‹ Cours complet de pharmacie (volume 2)Chapitre 177 sur 228 · ESSAIS DES QUINQUINAS · texte numérisé non relu

ESSAIS DES QUINQUINAS

cînchonine à peu près également abondants. (Vauquelin ; O. Henri, etc.)

Des macérés de quinquinas, obtenus en délavant leurs poudres avec une suffisante quantité d’eau, pour en former une bouillie claire, laissant en contact pendant 15 ou 20 minutes et filtrant, doivent fournir par l’addition de quantités égales de cristaux de sulfate de soude, des précipités égaux aussi de sulfate de chaux, par suite de la décomposition de leur quinate de chaux. (Guibourt.)

Ces essais toutefois ne peuvent servir que d’indication, attendu, d’une part, qu’il peut exister, qu’il existe meme dans beaucoup de végétaux, des matières susceptibles de précipiter le tannin, bien qu’elles diffèrent, sous tous les autres rapports., de

la quinine et de la cincbonine.

D’autre part, que la richesse réelle des quinquinas, peut ne pas être en rapport avec la proportion de quinate de chaux qui s’y trouverait.

On en pourrait dire autant, des essais qui consisteraient dans l’estimation de l’abondance des précipités que formeraient dans leurs décoctions, la gélatine, l’émétique ; quoiqu’en générai il soit d’observation, que les quinquinas renferment d’autant plus d’alcaloïdes qu’ils renferment plus de matières capables de précipiter la gélatine et l’émétique.

Au contraire, on devrait accorder pleine confiance, à l’essai qui consisterait dans l’obtention de la quinine et de la cincbonine, à l’aide des procédés que nous avons décrits en parlant de la préparation des sulfates de ces bases.

En général, il ne serait pas nécessaire de procéder à la séparation des alcaloïdes, et l’on pourrait considérer les écorces mises en expérience comme de bonne qualité, quand la somme de ces alcaloïdes, obtenue pour produit du traitement des précipités calcaires, coïnciderait avecla proportion de quinine et de cinchonine que nous avons dit exister dans les quinquinas rouge, jaune et gris. Si cependant on croyait devoir opérer cette séparation , on sulfatiserait la masse alcaloïde, suivant ce qui a été dit page 427, et profitant de la moindre solubilité dans l’eau du sulfate de

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quinine, on le séparerait par voie de cristallisation, de celui de cinchonine.

Ou bien, on décomposerait leurs sulfates par le phosphate de soude, afin d’obtenir séparément le phosphate de chacune de ces bases, et d’en isoler l’alcali. (Page 543.)

On doit se rappeler que le quinquina jaune, plus spécialement employé à la préparation du sulfate de quinine, en fournit de 24 à 30 gr par kilo.

Æssmèë sies Ojrftcti'tff.

Nous avons dit, tome 1er, page 505 , que le commerce fournissait 3 sortes d’opium, très différemment riches en morphine: l’opium de Smyrne ou de Syrie, l’opium de Constantinople ou de Turquie, et l’opium d’Alexandrie ou d’Egypte.

Le premier est en masses plus ou moins molles, plus ou moins déformées, que recouvrent des débris de feuilles de pavots entremêlées de semences de rumex; d’un brun clair à l’intérieur, d’un brun foncé à l’extérieur, de saveur acre et amère, d’odeur vireuse prononcée.

Le second est en pains aplatis, réguliers, recouverts d’une seule feuille de pavot, dont la nervure principale semble les partagerpar la moitié. La chaleur de la main le ramollit; son odeur est faible, comparativement à celle de la sorte précédente.

Le troisièmegest en petits pains très secs, très aplatis, très nets à leur surface, sans vestiges sensibles de feuilles, et d’un brun fonce, de cassure nette, luisante même, d’odeur faible.

Mais, en dehors de ces 3 sortes d’opium, évidemment de va. leurs différentes pour le pharmacien, puisque c’est principalement à la morphine, que l’on attribue l’action thérapeutique de celte manière médicamenteuse; les principalespîares de l’Europe ont, dans ces dernières années, été inondées d’une manière à peu près sans vertu, imitant l’opium d’une matière si parfaite, que les plus habiles eux-mêmes furent dupes de la fraude.

