‹ Cours complet de pharmacie (volume 2)Chapitre 117 sur 228 · DE L ACIDE TARTRIQUE · texte numérisé non relu

DE L ACIDE TARTRIQUE

son poids , et par le refroidissement laisse déposer des prismes hexaèdres, dont les faces sont parallèles deux à deux, et que ter* minent des pyramides quadrangulaires.

A l’air, ses cristaux ne s’altèrent pas, mais leur dissolution aqueuse ne tarde pas à se couvrir de moisissures.

Chauffé, il fond , puis se décompose en dégageant une odeur qu’on ne peut guère confondre avec quelque autre.

Un acide particulier, l’acide pyrotai trique, est au nombre des produits de cette décomposition. Il éprouve d’ailleurs de la part d’une chaleur convenablement ménagée, des modifications qui changent sa constitution, ses propriétés, et rappellent celles qu’éprouve l’acide phosphorique,dans les mêmes conditions.

On l’extrait de la crème de tartre ou bitartrate de potasse pu- sa préparation, rifié, par le procédé suivant:

On fait bouillir de l’eau dans une grande bassine étamée; on y projette alternativement, et par petites portions :

D’abord de la crème de tartre en poudre, puis de la craie également en poudre, de manière à ce que celle-ci soit en léger excès (environ 1 p. de craie pour 3 de crème de tartre). Quand il neseproduit plus d’effervescence, on retire du feu, on abandonne le mélange à lui-même, jusqu’à refroidissement complet, on décante et l’on met à partie liquide surnageant; on jette le dépôt sur un linge; on l’y lave à l’eau bouillante, jusqu’à ce qu’il cesse de la rendre acide et de la colorer; on le fait égoutter, on le met également à part.

Durant cette première opération, la moitié de l’acide de la crème de tartre, celle qui constituait le sel à l’état de bitartrate, aura déplacé l’acide carbonique de la craie et produit du tartrate de chaux insoluble. L’autre moitié au contraire, sera restée combinée avec la potasse, formant un tartrate neutre sur lequel la craie est sans action, et que l’eau dissout.

Dès lors, vient-on à verser dans les liqueurs, aussi bien dans celles decantées, que dans les premières eaux de lavage, un léger excès de chlorure de calcium, les deux sels, par une décomposition que la chaleur favorise, en même temps qu’elle contracte le coaguîum, et rend ainsi plus facile son lavage ultérieur, donneront naissance à du chlorure de potassium soluble, et a du

47e LEÇON.

tartrate de chaux en quantité exactement égale à la précédente.

En définitive, Ton aura obtenu à fêtai de tartrate de chaux neutre, tout l’acide tartrique préexistant dans le bitarlrate de potasse employé.

Le tartrate bien lavé à beau bouillante, sera placé tout humide, dans une chaudière en plomb, brassé avec une suffisante quantité d’eau pour en former une bouillie claire -, l’on ajoutera au mélange 2 parties d’acide sulfurique à 66° pour 3 parties de crème de tartre, on laissera macérer pendant 8 jours à l’étuve, ou pour économiser le temps, digérer à une douce chaleur pendant 24 à 36 heures, en ayant, dans les deux cas, le soin d’agiter souvent; on étendra d’eau, on laissera déposer, on décantera, et l’on jettera sur un linge, le dépôt essentiellement formé de sulfate de chaux.

Les liqueurs et les eaux de lavage du dépôt seront rapidement portées à l’ébullition dans une bassine en plomb, rapprochées à 25°del’aréomètre, abandonnées au refroidissement pour qu’elles laissent précipiter la majeure partie du sulfate de chaux, dont la présence d’une forte proportion d’eau, et aussi celle de l’acide, avait d’abord déterminé la solution, passées au travers d’une toile serrée, replacées dans la bassine $ concentrées à 40°, cette fois au bain-marie, et on laissera cristalliser en place.

L’on séparera par décantation les eaux mères, et on les rapprochera à 45<> ou 50°, d’autant plus que l’accumulation des matières muqueuses y pourra gêner davantage Ja cristallisation. En dernier lieu , elles seront introduites dans une cruche où souvent elles cristalliseront encore, au bout d’un temps plus ou moins long.

Les cristaux obtenus aux diverses époques de l’opération seront soumis à de nouvelles cristallisations, dans le but principalement de les priver de la majeure partie de l’acide sulfurique qu’ils entraînent, et s’il y a lieu, traités par le charbon animai exempt de sels calcaires.

