‹ Cours complet de pharmacie (volume 2)Chapitre 136 sur 228 · DSS MATIÈRES MEDICAMENTEUSES FOURNIES PAR LE COMMERCE · texte numérisé non relu

DSS MATIÈRES MEDICAMENTEUSES FOURNIES PAR LE COMMERCE

Parmi les matières qu’il emploie, il en est un grand nombre que le pharmacien, pour des motifs divers, se procure par voie d’achat. Ce sont celles-là surtout qu’il doit soumettre à l’action de réactifs capables, dans leur contact avec elles, de produire des phénomènes caractéristiques.

En effet, bien que, par exemple, les sels en général, puissent être reconnus aux formes géométriques qui leur sont propres, presque toujours ces formes cessent d’être appréciables dans ceux du commerce, attendu qu’on ne les obtient en cristaux réguliers, que dans des conditions plus ou moins difficiles à réunir. A leur tour, les sulfures, les oxydes, la plupart des principes et des produits immédiats organiques, se lessemblent extérieurement, à tel point, qu’il serait souvent impossible de les distinguer sûrement à leurs seuls caractères physiques.

A plus forte raison, ne pourrait-on sans le secours des réactifs, reconnaître les mélanges dont les uns et les autres auraient été l’objet.

A la rigueur, toutes les matières que le pharmacien se procure dans le commerce, devraient être par lui essayées ; cellesci, parce qu en fabrique on ne peut guère s’assujettir à toutes les précautions que réclame leur obtention à l’état de pureté absolue, ou parce que les usages auxquels on les destine de préférence, n’exigent pas qu’elles soient parfaitement pures; celleslà, parce que, d’abord préparées par des procédés qui les four-

nissaient telles que le pharmacien les doit employer, elles l’ont plus tard été, par des procédés moins parfaits mais plus économiques; celles-là encore, parce que longtemps livrées à des prix trop bas pour que les fraudeurs eussent intérêt à les adultérer, elles ont ensuite, en augmentant de valeur, davantage tenté la cupidité; toutes, enfin, parce qu’un défaut de soin dans leur récolte, leur extraction, leur préparation ou leur conservation, un mélange coupable ou seulement une erreur, peuvent en avoir altéré la pureté.

Toutefois, comme l’indication complète des procédés usités en pareilles circonstances, nous entraînerait hors des limites que la nature spéciale de ce Cours nous prescrit de ne pas dépasser, nous nous contenterons d’étudier sous ce point de vue, parmi les matières inorganiques,

L’iode,

La limaille de fer ,

L’antimoine i Le mercure 1 métallique,

L’argent )

L’acide chlorhydrique ,

— azotique,

— sulfurique ,

La magnésie calcinée , ^

Le bioxyde de manganèse,

— de mercure,

Le protoxyde de plomb fondu, ou lî tharge,

L’ammoniaque liquide ,

Le sulfate d’antimoine hydraté, ou kermès,

L’iodure de potassium;

Le chlorure de sodium, ou sel marin, Le protochlorure de mercure ou calomélas ,

Les chlorures d’oxydes j |]jpochlo’rites,

Le carbonate de magnésie,

— de plomb,

Le phosphate de soude ,

Le sulfate de magnésie, ou sel deSedlitz, L’azotate d’argent fondu , ou pierre infernale ;

Parmi les matières organiques :

L’acide acétique,

— succinique,

— oxalique,

— citrique.

— cyanhydrique , La morphine ,

La strychnine,

Le sulfate de quinine , Le sucre ,

L’alcool ,

Les vins,

L’huile d’olive ,

Les huiles volatiles ,

La cire,

Le baume de copahu,

Les écorces de quinquina ,

L’opium

Et le lait.

