DE LA CALCINATION ET DE L’INCINERATION. \A
En Espagne, on préfère torréfier îe cacao dans des bassins en cuivre au milieu du sable fin qui répartit très également la chaleur.
De fia Caleiuati®32 et de fi’lsicinérafiois.
Au lieu de les exposer à Faction d’une chaleur seulement capable d’en modifier quelque peu les propriétés physiques et la constitution, expose-t-on les matières organiques à Faction d’une chaleur capable de les détruire ? ou bien encore, expose-t-on à des températures capables de les altérer profondément, certaines matières inorganiques? on produit des calcinations. Ainsi nous verrons plus tard que Fon calcine :
Les carbonates de magnésie et de chaux, pour en dégager Facide carbonique, et les convertir en magnésie caustique ouen chaux vive ;
L’alun cristallisé, pour dissiper Feau de cristallisation qu’il renferme, et pour l’amener à l’état d’alun calciné ;
Le sulfure d’antimoine, pour brûler une partie de son soufre, oxyder une partie de son métal et produire un oxysulfure ,
La corne de cerf, pour obtenir la corne de cerf dite calcinée, ou plutôt les sels calcaires qui constituent la base de cette production osseuse.
L’opération se fait à l’air libre quand son intervention est nécessaire. C’est le cas de la calcination du sulfure d’antimoine. Ce genre de calcination, porte alors de préférence, le nom de grillage.
Dans des creusets couverts, quand l’intermédiaire de l’air est au moins inutile, et que Fon ne tient pas à recueillir les produits volatils qui se pourraient dégager ; c’est le cas de la calcination des carbonates calcaire et maguésique.
Dans des cornues ou dans tous autres appareils distilîatoires, quand on tient à recueillir les produits volatils. Ainsi fait-on pour les os, pour la corne de cerf, quand on veut utiliser les produits ammoniacaux provenant de la décomposition de leurs principes organiques. 11 est à remarquer que la calcination au sein d’appareils distilîatoires, prend d’ordinaire le nom de distillation.
L’on donne enfin le nom d’incinération, des mots latins, in cinerem vertere (convertir en cendres) à l’opération qui consiste essentiellement, dans îa destruction au moyen de l’action simultanée de la chaleur et de l’air, des parties charbonneuses que laissent, après leur calcination, la plupart des matières organiques, de manière à n’obtenir en définitive pour résidu, que des matières minérales fixes.
Grand nombre de plantes marines sont calcinées, puis incinérées, pour en retirer les sels, au nombre desquels se trouve l’iodure de potassium.
Les végétaux herbacés sont calcinés, puis incinérés pour obtenir îa polasse ;
Les os, préalablement calcinés, sont incinérés, pour brûler l’excès de carbone qui les colore, et par suite, sous le nom d’os calcinés à blanc, obtenir le phosphate calcaire nécessaire à la préparation du phosphore.
L’incinération, par cela même qu’elle exige l’intervention de l’air nécessaire à la conversion en acide carbonique ou en oxyde de carbone, du carbone que l’oxygène et l’hydrogène des matières organiques n’ont pu brûler pendant l’acte de la calcination, se doit faire à vase ouvert, ou du moins dans des appareils que l’air puisse traverser.
Cependant il arrive., et nous en fournirons un exemple en traitant de l’essai des vins supposés contenir du plomb, que l’on agisse autrement, l’excès de carbone est alors brûlé par l’intermédiaire du chlorate ou de l’azotate de potasse. Les acides de ces sels, décomposables par la chaleur, fournissent l’oxygène nécessaire à la destruction du carbone.
L’azotate d’ammoniaque, qui n’a pas, comme les sels à base de potasse, l’inconvénient de fournir un résidu fixe, pourrait quelquefois lui être avantageusement substitué.