‹ Cours complet de pharmacie (volume 2)Chapitre 115 sur 228 · DE L ACIDE OXALIQUE · texte numérisé non relu

DE L ACIDE OXALIQUE

I on fera chauffer dans une capsule en porcelaine ou en plomb; puis, quand les liqueurs ne précipiteront plus les sels solubles de baryte, auquel cas l’on aura la certitude que tout l’acide sulfurique est entré en combinaison avec l’oxyde de plomb, parce que les proportions précitées sont telles qu’il reste un léger excès d’oxalate plombique (100 d’oxalate sec exigeant en réalité 33, 22 d'acide sulfurique à 66°) , on jettera le tout sur un filtre, on y lavera le dépôt à l’eau bouillante , on réunira aux premières liqueurs, celles des eaux de lavage que leur forte acidité indiquerait retenir une notable quantité d’acide oxalique, on concentrera et l’on fera cristalliser,

La présence dans l’acide oxalique de traces d’acide sulfurique que dénoterait l’addition à sa dissolution des sels solubles de baryte, ne serait pas grandement à craindre; mais il n’en serait pas de même de celle du plomb, ou plutôt de l’oxalate de plomb, dont l’acide oxalique libre aurait pu déterminer la solution.

Pour peu qu’il en contint, et par conséquent que sa solution se colorât en noir par l’acide sulfhydrique , il deviendrait indispensable de le dissoudre dans l’eau, d’y faire passer un courant de gaz sulfhydrique, de filtrer, de concentrer et de faire cristalliser.

Pour le former de toutes pièces, on introduit une partie de Sa préparation sucre en poudre dans une cornue tabulée de capacité triple au toutespièces. moins du volume du mélange qu’elle doit contenir; on verse dessus une partie d’acide azotique à 32°, en prévenant, par tous les moyens possibles, la formation d’un dépôt adhérant au vase; on place la cornue sur un bain de sable, on adapte à son col une allonge que suit un ballon tubulô muni d’un long tube droit; on lute exactement les jointures, et l’on chauffe modérément.

Quand les vapeurs rutilantes qui s’ôtaient d’abord manifestées, ont disparu, on laisse refroidir; on décante la liqueur acide de dessus les cristaux qui se sont formés; on enlève ceux-ci; on reverse dans la cornue les eaux mères et autant d’acide qu’on en avait employé en premier lieu; on fait bouillir de nouveau, et de nouveau encore on enlève les cristaux formés après refroidissement. L’on continue tant qu’il se produit de l’acide oxalique, toutefois en diminuant à chaque fois la dose d’acide additionnel.

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A la fin, on réunit tous les cristaux, on les fait égoutter dans un entonnoir en verre, on les y lave à 2 ou 3 reprises avec de très petites quantités d’eau froide, on les, fait dissoudre dans l’eau bouillante et recristalliser.

Dans cette operation, le sucre commence par se dissoudre sans éprouver d’altération sensible , puis il est profondément attaqué. Une portion de son hydrogène et de son carbone enlève de l’oxygène à l’acide azotique, et de là de l’eau, de l’acide carbonique, de l’acide acétique, peut-être de l’acide cyanhydrique, car une odeur prononcée d’amande amère se fait sentir, de l’acide hypoazotique, du bioxyde d’azote, de l’azote.

Delà aussi, au moins transitoirement, un acide que M. Guérin Wary nomme oxaihydrique , en raison de ce qu’il renferme plus d’hydrogène que celui qui nous occupe (acide oxalique hydrogéné).

La propriété d’ètre incristallisable, de former avec l’eau de chaux un précipité blanc soluble dans un excès d’acide, de laisser par la calcination un abondant résidu charbonn ux, le distinguent de l’acide oxalique, abstraction faite de sa composition élémentaire.

L’action oxygénante de l’acide azotique se continuant, l’acide oxaihydrique est déshydrogéné, et remplacé par de l’acide oxalique, que son peu de solubilité dans le liquide fait se précipiter par le refroidissement.

Si l’on n’employait pas assez d’acide azotique, il ne se produirait guère que de l’acide oxaihydrique; si Pon en employait trop, l’acide oxalique finirait lui-même par être converti en acide carbonique et en eau.

C’est précisément pour éviter ce double écueil, que l’on fait usage d’une proportion considérable d’acide qu’on fractionnne , et que Pon ne verse sur la matière plus ou moins modifiée, mais non encore convertie en acide oxalique, une nouvelle portion d’acide, qu’après avoir séparé les cristaux formés.

