‹ Cours complet de pharmacie (volume 2)Chapitre 171 sur 228 · ESSAIS DE SUCRE · texte numérisé non relu

ESSAIS DE SUCRE

qu’à froid, elles se précipiteraient en partie durant la concentration des sirops, et resteraient sur les filtres. (Dumas; Pcligot.)

Toutefois, il est bon que le pharmacien sache au besoin retrouver les corps étrangers que nous venons d’indiquer pouvoir exister dans le sucre, et plus particulièrement la chaux'; attendu qu’elle pourrait compromettre le succès de certaines opérations, par exemple, nuire à la préparation du sirop de violettes, dont la plus minime quantité d’alcali fait virer au vert la teinte bleue. Il faut surtout, qu’il se puisse mettre à l’abri d’une fraude nouvelle, assez commune depuis quelque temps , et qui consiste à mélanger aux cassonades du sucre de fécule.

L’amidon et la farine se reconnaîtraient, en traitant le sucre par l’eau froide qui ne les dissoudrait pas, ou bien encore au moyen de la teinture d’iode, qui colorerait en bleuie mélange.

Le sulfate de potasse, reconnaissable à ses caractères bien connus, resterait pour résidu en traitant le sucre impur par l’alcool à 22° bouillant, et mieux encore en calcinant, puis incinérant le produit de sa calcination.

La calcination et l’incinération feraient également retrouver la chaux, car elle resterait pour résidu à l’état de carbonate ou à l’état caustique, suivant que la température aurait été plus ou moins élevée, l’alcali ayant d’abord absorbé une partie de de l’acide carbonique provenant de la matière organique décomposée par la chaleur, pour le perdre ensuite. Le résidu dissous dans l’eau aiguisée d’acide chlorhydrique ou azotique se comporterait avec les réactifs ainsi qu’il a été dit page 87. Malgré la très grande sensibilité de l’oxalatc d’ammoniaque, la proportion de la chaux est si faible, que sa présence pourrait fort bien ne pas être décelée par lui, si l’on se contentait d’essayer la solution dans l’eau, du sucre lui-même.

Relativement à la recherche du sucre de lait, Planche traitait à froid le mélange par l’alcool à 22°, M. Tessier le lessive à froid avec une dissolution aqueuse saturée de sucre de lait. Dans les deux cas on l’obtient pour résidu. L’alcool faible, à la température ordinaire, ne le dissout pas, et d’un autre côté, l’eau qui en contient toute la quantité qu’elle est susceptible de prendre, ,Xom. II. , 35

58e leçon,

est devenue incapable d’exercer sur lui un pouvoir dissolvant, qu’elle a conservé la faculté d’exercer tout entier sur le sucre.

Lesucredclait est aisémentrcconnuàson insolubilité complète dans l’alcool concentré, à sa solubilité dans l’eau, à sa saveur à la fois aslringcnte et sucrée, à sa transformation partielle en acide mucique, par l’acide azotique concentré, etc.

Enfin, pour le sucre de fécule, M. Soubeyran recommande de mettre dans un flacon fermé, 1 partie de sucre en poudre et 2 parties 1/2 d’alcool à 70° cenîés. ; d’abandonner le tout à luimême pendant quelques heures, à une température de -]-120, en ayant le soin d’agiter de temps à autre, de laisser déposer, de décanter et de déterminer le degré de la liqueur au pèse-alcool. Si le sucre est pur, elle marque 30°, s’il ne contient que la très minime quantité de sucre incristallisabie que contient le sucre de qualité inférieure, elle marque de 26 à 23°; elle descend à 10° et même au-dessous, pour peu que le sucre de fécule intervienne. Sa plus grande solubilité dans l’alcool a nécessairement abaissé davantage le degré de celui-ci, en augmentant sa densité.

Ce mode d’essai cesserait d’être applicable aux sucres très chargés de mélasse.

Essais tie t’Ateooë,

Les liqueurs alcooliques du commerce, quelle qu’en soit l’origine, sont essentiellement formées d’alcool anhydre et d’eau en différentes proportions. Telle est, notamment, la composition essentielle :

De l’esprit-de-vin et de Peau-de-vie, que l’on obtient par la distillation des vins;

Du rhum, que l’on obtient, dans les colonies, en distillant le produit de la fermentation du suc de canne à sucre;

Du kirsch -wasser, ou plus vulgairement kirsch, produit à son tour de la distillation du suc fermenté de cerises noires ou merises;

Du rack, que les habitants du nord de l’Europe extraient en distillant le décoctum du riz dans lequel la germination a déve-

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