‹ Cours complet de pharmacie (volume 2)Chapitre 155 sur 228 · ESSAIS DU CHLORURE DE SODIUM · texte numérisé non relu

ESSAIS DU CHLORURE DE SODIUM

jointement avec le carbonate alcalin , qui faisait partie du produit de l’incinération des plantes)* le second , des sulfates et des chlorhydrates à bases de potasse et de magnésie, parfois même des azotates .

Ces corps étrangers y sont en proportion assez considérable, pour qu’il soit possible de démontrer leur présence, non-seulement dans la masse saline, mais encore dans la plupart des mélanges frauduleux qu’il n’est pas rare de rencontrer dans le commerce.

Le sel marin blanc valant, terme moyen, de 50 à 52 francs les iOOkil., tandis que le sel des salpêtriers ne vaut guère que de 32 à 34 fi\, et celui des soudes de varechs, que de 24 à 27 fr9; on conçoit en effet, tout l’avantage pécunier de l’addition des sels de qualités inférieures aux sels de première qualité. ,

A son tour, le plâtre cru grossièrement pulvérisé, que les fraudeurs mélangent au sel, et plus particulièrement au sel gris, sous la dénomination naïve de poudre à mélanger avec le sel , s’y trouve presque toujours en proportion de beaucoup plus considérable que ne l’est le sulfate de chaux dans le sel non fraudé.

Si donc le pharmacien était appelé à prononcer sur la qualité d’un sel marin, il devrait, non-seulement constater l’absence des matières que les sels de bonne qualité ne renferment jamais, tels sont les azotates, mais encore celle en proportions considérables de matières que ces mêmes sels provenant des salines, ne renferment qu’en très petite quantité, à savoir :

Le sulfate de chaux, Les sulfates solubles,

Les sels de potasse et de magnésie, L’iodure alcalin.

La présence des azotates sera rendue manifeste, en versant sur le sel desséché de l’acide sulfurique concentré.

La réaction produite entre les acides chlorhydrique et azotique mis à nu, amènera la formation de vapeurs rutilantes d’acide hypoazotique.

On constatera la présence du sulfate de chaux, en introduisant, dans un tube fermé à l’une de ses extrémités, 15 gr. de sel en poudre, broyés avec un décilitre d’eau distillée, agitant

Recherche dos azotalcs.

[Recherche du sulfate de chaux*

Recherche de la potasse et de

la magnésie.

Recherche de l’iode.

510 56e LEÇON.

pendant quelques instants et laissant déposer. La presque totalité du sulfate de chaux restera pour résidu, ordinairement sous forme de poudre blanche, de texture fibreuse prononcée $ dans tous les cas, susceptible de céder à beau aiguisée d’acide azotique, de l’acide sulfurique reconnaissable au moyen de la baryte; et de la chaux reconnaissable au moyen de l’oxalate d’ammoniaque, etc., etc.

Les sels de potasse et de magnésie, ou plutôt la potasse et la magnésie, se reconnaîtront, en triturant dans un mortier avec une quantité d’eau distillée incapable de produire une dissolution complète, 20 ou 25 gr. de sel, filtrant, puis essayant les liqueurs par la potasse ou par la soude caustique , qui précipiteront la magnésie en flocons blancs ; par le chlorure de platine qui précipitera la potasse en jaune serin. On serait encore plus certain d’enlever au sel la presque totalité des chlorures de magnésium et de potassium qu’il contiendrait, en le réduisant en poudre, l’introduisant dans un entonnoir, et le lessivant avec une petite quantité d’eau distillée froide.

Enfin, le réactif ordinaire de l’acide sulfurique libre ou combiné, l’azotate de baryte, signalera l’existence des sulfates solubles par la précipitation d’un sulfate blanc insoluble dans l’eau et dans l’acide azotique.

Quant à l’iode, après avoir placé une portion du sel à essayer sur une assiette blanche, l’avoir imprégné d’un decocté d’amidon récemment préparé, et très légèrement acidulé avec l’acide sulfurique, on versera goutte à goutte sur le mélange, du chlore liquide j ou mieux encore, on l’exposera à la vapeur qui se dégage du goulot ouvert, d’un flacon contenant une solution saturée de chlore.

Le sel marin exempt d iode n’éprouve aucun changement $ le sel marin mélangé d’iodure acquiert immédiatement une teinte bleue plus ou moins foncée.

L’acide sulfurique élimine l’acide iodhydrique de l’iodure , tout d’abord converti par l’eau en iodhydrate, puis l’acide iodhy drique est décomposé par le chlore, et l’iode mis à nu se combine avec l’amidon pour former de l’iodure d’amidon d’un bleu foncé.

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