À la suite de deux à trois cristallisations , la très minime quantité d’acide sulfurique qu'ils pourraient encore retenir, peut être négligée.

La théorie fait voir qu’uq atome de bitartre de potasse sup-

DE l’aCïDE tartrique. 3 5 3

posé sec, pèse 2*251, 324 et répond à 1886,348 d’acide tartrique monohydraté; mais, quelque soin que l’on prenne, on reste fort au-dessous de cette proportion.

Il est nécessaire de ne pas augmenter la proportion de craie , de ne pas diminuer celle d’acide sulfurique.

Nous avons prescrit 24 parties de crème de tartre ,

8 — de craie ,

16 — d’acide sulfurique 66°.

Bien que la théorie indique qu’il ne faille que 6P,3 de craie pour saturer l’excès d’acide du bitartrate; que 12p,3 d’acide sulfurique pour décomposer tout le tartrate de chaux que ce même hitartrate est susceptible de fournir 5 parce que l’expérience prouve que cet excès de craie est nécessaire à la saturation de l’acide, que cet excès d’acide sulfurique ne l’est pas moins à la décomposition du tartrate calcaire et surtout à la destruction des matières mucoso-gommeuses qui gênent la cristallisation.

Le Codex, en prescrivant autant de craie et deux fois autant d’acide sulfurique que de bitartrate de potasse a, selon nous, exagéré les proportions de craie et d’acide qu’il convient d’employer.

Il faut, alors que les eaux mères refusent de cristalliser, s’assurer qu’elles ne sont pas rendues incapables de fournir de nouveaux cristaux, ou par l’accumulation des matières muqueuses et colorantes, ou par la présence du tartrate de chaux dissous à la faveur de l’acide tartrique libre. On remédierait à ce dernier inconvénient, par l’addition d’une suffisante quantité d’acide sulfurique.

Quant à celui qui résulterait de l’accumulation des matières colorantes, M. Wittsler a conseillé d’ajouter aux eaux mères très colorées, un peu de chlorate de potasse et d’acide sulfurique.

L’oxyde de chlore dégagé réagirait profondément sur ces ma tières et les détruirait; maisest-il bien certain qu’il ne modifierait pas l’acide tartrique?

L’on absorberait l’excès d’acide sulfurique que des cristallisations multipliées auraient laissé dans les cristaux, en les dissolvant dans l’eau, puis agitant leur dissolution avec du tartrate Ton. II. 23

de chaux humide, et filtrant, afin de séparer l’excès de tartrate de chaux ajouté et le sulfate de chaux formé.

La précaution recommandée de projeter alternativement dans l’eau bouillante la crème de tartre et la craie, est motivée par le peu de solubilité du bilartrate, comparée à celle du tartrate neutre. Si l’on attendait, pour ajouter la craie, que le hitartrate tout entier fût dissous, il faudrait employer une très forte proportion d’eaii; la liqueur moins acide réagirait plus difficilement sur le carbonate ; plus tard , les évaporations devraient inutilement se prolonger.

Il pourrait arriver que l'acide tar trique fût mélangé de cet acide qui lui est isomère, et que les chimistes ont nommé paratartrique (de ^apa proche en raison de son analogie avec le tartrique), si l’on avait fait usage de crème de tartre provenant de vins récoltés dans des contrées septentrionales ; puisque le tartre qué ces vins fournissent , est un mélange de bitartrate et de biparatarlrate de potasse.

Dans ce cas, en le dissolvant dans une petite quantité d’eau bouillante, puis laissant cristalliser- l’acide paratartrique, infiniment moins soluble que le tartrique, cristalliserait le premier, en prismes ou en rhombes d’une remarquable transparence.

Ou mieux, en le dissolvant dans l’eau, neutralisant la liqueur par un mélange de potasse et de soude caustique ou de leurs carbonates, employés atome à atome; évaporant et faisant cristalliser, on obtiendrait des cristaux de tartrate neutre de potasse et de soude, tandis que la paratartrate correspondant resterait dans les liqueurs. Celles-ci, additionnées de chlorure de calcium, fourniraient du paratartrate de chaux, dont l’acide sulfurique éliminerait l’acide paratartrique reconnaissable :

A ce qu’il trouble la dissolution aqueuse de sulfate de chaux, que ne trouble pas l'acide tartrique;

A ce que le sel qu'il forme avec la chaux, étant dissous dans Facide chlorhydrique très étendu, se précipite immédiatement par l’addition de l’ammoniaque; tandis que le tartrate de chaux ne se précipite alors que très lentement.

