‹ Cours complet de pharmacie (volume 2)Chapitre 31 sur 228 · DU PROTOXYDE DE CALCIUM · texte numérisé non relu

DU PROTOXYDE DE CALCIUM

tion faite de la présence de la magnésie et de l’alumine , seraient donc moins propres à cette opération que la chaux grasse.

Le lait de chaux est l’hydrate de chaux délayé dans une quantité d’eau commune capable de le convertir en une sorte de bouillie claire.

Enfin, l’eau de chaux n’est à son tour, qu’une solution de chaux saturée à la température ordinaire, et préparée dans des conditions spéciales ayant surtout pour but d’éliminer la potasse qu’elle pourrait contenir.

Jusqu’à ces derniers temps, on avait admis que cette potasse provenait uniquement de ce que les cendres déposées à la surface des fragments de chaux, dans les fours où les chaufourniers superposent des lits alternatifs de bois vert et de carbonate calcaire, contiennent du carbonate de potasse que le contact de la chaux vive et de l’eau transforme en potasse caustique ; mais les expériences récentes de MM. Euhlmann et Yogel, ont parfaitement démontré qu’elle peut aussi provenir de la présence, dans certaines pierres calcaires, d’une petite quantité de silicate de potasse, que la calcination convertit en silicate de chaux et en potasse, ou d’une petite quantité de chlorure de potassium et de sulfate de potasse, que la calcination décompose également.

Pour l’éviter, et prévenir l’augmentation de causticité qu’en éprouverait la solution médicamenteuse, on introduit dans un flacon une certaine quantité de lait de chaux, et 30 à 40 fois autant d’eau de fontaine, on bouche, on fait macérer quelques heures en agitant de temps à autre, on laisse déposer, on décante le liquide chargé de toutes les matières étrangères solubles, que la chaux lui a pu céder ; on le remplace par de nouvelle eau, et c’est celle-ci, seulement, que l’on emploie sous le nom d’eau de chaux seconde, ou pour mieux dire, d’eau de chaux préparée avec la seconde eau. La potasse est entraînée par le premier lavage.

La même chaux peut, à plusieurs fois, être traitée par l’eau $ cependant les affusions ne sauraient être répétées indéfiniment, car l’introduction de l’air dans les flacons, au moment où l’on décante le liquide qu’ils renferment, finirait par produire du carbonate de chaux, qui empêcherait la solution des particules de

Du lait de chaux.

De l’eau de chaux.

90 36e LEÇON.

chaux vive, autour desquelles il se formerait. D’un autre côté, la tendance prononcée de cette même chaux, à se convertir en carbonate insoluble, jointe à son peu de solubilité,, doit engager à laisser l’eau séjourner sur un excès de chaux vive, pour ne la filtrer qu’au fur et à mesure du besoin, afin de maintenir plus sûrement la saturation du liquide.

L’eau de chaux se reconnaît à sa saveur urineuse, à son alcalinitéaux réactifs, à la propriété qu’elle possède d’être troublée , par l’ébullition qui précipite une portion de la chaux dissoute à une basse température ; par un courant de gaz acide carbonique, qui détermine la formation d’un carbonate insoluble -, au contraire, de ne l’être pas par l’acide sulfurique, attendu que le sulfate de chaux est très sensiblement plus soluble que la chaux elle-même.

Elle contient moins de 0,053 de chaux pour 32 gr. d’eau.

La chaux vive, la chaux hydratée, le lait de chaux, et surtout l’eau de chaux, devront être tenus à l’abri de l’air. La première tend à se carbonater et à s’hydrater, les autres à se carbonater.

Me i’f&æytie <sMe MMsgmesimsm 9 otc M’mguéme,

Sa

composition.

(Met c\\— 1 Magnésium, 158,353 l .) (Oxygène, 100

Ses propriétés. La magnésie est solide, blanche, douce au toucher, inodore, insipide, à très peu près insoluble dans l’eau, alcaline aux réactifs colorés. Les acides sulfurique, chlorhydrique, azotique, la dissolvent, et ses dissolutions ne sont troublées :

Ni par l’acide suif hydrique ,

— les sulfures de potassium et de sodium,

— l’ammoniaque, pourvu qu’elles soient acides,

— les sulfates solubles,

— l’infusé de noix de galle ,

— le cyanoferrure de potassium ;

Elles le sont, au contraire :

En blanc, par la potasse et par la soude (hydrate de magnésie),

— — l’oxalate d’ammoniaque, pour peu , w ,

qu’elles soient concentrées, (oxalate de magnésie, )

— — les carbonates solubles , \

— — les bicarbonates , mais seulement > carbonate de magnésie

a la température de l’ébullition, j *

DE l’OXYDE DE MAGNESIUM, 9 J

Il résulte de là, que la magnésie se distingue de la chaux, celui de tous les corps qui s’en rapproche le plus ; surtout en ce que l’acide sulfurique la dissout aisément, en ce que les sulfates solubles ne troublent pas ses dissolutions salines, en ce que les bicarbonates ne les troublent qu’à la température de l’ébullition.

