DU BITARTRÀTE DE POTASSE
Dans cette opération, l’excès d’acide tartriqne qui constituait le sel à l’état de bitartrate, élimine l’acide carbonique du carbonate alcalin, et se combinant avec la base de celui-ci, donne naissance à du tarlrate neutre.
On conserve ce sel dans des llacons bien bouchés.
Mm tBHartrate $ie potasse.
(Crème de tartre.)
Acide, 2 atonies = J 681, 464
Base, 1 atome = 589,916 Sa
-f- Eau, 1 — = 112,479 composition.
Le bitartrate est solide, sans couleur, sans odeur, de saveur Ses propriétés, acide, soluble dans 95 fois son poids d’eau froide, et dans seulement 15 fois autant d’eau bouillante.
Ses cristaux sont des prismes quadrangulaires courts, coupés de biais aux deux extrémités, et que l’air n’altère pas.
Il provient du raffinage du tartre blanc ou rouge, dont le dé- Sa préparation. Yeloppement de l’alcool a déterminé la précipitation au sein des vins, en diminuant le pouvoir dissolvant du liquide. L’opération qui s’exécute en grand dans le Midi, est basée sur la grande différence de solubilité du tartre à chaud et à froid. On le réduit en poudre, on le fait bouillir dans beau avec 4 ou 5 pour °/0 de terre argileuse, dont Falumine doit former avec ses matières colorantes, une sorte de laque insoluble, et que l’on a pris le soin de choisir exempte de carbonate de chaux, afin de prévenir la saturation de l’excès d’acide; on laisse refroidir et cristalliser.
Après i ou 2 cristallisations, on obtient du bitartrate très blanc, et ne retenant guère que des traces de tarira te de chaux que l’on peut sans inconvénient négliger : il préexistait dans le tartre brut.
On l’a parfois fraudé avec du sable ou du marbre grossièrement concassé et roulé avec des cristaux de crème de tartre.
La calcination, suivie du traitement par l’eau du produit; le traitementdirect du mélange par l’eau alcaline, feraient aisément reconnaître la fraude.
En effet, dans le premier cas, au lieu de n’obtenir pour résidu que du carbonate de potasse, soluble dans l’eau ; on obtien-
Sa
composition.
384 49e leçon.
drait, outre le carbonate de potasse, du carbonate de chaux insoluble dans l’eau, etc.; dans le second, la dissolution de la crème de tartre pure, serait complète et prompte à la faveur de l’alcali, celle de la crème de tartre fraudée, incomplète.
Mm &®rieo-g»&tee8siggue,
(Crème de tartre soluble.)
Letartrate borico-potassique des chimistes, résulte de la combinaison d’un atome de bitartrate de potasse avec un atome d’acide borique, ou, si l’on aime mieux, de la combinaison d’un atome de tartrate de potasse neutre, avec un composé d’acide tartriqueet d’acide borique, contenant un atome de chaque. L’acide borique jouerait alors le rôle de base par rapport à l’acide tartrique .
Le composé que le Codex décrit sous le même nom, ne contient, à vrai dire, jamais en combinaison intime, une si forte proportion d’acide borique.
Une portion de celui qui en fait partie s’y trouve plutôt interposée que combinée.
Le dépôt de bitartrate et d’acide borique que la crème de tartre soluble laisse former par l’addition des acides énergiques, le mélange de carbonate et de borate de potasse qu’elle fournit par la calcination, au lieu de carbonate de potasse seul, d’où par suite la faculté que possède le produit de cette calcination, de laisser déposer des lamelles d’acide borique, quand sa dissolution aqueuse bouillante est sursaturée par les acides sulfurique ou chlorhydrique, la distinguent de la crème de tartre ordinaire.
Elle est solide, sans couleur, sans odeur, d’une saveur acide fortement prononcée, mcristallisable, d’ordinaire soluble dans
2 p. d’eau froide.