Cette matière semblait provenir de résidus d’opium épuisés de morphine, que l’on avait malaxés avec un mucilage de gomme pour leur donner du liant , et quelque peu d’huile,

ESSAIS DES OPIUMS.

afin de simuler les plaques d’aspect graisseux que les. bons opiums offrent parfois à l’intérieur.

Ces causes diverses doivent engager le pharmacien à déterminer la proportion de morphine que contient l’opium qu’il se propose d’employer* meme à s’assurer qu’il a véritablement affaire à de l’opium.

Relativement à la détermination de la proportion de moi- . phine,

M. Thiboumery conseille de diviser 1 kil. d’opium à l’aide procédé d’un couteau à racines, de le traiter à 4 fois par 500 gr. d’eau m. Thiboumery. bouillante employée en infusion, de filtrer les infusés, de les évaporer en consistance d’extrait, de délayer le produit dans 1 litre d’eau froide, de compléter l’épuisement du résidu par de petites quantités d’eau également froide, jusqu’à ce que celle-ci ne se colore plus; de réunir les liqueurs, de les concentrer à 10° R.; de les précipiter bouillantes par un léger excès d’ammo niaque instillée pendant qu’on les agite; délaisser refroidir, et de jeter sur un filtre le précipité cristallin qui s’y forme.

On le lave sur le filtre à l’eau froide d’abord, à l’alcool à 18° ensuite; on le sèche au bain-marie, on le dissout dans l’alcool à 36° ; on fait bouillir quelques instants avec quelque peu de charbon animal en poudre; on filtre de nouveau, on laisse cristalliser, on épuise le charbon de toute la morphine qu’il a retenue, et par des évaporations convenablement conduites, on retire, à l’état de cristaux qu’on place dans un entonnoir, qu’on y lave à l’alcool froid , et qu’enfin on dessèche, toute la morphine que l’alcool à 36° avait dissoute.

Les liqueurs ammoniacales sont évaporées à siccité , le résidu de leur évaporation est trituré avec du noir animal ; on délaie le mélange dans l’alcool concentré, on fait bouillir, on filtre, on évapore et l’on fait cristalliser.

Les alcools de lavage et les liqueurs au sein desquelles les derniers cristauxse sont formés, sont à leur tour, évaporés à siccité, leur résidu esttraité parl’eauaiguiséed’acidechlorhydrique, principalement destiné à produire la séparation des matières étrangères résinoïdes et autres; la solution acide de morphine est précipitée par l’ammoniaque, ainsi que l’avait été celle du premier

Procédé de M. Couerbe.

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traitement de l'opium, et Ton fait subir au dépôt qui s’y forme, la série d’opérations qui viennent d’être relatées en premier lieu.

La somme des produits que l’on obtient pour résultat final, représente la proportion de morphine contenue dans l’opium mis en traitement, les traces de narcotine qui l’accompagnent pouvant être négligées.

Nous savons que M. Guibourta retiré :

58 gr. de morphine, d’un kilo d’opium de Smyrne,

42,20 — — d’Egypte ,

30,10 — — — de Constantinople.

Mais, suivant quelques auteurs, ces quantités pourraient s’élever :

A 90 gr. pour le 1er,

M. Couerbe coupe l’opium par tranches, et, sous cet état, le fait macérer dans 7 à 8 fois son poids d’eaufroide pendant environ 24 heures; au bout de ce temps, l’y malaxe entre les mains, de manière à convertir le tout en une sorte de bouillie claire ; et 24 heures après, passe avec expression.

Ces traitements sont répétés jusqu’à compfet épuisement de la masse ; après quoi, les liqueurs réunies sont concentrées et mises à bouillir avec un excès de chaux vive, qui doit retenir toute la morphine en solution; après avoir détruit sa combinaison saline. On passe, on sursature par l’acide chlorhydrique, et la nouvelle solution essentiellement formée de chlorure de calcium et de chlorhydrate de morphine, est additionnée d’un léger excès d’ammoniaque, après avoir primitivement été rapprochée après neutralisation, au cas où elle eût été trop étendue. La morphine qui se sépare est recueillie , lavée à l’eau froide , séchée et pesée.

Relativement à ropium factice, outre que soumis aux essais précités, il ne fournissait que des traces de morphine, sa solution aqueuse, comparée à celle de l’opium de bonne qualité, se comportait avec les réactifs, d’une manière toute particulière. Tandis que cette dernière est acide au tournesol ; vire au rouge

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