ESSAIS DES CHLORURES D OXYDES
solution sulfurique s’altère aisément, de telle sorte qu’il deviendrait pour ainsi dire nécessaire de renouveler les liqueurs d’épreuve à chaque opération : on a dû renoncer à l’emploi de ce mode d’investigation.
Celui dont on fait actuellement usage, et que l’on doit à M. Gay-Lussac, est basé:
1° Sur la propriété que possède l’acide arsénieux, sous l’influence de l’eau, de transformer en acide chlorhydrique le chlore libre ou combiné aux oxydes alcalins, en même temps qu’il devient lui-même acide arsénique.
Dans cette réaction, l’hydrogène de l’eau décomposée se combine au chlore, et l’oxygène à l’acide arsénieux.
2° Sur la persistance de la teinte bleue du sulfate d’indigo, au sein d’un mélange d’eau, de gaz chlorhydrique, d’acide arsénieux et de chlorure d’oxyde, tant que la proportion d’acide arsénieux reste suffisante, pour opérer l’entière transformation du chlore en acide chlorhydrique.
L’essai consiste donc essentiellement, dans l’évaluation de la quantité de chlorure nécessaire au passage à l’état d’acide arsénique, d’une quantité connue d’acide arsénieux dissous dans l’acide chlorhydrique , et dans l’appréciation du moment précis où cette transformation se complète ; au moyen de l’action décolorante qu’exerce sur l’indigo préalablement ajouté aux liqueurs, la plus minime quantité de chlorure en excès.
On commencera par se procurer une liqueur d’épreuve, telle qu’elle détruise un volume égal au sien de dissolution dans l’eau distillée ou dans l’eau de potasse, d’un volume égal au sien aussi de chlore gazeux, mesuré sous la pression de 0m,76, et à la température de A cet effet, partant de cette don-
née, qu’un litre de gaz chlore à la température et sous la pression susindiquées, exige pour se transformer en acide chlorhydiique,deux fois autant d’hydrogène en volumes, que 4gr,4 d’acide arsénieux exigent d’oxygène pour, à leur tour, se transfor mer en acide arsénique : on fera dissoudre à l’aide d’une douce chaleur, dans 32 grammes d’acide chlorhydrique pur, exempt surtout d’acide sulfureux, 4gr, 4 d’oxyde d’arsenic pur et sec;
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l’on ajoutera la quantité d’eau suffisante pour compléter un litre de solution, puis pour la colorer, quelques gouttes de solution très étendue de sulfate d’indigo.
M Cela fait, au moyen d’une pipette H on mesurera 10 F centimètres cubes de liqueurs d’épreuve, que l’on -j versera dans le vase à précipité A; d’un autre côté; on introduira dans une burette M , partagée en un nombre indéterminé de divisions, dont 100 seront égales à 10 centimètres cubes, soit le chlorure de soude à essayer, soit la solution du chlorure de chaux.
Alors, tenant d’une main le vase A, et lui imprimant un mouvement giratoire continu, mais irrégulier, tandis que de l’autre on inclinera la burette au chlorure, on mélangera les deux liqueurs peu à peu, et en prenant grand soin de cesser l’addition de chlorure, aussitôt que la teinte bleue aura disparu.
Un volume de solution arsénieuse, mesuré dans la pipette, suffit-il à l’annihilation de la propriété décolorante de 100 divisions de chlorure liquide mesuré dans la burette?
Puisque 100 divisions de cette burette équivalent à la capacité de la pipette, que je suppose contenir exactement 10 centimètres cubes , le chlorure essayé et la solution arsénieuse se détruiront à volumes égaux; dans ce cas, on est convenu de dire que le chlorure est à 100° chlorométriques.
Un même volume de solution arsénieuse a-t-il seulement suffi à l’annihilation de la propriété décolorante de 10 divisions de chlorure, encore mesurées dans la burette; ce chlorure, qui, sous un volume 10 fois moindre, aura produit autant d’acide arsénique, et par suite autant d’acide chlorhydrique que le précédent, qui, par conséquent contiendra 10 fois autant de chlore, sera titré à 1000° chlorométriques.
Contrairement, un meme volume de solution arsénieuse, aura t-il suffi à l’annihilation du pouvoir décolorant de 1000 divisions de chlorure, toujours mesurées dans la burette; ce dernier chlorure n’ayant produit, sous un volume 10 fois plus