DU BICÏÏLORURE DE MERCURE
Les choses ainsi disposées , on chauffe légèrement d’abord , pour que l’humidité retenue par les matières premières, ou absorbées par elles durant la pulvérisation, se dissipe, puis de manière à faire rougir le fond du bain de sable ; l’on entretient le feu pendant 8 à 10 heures , encore en se conformant aux indications relatées à l’article sublimation, et reproduites en parlant du protochlorure.
Quand tout le bichlorurc sublimé est venu s’attacher contre les parois supérieures du matras , on lui fait éprouver le commencement de fusion qui doit produire un pain compacte, on retire le feu , on laisse refroidir sur le baie de sable.
La conduite de cette opération exige une grande habitude; si l’on chauffe trop, le chlorure s’échappe en vapeurs, si l’on ne chauffe pas assez, il ne se sublime pas, et reste sous forme de neige à la surface de la masse. Il faut donc alternativement activer et ralentir le feu , ce que l’emploi du bois, comme combustible, permet de faire beaucoup mieux, que ne le ferait celui du charbon. D’un autre côté, le point de fusion est si voisin du point de sublimation , que lorsqu’on essaie de rendre la masse compacte, on court grand risque de la réduire en vapeurs, ou de la faire retomber à l’état liquide, au fond du matras.
Une réaction tout à fait analogue à celle que nous avons vue se produire entre le chlorure de sodium et le sulfate de protoxyde de mercure, se produit entre ce même chlorure et le sulfate de bioxyde.
L’acide sulfurique et l’oxygène de l’oxyde du sulfate, se portent sur le sodium du chlorure, tandis que Je chlore de celuici se porte sur le mercure.
On voit par l’équation suivante, que chaque atome de sulfate de bioxyde produit un atome de bichlorure, et chaque atome de chlorure de sodium, un atome de sulfate neutre de soude anhydre.
Hg0,S03 + Na, Ch2 = Hg,Ch2 + Na0,S03
Sulfate de bioxyde Chlorure Bichlorure Sulfate de soude, de mercure. de sodium. de mercure.
Les auteurs du dernier Codex, conseillent d’ajouter au mé- Tom. IL 12
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lange de sel marin et de sulfate de mercure, une certaine quantité de bioxyde de manganèse, dans le but de prévenir la formation du protochlorure, au cas où le sulfate mis en expérience serait partiellement à l’état de sulfate de protoxyde. Mais, puisque, d’après M. Guibourt, les ulfatc de mercure préparé suivant la méthode du Codex, est tout entier à l’état de sulfate de bioxyde, l’addition du bioxyde de manganèse est complètement inutile.
Fût-il en partie à l’état de sulfate de protoxyde, comme il est parfaitement neutre quand on l?a convenablement desséché, la présence du bioxyde de manganèse ne saurait prévenir la formation du protochlorure de mercure , ou plutôt amener sa conversion en bichîorure. (Guibourt.)
En effet, le bioxyde de manganèse ne peut évidemment compléter la chloruration du mercure, qu’en cédant au sodium une quantité d’oxygène capable d’assurer son oxygénation, proportionnellement au chlore qu’il perd ; en d’autres termes, qu’en éliminant au moyen de l’oxygène qu’il cède au sodium, une proportion de chlore, capable de faire passer le mercure à l’état de bichîorure.
Or, pour produire un pareil résultat, il ne suffit pas de mettre en rapport du protoxyde de mercure, du chlorure de sodium et du bioxyde de manganèse, ainsi qu’il est facile de s’en assurer par l’expérience ; voire, de remplacer le protoxyde de mercure par le protosulfate neutre, il faut, indispensablement, faire intervenir l’acide sulfuriqueen quantité suffisante, pour qu’il neutralise la plus grande quantité de protoxyde de sodium, qui doit se former, en même temps qu’une proportion plus forte de chlore est mise en liberté ; il faut, enfin, qu’on mette en présence des éléments capables de représenter l’équation suivante.
Hg*0,SO + SO -f Mn,02 -f 2Na,Ch* = Hg^Ch* + 2NaO,SO -f MnO
Sulfate de Acide Bioxyde Chlorure Bichîorure Sulfate Proprotoxyde sulfu- de de sodium. de neutre toxyde
de rique. manganèse. mercure. de soude, de man-
Hiercure. ganèse.
Dü BÎCHLORURE DE MERCURE.
