DES EAUX SULFUREUSES
La portion non dissoute par l’eau, presque exclusivement composée de carbonates de chaux et de magnésie, qu'accompagnent souvent des traces de silice, est traitée par l’acide chlorydrique faible, mélangé de quelques gouttes d’acide azotique ; la solution acide qui en résulte est portée à l’ébullition, afin de peroxyder le fer aux dépens de l’acide azotique ; puis, après refroidissement, sursaturée par l’ammoniaque et filtrée; alors, elle ne contient plus que des chlorures de calcium et de magnésium. On l’étend, dans le but de prévenir la précipitation de l’oxalate de magnésie peu soluble; on y verse : d’abord de l’oxalate d’ammoniaque, jusqu’à ce qu’elle cesse de se troubler; ensuite, et après filtration, du phosphate d’ammoniaque, également jusqu’à ce qu’elle ne se trouble plus.
La chaux tout entière est précipitée à l’état d’oxalate, la magnésie l’est plus tard à l’état de phosphate ammoniaco-magnésien.
L’oxalate est calciné, la chaux plus ou moins carbonatée, qu’il laisse pour résidu est convertie en sulfate de chaux de composition constante; au moyen de l’acide sulfurique, le sulfate de chaux est calciné et pesé.
100 de sulfate représentent, 73,80 de carbonate de chaux,
41,54 de chaux caustique, 106 de bicarbonate de chaux;
Quant au phosphate ammoniaco -magnésien, on se contente de le dessécher et de le peser.
100 de ce phosphate double repré- 34,08 de carbonate de magnésie basique sentent : 59, 4 de bicarbonate de magnésie.
18,9 de magnésie ,
Me® Mauaç suifmeeuse®.
Les eaux sulfureuses, aussi 'nommées eaux hydrosulfureu- Leurorigine. ses, sulfurées, hépatiques, sourdent principalement des terrains primordiaux. En France, par exemple, elles sont plus communes que partout ailleurs, dans les Pyrénées.
Celles de Baréges (Hautes-Pyrénées), Celles de Baden (Autriche),
— Cauterets, id. — d’Aix-la-Chapelle (Prusse),
— Bonne ou Eaux-Bonnes (Bas- — d’Enghien (Seine-et-Oise),
ses-Pyrénées) , — Roche-Pezai (Vienne),
— Bagnères-de-Luchon (Haute- — Gamarde (Landes),
Garonne), — Guillon (Doubs), j
— d’Aix (en Savoie) ,
Leurs
caractères.
Leur
composition.
288 44e leçon.
Les 7 premières thermales, les autres froides, jouissent notamment d’une réputation méritée.
Ces eaux offrent une odeur, une saveur d’œuf gâté, qu’elles perdent par une longue exposition à l’air, par suite de l’altération que son oxygène fait éprouver à leurs composés sulfurés ; aussi, n’est-il pas rare de voir leur surface se recouvrir d’une pellicule de soufre, sans doute hydrogéné. Elles brunissent l’argent, le plomb, l’étain qu’on y plonge ; après les avoir d’abord colorés en jaune et en quelque sorte dorés, précipitent en noir les dissolutions d’acétate de plomb, de sulfate de cuivre, et annihilent la réaction de l’iode sur le décocté d’amidon, jusqu’au moment où la destruction complète de leur acide sulfhydrique ou de leur sulfure, dont l’iode déplace le soufre, lui permet de se produire.
Indépendamment de l’acide sulfhydrique libre ou des suif hydrates neutres, ou tout à la fois de ces deux composés, sans doute combinés à l’état de sulfliydrates acides, l’on y rencontre souvent de l’acide carbonique libre, toujours de l’azote, du sulfate de soude, du chlorure de sodium, des traces de chaux, de magnésie et de matières organiques.
Celles-ci, que les chimistes ont nomméesBarégine, parce qu’on les a pour la première fois observées à Barèges; Glairine, parce qu’elles offrent un aspect glaireux ; semblent être la principale cause de l’onctuosité singulière des eaux qui nous occupent. Elles sont douces au toucher, tantôt fibreuses, tantôt floconneuses, tantôt compactes, tantôt membraneuses, ici complètement incolores; là, brunes, rouges ou vertes. L’eau ne les dissout pas, les acides et les alcalis caustiques ne les dissolvent pas sensiblement; elles semblent résulter de l’altération qu’éprouve au contact de l’air et de la lumière, Vanabaina thermalis de M. Bory de Saint-Vincent, dont les séminules auraient été entraînées par les eaux ou par les vents.
Dans les eaux sulfureuses, la somme des matières fixes ne dépasse jamais 1/3000 du poids du liquide, et d’après MM. Anglada, Longchamps, Fontan, la proportion du sulfure alcalin serait au plus, par litre :