‹ Cours complet de pharmacie (volume 2)Chapitre 110 sur 228 · XLVI* LEÇON · texte numérisé non relu

XLVI* LEÇON

©fa Ütîîrkaments chtmiquea îtu règne organique.

Les chimistes confondent sous la dénomination de matières ou de substances organiques , toutes celles qui, semblables aux très nombreux principes immédiats végétaux ou animaux, sont pour la plupart formées d’oxygène, d’hydrogène, de carbone, quelquefois en outre d’azote, et possèdent certaines propriétés étrangères aux matières inorganiques ou minérales, celles notamment :

i° D’être décomposées par la chaleur et de donner alors généralement naissance :

À des gaz au nombre desquels figurent l’acide carbonique et l’hydrogène carboné, à de l’eau, à de l’acide acétique libre, ou à de l’ammoniaque également libre, suivant qu’elles sont ou non azotées, de telle sorte que dans le premier cas, leurs vapeurs ramènent au bleu le papier rouge de tournesol humide, tandis que, dans le second , elles rougissent le papier bleu 5 enfin, à des produits empyrcuma tiques plus ou moins odorants.

Lorsqu’elles sont fixes, il suffit, pour amener cette décomposition et pour en recueillir les produits, de les chauffer dans une cornue en grès en communication avec un ballon dont la tubulure porte un tube à gaz, mais lorsqu’elles sont volatiles, il faut faire passer leurs vapeurs au travers d’un tube en porcelaine chauffé au rouge.

2° De fournir par leur calcination avec le bioxyde de cuivre qu’elles réduisent :

Soit de l’acide carbonique . j

Soit — — et de l’eau ]

Soit — — et de l’azote. . . . |

Soit — — de l’eau et de l’azote. |

acide oxalique dans les oxalates de plomb et de zinc ; acide citrique , sucre; cyanogène, etc. ; quinine , urée , etc.

Tom. II.

322 4 6e leçon.

De là les moyens employés pour en faire l’analyse élémentaire»

Mes AeitMes &rgmmiQues,

Le nombre des substances organiques dans lesquelles se retrouvent plus ou moins prononcées , plus ou moins complètes, les propriétés caractéristiques énumérées en traitant des acides minéraux, est considérable. L’on en compte plus de 70 ; toutefois, nous n’aurons à nous occuper que des acides organiques suivants :

L’acide acétique, benzoïque, citrique, lactique, oxalique, succioique, tannique, tartrique et cyanhydrique.

Pour leur étude d’ailleurs, nous continuerons de suivre la marche suivie jusqu’ici. Nous commencerons par indiquer leur composition, nous en ferons ensuite connaître les caractères etles principales propriétés; en dernier lieu, nous décrirons leurs procédés d’extraction ou de préparation, avec détails, quand ils s’exécuteront dans les laboratoires; sommairement, quand ils s’exécuteront en fabrique.

Me i’Aeif&e meéfiigwe.

Sa'

composition.

Tel qu’il existe dansles acétates desséchés, c’est-à-dire anhydre, les chimistes le représentent par l’une des formules suivantes :

CSH60 ou 2(CO) -f C6H60

Acide Acétone.3 carbonique.

Carbone , 305,744

Hydrogène, 37,440 Oxygène, 300,000

À l’état de liberté, il retient au moins un atome d’eau, ou 14,89 sur 100.

Ses propriétés. Le plus concentré que l’on connaisse, celui par conséquent qui ne retient qu’un atome d’eau, est solide à -|- 12° et audessous, liquide au-dessus, incolore, d’odeur très piquante et particulière, de saveur forte et presque caustique, volatil vers 120°, soluble dans l’alcool et dans l’eau en toutes proportions, d’une densité de 1,063 (8,5 de l’aréomètre) à -f- 15°, sans action sur le papier de tournesol et sur le carbonate de chaux.

DE l/ ACIDE ACÉTIQUE CMSTAULISABLE, 323

Par l’addition de F eau, il perd 1 état solide et devient liquide, son odeur et sa saveur s’affaiblissent, son point d’ébullition s’abaisse, il continue de se dissoudre dans l’eau et dans l’alcool; mais, par de singulières anomalies, sa densité s’élève jusqu’à 1,079 (10,54 de l’aréomètre) avec la proportion d’eau, pour retomber au-dessous de ce qu’elle était d’abord , lorsque celle-ci équivaut à 3 atomes pour 1 d’acide anhydre (34,25 sur 100). Alors, il manifeste des réactions acides sur le papier bleu de tournesol et sur le carbonate de chaux.

