‹ Cours complet de pharmacie (volume 2)Chapitre 11 sur 228 · DU CARBONE · texte numérisé non relu

DU CARBONE

eux contenir : de Peau , de Pacide acétique, de l’esprit de bois, de l’ulmine, des pyrétines , des pyrostéarines et des py relaines.

Le pharmacien se procure dans le commerce le charbon que les fabricants de noir animal ont obtenu, pour résidu de la calcination des os, dans des appareils distillatoires qui permettaient de recueillir les produits ammoniacaux de Popération. Seulement, avant de Pcmployer, il lui arrive parfois de le laver à Peau tiède, afin de le débarrasser des huiles empyreumatiques qui l’altèrent, et meme de le traiter par Pacide chlorhydrique étendu, afin de lui enlever en même temps le sulfure de calcium, les phosphates, les carbonates terreux, et de plus d’augmenter son pouvoir décolorant. Nous avons vu comment s’opéraient ces lavages (pag. 413, tom. 1).

C’est habituellement aussi dans le commerce qu’il se procure le charbon de bois, tant celui qui provient de la distillation du bois dans les fabriques de vinaigre pyroligneux, que celui que l’on prépare par la combustion étouffée, suivant le procédé de carbonisation dit des forêts. Le premier est préférable au second, pour le motif, qu’ayant subi une calcination plus égale, plus complète, il ne renferme pas sous le nom vulgaire de fumerons, des fragments encore susceptibles de dégager des gaz et des matières empyreumatiques.

Ce charbon cependant, peut être préparé dans nos laboratoires.

À cet effet, on commence par se procurer des morceaux de tilleul, de saule ou de peuplier, dont les bois très légers fournissent des charbons fort actifs, attendu qu’ils partagent avec les corps poreux , la faculté d’absorber d’autant mieux les gaz fétides, qu’ils offrent un plus grand nombre de pores, et qu’on les destine précisément à produire une action désinfectante, à combattre la fétidité de l’haleine, etc., etc. On introduit ces fragments de bois dans des creusets en terre, et dans le but de répartir plus également la chaleur, de produire une calcination plus complète, on les y recouvre de grès en poudre, à l’avance, parfaitement lavé et séché $ on ferme les creusets, et l’on chauffe tant que des gaz ou des vapeurs se dégagent. On retire du feu, on laisse refroidir, on

De la

préparation

du

charbon d’os.

De la

préparation du charbon de bois. *

Pulvérisation du charbon de bois.

Préparation des éponges torréfiées.

enlève les couvercles , on sépare le charbon de tout le sable qui le recouvrait , et définitivement on renferme encore chaud dans des flacons secs, que l’on bouche très hermétiquement, afin qu’il ne puisse perdre de ses propriétés , en absorbant l’air ou l’humidité que celui-ci contient.

S’il s’agissait de le pulvériser, on l’humecteraît avec un peu d’eau , on le broierait dans un mortier en fonte, de manière à former du tout une pâte homogène et très fine, qu’au besoin on porphyriserait; on étendrait celte pâte sur des toiles ou sur des filtres en papier; on l’y laverait à l’eau bouillante; on l’y lais* serait égoutter, et finalement on l’exposerait aux rayons du soleil jusqu’à parfaite dessiccation.

Les auteurs du Codex de 1818 avaient admis que l’insolation communique à la poudre de charbon de l’efficacité, et lui fait perdre l’odeur et la saveur désagréables qu’elle présente quand on la sèche à l’ombre. Beaucoup de pharmacologistes se montrent disposés à révoquer en doute l’exactitude de cette assertion.

A l’encontre des charbons d’os et de bois, le pharmacien prépare lui-même le charbon d’éponges et la pyrothonide.

Les éponges brutes les plus odorantes, les plus fines, les plus serrées, celles que des lavages n’ont point privées d’une portion de l’iodure alcalin ou terreux qu’elles renferment, sont déchirées par morceaux, privées de coquillages et de graviers, secouées dans un sac en toile à tissu lâche, pour en séparer la poussière, introduites dans un brûloir à café, et chauffées avec modération jusqu’à ce qu’elles soient devenues d’un brun noirâtre, ou plutôt jusqu’à ce qu’elles aient perdu 1/4 de leur poids, en les supposant sèches.

À cette époque on les retire du brûloir, et on les enferme dans des bocaux en verre bien bouchés.

11 importe de ne pas chauffer trop, car une température élevée modifierait profondément les résultats.

Tandis que i’éponge convenablement torréfiée contient des sulfates, de l’iodure, et peut-être du bromure de calcium, sans trace aucune de cyanure ou de sulfures. L’éponge calcinée renferme des sulfures , des cyanures; les sulfates, et surtout

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