ET COMME APPENDICE
DE L'ÉMÉTINE, DE LA NARCOTINE , ET DE L'üRÉE.
Aux caractères qui se retrouvent dans toutes les matières organiques, et que nous avons énumérées (page 321,) les bases saliliables végétales, aussi nommées alcalis, alcaloïdes végétaux, joignent ceux communs aux oxydes métalliques et à l'ammoniaque , de pouvoir former avec les acides, des composés dans lesquels disparaissent plus ou moins complètement les propriétés acides ou basiques des composants. A l’encontre toutefois de ce qui a lieu avec les oxydes métalliques, et conformément à ce qui a lieu avec l’ammoniaque, elles s’unissent directement avec les hydracides, et donnent avec les oxacides, des sels retenant un atome d’eau.
La morphine, la codéine, la quinine, la cinchonine, la strychnine, la brucine et la nicotine, possèdent d’ailleurs, à un haut degré, les propriétés basiques ; elles verdissent le sirop de violettes, ramènent au bleu la teinture de tournesol rougie par les acides, et surtout neutralisent ceux-ci $ tandis que ces propriétés ne se retrouvent plus qu’affaiblies dans la vératrine, qui même paraît incapable de donner naissance à des sels neutres.
Il est une des bases organiques précitées que ne dissout pas l’alcool anhydre, même à la température de l’ébullition, et que l’acide azolique transforme en un sel très facilement cristallisable en aiguilles, d’un éclat nacré tout à fait caractéristique :
c’est la strvchuine.
Caractères génériques des bases.
Leurs
caractères
spécifiques.
51e LEÇON.
Deux autres sont susceptibles de passer à la distillation avec Peau, ce sont la cicutine et la nicotine dont la première d’ailleurs est liquide et peu soluble 5 la seconde, solide et très soluble dans Peau.
La morphine et la brucine au contact de l’acide azotique concentré, développent une couleur rouge très intense que les autres ne développent pas, et se distinguent ensuite l’une de l’autre, en ce que la première seule devient bleue quand on la touche avec un tube imprégné d’un sel de fer au maximum à peu près neutre, produit en outre un mélange de couleur également bleue, quand on verse une dissolution d'acide indique sur ses cristaux préalablement délayés avec quelques gouttes de décoction d’amidon.
Quant à la codéine, à la quinine, à la cinchonine et à la vératrine, qui se dissolvent dans l’alcool anhydre, elles ne passent pas à la distillation avec l’eau, et ne sont pas colorées par l’acide azotique concentré.
La codéine est soluble dans environ 20 fois son poids d’eau bouillante, très soluble dans l’éther, qui, par le refroidissement, laisse déposer en cristaux réguliers -f elle neutralise les acides.
La quinine est, à vrai dire, insoluble dans l’eau à toutes températures, fort peu soluble dans l’éther, peu ou point cristallisable, même dans l’alcool, neutralise les acides.
La cinchonine est insoluble dans l’eau froide et chaude, très sensiblement soluble dans l’éther, au moins à chaud, facilement cristaîîisable par la simple évaporation de ses solutions alcooliques et éthérées, elle neutralise les acides.
Enfin, la vératrine est insoluble dans l’eau, très soluble dans Féther, incristaîlisable, et ne peut neutraliser les acides.
Nous aurons occasion de revenir sur plusieurs de ces caractères, lorsque nous comparerons les propriétés de celles des bases organiques, que leur existence simultanée dans certains végétaux, et la grande similitude qui en est en général la conséquence, exposent davantage à être confondues.
Leur Elles contiennent toutes de l’oxygène, de l’hydrogène, du élémentaire! carbone et de l’azote, à l’exception de la nicotine, dans laquelle