‹ Cours complet de pharmacie (volume 2)Chapitre 69 sur 228 · DU CARBONATE NEUTRE IDE POTASSE · texte numérisé non relu

DU CARBONATE NEUTRE IDE POTASSE

Remplir de tartre brut en poudre des cornets en papier; disposer ceux-ci, lits par lits, sur la grille d’un fourneau à réverbère, alternativement avec des couches de poussier de charbon en fragments, afin que l’air puisse circuler au sein de la masse ; couvrir le fourneau de son dôme ; enflammer le charbon et laisser la combustion se propager. Elle sera favorisée dans sa marche par les gaz combustibles que produiront en se décomposant, et les enveloppes en papier, et l’acide tartrique, et les matières colorantes du tartre. Lorsqu’elle est terminée, époque à laquelle on ne voit s’échapper ni gaz, ni vapeurs, on traite par l’eau la matière pulvérulente restée dans le fourneau; on filtre, on évapore et l’on chauffe fortement dans un creuset, afin, tout à la fois, d’achever la destruction des matières organiques et de vaporiser l’eau.

Le carbonate de potasse ainsi obtenu, porte le nom de sel de tartre; il est le résultat de la combinaison de la potasse du tartre, avec l’acide carbonique provenant de la décomposition des éléments organiques de l’acide tartrique, ou produit pendant la combustion. On n’y rencontre guère d’autres matières étrangères, que celles qu’aurait pu introduire le charbon ou le tartre mis en expérience, par exemple, quelque peu de sulfates, de chlorures alcalins et de chaux.

Rouelle conseillait avec raison de chauffer le tartre au rouge, dans une chaudière en fonte, jusqu’à ce qu’il ne dégageât plus de vapeurs. De cette manière, on prévenait l’introduction dans le produit, des sels faisant partie des cendres du charbon, la formation possible d’une certaine quantité de silicate de potasse soluble, aux dépens de la silice de ces cendres ou des parois du fourneau; on assurait davantage la complète décomposition du tartre, parcequ’il était possible deremuer la matière, et de reporter les parties centrales contre les parois plus échauffées de la chaudière. Mais, par contre, l’opération ne se faisait pas, pour ainsi dire, d’elle-même.

Chauffer dans un creuset d’une capacité triple au moins du volume du mélange, une quantité indéterminée d’azotate de potasse, et lorsqu’il sera en fusion tranquille, y projeter par petites portions successives, de la poudre de charbon végétal,

Du sel de tartre.

Du nitre Usé

mr

le charbon.

41e LEÇON.

tant que chaque addition fera naître une détonation, ou du moins une vive déflagration.

Lorsqu’il ne s’en produira plus, et que cependant la couleur noire de la matière indiquera la présence du carbone en excès, vous recouvrirez le creuset de son couvercle, vous chaufferez très fortement pendant 3/4 d’heure, une heure, afin d’achever la décomposition du nitre, après quoi vous traiterez la masse à demi refroidie par l’eau, pour enfin évaporer à siccité le produit de l’évaporation, et calciner.

L’acide azotique de l’azotate de potasse est décomposé, et tandis qu’une portion de son oxygène se porte sur le carbone, d’où l’acide carbonique et secondairement le carbonate de potasse, son azote se dégage , partie libre, partie à l’état d’oxyde, avec de la vapeur d’eau et de l’acide carbonique. La déflagration est la conséquence de F union presque instantanée du carbone avec l’oxygène, que le nitre renferme à l’état solide, et partant très condensé.

Sous le nom très impropre de nitre fixé par le charbon, puisque loin d’être fixe, ce sel est au contraire décomposé par lui, ce procédé fournit du carbonate de potasse qu’accompagne très souvent de l’azotite de potasse, peut-être même du cyanure de potassium, puisque nous allons voir, qu’il s’en forme durant la décomposition du tartre par le nitre, et qu’ici, les éléments d’un pareil cyanure, à savoir : le potassium, le carbone et l’azote interviennent.

L’azotite provient évidemment de la décomposition incomplète d’une partie de l’azotate.

Le nitre fixé par le charbon doit à la présence de cet azotite, de dégager au contact de l’acide sulfurique concentré, de l’acide carbonique accompagné de vapeurs rutilantes.

L’acide azoteux déplacé se partage eu acide azotique et en bioxyde d’azote, que l’oxygène de l’air fait passer à l’état d’acide hypoazotique.

Du nitre fixé Le dernier mode de préparation du carbonate dépotasse, parle tartre, consiste à projeter par petites portions successives, dans une marmite en fonte h peine rouge, un mélange intime de 1 à 3 pailla de Mlartfftlede potàss^ et partie de mlre^ en gt»

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