‹ Cours complet de pharmacie (volume 2)Chapitre 92 sur 228 · DES AZOTATES DE JUERCUKE. S · texte numérisé non relu

DES AZOTATES DE JUERCUKE. S

à ce que sa dissolution étendue, n’est aucunement troublée, soit par l’acide chlorhydrique, soit par le sel marin.

Si l’acide azotique employé aux dissolutions contenait de l’acide chlorhydrique, le chlore résultant de leur mutuelle décomposition, donnerait naissance à du protochlorure qui se précipiterait, ou à du bichlorure qui resterait dissous.

L’azotate de protoxyde est en prismes rhomboïdaux, volumineux, incolores, à moins qu’ils ne soient salis par de l’azotate tribasique, très denses, acides au tournesol, de saveur styptique, éminemment vénéneux.

L’eau aiguisée d’acide azotique les dissout; l’eau froide les partage en azotate acide soluble , et en un azotate basique insoluble, pulvérulent, et de couleur blanchâtre.

L’eau bouillante les partage en deux nouvelles variétés d’azotates, l’une est plus acide et l’autre plus basique que ne l’étaient les variétés précédentes.

Le basique, d’un jaune verdâtre, n’est autre que le turbith nitreux des anciens pharmacologistes; son nom de turbith vient de ce qu’il ressemble extérieurement au turbith minéral, ou soussulfate de bioxyde de mercure.

Si l’on prolongeait les lavages outre mesure, on finirait par enlever au turbith nitreux tout son acide, et par le convertir en une poudre grisâtre, composée de mercure métallique et de bioxyde de mercure.

L’azotate de bioxyde, tel que nous Pavons préparé d’après le Codex, est liquide, incolore, excessivement caustique, très acide; Peau froide le convertit en un azotate acide soluble, et en un azotate basique insoluble, d’un blanc rosé. L’eau bouillante, à son tour, transforme ce dernier sel en un azotate soluble, plus acide que le précédent, et en un azotate insoluble, plus basique aussi que celui auquel il correspond.

C’est lui que l’on a parfois confondu avec le véritable turbith nitreux, bien qu’il en diffère, tout à la fois par la présence du bioxyde et par sa couleur rosée.

Si le sel mis en expérience retenait du protonitrate, la teinte rosée du précipité, masquée qu’elle serait par la couleur jaune du turbith qui se produirait (Guibourt), rendrait la confusion

Leurs

propriétés.

Azotate de protoxyde.

De l’azotate de protoxyde basique .

Azotate de bioxyde.

Leur

composition.

De-Peau

mercurielle.

De l’acide nitrique mercuriel »

208 43e leçon.

plus facile, et de plus, des lavages multipliés à l’eau bouillante, finiraient par le rendre d’un jaune orangé 3 il serait alors presque entièrement formé de bioxyde.

En résumé donc, l’eau exerce sur les deux azotates une action analogue , tend à dissocier leurs composants, à se charger de l’acide, à précipiter l’oxyde 3 mais ce résultat ultime est précédé de la formation de sous-azotates qui deviennent de plus en plus basiques.

De ces deux composés mercuriels, le premier ou protoazotate cristallisé, auquel leCodex attribue la composition suivante:

Protoxyde. . 82,40 Acide. . . . 14,08 Eau. ..... 3,52

aurait pour formule:

3(Hg20),2Az205 + H20

Ce serait donc un véritable sesquiazotate de protoxyde monohydraté.

Le second est une dissolution d’azotate neutre de bioxyde que représente, à l’état anhydre, la formule HgO,Àz2G5 -f- eau. Quant au turbith nitreux, M. Kane lui attribue la formule,

2(Hg20),Az205 -f H20,

et conséquemment, le considère comme un azotate de protoxyde bibasique hydraté. Mais il ne faut pas oublier, que sa constitution peut et doit varier, suivant que le contact de l’eau s’est opéré à des températures plus ou moins élevées, et s’est prolongé plus ou moins longtcmps3 aussi, est-il à regretter que le Codex ait laissé indéterminées, et la quantité, et la température de l’eau qu’il convient d’employer à sa préparation.