La très minime proportion de protochlorure de mercure que l’on obtient lorsqu’on n’ajoute pas de bioxyde de manganèse, se représente lorsqu’on en ajoute, et ne saurait être attribuée, qu’à la décomposition partielle du bichîorure, ou à la réaction incomplète des matières premières.
Ce protochlorure, moins volatil que le bichîorure, se trouve former vers la partie inférieure des pains, une zone que sa moindre translucidité, sa teinte grisâtre, fait aisément reconnaître, et que l’on peut séparer.
100 parties de mercure fourniront :
151 — de sulfate de bioxyde sec,
117 — de bichîorure.
Admettrait-on que le sulfate de bioxyde prépaie d’après le Codex, retient du sulfate de protoxy de, et que l’addition de l’oxyde de manganèse produit l’effet qu’on en attend? pour rendre cette addition inutile, il suffirait d’augmenter la proportion d’acide sulfurique destinéau traitement du mercure, d’en employer pour 500 de métal, au lieu de 600 parties; 667p suivant M. Guibourt, 750 suivant M. Soubeiran.
On serait certain alors de n’obtenir que du sulfate de bioxyde.
Un procédé d© préparation fort ancien, et de nos jours abandonné, parce qu’il était peu économique, et nécessitait une seconde sublimation, est celui qui consistait dans l’emploi, à parties égales, de l’azotate de bioxyde de mercure, du chlorure de sodium et du sulfatede protoxyde de fer. L’acide azotique commençait par peroxyder le fer, le peroxyde de fer formé abandonnait facilement son acide sulfurique, et dès lors, le bioxyde de mercure , le chlorure de sodium et l’acide sulfurique mis en liberté, réagissant l’un sur l’autre, produisaient du sulfatede soude et du bichîorure de mercure.
Le résidu se composait essentiellement de l’excès de sel marin, de sulfate de soude et de peroxyde de fer.
Relativement aux préparations médicinales, dans lesquelles on fait entrer le bichîorure de mercure, il en est dans lesquelles
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ce corps demeure intact, telles sont spécialement ses solutions dans l’eau distillée; il en est d’autres, au contraire, dans lesquelles il a complètement disparu, telles sont ses solutions dans l’émulsion d’amandes dans le lait; ses mélanges avec la farine, etc. La matière azotée des amandes, le caséum du lait, le gluten de la farine, forment avec lui de véritables combinaisons plus ou moins insolubles, plus ou moins analogues à celles qu’il forme avec l’albumine, d’où l’emploi que Ton peut faire du lait, du blanc d’œuf, comme contre-poisons des sels mercuriels.
Certains extraits, certains infusés ou décoctés végétaux, le ramènent à l’état de protochlorure, d’autres en réduisent le mercure.
Le protochlorure, à son tour, est facilement transformé en bichlorure par le sel ammoniac, et par les chlorures alcalins, surtout à la faveur des matières organiques. (Pettenkoffer, Mialhe.)
Il est converti, partie en cyanure de mercure, partie en bichlorure, par les amandes amères et toutes les matières susceptibles de produire de l’acide cyanhydrique. (Deschamps.)
L’association des sels mercuriels à des matières organiques exige donc, delà part du médecin, une grande circonspection.
Si
composition.
SBm PerchtowMre oi« 'TricMovtire eVor.
(Hydrochlorate, muriate d’or.)
<Au’Chs) - { Chlore ,
Il existe deux chlorures d’or :
Un protochlorure (Au, Ch), correspondant au protoxyde,
Et un trichlorure (Au,Ch3), — au peroxyde;
Ce dernier seul intéresse le pharmacien.
ses propriétés. Il est d’un jaune orangé, de saveur styptique, eristallisabîe en aiguilles prismatiques, décomposable par une chaleur de 200°, en chlore et en protochlorure; par une température plus élevée, en chlore et en métal; très soluble dans l’eau, dans l’éther, déliquescent.
Sa dissolution aqueuse, d’un beau jaune lorsqu’elle est étendue, d’un jaune rubis lorsqu’elle est concentrée, produit sur la
Dü PERCHLORURE OU TRICHLORURE D OR.
peau des taches qui ne disparaissent que par le renouvellement de l’épiderme, elle estdécomposée parla plupart des matières organiques et descorps minéraux non saturés d’oxygène, ce qui doit engager le pharmacien à la défendre de leur contact; et, d’ailleurs, se comporte avec les réactifs, ainsi qu’il a été dit en traitant de l’or.
