‹ Cours complet de pharmacie (volume 2)Chapitre 16 sur 228 · DU CHLORE · texte numérisé non relu

DU CHLORE

de le priver du carbonate de chaux qui raccompagne fréquemment, et dont la décomposition par les acides, produirait du gaz acide carbonique.

C’est presque toujours dissous dans l’eau, que le chlore s’em- Chlore liquide, ploie en médecine. Il constitue alors un liquide de couleur jaune, d’odeur et de saveur insupportables, détruisant à l’instant même la plupart des couleurs végétales, attaquant le mercure, et laissant précipiter, à de basses températures, des cristaux lamellaires d’hydrate de chlore.

Pour l’obtenir sous cet état, on dispose à la suite les uns des autres, ainsi que le fait voir la figure représentée ci-après, un

certain nombre de flacons contenant de l’eau distillée, en ayant le soin d’en mettre fort peu au fond du premier, afin qu’elle puisse retenir les acides sulfurique et chlorhydrique entraînés, sans dissoudre en pure perte pour l’opération, une notable portion de chlore- de n’en remplir les autres qu’en partie, de conduire jusqu’à leur fond, la plus longue branche des tubes à double courbure : on fait communiquer le premier flacon avec un ballon, ou avec une cornue tubulée, contenant le bioxyde de manganèse en poudre, ou son mélange avec le sel marin décrépité, le dernier, avec un vase contenant de la chaux éteinte, ou toute autre matière propre à fixer le chlore, que l’eau des flacons n’aurait point absorbé; on lute avec soin les jointures de l’appareil, au moyen d’une pâte formée de farine de lin et de colle d’amidon battues ensemble; pour plus de précaution encore, on recouvre le tout de bandelettes en linge ou en papier, enduites de colle, et lorsque les choses sont parfaitement disposées, l’on

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introduit par le tube en S, que porte le col du ballon ou la tubulure de la cornue, l’acide chlorhydrique, l’acide sulfurique étendu d’eau, ou le mélange de ces acides, à l’avance fait dans une terrine entourée d'eau froide, afin que la chaleur que développe leur contact ne puisse faire perdre une portion du gaz chlorhydrique.

L’on règle l’addition de la liqueur acide, de même que l’intervention de la chaleur, sur l’intensité du dégagement du gaz qu’il faut entretenir assez rapide, pour que l’opération ne se prolonge pas au delà du temps nécessaire, assez lent pour que le chlore ne puisse traverser l'eau sans se dissoudre.

Quand il ne s’en produit plus, on démonte l’appareil, on rejette, ou du moins l’on met à part le liquide du premier flacon comme contenant des acides sulfurique et chlorhydrique, celui aussi du dernier, comme ayant, plus que les autres, couru le risque de ne pas être saturé; l’on mélange les liquides des flacons intermédiaires, et oo les conserve dans des flacons bouchés en verre, à l’abri de la chaleur et de la lumière.

Quant au résidu à peu près sans usage, avant de l’extraire, on commence par plonger dans un lait de chaux, le tube à double courbure, qui mettait en communication avec le premier flacon, le ballon ou la cornue, puis on introduit de l’eau par l’entonnoir du tube en S, de manière à remplir ces vases, partant de manière à chasser tout le chlore qui en occupait la portion vide de liquide.

Sous la pression de 0m,76, et à la température de 20°, l’eau dissout 2 fois son volume de chlore, tl suit de là, que 500 grammes de sel marin, susceptibles par leur mélange avec 667 grammes d’eau, autant d’acide sulfurique à 66°, et 333 gr. de bioxyde, de produire 96 litres de chlore à 0°, pourraient à-(- 20°, suffire à la saturation d’environ 48 litres d’eau, en supposant complète l’absorption du gaz dégagé. Med s son peu de solubilité, doit engager à ne pas employer autant d’eau, qu’on en pourrait à la rigueur employer.

Chlore gazeux. Que s* * 011 voulait se procurer du chlore gazeux, on adapte-

rait à la dernière tubulure du flacon de lavage, soit un tube à gaz, et l’on recevrait dans des flacons, ainsi que s’il s’agissait de recueillir de l’oxygène, le gaz qui se dégagerait; soit un tube à

DE l’ïode et dü brôme* 27

double courbure, dont la seconde branche plongerait au fond d’un flacon plein d’air, que le chlore, plus pesant, finirait par chasser tout entier de bas en haut.

Il importe de ne pas préparer longtemps à l’avance, le chlore liquide ou gazeux; celui-là, tend à réagir sur l’eau, à la décomposer, suivant ce qui sera dit en traitant de la conservation des matières minérales; celui-ci à se mélanger d’air. Les flacons en apparence les plus hermétiquement fermés, laissent pénétrer Pair entre les parois de leurs bouchons et de leurs cols, surtout par suite des dilatations et des contractions alternatives, que les variations de température font éprouver aux gaz qu’ils renferment.

Les fumigations guytoniennes ou désinfectantes, ne sont autre chose que des fumigations de chlore. D’ordinaire on les pratique en plaçant dans une pièce parfaitement close, dont on veut purifier Pair, ou dans des appareils fumigatoires, qui enveloppent le malade tout entier, la tête exceptée, ou seulement quelque partie de son corps, un vase contenant un mélange propre à dégager du chlore.

Quelquefois, le mélange est introduit dans un flacon en verre à parois très épaisses, qu’enveloppe pour plus de securité une boîte en bois, et dont le goulot usé à l’émeri, reçoit un obturateur en verre, qu’une vis de pression abaisse ou soulève, suivant qu’il est besoin d’arrêter ou de produire l’expansion du gaz.

Les chlorures d’oxydes remplacent avec avantage ces fumigations.

