facilement. En général les études de profil, que ce soit des figures, des animaux, des bateaux, etc., ne sont intéressantes que lorsqu'on les regarde par comparaison avec d'autres, ou bien quand elles sont groupées et font partie d'un ensemble de mouvements variés; autrement elles évoquent de suite l'idée de l'impuissance de l'artiste qui n'a pas osé aborder des mouvements plus difficiles, pour les bateaux tout particulièrement le dessin des profils semble enfantin.
Il est nécessaire de faire des études simples et de varier tous les mouvements; il faut entendre par études simples, celles qui n'ont d'autre but que l'étude elle-même, sans avoir la préoccupation qu'elles fassent un tableau; elles ne doivent pas être autre chose qu'un document et nous pourrions ajouter qu'il est nécessaire, indispensable même, qu'elles ne s'arrangent pas, qu'elles ne fassent pas un motif de tableau, afin que le peintre ne soit jamais tenté de les vendre ou de les donner et qu'il puisse toujours les consulter au besoin, car il est reconnu que même dans les plus mauvaises études, il y a toujours des renseignements que l'on sait utiliser quand on est devenu plus savant.
Le dessin, page 5j, montre la même barque prise un peu plus de face,
par le même effet, mais un peu plus tard, avec la mer plus foncée que le ciel, quoique la silhouette noire du bateau et de sa mâture soit toujours plus vigoureuse que tout le reste de la nature.
Barque de pêche vue par l'avant.
le moyen suivant pour faciliter la rapidité du travail, car on ne dispose à l'heure du soleil couché, que de quelques minutes qu'il s'agit de bien employer : on peint le ciel et ses nuages lumineux après avoir fait un dessin aussi juste que possible, malgré le peu de temps dont on dispose. Puis l'on peint rapidement la mer et le terrain en ne se préoccupant de rien autre chose que de leur valeur par rapport au ciel, le ton s'obtiendra
6o COURS COMPLET DE PEINTURE A L'HUILE
sans y penser. Ensuite on fait un ton gris foncé, violet ou brun selon ce que l'on observe dans le ton général de la nature et l'on peint tout du même ton, les mâts et le bateau. Quand on a obtenu cette silhouette on remet des noirs-violets pour peindre les parties de la quille et du bordage et l'on pose ensuite le ton vert de la moustache ; en ajoutant les quelques tons gris qui se trouvent placés sur la quille, sur l'étrave et sur le bordage, on obtient rapidement ainsi le modelé général. Les mâts se terminent en leur ajoutant une demi-teinte un peu plus claire et en dessinant les poulies et les cordages ; avec un peu d'habitude, une telle pochade de tons peut et doit se faire en une demi-heure, pour que l'effet ait des chances d'être juste.
Le dessin page 5o, représente encore une barque toute semblable aux précédentes, mais elle est vue de face par l'avant, éclairée faiblement à contre-jour, par un temps de soleil, voilé de brume. La mer et les terrains sont plus foncés que le ciel, où quelques crêtes de vagues sur le terrain de second plan, mettent des notes claires et annoncent le retour de la marée.
Groupe de barques de pêche, à marée basse ; effet de soleil à contrejour. — En procédant progressivement par des études simples, comme celles qui ont été décrites, on arrivera peu à peu à connaître la forme des vagues au point de savoir les dessiner de mémoire. C'est à ce résultat qu'il est important d'arriver pour qu'il soit permis de saisir rapidement des groupes de barques. On a souvent fort peu de temps pour peindre quand la marée remonte aussi est-il indispensable d'être habile pour prendre des notes d'effets pittoresques avec lesquelles on fera plus tard des tableaux.