L’eau mercurielle qu’il ne faut pas confondre avec l’azotate de mercure liquide, et que l’ancien Codex de Paris préparait en

dissolvant à chaud :

30 parties de mercure coulant, dans 50 — d’acide azotique à 35°

puis ajoutant à la dissolution 930 p. d’eau distillée, renfermait évidemment de l’azotate de bioxyde avec un grand excès d’acide. L’acide nitrique mercuriel, que les chirurgiens emploient par-

DU MERCURE SOLUBLE ï) IIAHNEMANN. 269

fois sous le nom de nitrate acide de mercure, et qu’il fout également ne confondre avec aucun des composés mercuriels précités, renferme un mélange d’azotate de protoxyde et d’azotate de bioxyde, dissous dans l’acide azotique $ on le prépare en dissolvant à chaud,

1 partie de protoazotate cristallisé ,

dans 8 parties d’acide azotique à 42°,

Nous ne quitterons pas ces composés mercuriels sans foire remarquer, qu’ils possèdent tous une singulière tendance à changer de composition.

Non-seulement la température en s’élevant transforme F azotate de protoxyde en azotate de bioxyde, non-seulement le contact de l’eau, à des températures variables, les partage l’un et l’autre en de nouveaux sels renfermant des proportions différentes d’acide et de base; mais encore les proportions premières d’acide et de mercure employées à leur préparation, la température à laquelle s’est opérée la dissolution, meme l’acte de la cristallisation, amènent des modifications analogues.

Par exemple, le deutoazotate acide de mercure du Codex, quand sa concentration poussée trop avant le fait cristalliser, fournit des cristaux dont la composition est celle d’un azotate de bioxyde bibasique.

Le peu d’accord que présentent les analyses des sels mercuriels par MM. Mitscherlich et Kane, est évidemment dû à ce que ces chimistes ont opéré sur des produits formés dans des conditions plus ou moins dissemblables.

Ces motifs imposent au pharmacien l’obligation de ne changer en rien le modus faciendi de ceux de ces composés qu’emploie la médecine; ils me dispensent par conséquent de relater toutes judicieuses qu’elles puissent être, les modifications que plusieurs expérimentateurs, et notamment M. Guibourt, ont cru devoir proposer d’apporter aux procédés du Codex.

M3m Mercure soiu&ie emummu „

(Protonitrate ammoniaco-mercuriel. — Sous azotate ammoniacal de protoxyde

de mercure.)

On ne connaît pas bien la constitution de ce composé, auquel sa la désignation empyrique de mercure soluble d’Hahnemann comP°sltlon*

270 43e leçon.

me semble, pour ce motif, mieux convenir que tout autre.

Àmmo niaque.

Acide

azotique.

Pro-

toxyde

de

mercure.

Eau.

M. Mitscherlich le croit formé de :

2 atomes

1 atome

3 atomes

— Soubeiran

— Kane. . •

— Guibourt

1 atome

ce qui permet de le considérer :

Soit, comme le résultat de l’association d’un atome d’azotate d’ammoniaque , avec 2 , 3 ou 4 atomes de protoxyde de mercure, soit comme un azotate diversement basique, dans lequel l’ammoniaque et le protoxyde de mercure joueraient conjointement le rôle de base.

La manière de voir de M. Mitscherlich conduit, par exemple, aux deux formules suivantes :

(2àzH3).àz205 + 3Hg20 ou (2ÀzH3) , 3(Hg20)Az205

Azotate d’ammoniaque. Protoxyde de Azotate quadribasique d’aramo-

mercure. niaque et de mercure.

Pour le préparer, le pharmacien triturera dans un mortier en porcelaine ou en verre, 100 grammes de protoazotate cristallisé, et complètement exempt d’azotate de bioxyde, avec de l’eau distillée froide, très légèrement aiguisée d’acide azotique pur, de manière à produire 4 à 5 litres de solution ; il filtrera, versera, goutte à goutte et sans interruption aucune, dans celte solution, de l’ammoniaque liquide préalablement étendue de 15 à 20 fois son poids d’eau, agitera avec une baguette en verre, et cessera toute affusion d’ammoniaque aussitôt que le précipité, jusque-là de couleur noire, commencera à pâlir ; il laissera déposer, décantera la liqueur surnageante, lavera le dépôt avec de l’eau pure, tant que l’eau entraînera de l’acide, le fera sécher sur un filtre à l’abri de la lumière, et l’enfermera dans un flacon bien fermé, qu’il recouvrira d’un papier noir.