La présence de l’acide paratartrique parait, au reste, sans influence sur les propriétés médicales de l’acide tartrique.

DK Jl’aCIDE CYANHYDRIQUE.

Me VAcUle cyanfàydriq[ue.

(Acide prussique , "acide hydrocyanique.) - ' j

Cet acide, d’une composition élémentaire toute différente de composition, celle des acides organiques étudiés jusqu’ici , puisqu’il contient du carbone, de l’hydrogène et de l’azote, sans oxygène, a pour formule :

( C8Az -J- H (Carbone, 76,436

C9Az H ou celle-ci} — — • — • = < Azote, 88,518

f Cyanogène. Hydrogène. ( Hydrogène , 6,240

Le cyanogène y joue absolument le même rôle que le chlore , le brôme, l’iode ou le soufre, dans les acides chlorhydrique, bromhydrique, iodhydrique, sulfhydrique.

A l’état anhydre, il est liquide jusqu’à 15 — 0°; transparent, ses propriétés, sans couleur, d’une odeur qui rappelle celle bien connue des

amandes amères, mais infiniment plus prononcée, d’une densité

de 0,70563 à —J— 7°, faiblement acide au tournesol, volatil à -f- 26° 5, sous la pression ordinaire de 0m, 76, soluble dans l’eau et dans l’alcool en toutes proportions j parfois susceptible de se conserver presque indéfiniment sans altération aucune; d’autrefois, au contraire, très rapidement altérable : au bout de quelques heures on le voit alors se colorer, d’abord en brun, puis en noir, et laisser déposer une matière noire, formée d’après P. Boullay, de cyanhydrate d’ammoniaque, et d’une matière charbonneuse particulière (acide azulmique), dans laquelle se retrouve le carbone, l’azote et l’hydrogène de l’acide décomposé, que ne contient pas le cyanhydrate d’ammoniaque. On ignore la cause de ces différences de stabilité, seulement on sait que la présence de la lumière favorise la décomposition.

L’acide cyanhydrique se reconnaît aux caractères suivants :

Il précipite en blanc l’azotate d’argent, et le précipité soluble dans l’ammoniaque comme le chlorure correspondant, se dissout dans l’acide azotique concentré et bouillant, ce que celui-ci ne fait pas.

Neutralisé par la potasse, la soude ou l’ammoniaque, il pré-

356 47e leçon,

cipite en bleu les sels de fer au maximum. Le précipité est décomposé par les alcalis caustiques, lesquels mettent en liberté du peroxyde de fer hydraté de couleur brune; mais l’addition d’un acide en excès au mélange alcalin , fait aussitôt reparaître le précipité bleu , d’où vient que, lorsqu’on a dépassé la saturation de la liqueur que l’on essaie, et par cela môme empêché qu’elle produise le précipité bleu caractéristique, on remédie à cet inconvénient en l’acidulant.

Son action sur l’économie animale est des plus délétères; il suffit d’en faire avaler quelques gouttes à un chien de moyenne taille, d’exposer un oiseau à sa vapeur, pour qu’ils tombent morts à l’instant.

Ses procédés de préparation sont nombreux; Schéele, qui le Sa préparation, découvrit, en employait un qui consistait essentiellement :

Procédé

de schéie. A faire bouillir de l’eau, du bleu de Prusse et du bioxyde de mercure; à filtrer. '

À placer la solution obtenue par cette première opération dans un flacon, avec de la limaille de fer et de l’acide sulfurique ; à séparer au bout de 7 à 8 heures de contact, le liquide du dépôt qu’il surnageait, à l’introduire dans une cornue, à le distiller presqu’à sieciié, et , si le produit passait coloré, à le rectifier.

Du contact du bleu de Prusse avec le bioxyde de mercure, résultait du cyanure de mercure soluble et du peroxyde de fer insoluble, ainsi qu’iî sera dit en traitant de ce cyanure.

Du contact de la dissolution aqueuse de cyanure de mercure avec la limaille de fer et l’acide sulfurique résultait :

Bu protosulfate de fer soluble dans Peau ,

De l’acide cyanhydrique —

Du mercure métallique. ■ i *

L’hydrogène de l’eau décomposée sous l’influence de l’acide sulfurique et du fer qui en absorbait l’oxygène, se portait sur le cyanogène de cyanure de mercure et déplaçait le métal.