Elle s’extrait du carbonate de magnésie exempt de carbonate de Sa préparation » chaux, afin d’éviter la présence de cette dernière base. L’opération se fait dans des creusets ordinaires, ou pour plus de facilité, car l’extrême légèreté du carbonate magnésique, la nécessité de ne le pas tasser, si l’on tient à obtenir une magnésie légère, spongieuse, facilement soluble dans les acides, oblige d’avoir recours à des vases d’une grande capacité, dans ces pots en terre à l’usage des peintres, que l’on appelle camions.

Après les avoir usés sur leurs bords afin qu’ils puissent plus exactement s’appliquer les uns sur les autres, les avoir entourés près de leurs rebords supérieurs, de fils de fer destinés à les rendre moins fragiles, ou tout au moins à retenir leurs fragments au cas où ils viendraient à se briser, avoir pratiqué à leur fond le dernier, excepté une large ouverture, on les remplit de carbonate de magnésie en poudre sans l’y tasser autrement qu’au moyen de légères secousses 3 on les superpose ainsi que le fait voir la figure ci-contre, en les assujettissant à l’aide de fils d’archal 5 on recou vre d’un couvercle percé à son centre le camion supérieur, l’on porte l’appareil dans un fourneau assez profond pour qu’il s’y puisse engager tout entier , et l’on chauffe au rouge pendant au moins deux heures. Au bout de ce temps, la matière est détachée des camions, et renfermée dans des flacons, sans même qu’il soit besoin d’attendre qu’elle soit entièrement refroidie.

L’hydrocarbonate basique abandonne d’abord son eau d’hydratation, puis son acide carbonique, et finit par laisser pour résidu, 45 pour 1 00 de magnésie caustique d’une blancheur parfaite, à moins qu’elle n’ait eu le contact du fer. Le peroxyde de ce métal lui communiquerait une teinte rougeâtre, avec une facilité extrême.

36* lkçon.

La calcination doit être poussée assez loin, pour que les parties centrales de la masse, que le peu de conductibilité de la matière a davantage défendues de l’action de la chaleur , se dissolvent après refroidissement, dans les acides étendus sans produire d’effervescence. Si, au lieu de l’obtenir très légère, on préférait l’obtenir compacte, et telle que se présente la magnésie anglaise, on tasserait fortement le carbonate magnésique, ou mieux, sui vant le conseil de M. Durand, on l’introduirait encore humide dans les camions, au moment où il viendrait d’être obtenu par la double décomposition du carbonate de soude et du sulfate de magnésie, on l’y comprimerait à l’aide d’une espèce de truelle, et l’on chaufferait au rouge durant 5 à 6 heures. Dans ces nouvcilescondiiions, l’oxyde éprouve un retrait considérable qui modifie son état physique.

Sa

composition.

Mm JBi&ægtie lie Meavigitmèse*

(Mn,03) =

( Manganèse , 345,900 (Oxygène, 200

L’un des composés de manganèse et d’oxygène, le bioxyde, nous intéresse, en raison du fréquent usage que l’on en fait en pharmacie pour obtenir le chlore, et quelquefois aussi l’oxygène; mais comme, à l’encontre des oxydes précédemment étudiés, il ne constitue pas, à vrai dire, un médicament, nous n’aurons à nous occuper que des moyens de le reconnaître, de purifier celui que la nature offre en abondance, de déterminer la proportion de chlore et d’oxygène qu’il est susceptible de fournir.

On reconnaît le bioxyde de manganèse, à la couleur violette qu’il communique au borax, à la couleur verte qu’il communique à la potasse, que l’on calcine avec lui. La double faculté de dégager de l’oxygène par la chaleur, de produire du chlore au contact de l’acide chlorhydrique, lui étant communeavec tous les oxydes décomposâmes par la chaleur et incapables déformer des chlorures correspondants à leur degré d’oxygénation, tel que le peroxyde de plomb, est moins propre à le caractériser.

Parmi les matières étrangères qu’il contient, les unes presque constamment, les autres souvent, à savoir : le carbonate et le fluate de chaux, le sulfate de baryte, l’argile, les sesquioxydes

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