La lumière tend à le décolorer, l’air à faire passer son protoxyde au maximum d’oxydation.

DU MERCURE SOLUBLE d’haHNEMANN.

L’équation suivante :

3HgJ0,Az205 -f- 6AzH3 = 2AzH3),Az205-f-3Hg20 -f- 4AzH3),2Az205

Protoazotate Ammoniaque. Mercure soluble. Azotate

de mercure. d’ammoniaque.

fait voir que la réaction se passe entre 3 atomes de protoazotate et 6 atomes d’ammoniaque. 4 atomes de celle-ci se combinent avec 2 atomes d’acide azotique, pour former de l’azotate d’ammoniaque qui reste dans la liqueur* tandis que les 2 autres atomes, avec les 3 atomes de protoxyde de mercure et un atome d’acide, constituent le mercure soluble analysé par M. Mitscherlich.

Ce qui tend à rendre variable la composition de ce médicament, c’est, d’une part, que la nature du précipité qui se forme, varie aux époques diverses de l’opération, la proportion du protoxyde y augmentant sans cesse (Kane); c’est, d’autre part, qu’il se produit presque inévitablement, outre celui qui nous occupe, un composé particulier de couleur blanche, dans lequel le bioxyde remplace le protoxyde. Sans doute que l’excès d’acide que l’on est obligé de maintenir dans la liqueur, pour assurer la solution du protoazotate, finit par y produire de l’azotate de bioxyde; caron remarque, que la proportion de ce dem nier composé est d’autant plus forte, que les liqueurs sont plus acides, et que l’on tarde plus à faire agir l’ammoniaque, ou à séparer le dépôt (Mohnheim, Guibourt); parfois meme de l’oxyde se trouve ramené à l’état de mercure. On sent qu’en présence de tant de causes de changement dans la composition du médicament, on ne saurait trop s’assujettir à suivre en tous points les prescriptions du Codex.

Il eût donc à été désirer qu’il précisât les doses d’acide azotique et d’ammoniaque qu’il convient d’employer.

Le mercure soluble d’Hahnemann est pulvérulent, gris noi- Scs propriétés, râtre, insipide, inodore, insoluble dans l’eau à toutes températures, soluble dans l’ammoniaque et dans l’acide chlorhydrique.

Les éléments y sont combinés assez intimement, pour que la potasse ou la soude caustique n’en puissent éliminer l’ammoniaque.

Ses propriétés.

Sa préparation.

Mes éü' argent.

Le protoxyde d’argent, le seul qui se puisse combiner avec les acides, se combine avec l’acide azotique en deux proportions, donne naissance à un sel acide et à un sel neutre, employés tous deux en médecine.

Me VA&otute acUte iVargemM.

(Nitrate acide, nitrate d’argent cristallisé.)

L’azotate acide d’argent est incolore, de saveur amère, âcre, caustique, soluble dans l’alcool et dans beau, mais beaucoup plus à chaud qu’à froid; cristallisable en lames minces, transparentes, ne retenant pas d’eau de cristallisation, inaltérables à l’air. Il rougit fortement le tournesol, et produit sur la peau des taches violettes qui ne disparaissent que par le renouvellement de la partie affectée.

On le prépare avec : argent de coupelle 1 partie, acide azotique pur à 33°, 2 parties.

L’argent est introduit dans un matras à long col, on verse dessus l’acide par petites portions successives, on laisse la réaction s’épuiser à la température ordinaire, puis on chauffe avec modération 5 quand la dissolution est complète, on la décante dans une capsule en porcelaine.

Par le refroidissement, élis fournit des cristaux lamellaires, que l’on sépare des eaux mères par décantation, que l’on fait égoutter dans un entonnoir en verre, qu’on y lave à 2 fois avec un peu d’eau distillée froide, destinée à les débarrasser de l’acide adhérent, et que l’on enferme dans des flacons.

Les eaux mères rapprochées en fournissent de nouveaux.

D’un kilogramme d’argent fin, on retire environ 1 kil. 500 d’azotate.

Le métal s’oxyde aux dépens de l’acide qu’il fait passer à l’état de bioxyde d’azote, peut-être à celui d’acide hypoazotique, et de là, du protoxyde d’argent qui se combine avec une portion

d’acide indécomposé, à très peu près, dans les proportions qui

de l’azotate d’argent neutre.

constitue i’azotate neutre 5 car nous verrons qu’il 11e perd que des traces d’acide, pour éprouver cette transformation.