La distillation séparait l’eau et l’acide cyanhydrique volatils du sulfate fixe, et la rectification complétait au besoin leur séparation.

A ce procédé qui, tout abandonné qu’il est de nos jours, pour

DE l’àCIDE CYANHYDRIQUE.

les motifs qu’il ne saurait fournir que des mélanges d’acide cyanhydrique et d’eau en proportions variables, suivant que le bleu de Prusse, plus ou moins pur, fournirait plus ou moins de cyanure de mercure, que la série des réactions nécessaires au résultat final, se produirait plus ou moins complète, suivant encore que, pendant la distillation ci la rectification, il se dégagerait ou se décomposerait davantage d’acide, etc., n’en témoigne pas moins hautement de la puissance créatrice du génie de son inventeur, ou en a plus tard substitué d’autres.

Les uns fournissent encore des mélanges d’acide et d’eau ;

Tels sont ceux de Proust et de Yauquelin,

— M. Gea-Pcssina;

les autres, au contraire, fournissent de l’acide anhydre,

Tels sont ceux de Yauquelin ,

de M. Gay-Lussac.

Proust et Yauquelin dissolvaient 4688 de cyanure de mercure dans J 10 G8 d’eau distillée, faisaient lentement passer, au travers de Promut de sa dissolution, un courant de gaz sulfhydrique destiné à Vauquelln donner naissance à de l’acide cyanhydrique et à du sulfure de mercure, par le report de l’hydrogène de l’acide sulfhydrique sur le cyanogène, et de son soufre sur le métal; jetaient le tout sur un filtre; quand il ne se produisait plus d’absorption, recueillaient la liqueur filtrée, pour la débarrasser de l’excès de gaz sulfhydrique, l’agitaient longtemps avec du carbonate de plomb en poudre que l’acide cyanhydrique trop faible pour éliminer l’acide carbonique n’attaquait pas, et filtraient de nouveau.

La réaction se représenterait par l’équation suivante :

Hg,2(OAz) -f HaS = 2(C*AzH) -f Hg,S a.

Cyanure de Acide Acide Sulfure de

mercure. sulfhydrique. cyanhydrique, mercure.

On obtenait un acide incolore, transparent, contenant un douzième de son poids d’acide cyanhydrique anhydre, et de constitution régulière, pourvu que l’opération eût été convenablement conduite.

35S 47® lbçon,

Les conditions principalement indispensables au succès de cette opération se pouvaient résumer dans les propositions suivantes :

Faire usage de cyanure neutre à l’exclusion de l’oxycyanure qui, à poids égal, renferme moins de cyanogène, de carbonate de plomb exempt d’acétate que le liquide pourrait retenir, parce que le grand excès de carbonate s’opposerait à sa décomposition par l’acide sulfhydrique;

Laver le gaz, de manière à ce qu’il n’entraîne ni acide sulfurique, ni acide chlorhydrique; le dégager assez lentement pour qu’il ne puisse également entraîner de l’acide cyanhydrique, en prolonger suffisamment le courant, pour qu’il complète la décomposition du cyanure; prolonger suffisamment aussi le contact du carbonate de plomb.

Procédé M. GeaPessina préfère placer dans une cornue en verre tubudeMsina3 PC^lée, munie d’un ballon à long col également tubulé, 18gde cyanure jaune de potassium pulvérisé (prussiate de potasse jaune); verser dessus, après son complet refroidissement, un mélange de 12g d’eau distillée etde9g d’acide sulfurique à 66°; agiter au moyen d’une baguette en verre, afin de détruire tous les grumeaux qui se seraient formés; abandonner l’expérience à ellemême pendant 12 à 15 heures, au bout de ce temps, envelopper le ballon déglacé, le col de la cornue, celui du ballon, de linges mouillés, et chauffer au moyen de quelques charbons incandescents, jusqu’à ce que la matière, en s’épaississant, menace de monter dans le récipient.