Il faut donc dessiner beaucoup de mémoire pour se graver dans le cerveau la forme des barques, des canots et de tous les bateaux en général. Voici le moyen à employer quand on ne possède pas à un haut degré la mémoire des formes et que l'on désire la développer : dès que l'on a fini de travailler et resserré tout le matériel, on prend un crayon et un album et l'on redessine de souvenir le bateau que l'on a étudié dans la dernière séance. Quand ce dessin est fait, sans autre guide que la mémoire, on le compare soit à l'étu.de, soit au modèle, si on l'a près de soi et l'on corrige les lignes dont on ne s'est pas souvenu. Presque toujours ce premier essai est mauvais, mais en le répétant le lendemain et à différentes reprises, on commence à le savoir mieux faire ; au bout de quelques jours, on le dessine de souvenir presque aussi bien qu'en le copiant. Quand on a obtenu ce résultat, on sait mettre en place très rapidement, ce qui est infiniment précieux pour les études de marines qui demandent toujours une grande célérité, à cause du flot qui monte ou redescend et déplace les barques, quand il ne chasse pas le peintre.
Le dessin page 61 montre un groupe de barques de pêche échouées au Polet (à Dieppe) à marée basse, et vues à contre-jour; elles n'ont pas un intérêt très grand au point de vue de la forme, mais elles montrent un effet d'ensemble varié de lignes et un éclairage au soleil à contrejour qu'il sera bon de rechercher quand on essaiera les premières études de groupes. Ce dessin est peu compliqué et sera vite mis en place. Quant à l'effet général, il se résume aux valeurs du ciel, du terrain et des barques ce qui est on ne peut plus simple ; il suffirait d'une note rouge et d'une note verte sur les bateaux pour que la couleur générale fût
Darques échouées à marée basse (eiïet de contre-jour)»
obtenue. C'est ce que l'on nomme, un effet bien écrit, ce sont ceux-là qu'on recherchera au début pour les bien saisir; plus tard étant devenu plus savant, on essaiera des effets plus fugitifs et de colorations plus délicates.
Barques échouées au Polet (à Dieppe); plein soleil éclairant de face.
— Voici des barques un peu plus compliquées ; le groupe forme un assemblage de lignes enchevêtrées et de mouvements différents selon l'inclinaison de chacune ; les voiles sont restées à demi hissées et donnent un aspect d'ensemble assez pittoresque surtout à cause de l'effet brutal du plein soleil qui éclaire et accuse les plans.
Quand on se dispose à peindre un groupe à peu près semblable à celui-ci, il est nécessaire, après avoir bien établi le dessin, de se rendre compte de l'endroit où se trouvent placés le plus grand clair et le plus grand noir et c'est en plaçant le plus vite possible ces deux valeurs,
pour ne pas être tenté de les répéter. à d'autres places, que Ton donnera beaucoup d'effet à l'ensemble.
Le dessin peut se faire comme il a été dit déjà, soit à l'encre de Chine, soit au crayon mine de plomb seulement, si l'on est devenu assez habile pour dessiner et peindre tout à la fois.
Il faut toujours penser à l'état de la mer et se rendre compte de l'heure à laquelle le flot montera ; ceci doit avoir une grande influence sur le procédé que l'on devra employer pour dessiner, parce que, si l'on veut- peindre et que l'on n'ait qu'une heure à y consacrer, il faudra abréger et prendre le moyen le plus expéditif. Ce moyen est celui de peindre et de dessiner tout à la fois, mais à la condition d'avoir au préalable, construit attentivement les lignes principales et s'être rendu compte des proportions de chaque chose; ce dessin peut se faire tout simplement avec un crayon mine de plomb. Il faut négliger tous les détails en ne s'appliquant qu'à rechercher les proportions et les places exactes où s'attachent les agrès, la voilure et toutes les manœuvres. Nous ne cesserons de le répéter encore, le dessin est la base de tout et il est préférable, si l'on n'a pas le temps nécessaire de bien l'étudier avant de peindre, soit de renoncer à l'étude, soit de n'en entreprendre qu'une petite partie, mais d'y consacrer tout son savoir et toute sa conscience. C'est le plus sûr moyen de faire de rapides progrès et d'amasser des documents qui soient d'une réelle utilité.
Quand on est certain d'avoir le temps nécessaire à cette étude, le meilleur moyen à employer est celui de dessiner à l'encre de Chine au moyen des brosses et de l'eau pour obtenir des demi-teintes. L'encre fournira des dessous utiles pour préparer la toile blanche à recevoir des noirs qui paraissent solides ; sans cette ébauche des noirs, on serait tenu d'empâter pour couvrir et ce serait d'un vilain aspect (on dit aussi d'un vilain métier), parce qu'il ne faut jamais peindre les ombres en pâte pour qu'elles soient aérées.
