‹ Cours complet de pharmacie (volume 2)Chapitre 17 sur 228 · BES MÉTAUX · texte numérisé non relu

BES MÉTAUX

Les métaux sont des corps simples, que caractérisent une opacaractères cité presque complète, un éclat tout particulier, au moins lorsgénériques. qUqjs sont en masses, une grande conductibilité de la chaleur,

de l’éiectrité, et surtout la faculté de former, avec! ’oxygène, des oxydes presque tous susceptibles de s’unir aux acides, de les neutraliserai d’être neutralisés par eux.

Ils possèdent, par conséquent, des propriétés diamétralement opposées à celles des métalloïdes.

Le pharmacien n’extrait aucun de ceux qu’il emploie ;

Ni le fer , Ni le bismuth ,

— le zinc , — le mercure ,

— l’étain, — l’argent,

— l’antimoine, — l’or.

Aussi, nous bornerons-nous à l’indication sommaire de leurs procédés d’extraction ; pour, au contraire, décrire avec détails les procédés que le pharmacien fait quelquefois servira la purification de l’antimoine, du bismuth, du mercure et de l’argent.

##«* JFer (Fe).

Ses propriétés Le fer est d’un blanc grisâtre, de texture tantôtgrenue, tantôt lamellaire, très dur, plus ductile que malléable, très tenace.

ȟ FER.

ai

d’une densité de 7,7, fusible vers 130° du pyromètre de Wedgwood, attirable à l’aimant. Il absorbe, à la température ordinaire, l’oxygène de l’air humide, et se couvre d’une couche d’hydrate de peroxyde connue sous le nom de rouille. L'acide azotique le dissout mal, parce qu’il se forme un peroxyde plutôt acide que basique, les acides sulfurique et chlorhydrique le dissolvent aisément. Il se dégage du gaz hydrogène, et il se produit du sulfate de protoxyde ou du protochlorure de fer, reconnaissables aux caractères que nous indiquerons en traitant des oxydes de ce métal, notamment susceptibles de colorer la liqueur en vert.

C’est de son oxyde anhydre ou hydraté, de son carbonate et Sa préparation, de son silicate naturels qu’on extrait le fer. On calcine ces différents composés avec du charbon, dans des fourneaux de formes variables, suivant les localités et la nature du minerai, en ajoutant au mélange des matières destinées à favoriser la fusion de la gangue, par exemple, des matières argileuses si celle-ci est calcaire, des matières calcaires si elle est argileuse.

Le produit de cette première opération est la fonte, que l’on distingue en blanche, en grise et en noire, suivant que, renfermant plus ou moins de carbone, elle est par lui plus ou moins colorée. On y rencontre , en quelque sorte accidentellement, du silicium, du phosphore, du soufre, de l’arsenic, du manganèse provenant des minerais. On convertit cette fonte en fer en la faisant chauffer au contact de l’air, principalement destiné à brûlerie carbone et le silicium, à transformer le premier en acide carbonique qui se dégage; le second en silice ou plutôt en silicate de fer, que le martelage de la matière à demi-refroidie fait exsuder sous forme de scories spongieuses, en meme temps que des oxydes de manganèse et de fer, du sulfure et du phosphure de fer; tandis qu’il détermine l’accolement des particules métalliques, et par suite amène l’homogénéité de la masse.

Le fer que l’on trouve dans le commerce contient toujours du carbone et presque toujours du silicium, du phosphore, du soufre, de l’arsenic et du manganèse; ii doit à la présence de ces corps étrangers de ne se dissoudre qu’imparfaitement dans

pulvérisation .

32 33e leçon.

l’acide sulfurique étendu de six fois son poids d’eau ; mais leur très minime proportion, leur union intime avec le fer, les rend sans influence dans la pratique ordinaire de la médecine, en sorte que le pharmacien n’a pas à s’occuper de les séparer.

Pour l’obtenir à l’état de poudre , on broie dans un mortier en fer , avec un piion de même métal , de la limaille de fer exempte de cuivre, et aussi peu chargée que possible de silicium et de carbone (voir aux essais de cette limaille) 5 on frotte à la surface d’un crible à tissu en fil de fer, le produit de cette opération préliminaire, afin de détacher l’oxyde qu’aurait pu produire un commencement d’oxydation; on rejette la première poudre, principalement formée de cet oxyde plus friable de beaucoup que ne l’est le métal, puis l’on achève la pulvérisation de la portion restée sur le tissu, de manière à la réduire en particules assez ténues, pour qu’elles traversent un tamis en crin à tissu serré.