Il passe dans celui-ci un mélange d’acide cyanhydrique et d’eau, dont on détermine les proportions de la manière suivante :

On introduit dans un flacon une solution étendue d’azotate d’argent, on prend le poids exact du flacon et de la solution qu’il contient, on ajoute de l’acide cyanhydrique en quantité telle, que de l’azotate argentique reste en excès; on agite, on pèse de nouveau ce flacon, afin que son augmentation de poids indique celui de l’acide ajouté; on recueille sur un filtre le précipité de cyanure d’argent, on le lave, on le sèche au bainmarie ou à l’étuve, on le pèse.

de l’acide cyanhydrique. 359

100 de cyanure d’argent correspondent :

A 19,62 de cyanogène ,

A 20,36 d’acide cyanhydrique.

Donc , pour que Facide fût dans les proportions adoptées par ledernier Codex (1 d’acide anhydre et 8,5 d’eau, en poids), il faudrait :

QuelOOgr. d’acide hydraté,

continssent 10 gr. 526 — réel, et par conséquent donnassent

51gr.69 de cyanure d’argent sec.

Dans cette opération, le cyanure jaune formé de cyanure de fer et de cyanure de potassium, est décomposé.

Tandis qu’une partie seulement du cyanure de potassium, reste combinée avec la totalité du cyanure de fer, et produit un nouveau cyanure double, sur lequel l’acide sulfurique est sans action ; l’autre réagit sur beau, de manière à former de Facide cyanhydrique, par Funion de son cyanogène avec Fhydrogène; de l’oxyde de potassium par celle de son métal avec l’oxygène; puis, l’acide sulfurique sous l’influence duquel s’est opérée la réaction, convertit immédiatement l’oxyde en sulfate.

La réaction se passe entre 7 atomes de cyanure jaune, 12 atomes d’eau, et se représente par cette équation.

7(Fe,C4Az8, K2C8Az4)-f-12(H2Q)=12(C4Az2H2)-}-12(KO)-f-(7FeC4Az3)K2C8Az|>

Cyanure Cyanure de de fer. potassium.

Eau.

Acide Oxyde de Nouveau cyanure, cyanhydrique, potassium.

Cyanure jaune de potassium et de fer.

De ces 7 atomes de cyanure jaune on obtient donc en définitive :

12 atomes de potasse, qui deviennent ultérieurement sulfateMe potasse,

12 — d’acide cyanhydrique , qui restent libres et se volatilisent;

et un composé particulier, formé de 7 atomes de cyanure de fer, comme l’était le cyanure jaune mis en expérience, mais de 2 atomes seulement de cyanure de potassium, au lieu de 14. Celui-ci reste dans la cornue avec le sulfate de potasse,

La très facile exécution de ce procédé^ J5ûn économie (le prix du cyanure jaune de potassium étant de beaucoup inférieur

47e LEÇON.

à ceioi du cyanure de mercure), la stabilité de son produit, l’ont généralement fait adopter par les fabricants de produits chimiques, bien que la variation de proportion de ses constituants (l’eau et l’acide anhydre), rende indispensable un essai

Procédé de Yauquelin.

Procédé de M. Gay- Lussac.

long et délicat.

L’acide anhydre, par le procédé de Yauquelin, se préparera:

En faisant passer un courant de gaz sulfhydrique bien lavé et sec, au travers d’un tube en verre disposé horizontalement, et rempli : dans son premier tiers, de cyanure en cristaux, le cyanure en poudre le pouvant obstruer $ dans les deux autres tiers, d’abord de carbonate de plomb en petits fragments , ensuite de chlorure de calcium fondu, ou mieux encore fortement desséché, parce que son état spongieux le rend alors plus apte à produire la dessiccation.

L’ouverture du tube, du côté du cyanure, est en communication avec le flacon de lavage du gaz, l’opposée, avec un tube recourbé de plus petit diamètre, plongeant au fond d’une éprouvette ou d’un flacon qu’entoure de la glace.

Gomme dans le procédé de Proust, l’acide sulfhydrique cède de l’hydrogène au cyanogène, du soufre au mercure, et le carbonate de plomb fixe l’excès du gaz sulfhydrique ; mais il en diffère, en ce que le chlorure de calcium fixe la vapeur d’eau qu’entraîne ce gaz développé au sein d’un liquide aqueux, en sorte que l’acide cyanhydrique arrive seul dans l’éprouvette, et s’y condense.

En opérant par cette méthode, une portion du cyanure de mercure, que le gaz sulfhydrique n’attaque que très difficilement jusqu’au centre, reste souvent indécomposée, souvent aussi le produit retient du gaz sulfhydrique que le carbonate de plomb n’a pu fixer.