Cependant il peut arriver qu’un changement de disposition de ses molécules la rende insoluble dans l’eau froide, demanière à nécessiter son traitement par l’eau bouillante, afin que, détruisant cet état isomérique, on lui communique la solubilité qu’elle présente dans les conditions ordinaires.
I)U TA R T RATE BORICO-POTASSIOUE .
Pour la préparer, on prend: Sa préparation.
Bitartrate de potasse en poudre , 4 parties.
Acide borique cristallisé , 1 —
Eau, 24 —
On fait dissoudré dans une bassine en argent à la température de l’ébullition; on filtre; on évapore en consistance sirupeuse, en ayant le soin d’agiter continuellement afin de prévenir l’adhérence de la matière au vase évaporatoirc; on distribue le liquide sur des assiettes, et l’an achève l’évaporation à l’étuve.
On obtient une masse d’un blanc légèrement verdâtre, qu’on laisse refroidir, qu’on pulvérise, et qu’on introduit dans uii flacon bouchant bien, après s’être assuré qu’elle offre la solubilité voulue.
On doit se servir d’acide borique privé par des lavages convenables de sulfate de soude; ce sel communiquerait au produit une saveur amère désagréable ; et d’acide sulfurique qui le rendrait de saveur âpre et styptique.
On doit aussi prolonger l’ébullition, afin de faciliter la combinaison entre les acides tartrique et borique, au risque de perdre une portion de l’acide borique, qu’entraînent les vapeurs aqueuses.
Le procédé que nous venons de décrire d’après le Codex, est celui publié vers 1798, par Baiileau, pharmacien de Paris; presque à la même époque, M. Lartigues de Bordeaux, émit l’opinion que l’acide borique contractait une union intime avec l’excès d’acide tartrique; en 1816, M. Thévenin rendit celte opinion fort probable, par ses expériences sur l’action réciproque des deux acides; mais c’est M. Soubeiran qui a constaté, par l’analyse, le rôle que joue l’acide borique dans ce singulier composé.
D’anciennes formules prescrivaient de préparer la crème de tartre soluble:
Les unes, en triturant ensemble du bitartrate de potasse et du borate de soude, puis repassant le mélange sur le porphyre, pour le rendre plus intime ;
Tom. II.
Sa
composition.
Ses propriétés.
386 leçon.
Les autres, en dissolvant dans Peau ,
Le bitartrate de potasse,
Le borate de soude ,
et faisant évaporer à siccité.
La première de ces méthodes ne donnait que des mélanges, dans lesquels la solubilité du bitartrate était à peine augmentée, et dont Peau froide isolait les composants.
La seconde, qu’un produit privé d’acidité.
Quant au procédé du Codex de 1818, qui prescrivait de dissoudre dans
2 parties d’eau ,
1 d’acide borique ,
et 7 — de crème de tartre ,
il ne produisait qu’un composé à peu près insoluble dans Peau froide, soluble dans 8 parties d’eau bouillante, mais pour laisser précipiter, par le refroidissement, la majeure partie du bitartrate qu’il contenait.
Mm Wierirmte eie tnereure.
Le tartrate de bioxyde de mercure est sans usage en pharmacie, on n’y prépare que le tartrate de protoxyde, formé de :
Base, 1 atome = 2631,6 Acide, 1 — = 830,732 Eau, 1 — = 112,4796
C’est un sel sans couleur, sans odeur, d’une saveur mercurielle peu prononcée, d’un éclat micacé, insoluble dans Peau à toutes températures, altérable par la lumière, qui le noircit.
On le prépare par un procédé tout à fait semblable à celui qui fournit le protoacétate.
On dissout par trituration, dans un mortier en porcelaine ou en verre, et dans 3 à 4 fois son poids d’eau distillée très légèrement aiguisée d’acide azotique pur , de l’azotate de mercure cristallisé 5 puis, l’on verse cette dissolution dans une autre dissolution de tartrate de potasse neutre, jusqu’à cessation de précipité : il se fait échange de bases, échange d’acides, et le tartrate de mercure formé se précipite en petites paillettes qu'on lave