IPe i’Æ&eie (I) et eim JBrûvne (Br).

L’iode est solide au-dessous de 107°, d’aspect métallique, de couleur bleuâtre, d’odeur analogue à celle du chlore, peu soluble dans Peau, beaucoup plus soluble dans Palcool, qu’il colore en rouge brun, et davantage encore dans Peau de potasse faible, au contact de laquelle il se convertit en iodure de potassium et en iodate de potasse. I! forme sur la peau une tache brunâtre que la chaleur et les alcalis font disparaître; vers 175° il se réduit en vapeurs d’un beau violet, que le refroidissement condense

Des

fumigations de chlore.

Leurs

propriétés.

Leur

préparation.

28 33e LEÇON.

on lames brillantes simulant d’ordinaire des feuilles de fougère. Sa fusion a lieu entre 107° et 175°.

La couleur de scs vapeurs suffirait à le distinguer de tous les corps connus, l’indigotine, ou principe colorant de l’indigo excepté. Or celui-ci ne peut être confondu avec lui, puisque, indépendamment de beaucoup d’autres propriétés, il possède celle de répandre, lorsqu’on le chauffe, une odeur toute spéciale, de se décomposer en partie, et en produisant des gaz et des matières empyreumatiques, à la manière des autres substances organiques en décomposition ignée.

Le brôme est liquide à la température ordinaire, solide audessous de 20° — 0°, d’un brun rouge, de saveur forte, d’odeur désagréable, tenant à la fois et de celle du chlore et de celle de l’iode, volatil vers 47°, sous forme de vapeurs rouges qu’on ne pourrait guère confondre qu’avec celles de l’acide hypoazotique, et qui en diffèrent, notamment en ceci qu’elles détruisent la couleur du papier bleu de tournesol, au lieu de la faire passer au rouge. L’eau le dissout mal; l’alcool et les alcalis caustiques en dissolutions étendues, le dissolvent au contraire aisément. Avec ces dernières, il se produit des bromures métalliques et des bromates.

L’iode et le brôme s'extraient des eaux mères des soudes de varechs, que des cristallisations multipliées ont debarrassées de la majeure partie des carbonates, des sulfates et des chlorures alcalins, naturellement contenus dans le produit de l’incinération des varechs, en même temps qu’elles y accumulaient l’iodure et le bromure de potassium, ou peut-être de sodium, qui les accompagnaient.

L’opération se fait exclusivement en fabrique, ce qui nous permet de ne la décrire que sommairement.

S’agit-il de l’iode; on dirige au travers de ces eaux mères un courant de chlore, lequel se substitue à l’iode, et le précipite sous forme de poudre noirâtre, qu’on lave à plusieurs reprises, qu’on sèche en la comprimant fortement dans un tissu, et que l’on sublime dans des appareils distillatoires composés de deux pots en terre. L’un placé au dedans d’un fourneau, fait fonction de cornue, l’autre placé en dehors, fait fonction de

DE L’iODE ET DÜ BRÔME. 29

récipient. Une ouverture ménagée à la partie supérieure de celui-ci, et que ferme un couvercle lulé, permet d’enlever le produit.

Deux atomes de chlore se substituent à deux atomes d’iode^ en sorte que chaque atome d’iodure donne lieu à un atome de chlorure et à deux atomes d’iode.

K,l2 + 2Ch2 = K, Ch2 -f I2

lodure de potassium. Chlore. Chlorure de potassium. Iode.

Si les eaux mères renfermaient une très forte proportion de sulfures alcalins, provenant de la décomposition des sulfates par les matières organiques, dans l’acte de F incinération des plantes marines ; alin de prévenir le dépôt de soufre auquel donnerait lieu la décomposition par le chlore de ces sulfates, par suite, la combinaison possible du soufre et de Fiode durant la sublimation, on les ferait évaporer à siccité ; on calcinerait le produit avec du bioxyde de manganèse dont l’oxygène ferait repasser les sulfures à l’état de sulfates ; l’on reprendrait par Feau, et ce serait dans cette nouvelle liqueurqu’on ferait passerle gaz chlore.

S’agit-il du brôme; on introduit dans une cornue en verre , de Facide sulfurique, du bioxyde de manganèse, et la solution de laquelle le chlore a précipité Fiode, tandis qu'il n’en a pas séparé le brôme, parce que l’on a pris soin d’arrêter son passage, au moment où la production d’une légère vapeur rouge à la surface du liquide, indiquait que le bromure commençait à se décomposer.

On adapte à celte cornue un ballon à long col dont la tubulure porte un tube à double courbure, plongeant par sa branche la plus longue au fond d’une éprouvette, qu’entoure de la glace ou un mélange réfrigérant, et l’on porte à l’ébullition.

Il se produit entre les matières mises en présence, à savoir entre l’acide sulfurique, le bioxyde de manganèse et le bromure de potassium, des réactions toutes semblables à celles que nous avons vues se produire entre Facide sulfurique, le bioxyde et le chlorure de sodium, sauf que le bromure remplaçant le chip*

30 33e leçon,

rure, au lieu de chlore, c’est du brôme qui se trouve mis en liberté.

Leur

conservation.

Ce brôme passe dans le ballon, s’y condense en stries d’aspect huileux, de couleur rouge, en même temps qu’un peu d’eau,* de telle sorte qu’en chauffant égèresnent le récipient, il gagne seul l’éprouvette pour s’y condenser de nouveau, ne retenant plus que des traces d’humidité.

On les conserve dans des flacons en verre bouchés à l’émeri, que l’on place dans des lieux frais, et l’on assujettit les bouchons de ceux qui renferment le brôme.

L’action de ces corps sur le liège qu’ils corrodent et détruisent, doit le faire exclure.

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