Enfin le procédé de M. Gay-Lussac, que le nouveau Codex adopte exclusivement, diffère beaucoup des précédents en répudiant ainsi avec raison, la solidarité des erreurs que ne pouvait manquer d’eiffcraîner l’adoption , tant de fois reprochée au Codex de 1818, de plusieurs procédés, entre lesquels il laissait même à l'opérateur la liberté de choisir , tout différents que fussent leurs produits.

DE l’acide cyanhydrique. 361

11 exige l’emploi d’une cornue tubulôe , au col de laquelle s’adapte un tube horizontal , qu’un autre tube recourbé de plus petit diamètre, met en communication avec une éprouvette graduée servant de récipient.

Le tube horizontal a de 35 à 40 centimètres de longueur, 15 millimètres de diamètre intérieur, et contient des fragments de marbre blanc dans son premier tiers; du chlorure de calcium dans le reste.

L’appareil étant disposé, la cornue placée sur un fourneau, les jointures lutées, le tout solidement maintenu, on introduit par la tubulure :

30 gr. de cyanure de mercure en poudre ,

20 gr. d’acide chlorhydrique pur à 22° ;

l’on agite avec un tube en verre de manière à rendre le mélange parfait; on ferme la tubulure; on entoure de glace pilée et de sel marin l’éprouvette graduée le tube horizontal qu’un écran mobile sépare en outre du fourneau; on laisse la réaction se commencer à la température ordinaire ; on chauffe graduellement et avec précaution, afin de la rendre lente et successive.

Du gaz chlorhydrique, de la vapeur d’eau, de la vapeur d’acide cyanhydrique se dégagent et se condensent en grande partie dans le tube horizontal.

Quand on aperçoit qu’il en est presque rempli, on s’arrête l’opération; on enlève la glace qui le recouvrait, on promène en dessous un charbon ardent, afin de faire passer dans le récipient l’acide cyanhydrique, tout en retenant l’eau à la faveur du chlorure calcique, et l’acide chlorhydrique à la faveur du carbonate ; on replace les choses dans leur premier état, de nouveau on chauffe la cornue, et ainsi de suite, tant que celle-ci contient du liquide.

A la fin de l’opération on trouve dans cette cornue, du bichlorure de mercure, et dans l’éprouvette graduée de l’acide cyanhydrique anhydre. On mesure exactement son volume à la température de -j- 15°, puis on lui ajoute, en volume, six fois autant d’eau distillée à la même température.

On pourrait remplacer le tube gradué par un flacon taré

ordinaire, seulement, il faudrait alors, à la fin de l’expérience, le peser de nouveau, pour connaître le poids de l’acide condensé, et l’additionner de 8 fois et 1/2 son poids d’eau distillée.

Les densités de l’acide anhydre et de l’eau sont telles, que le mélange d’un volume d’acide et de 6 volumes d’eau, à — |— 1 5° équivaut à un mélange de i p. d’acide et de 8 p. et 1/2 d’eau en poids.

L’équation suivante :

Hg,2(C2Az) + 2(ChH) = Hg,Ch^ + 2(OAz,H)

Cyanure de Acide Bichlorure Acide mercure. chlorhydrique, de mercure, cyanhydrique.

montre que la réaction s’établit entre un atome de cyanure de mercure, 2 atomes d’acide chlorhydrique, et produit 1 atome de bichlorure de mercure, 2 atomes d’acide cyanhydrique, ou, si l’on aime mieux, une quantité d’acide cyanhydrique capable de saturer un atome de potasse.

Il faut que le dégagement des vapeurs n’ait lieu que lentement, sans cette précaution, partie de beau et de l’acide chlorhydrique passerait dans le récipient $ que l’on chauffe assez peu le tube horizontal , pour que le chlorure de calcium ne puisse abandonner l’eau qu’il avait absorbée à une température plus basse.

On fait d’ailleurs varier la grosseur et la capacité de ce tube, la quantité de carbonate et de chlorure qu’on y introduit, suivant les proportions de cyanure de mercure et d’acide chlorhydrique employés, afin que les matières absorbantes complètent Le rôle qu’elles sont appelées à jouer.

On doit, au contraire, se garder d’augmenter la proportion d’acide chlorhydrique , car l’augmenter serait changer la nature du produit. M. Pelouze a fait l’importante observation que, sous l’influence d’une proportion d’acide de beaucoup supérieure à celle qui suffit à la mutuelle décomposition des matières premières en bichlorure et en acide cyanhydrique, il se fait du cyanhydrate d’ammoniaque et de l’acide formique.