On le prépare en dissolvant à une douce chaleur, 10 parties Sa préparation, d’or pur laminé ougrenaillé, dans un mélange de 10 parties d’acide azotique à 35°, et de 30 parties d’acide chlorhydrique à 22°, évaporant au bain de sable à siccité, et continuant de chauffer, jusqu’à ce que le résidu cesse d’abandonner de l’acide chlorhydrique, appréciable au moyen d’un papier bleu humide que l’on promène à sa surface. Il est même bon d’attendre, qu’une légère odeur de chlore annonce un commencement de décomposition.
On l’enferme encore chaud dans un flacon à l’émeri, préalablement séché à l’étuve.
Si l’évaporation et la dessiccation n’étaient conduites avec une extrême précaution, le trichlorure se convertirait partiellement en protochlorure jaune serin, insoluble dans l’eau froide, et décomposable par l’eau bouillante, en or et en trichlorure.
On remplacerait avec succès l’évaporation au bain de sable, par l’évaporation sous une cloche, au moyen de la chaux vive.
J9tf Vfotorfoydrate eraMSènoniatgue.
( Hydrochlorate , muriate d’ammoniaque , sel ammoniac.)
(AzH3,ChH)
) Ammoniaque , 107,2374
| Acide chlorhydrique , 227,5648
Sa
composition
Le chlorhydrate d’ammoniaque ou sel ammoniac, ainsi nommé ses propriétés de ce que, au rapport de Pline, on le trouvait en abondance aux environs du temple de Jupiter Ammon, dans la haute Egypte, est blanc, inodore, de saveur piquante, très soluble dans l’eau, surtout à chaud, légèrement soluble dans l’alcool, cristallisable par le refroidissement de ses dissolutions, en longues aiguilles prismatiques, qui se groupent sous forme de barbes de plume, et ne retiennent pas d’eau de cristallisation; volatil sous forme de
Sa Préparation.
Sa
pulvérisation et sa
purification.
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vapeurs blanches, à une température peu élevée 5 clécomposable par les alcalis caustiques humides, qui en éliminent l’ammoniaque.
Le commerce le fournit au pharmacien. Il provient de la transformation en chlorhydrate, du carbonate d’ammoniaque résultant de la décomposition ignée, en vaisseaux clos, des matières azotées, et plus spécialement des os dont le résidu, à la fois calcaire et charbonneux, constitue le charbon animal. La série d’opérations à l’aide desquelles on l’obtient, se réduit à convertir ce carbonate en sulfate, en le filtrant à l’état de dissolution, au travers d’une couche de sulfate de chaux, dont la base échange son acide contre le sien , secondairement à convertir le sulfate d’ammoniaque en chlorhydrate, en le mélangeant avec du sel marin, et sublimant. Il se produit du chlorhydrate d’ammoniaque volatil, et du sulfate de soude fixe; l'atome d’eau indispensable à l’existence du sulfate, sert à oxygéner le sodium, à hydrogéner le chlore.
Ce sel se présente en pains convexes en dessus , concaves en dessous, d’une texture à la fois compacte et fibreuse ; il est translucide et remarquablement élastique La difficulté qu’on éprouve à le pulvériser par les moyens ordinaires, fait que souvent le pharmacien le soumet à une opération qui ale double avantage de changer son état moléculaire, et de le débarrasser des dernières portions de matières étrangères qu’il aurait pu retenir, surtout des huiles empyreumatiques formées pendant la distillation des os, et qui auraient suivi la base dans toutes ses combinaisons transitoires. On le pulvérise très grossièrement, on le fait bouillir dans la plus petite proportion possible d’eau distillée, on filtre au-dessus de terrines, on recueille les cristaux formés par le refroidissement, on concentre les eaux mères, afin qu’elles en fournissent de nouveaux, on laisse ceux-ci égoutter aussi bien que les premiers, et on les sèche tous à l’étuve, après avoir séparé, s’il en était besoin, les portions colorées.
A une certaine époque (vers 1820), on trouvait fréquemment dans le commerce, sous le nom de sel ammoniac, de l’alun auquel les fraudeurs avaient communiqué la forme des pains de sel ammoniac, en lui faisant éprouver la fusion aqueuse, et le cou-