DU TARTRATE NEUTRE DE POTASSE
Relativement au genre : lorsqu’on les décompose par la chaleur, lestartrates répandent une odeur toute particulière, qui est celle de l’acide tartrique, et laissent un résidu très fortement coloré par du charbon ; s’ils sont solubles, leurs solutions aqueuses neutralisées par la potasse ou par la soude, puis additionnées de chlorure de calcium, laissent précipiter du tartrate de chaux dont on peut extraire l’acide tartrique par les procédés indiqués page 351.
S’ils sont insolubles, pulvérisés et traités par une dissolution bouillante de carbonate de potasse, ils donnent naissance à du tartrate de potasse soluble, dont on peut encore extraire l’acide tartrique; après l’avoir d’abord converti en tartrate calcaire, au moyen du chlorure de calcium.
Relativement à l’espèce, en général les solutions aqueuses de ceux qui sont solubles, se comportent avec les réactifs ainsi que nous avons dit que se comportaient les sels de potasse, de soude, de fer, d’antimoine; mais comme souvent ils ont une double base, ce qui pourrait rendre infidèle l’action des réactifs; comme l’état particulier de combinaison des oxydes, les y rend parfois insensibles à certains réactifs (tel l’oxyde de fer dans les ta rira les de potasse et de fer, par rapport à la po lasse et à la soude, qui ne le précipitent pas); pour en connaître la base, le mieux est d’avoir recours à la calcination. On obtient alors, à l’état de carbonate ou d’oxyde, ou même réduit, le métal qui en faisait partie, ou un mélange dont il est facile de déterminer la nature^ C’est ainsi que les tarira tes doubles de fer el de potasse, fournissent pour résidu, un mélange de carbonate de potasse et de sesquioxyde de fer ou plutôt de fer ; et que de son côté, le tartrate double de potasse et d’antimoine, en laisse un autre, formé de carbonate de potasse et d’antimoine.
Le tartrate de mercure qui est insoluble dans l’eau, qui ne laisse pour résidu de sa calcination , ni son oxyde , ni son métal , serait reconnu comme étant à base de mercure, en recueillant le dépôt qui serait résulté de son traitement par le carbonate de potasse, dans l’essai qui aurait eu pour objet d’en préciser le genre, dissolvant ce dépôt d’oxyde de mercure dans l’acide azotique, et sur la nouvelle dissolution, faisant agir les réactifs.
Leurs caractères génériques I; spécifiques.
49e LEÇON.
Mu Tartrate ueutre eie potasse.
(Sel végétal.)
Acide, 1 atome = 830,7032 Base, 1 — = 589,9160
Ses propriétés. sel est solide , sans couleur, sans odeur, de saveur amère et désagréable, soluble dans son poids d’eau à -\- 15°, et presqu’en toutes proportions dans beau bouillante ; cristailisable en prismes rectangulaires que terminent des sommets dièdres. Ses cristaux ne retiennent pas d’eau de cristallisation , et attirent légèrement l’humidité de l’air.
Leur dissolution aqueuse additionnée d’acide tartrique ou de tout autre acide puissant, leur cède une partie de sa base et laisse déposer des cristaux grenus de bitartrate.
Ce caractère, joint à sa ^grande solubilité dans beau, le distingue de la crème de tartre.
ia préparation. Pour l’obtenir , on projette alternativement dans l’eau bouillante de la crème de tartre en poudre et du carbonate de potasse, en proportions telles, que la liqueur soit parfaitement neutre, (environ 1 p. de carbonate pour 4 de bitartrate); on filtre, afin de séparer le léger dépôt de tartrate de chaux provenant de la crème de tartre, et de silice que contient presque toujours le carbonate alcalin; l’on concentreà45° Baumé, et bon abandonne la liqueur dans une étuve chauffée à—}— 60°, pour qu’elle y cristallise.
Quelques praticiens, en raison de la difficulté que présente la cristallisation de ce sel, qu’ils prétendent même ne pouvoircristalliser qu’à la faveur d’un léger excès d'alcali, préfèrent évaporer à siccité. L’absence de beau de cristallisation dans le sel cristallisé, fait que les produits de l’évaporation et ceux de la cristallisation se correspondent.
Si l’on ajoute alternativement du carbonate et du bitartrate, c’est afin que le bitartrate, converti au fur et à mesure en tartrate neutre, nécessite pour se dissoudre l’emploi d’une moindre quantité d’eau. On arriverait au même résultat en dissolvant d’abord tout le carbonate, puis ajoutant peu à peu le bitartrate.