Dans un mélange de cyanure de mercure, d’acide chlorhydrique et d’eau, se trouvent en effet réunis tous les éléments nécessaires à la production de ces différents corps.

DK l’acide cyanhydrique.

Hg,2(C*Az) 4 3(H20) 4- 4(ChH) = Hg,Ch* 4 2(AzHs,ChH) 4 C^BW

Cyanure Eau. Acide Bichlorure Chlorhydrate Acide

de mercure. chlorhydrique, de d’ammoniaque, formique.

mercure.

Ii paraîtrait même, que dans les conditions ordinaires, quelque chose de semblable a parfois lieu, puisque Vauquelin a signalé dans le résidu de l’opération, l’existence possible d’un chlorure double d’ammoniaque et de mercure.

Ajoutons que l’emploi d’une trop forte proportion d’acide sulfurique, dans le procédé de M. Gea-Pessina, amènerait aussi la production de l’acide formique.

On reproche avec raison â ce procédé de fournir un acide susceptible de s’altérer; mais puisque,, d’après M. Liébig, la stabilité de l’acide de M. Gea-Pessina est due à la présence de traces presque insaisissables d’acide sulfurique; puisque, d’après lui encore, l’addition à tout autre acide cyanhydrique anhydre ou hydratée d’une quantité correspondante d’acide inorganique quelconque, assure la conservation du mélange ; puisque enfin, d’après M. Guibourt, l’acide cyanhydrique anhydre se conserve indéfiniment quand on l’étend de son volume d’alcool rectifié, rien ne serait si facile que de rendre l’acide de M. Gay-Lussac, aussi stable que celui de M. Gea-Pessina. On pourrait , par exemple, dans l’acide médicinal, remplacer l’eau par l’alcool, en tenant compte des différences de densité que présentent ces deux liquides. Alors disparaîtrait, pour le pharmacien, tout motif au moins plausible, de ne se pas conformer aux prescriptions du Codex, pour la préparation d’un médicament d’une excessive énergie, que la mobilité de ses éléments prédispose à des modifications que la nature ou la porportion différente des matières premières, les conditions variables de l’opération, peuvent si facilement amener à son insu.

Quoi qu’il en soit, l’opérateur chargé de préparer de l’acide cyanhydrique, doit avoir grand soin de se mettre à l’abri des émanations délétères de cet acide par tous les moyens possibles, en lutant parfaitement les jointures des appareils, en condensant les vapeurs, en faisant rendre celles qu’il ne peut conden-

47e LEÇON.

ser sous la hotte de cheminées tirant bien , en plaçant au devant de ces hottes, un rideau mobile qui augmente le rage, etc., etc.

Il doit, en outre, tenir à sa portée du chlore liquide, afin de le respirer avec les précautions d’usage; encore mieux, le sachet rempli de chlorure de chaux, dont il a été question à l’article acide sulfhydrique, au cas où, par une cause quelconque, il viendrait à se trouver incommodé par ces émanations délétères.

L’acide cyanhydrique a besoin d’être placé dans des flacons en verre bleu, fermant bien, qu’enveîoppent des boîtes en ferblanc, tout à la fois destinées à prévenir leur fracture et l’accès de la lumière.

Pour peu qu’il se soit coloré on devra le rejeter.

Les acides que nous venons d’étudier en nous appesantissant de préférence sur les détails relatifs à leur préparation , sur l’indication des moyens propres à les distinguer les uns des autres, à déterminer leur pureté, parce qu’il appartient surtout au pharmacien d’envisager sous ce triple point de vue le sujet qui nous occupait, méritaientseuls de nous arrêter longtemps. Cependant, de même que nous l’avons fait pour les acides et pour les oxydes inorganiques, nous ne devons pas entièrement passer sous silence d’autres acides organiques que des motifs divers recommandent aussi à notre attention.

En nous reportant par la pensée aux quelques mots que nous avons dû dire :

De l’acide formique , «n traitant des acides acétique et cyanhydrique,

— - cinnamique, — de l’acide benzoïque,

— gallique, — — ■ tannique,

— pyrocitrique, — — citrique,

Des acides para et pyrotar trique, — — tar trique;

De l’acide kinique, De l’acide valérianique ,

— méconique, — caïncique, etc.

Alors que, dans la 3e leçon, nous cherchions à nous former

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