Malgré cette précaution, Pon n’obtient jamais qu’une proportion d’acide oxalique de beaucoup inférieure à celle que Pon devrait obtenir, à ne consulter que la théorie.

Robiquet remplaçait le sucre par l’amidon. 11 versait 3 parties

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d’acide azotique à 33<> sur une partie d’amidon, laissait la réaction s’épuiser à la température ordinaire, ajoutait une nouvelle partie d’acide, chauffait jusqu’à cessation de vapeurs rutilantes, laissait refroidir, cristalliser, et recommençait 3 ou 4 fois à chauffer, toujours en ajoutant de nouvel acide.

24 parties de fécule et 144 d’acide produisent de 12 à 14 parties d’acide oxalique cristallisé.

Obtenu par ce procédé, l’acide oxalique retient obstinément de l’acide azotique, dont on ne peut le débarrasser que par des dissolutions et des cristallisations multipliées. ïl lui devrait la faculté de corroder fortement les bouchons en liège, de dégager des vapeurs rutilantes quand on le triturerait avec un peu d’eau et de la limaille de fer, surtout celle de colorer en rouge de sang, la brucine qu’on délaierait dans sa dissolution aqueuse con* centrée.

Me ë* Acide succimifjme*

En combinaison avec les bases, il a pour formule :

/ Carbone , 305,744

C8H403 — | Hydrogène, 24,980 I Oxygène, 300,000

Cristallisé par voie de dissolution, il contient de l’eau qu’une sublimation brusque lui fait perdre presque tout entière.

Il est solide, incolore, transparent, de saveur âcre, acide au Ses propriétés tournesol, cristallisable en prismes, inaltérable à l’air ^ fusible, volatil vers 235° en longues aiguilles, ressemblant à celles de l’acide benzoïque ; très soluble dans l’alcool et dans l’eau, surtout à chaud, inattaquable par l’acide azotique.

Son peu de solubilité dans l’essence de térébenthine, la facilité avec laquelle ses dissolutions fournissent des cristaux solides, ne permettent pas de le confondre avec l’acide benzoïque, dont il n’offre d’ailleurs pas la composition.

On le retire du succin ainsi que déjà nous avons eu l’occasion SaPréparatlo de le faire voir (tora. 1, pag. 298). Renvoyant donc à cette leçon pour tout ce qui o#noernerait la conduite de l’opération , nous nous bornerons à dire ici, que lorsque la distillation du

Sa

composition.

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succiîi a pour objet spécial la préparation de l’acide succinique , il faut :

Agiter avec une dissolution étendue de potasse caustique les produits de l’opération, dans lesquelles une notable quantité de cet acide est restée dissoute, afin de le leur enlever.

Redistiller à feu nu et à siccité , les matières empyreumatiques débarrassées de la liqueur alcaline de lavage, afin d’obtenir la nouvelle quantité d’acide qu’elles sont susceptibles de fournir, par suite d’une décomposition analogue à celle qu’avait d’abord éprouvée le succin lui-même.

Répéter les lavages à l’eau de potasse sur les produits de cette seconde distillation , redistiller encore les matières empyreumatiques, laver; enfin recommencer ces opérations, tant que l’acide succinique est dissous par la solution alcaline, ou produit pendant la distillation.

À la fin, on sursature les eaux de lavage, au moyen de l’acide sulfurique employé en très léger excès, on évapore à siccité, on reprend le résidu par l’alcool concentré qui dissout l’acide succinique mis en liberté, sans attaquer sensiblement le sulfate de potasse formé; on filtre, on évapore, ou l’on distille à siccité les liqueurs alcooliques; finalement l’on réunit leur produit à l’acide qui s’était condensé dans l’allonge ou dans le dôme de la cornue.

Si l’on tenait à l’obtenir pur , on le traiterait à chaud , par deux fois son poids d’acide azotique concentré, on évaporerait à siccité pour compléter la destruction des matières étrangères qui le salissaient; on reprendrait le résidu par une petite quantité d’eau bouillante, on laisserait refroidir; l’acide succinique se déposerait en cristaux prismatiques, d’une blancheur parfaite et très purs. On doit se rappeler ce que nous avons dit ailleurs, savoir : qu’en pharmacie on ne fait guère usage que d’acide succinique imprégné d’huile empyreumatique, produite en même temps que lui, pendant la distillation du succin.

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