Si l’on voulait se procurer de la limaille porphyrisée , on repasserait la poudre sur un porphyre à sec , afin d’éviter l’oxydation. La poudre de fer simplement passée au tamis, conserve le brillant métallique, est entièrement attirable au barreau aimanté, se dissout dans l’acide chlorhydrique en le colorant en vert clair, tandis qu’après la porphyrisation elle devient terne, en partie non attirable à l’aimant, et colore l’acide chlorhydrique en vert jaunâtre, parce qu’il se produit du perchlorure de fer. Sa grande ténuité, la lenteur de l’opération, le contact de l’oxygène et de l’humidité de l’air , ont amené un commencement d’oxydation.

Dans le but de favoriser Faction thérapeutique du fer, en le présentant dans un état de division plus grand encore, que ne l’est celui sous lequel la porphyrisation permet de l’obtenir , M. Queveune a, dans ces derniers temps, proposé de réduire ses oxydes pulvérulents au moyen de l’hydrogène.

Il les introduit dans un tube en porcelaine qu’il chauffe au rouge, dirige au travers du tube un courant de gaz hydrogène sec, tant que la vapeur d’eau qui se dégage par l’autre extrémité de l’appareil, indique l’existence d’une portion d’oxyde in-

du zme.

décomposé, et laisse refroidir après avoir bouché le tube par ses deux extrémités, ou en maintenant le courant de gaz, afin de prévenir la rentrée de l’air, et par suite la réoxydation du

métal.

L’oxyde qu’il emploie de préférence , est le safran de mars apéritif, ou Féthiops martial. Le colchotar, retenant presque toujours une forte proportion de sulfate de fer indécomposé, fournirait un mélange de fer métallique et de sulfure de fer.

La poudre de fer, de quelque manière qu’on l’ait obtenue, doit être conservée dans des flacons parfaitement secs, et bien bouchés , en raison de sa très grande altérabilité par l’air humide.

Hti Zinc (Zn).

Le zinc est solide, blanc bleuâtre, îamelleux, plus malléa- s«s propriétés, ble que ductile , peu tenace , moins dur que le fer et plus dur que le plomb, d’une densité de 7,1 • fusible au-dessous de la chaleur rouge, en produisant une flamme brillante et des flocons neigeux d’oxyde, si l’opération a lieu au contact de l’air; volatil au rouge blanc, soluble à la température ordinaire, et avec dégagement de gaz hydrogène, dans les acides sulfurique faible et chlorhydrique.

Ses dissolutions sont incolores et présentent les caractères indiqués à l’article Oxyde de zinc.

On l’extrait des minerais désignés par les minéralogistes, son extraction, sous les noms de calamine et de blende. Le premier est un mélange de carbonate et de silicate hydratés, le second un sulfure.

L’opération consiste essentiellement:

Dans le premier cas , à calciner la calamine, d’abord seule , afin d’en dégager l’eau et l’acide carbonique , ensuite avec du charbon; et cette fois, tantôt dans des tuyaux en terre disposés de telle sorte que le zinc réduit s’échappe en vapeurs par leurs ouvertures supérieures pour se condenser en dehors , tantôt dans des creusets fermés en dessus, et percés en dessous d’une Tom. U. 3

3 4- 33e LEÇON.

ouverture livrant passage aux vapeurs qui se condensent plus loin.

Ce sont de véritables distillations per ascensum et per deseensum.

Dans le second cas, à griller à Pair le sulfure, afin de Pamener à Pétat d’oxyde, que la calcination avec du charbon réduit ensuite, ainsi qu’il vient d’être dit. Pendant le grillage , le soufre est converti en acide sulfureux qui se dégage ; il se fait un peu de sulfate de zinc que des lavages enlèvent, afin qu’il ne reproduise pas du sulfure.

Dans le commerce, il est rare que le zinc ne contienne pas du fer et de l’arsenic. On y constate, 1° la présence du fer -en essayant par le cyanure jaune de potassium , sa dissolution dans les acides, après l’avoir additionnée de quelques gouttes de chlore liquide; au lieu d’un précipité blanc de cyanure de zinc, il se produit un précipité coloré en bleu par du cyanure de fer. 2° La présence de l’arsenic, en l’introduisant dans l’appareil de Marsh avec de l’acide sulfurique étendu ; le gaz hydrogène qu’il dégage est mélangé d’hydrogène arsénié. (Voir aux essais de l’antimoine les caractères de ce dernier gaz.)

Le pharmacien devra s’assurer que le zinc qu’il emploie est très sensiblement exempt de ces métaux étrangers.

Me r 'Étain (St).

ses propriétés. L’étain est solide, presque aussi blanc que l’argent, presque aussi mou que le plomb, très malléable , peu ductile, d’une densité de 7,23, fusible vers 210°, fixe. Il fait entendre, quand on le ploie , un craquement particulier nommé cri de Pétain.

L’acide sulfurique faible est sans action sensible sur lui à la température ordinaire, Pacide azotique le convertit, surtout à chaud, en un bioxyde pulvérulent d’un blanc jaunâtre, insoluble dans un excès d’acide azotique, et soluble dans Pacide chlorhydrique. Celui-ci dissout également bien le métal, en dégageant du gaz hydrogène , et la dissolution est incolore. (Voir l’article oxyde d’étain pour ses propriétés.)