Un seul acide, le formique, en raison surtout de son état liquide, de son analogie d’odeur, pourrait être confondu avec lui, s’il ne s’en distinguait par sa composition élémentaire, par la faculté qu’il possède et qu’on ne retrouve plus dans l’acide acétique, d’être converti par l’acide sulfurique concentré, même à la température ordinaire , en eau et en oxyde de carbone, de décomposer à l’aide d’une légère chaleur, les azotates de mercure, d’argent, et le bioxyde de mercure dont il isole les métaux.

L’acide acétique cristallisable ou mo- Le vinaigre radical , nohydraté, — ordinaire,

Le vinaigre de bois ou acide pyroli- — distillé, gneux,

de la préparation desquels nous allons successivement parler, présentent des propriétés en harmonie avec les proportions différentes d’acide acétique réel et d’eau qui les constituent.

De l'Acide acétique cristallisable eu monohydraté.

Prenez :

9,700 gr. d’acide sulfurique à 66° privé par l’ébullition d’acides azotique et azoteux ;

3,000 gr. d’acétate de soude pur, parfaitement sec et passé au tamis de crin.

A cet effet, vous l’aurez chauffé dans une marmite en fonte, mais sans le faire entrer en fusion , et en le remuant sans cesse avec une spatule en fer , jusqu’à ce qu’il ait cessé de perdre de son poids ;

Introduisez l’acétate par la tubulure, dans une cornue à l’émeri de 6 à 7 litres de capacité; fixez celle-ci, au moyen de fils de fer, sur le triangle d’un fourneau à réverbère; adaptez à sou col une allonge, puis un ballon portant un long tube droit; lutez les joint * es, ajoutez l’acide sulfurique par petites

portions, en ayant le soin d’agiter au moyen d’une tige en verre,

isr

46e LEÇON.

afin de prévenir la formation d’un dépôt adhérant aux parois de la cornu e, fermez la tubulure avec son bouchon en verre.

Du contact de Pacide avec l’acétate, résultera une élévation considérable de température , à la faveur de laquelle distillera le quart environ de Pacide acétique éliminé. Aussitôt que la distillation se montrera languissante, vous recouvrirez la cornue du dôme du fourneau , vous placerez en dessous quelques charbons ardents, et continuerez de chauffer, jusqu’à ce que la matière formant le résidu soit en fusion tranquille, en activant ou ralentissant la marche de l’opération, de manière à prévenir le plus possible les soubresauts que la formation de dépôts cristallins tend sans cesse à produire. À cette époque, la totalité de l’acide acétique monohydraté (2 kiî. environ) , mélangé d’une certaine quantité d’eau étrangère à sa constitution , car 3k d’acide de soude sec n’en représentent que lk860 aura passé dans les récipients. Elle y sera accompagnée de quelque peu d’acide sulfurique, voire d’acétate de soude projeté par des soubresauts à peu près inévitables. Tous procéderez à une seconde distillation, sur de l’acétate de soude pur et sec, destiné à fixer l’acide sulfurique ; vous séparerez le premier tiers, pour le motif que Pacide acétique monohydraté, moins volatil que l’eau, permet à celle qui l’accompagne de se vaporiser de préférence au début. Vous recueillerez les deux autres tiers, vous les exposerez à une basse température pour les congeler ; vous laisserez égoutter dans un entonnoir les cristaux formés ; vous les liquéfierez à une douce chaleur, afin d’obtenir une matière homogène; vous les reproduirez de nouveau par un abaissement de température, et de nouveau aussi les ferez égoutter. Après ces traitements, l’acide pourra être considéré comme ne contenant plus qu’un atome d’eau. Il sera solide, pour peu que la température soit basse.

Ce procédé, dû à M. Sebille Auger, réussit parfaitement.

L’emploi de ballons tubulés à pointes, dont la tubulure renversée vient s’aboucher avec les flacons faisant fonction de récipients, de manière à ce qu’on puisse changer ceux-ci sans toucher au reste de Pappareil , faciliterait beaucoup le fractionnement des produits.

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