DU BISMUTH
Mélangez l’antimoine en poudre avec 1/20 de son poids de 2. procédé.’ nitre, projetez le mélange par petites portions successives dans un creuset de Hesse rouge de feu , chauffez fortement jusqu’à ce que la matière soit en fusion tranquille , laissez refroidir, brisez le creuset , séparez le culot métallique , et répétez ces opérations à 2 ou 3 reprises.
Les métaux étrangers plus oxydables que l’antimoine s’emparent, de préférence à lui, de l’oxygène qu’abandonne le nitre, et de là, en même temps qu’un peu d’acide antimonieux, des oxydes de fer et de plomb, de l’acide arsénique ou arsénieux que leur faible densité appelle à la surface du bain , d’abord à l’état liquide, parce qu’ils sont fusibles par eux-mêmes, ou sous l’influence de l’alcali avec lequel même les acides de l’arsenic et de l’antimoine se combinent ; puis à l’état solide.
Leur mélange constitue les scories.
Suivant le troisième procédé, dû à M. Liebig, on mélange 3e proiidé* 16 p. d’antimoine, 1 p. de sulfure d’antimoine, et 2 p. de carbonate de soude desséché. On fait fondre dans un creuset, on maintient la matière en pleine fusion, durant 1 heure, afin de donner aux scories le temps de se séparer complètement; on laisse refroidir, on détache les scories, on pulvérise le culot métallique, et l’on recommence la série d’opérations; cette fois, en n’employant qu’une partie 1/2 de carbonate alcalin au lieu de 2. S’il en est besoin, on procède à une troisième calcination, avec 1 seule partie de carbonate.
L’addition du sulfure d’antimoine, a pour objet, de fournir à l’arsenic, au fer et au plomb, le soufre nécessaire à leur transformation en sulfures, ultérieurement susceptibles de se combiner avec le sulfure de sodium produit en même temps qu’eux, et de donner ainsi naissance à des composés extrêmement fusibles,
M3m MimÈtmîii (Bÿ .
Le bismuth est solide, d’un blanc jaunâtre, cassant, de tex- Ses propriété*, turc lamelle use, d’une densité de 9,82, fusible à -J- 240°, crisiallisable par le refroidissement en cubes irisés, qui se disposent les uns par rapport aux autres, de manière à former des pyramides quadrangulaires renversées, et à escaliers en dedans*
33e LEÇON.
si
L’acide sulfurique est sans action sensible sur lui, à la température ordinaire j l’acide azotique le dissout, et sa dissolution, d’ailleurs incolore, est précipitée :
En blanc, par l’eau, pourvu du moins qu’elle ne soit pas trop acide. (Sousazotate de bismuth.)
— noir, par l’acide sulfhydrique et les sulfures alcalins. (Sulfure de bismuth.)
— blanc, par les alcalis caustiques et leurs carbonates, sans qu’un excès de
précipitant redissolve le précipité. (Oxyde de bismuth.)
— — par le cyanure jaune de potassium et de fer. (Cyanure de bismuth
ferrugineux )
— brun marron , par l’iodure de potassium. (Todure de bismuth.)
— jaune orangé, par l’infusion de noix de galle. (Tannate de bismuth.)
Son extraction. L’extraction de ce métal est des plus faciles, attendu qu’il est très fusible, et se rencontre dans la nature à l’état natif, disséminé au milieu d’une gangue quartzeuse.
Dans certaines localités, on se contente de chauffer son minerai dans des creusets percés en dessous, et placés au-dessus d’autres creusets, destinés à recevoir le métal en fusion.
Ailleurs, on remplace les creusets par des cylindres en fonte disposés sous un angle déterminé d’inclinaison, au milieu d’un fourneau. On les charge par le haut, et le métal s’écoule par l’ouverture inférieure, tandis que la gangue infusible demeure dans le cylindre.
Celui du commerce retient, entre autres métaux étrangers, de l’arsenic, auquel il doit de laisser un résidu pulvérulent blanchâtre d’arséniate de bismuth, quand on le traite par l’acide azotique bouillant, de ne pouvoir cristalliser régulièrement, et qu’il en faut séparer.
Sa purification. On y parvient, à l’aide d’un procédé semblable à l’un deceux
que nous venons de voir servir à purifier l’antimoine.
L’alliage arsenical en poudre est intimement mélangé avec 5 pour 100 de son poids de nitre, puis chauffé au rouge dans un creuset. Après refroidissement, on sépare le culot métallique des scories formées en partie d’arséniate de potasse, et l’on répète l’opération.
Dans le cas où le bismuth eût retenu du soufre, ce qui arrive quelquefois, parce que ce métal peut être accompagne de sulfure de bismuth, le soufre se retrouverait aussi dans les scories, mais à l’état de sulfate de potasse. Il en serait de même, de celui qui