Lorsque le dessin est ainsi obtenu, que l'on a bien observé les deux points les plus saillants, le blanc le plus clair et le noir le plus intense, on commence à peindre l'étude en exécutant tout d'abord la quille et la coque du bateau de premier plan. C'est un ton violet presque noir pour la quille qu'il faut placer tout de suite, puis on ajoute un peu de blanc et quelques tons chauds, tels que : la laque ordinaire, le brun rouge ou les terres de Sienne, naturelles ou brûlées, selon ce qui se reflète dans les parties vernissées par le black ou le goudron, dont on a coutume de peindre les bateaux, en dessous de leur ligne de flottaison. Pour obtenir une facture (ou une exécution) grasse, souple, agréable à voir, il faut, quand on a placé le noir le plus violent, peindre le gris du reflet qui modèle la partie ventrue de la coque en employant à cet effet un large pinceau de martre plat, ou bien une brosse en soie plate et très douce.
Avec un peu d'habitude, on modèle facilement cetle partie, en traînant la brosse de droite à gauche d'un seul coup. On remet ensuite quelques tons différents selon ce qui se reflète, en se servant de pinceaux de martre pour ne pas laisser d'épaisseurs qui détruiraient l'ensemble du modelé.
On peint ensuite de la même façon, la moustache, verte, rouge ou blanche à l'avant du bateau, en tenant compte des différentes valeurs qui doivent modeler le plan sur lequel elle est peinte, et l'on termine celte partie du bateau, en exécutant l'étravc ; mais avant de placer la partie la plus claire, il faut avoir soin de peindre les tons noirs de la barque placée derrière, en procédant comme il vient d'être dit et en tenant compte des valeurs et de l'enveloppe aérienne qui doivent faire comprendre, la distance qui sépare les deux bateaux.
Après avoir fait ce premier travail, il faudra laisser en suspens cette barque commencée pour peindre celle qui est derrière et dont on ne voit que la moitié. C'est toujours par le ton le plus foncé et la demiteinte que Ton procédera en terminant par le clair et le brillant, qui est le clair le plus puissant que la palette permette d'obtenir, il sera nécessaire à cet effet de bien observer la coloration de cette grande lumière qui est causée par la partie vernissée du goudron, où le soleil miroite comme sur une vitre. Cette lumière est généralement d'un ton chaud, mais elle paraît gris-violet, à cause du voisinage des tons jaunes dont est peint l'intérieur du bateau, ainsi que de la couleur des bois naturels vernis, huilés, ou peints des mâts ou des parties pontées.
Quand ces deux fortes valeurs d'ombre et de lumière ont été peintes, il faut revenir à la première barque et en terminer l'intérieur. On sait, (après tant de répétitions voulues de notre part) que c'est par les parties dans l'ombre qu'il est nécessaire de commencer ; ces parties quoique très foncées sont d'un ton chaud et la grande lumière qui les entoure, les éclaire d'un reflet (ou clair-obscur) qui permet de distinguer vaguement les clains qui sont les œuvres vives ou la membrure de la barque et de son bordage. Tout l'intérieur du bateau ayant été peint, on le termine par la ligne claire du dessus du bordage que l'on nomme la lisse . et sur laquelle on viendra attacher ensuite les cordages, les haubans, les drisses, les amarres, les pare-battages, etc. L'étude sera continuée ensuite en peignant les terrains afin que cette valeur très claire, semblable à celles de l'intérieur du bateau, mais moins colorée, puisse permettre de connaître la valeur qu'il sera nécessaire de donner au ton bleu du ciel. Il est à remarquer que dans cet effet, le ciel quoique très lumineux, est d'une valeur beaucoup moins claire que le terrain. Cette constatation est bien facile à faire si l'on compare les pointes des mâts peintes en blanc qui sont beaucoup plus claires que le ciel, et qui, cependant sont moins claires que le grand brillant de la barque dont nous nous sommes occupé plus haut.