Son extraction* Le bioxyde assez abondant dans la nature, est calciné avec du

de l’antimoine. 35

charbon après avoir été soumis, s’il est nécessaire, à des grillages multipliés, destinés à le débarrasser des sulfures de fer et de cuivre, et des pyrites arsénicales qui l’accompagnent souvent.

L’arsenic est volatilisé, et les sulfures sont convertis en sulfates que des lavages enlèvent.

De même que le zinc et que le fer du commerce, l’étain qu’on y rencontre est rarement pur, bien que celui de Malaca, ou étain en chapeaux, en raison de la forme sous laquelle il nous arrive, puisse sans inconvénient s’employer en médecine. Le corps étranger qui l’altère le plus habituellement est le plomb.

Qu’on traite l’étain en grenailles, par l’acide azotique bouillant, qu’on décante l’acide surnageant le bioxyde d’étain formé, la liqueur indiquera l’existence du plomb par F hydrogène sulfuré qui la noircira, par les sulfates et les carbonates alcalins qui la précipiteront en blanc (sulfate et carbonate de plomb) , surtout après que la concentration en aura chassé l’excès d’acide.

Me ë’Atotitnoime (Sb).

L’antimoine est solide, blanc bleuâtre , très brillant, très ses propriétés, cassant, de texture lamelleuse quand il est impur, et grenue quand il est pur, fusible au-dessous de la chaleur rouge , fixe.

Lorsqu’il est fondu et qu’on le laisse refroidir tranquillement , sa surface présente une empreinte de feuille de fougère.

L’acide sulfurique étendu est sans action sur lui à la température ordinaire , l’acide azotique le convertit en acide antimonieux pulvérulent; blanc ou blanc jaunâtre , très sensiblement insoluble dans l’excès d’acide azotique. L’acide chlorhydrique ne l’attaque pas, son mélange avec l’acide azotique (eau régale), le dissout, et produit une solution incolore, pourvue des propriétés relatées en parlant de l’oxyde de ce métal.

L’antimoine s’extrait de son sulfure naturel, après qu’on Fa son extraction, privé par la fusion dans des pots en terre percés à leur fond, de manière à ce qu’ils livrent passage au métal en fusion, de la gangue infusible qui l’accompagnait.

On le concasse, on le grille à Fair, afin de le convertir en un mélange d’oxyde et de sulfure, ne retenant qu’une faible pro-

36 3;}« LËÇON.

portion de celui-ci , puis on le calcine, soit avec du tartre brut* soit avec 1/8 de son poids de charbon en poudre, à l’avance chargé par imbibition, d’une solution saturée de carbonate de soude.

Tandis que l’alcali s’empare du soufre du sulfure , les éléments combustibles du tartre ou le charbon, préviennent l’oxydation de son métal par l’air, ou par l’oxygène de la potasse ou de la soude, et de là de l’antimoine métallique, que recouvrent des scories contenant du sulfure alcalin et des traces encore de sulfure d’antimoine, d’où vient que, traitées par l’eau, elles four nissent une sorte de kermès.

Ces opérations laissant dans l’antimoine du plomb , du fer, de l’arsenic , dont l’existence s’explique naturellement par celle de leurs sulfures dans les minerais mis en traitement, il faut parfois que le pharmacien le purifie.

Sa purification. Plusieurs procédés ont été proposés, les trois suivants réussissent bien.

Vf procédé. Réduisez le métal en poudre fine , chauffez-le graduellement dans un vase en terre non vernissé et peu profond, jusqu’à ceque sa surface laisse apercevoir des taches noires, lesquelles en s’agrandissant, finiront par se confondre et par produire une nuance uniforme. A cette époque, la masse deviendra incandescente, bien que Ton ait ménagé la chaleur du moment de l’apparition des taches. Vous brasserez le tout avec une spatule en fer, afin de faire participer la totalité des particules métalliques à une oxydation qui augmente de 12 pour 0/0 le poids de la matière, et lorsque l’incandescence cessera, vous cesserez de chauffer. Le produit étant fondu à la plus basse température possible dans un creuset couvert, se partagera par le refroidissement, en * deux couches distinctes. L’une, supérieure, de couleur grisâtre, sans éclat, formée d’aiguilles disposées parallèlement les unes par rapport aux autres, se composera de protoxyde d’antimoine, d’oxydes de fer, de plomb et d arsenic ; l’autre, inférieure, brillante, compacte, sera de l’antimoine pur.

Ce procédé, qu’adopte le Codex, a le très grand inconvénient de ne fournir, à l’état de pureté, que le quart environ de l’antimoine mis en expérience.

Page 1