‹ Cours complet de pharmacie (volume 2)Chapitre 98 sur 228 · DES EAUX SULFUREUSES · texte numérisé non relu

DES EAUX SULFUREUSES

De 0,0680 dans l’eau de Bagnères-de-Luchon, (source de la grotte inférieure).

0,0498 — de Baréges, ( — de la Grande-Bouche) ,

0,0385 — deCauterets, ( — dite Bruzard) ,

0,0251 — de Bonne, ( — de laJBuvette).

Lorsqu’elles ne renferment que de l’acide sulfhydrique libre, comme celle d’Aix-la-Chapelle, elles perdent par une agitation prolongée avec du mercure qui en absorbe le soufre, et plus sûrement par une ébullition de quelques minutes, dans un matras muni d’un tube à gaz plongeant sous l’eau], afin que l’air ne puisse réagir : leur odeur, leur saveur, la faculté de former des précipités noirs de sulfures, dans les dissolutions de plomb ou de cuivre.

Lorsqu’elles ne renferment que du sulfhydrate neutre , ou ce qui revient au môme, du sulfure hydraté, l’agitation avec le mercure, l’ébullition, ne les privent point de leurs propriétés premières, et leurs vapeurs que l’on fait passer au travers des dissolutions métalliques précitées, ne les colorent pas sensiblement.

Elles deviennent au contraire susceptibles de se comporter à la manière des précédentes, si l’on commence par les additionner d’un acide assez fort pour qu’il en décompose le sulfure.

Lorsqu’enfin elles contiennent tout à la fois de l’acide sulfhydrique libre et du sulfhydrate neutre, ou plutôt du sulfhydrate, acide ; en même temps qu’elles produisent à la température de l’ébullition, des vapeurs susceptibles de noircir les sels de plomb et de cuivre, elles conservent la faculté de les précipiter encore après l’ébullition; l’acide sulfhydrique libre, ou celui qui constituait le sulfhydrate à l’état acide, s’étant seul dégagé.

On doit à M. le professeur Dupasquier, un moyen à la fois Leur analyse, très exact et très expéditif, de déterminer la proportion d’acide sulfhydrique, libre ou combiné, qu’elles renferment.

Après s’être procuré une solution alcoolique d’iode au dixième, c’est-à-dire formée de 90 parties d’alcool et de 10 parties d’iode, on en remplit une pipette graduée, dont chaque division représente un centigramme de teinture , ou un milligramme d’iode; puisonlaisse tomber goutte à goutte, dans une capsuleen porcelaine contenant une quantité déterminée d’eau sulfureuse, et quelques gouttes seulement de décocté d’amidon très clair , le liquide de la pipette. On agite constamment et l’on arrête l’écou- Toiw. II. 19

lement, aussitôt que le mélange présente la légère teinte azurée, caractéristique de l’iodure d’amidon. C’est la preuve que l’iode est en léger excès.

L’hydrogène de l’acide suîfhydrique libre, celui aussi de l’acide suîfhydrique combiné, abandonnent le soufre pour se porter sur l’iode, et de là un dépôt de soufre, et de l’acide iodhy dryque. Le volume de teinture nécessaire à la complète décomposition , est évidemment d'autant plus considérable, que la proportion d’acide suîfhydrique était elle-même plus forte. Il indique, elle poids de l’iode transformé en acide iodhydrique, et celui du soufre éliminé, et celui de l’acide suîfhydrique décomposé.

2 atomes d’iode représentés par 1579, 500 correspondent à 1 atome de soufre représenté par 201, 165.

D’où il résulte :

Que 100 d’iode correspondent à 12,80 de soufre,

13,49 d’acide suîfhydrique.

En général, il importe assez peu que l’on précise l’état sous lequel existait l’acide suîfhydrique.

Si cependant, on tenait à savoir combien une eau sulfureuse renferme d’acide suîfhydrique à l’état de sulfhydrate neutre, d’acide suîfhydrique libre ou constituant un sulfhydrate acide; au cas, par exemple, où cette eau devrait être chauffée, on déterminerait par deux essais successifs, la somme de l’acide suifhydrique, et la perte d'acide qu’entraîne l’ébullition. À cet effet , après avoir très légèrement aiguisé, au moyen de l’acide chlorhydrique, une quantité déterminée d’eau, afin de décomposer les carbonates alcalins susceptibles de troubler les résultats, par suite, de produire du carbonate de cuivre insoluble, et sans craindre de perdre l’acide suîfhydrique déplacé par l’acide chlorhydrique, attendu, que sa très minime proportion lui permet de rester tout entier en dissolution; on l’additionnerait de sulfate de cuivre en excès, on recueillerait le dépôt de bisulfure de cuivre, on le laverait, on le sécherait à l’abri de l’air, qui tend à en brûler les éléments, et on le pèserait.

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