Si l’acide azotique mis en expérience contenait de Facide chlorhydrique, il se produirait du chlorure d’argent, en pure perte pour l’opération.

ABe t'Ax&tate #iVi rgent neutre,

(Nitrate d’argent fondu , pierre infernale.)

Ag0,Az205= |

Oxyde d’argent, 1451,600 Acide azotique, 677,036

L’azotate d’argent neutre est inodore, d’un blanc mat, Ses propriétés, opaque, de saveur analogue à celle du précédent , quoique moins acide, très soluble dans Falcool, bien plus soluble encore dans Feau , incristallisablc.

Sa dissolution rougit sensiblement le tournesol , colore la peau en violet , et, pour peu qu’elle soit concentrée , produit par l’addition de Facide azotique , des cristaux d’azotate acide.

Pour le préparer,

On place un creuset en argent au milieu de quelques char- sa préparation, bons allumés, on le porte au rouge obscur , et l’on y fait tomber des cristaux d’azotate acide parfaitement égouttés, qu’on y remue avec une tige en argent.

Lorsque la matière est en fusion parfaite, on la coule dans une lingotière en cuivre ou en fer légèrement 'échauffée, afin que son contact ne fige pas les premières portions d’azotate qui la touchent ;

Par un refroidissement lent, le sel s’y forme en cylindres polis à la surface, de texture souvent rayonnée à l’intérieur, que l’on retire de la lingotière alors que leur complet refroidissement leur a communiqué de là solidité, que l’on frotte légèrement entre deux linges, et qu’cnfin l’on enferme dans des flacons seuls, ou plus souvent avec de la semence de lin.

Celle-ci les empêche de se briser , mais leur fait éprouver à la surface un commencement d’altération, analogue à celui que nous avons fait connaître en traitant des eaux distillées. Tome 1 page 278.

L’usage s’est établi, afin de communiquer à la pierre infer Tou. II. 18

43e LEÇON.

nale, une couleur noirâtre ou piutôt ardoisée, qu’elle doit à de l’argent très divisé, dcnelacoulerqu’après lui avoir faitéprouver un léger coup de feu, ou mieux encore, d’enduire les surfaces de la lingotière d’un peu de suif.

Par la fusion, l’azotate d’argent cristallisé ne perd que des traces d’eau et d’acide azotique, assez toutefois pour diminuer beaucoup de causticité.

Si l’on n’avait pas à sa disposition de l’argent pur, on pourrait se servir d’argent allié de cuivre. Seulement il faudrait opérer de manière à produire l’élimination de celui-ci, àcet effet :

Ou bien on ferait cristalliser l’azotate à plusieurs reprises, afin que l’azotate de cuivre, infiniment plus soluble, demeurât dans les eaux mères.

Ou bien l’on diviserait les cristaux et on les 'lessiverait dans un entonnoir avec de l’acide azotique à 35°, afin de dissoudre l’azotate de cuivre, de préférence à celui d’argent.

Ou bien on ferait éprouver au sel, une fusion ignée, destinée à déterminer la décomposition de l’azotate de cuivre sans altérer l’azotate d’argent ; puis on traiterait par l’eau. La liqueur débarrassée par le filtre, du bioxyde de cuivre, serait évaporée à siccité, et le produit serait fondu.

L’azotate d’argent cristallisé, aussi bien que la pierre infernale, pourra être considéré comme exempt de cuivre, quand sa dissolution ne précipitera plus en rougeâtre le cyanure jaune de potassium, etc.

Les eaux mères chargées de cuivre, la dissolution dans Pacide azotique du dépôt insoluble, résultant du traitement par l’eau , du sel auquel on aura fait éprouver la fusion ignée , devront être additionnées d’acide chlorhydrique ou de sel marin, pour en précipiter tout l’argent à l’état de chlorure, et l’on appliquera à celui-ci le moyen de réduction indiqué en parlant de l’argent réduit du chlorure. (Page 42.)

Me ë’Arsémite «ëe potasse.

Sa

composition.

2 (KO), As2 03 =

| Potasse , 1179,832

{Acide arsénieux, 1240,000

Ses propriétés* L’arsénitc de potasse est incolore , inodore , de saveur âcre.

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