Avant d’aller plus loin, il importe de faire remarquer, que les réactifs employés avec un plein succès, quand il s’agit de matières minérales, de principes immédiats organiques, pourvus de propriétés chimiques constantes et parfaitement définies ; susceptibles, dès lors, de manifester au contact de certains agents,

ESSAIS de l’iode. 4,(39

des phénomènes identiques, perdent une grande partie de leur valeur quand on les fait agir sur des matières de composition plus ou moins complexe, plus ou moins variable, telles que les vins, les huiles volatiles, l'opium, etc.; cessent d’être applicables, sauf de très rares exceptions, aux racines, aux écorces, aux feuilles et à leurs analogues. C’est presque exclusivement, en comparant la couleur, l’odeur, la saveur, la texture, la forme, etc., etc., de celles de ces matières qu’on aurait lieu de supposer de mauvaise nature, aux propriétés correspondantes de types qu’ont décrit les auteurs des matières médicales, qu’on peut éviter les mélanges, les substitutions qu’on leur aurait fait subir, et constater leur bonne qualité, leur bon état de conservation.

Aussi, tout moyen de contrôle disparaît-il en quelque sorte, quand la pulvérisation a détruit l’ensemble de ces caractères extérieurs.

€ôsat0 k i’Jok, îre la CtmatlU k fer, k l'antimoine, kt Ülercure , k l’argent.

ÆJmi8,ê& die i’MosMe.

L’on a signalé dans l’iode du commerce la présence de l’oxyde de manganèse, de la plombagine et du charbon minéral : ces matières, par leur bas prix, et l’analogie d’aspect qu’elles présentent avec lui, sont en effet essentiellement propres à le frauder. Quant au sulfure d’antimoine qu’on a prétendu servir aux mêmes usages, il ne paraît pas qu’on l’ait pu mélanger avec l’iode autrement que par erreur; car les expériences de MM. O. Henry et Garrot, ont appris que l’iode et le sulfure d’antimoine mis en contact, réagissent l’un sur l’autre, même à la température ordinaire, et produisent une combinaison triple (sulfoiodure d’antimoine) de couleur rouge, qui ne manquerait pas de communiquer au mélange frauduleux, une teinte toute

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différente de celle que présente chacun de ses composants.

On peut reconnaître dans l’iode, la présence du bioxyde de manganèse, de la plombagine, ou du charbon minéral :

1° Au moyen de la chaleur,

2° — de l'alcool bouillant,

30 — d’une dissolution de potasse caustique.

L’iode pur se volatilise sous forme de vapeurs violettes ;

L’iode mélangé de l’une des substances étrangères que nous venons de nommer, la laisse pour résidu, toutes trois étant indécomposables par la chaleur, et fixes.

L’expérience se fait aisément sur un têt, ou dans un creuset en terre, mais il ne la faudrait pas faire dans un creuset en métal, attendu que l’iode se combinant avec celui-ci, donnerait naissance à un iodure plus ou moins fusible, de telle sorte que le creuset courrait risque d’être percé.

L’iode pur, traité à plusieurs reprises par l’alcool bouillant, finit par se dissoudre tout entier, en colorant la liqueur en brun rouge, d’autant plus intense que la dissolution est plus chargée; l’iode impur laisse pour résidu l’oxyde de manganèse, la plombagine, ou le charbon minéral.

L’eau de potasse dissout l’iode, ainsi que nous l’avons vu page 1 93 ; il se produit de l’iodate et de l’hydriodate de potasse, tous deux solubles. On remarque toutefois, que la dissolution n’est complète qu’autant que la solution alcaline est étendue; car autrement, l’iodate de potasse peu soluble, se dépose sous forme de poudre blanche.

L’eau de potasse, soit faible, soit concentrée, ne dissout ni la plombagine, ni le charbon minéral, ni le bioxyde de manganèse.

Quel que soit celui de ces modes d’essais que l’on choisisse , si l’on opère sur un poids déterminé d’iode, et si l’on pèse le résidu, soit après la sublimation, soit après le traitement par l’alcool ou par l’eau de potasse, la différence entre le poids de la matière mise en expérience, et le poids du résidu parfaitement

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