DE L’ÉVAPORATION
un autre cylindre de plus petit diamètre B fermé par en haut,, mais percé sur le côté* en CC, d’un certain nombre de trous.
Ces deux cylindres sont placés dans le réservoir, et par conséquent au milieu de l’eau. (L’enlèvement de la paroi antérieure du réservoir permet de les y apercevoir.)
3° D’une cloche dont la douille ouverte par les deux bouts, peut envelopper, à la manière d’un manchon , le cylindre B sur lequel elle glisse.
Sous la lettre D, on a représenté cette cloche isolée, et l’on eu a enlevé la paroi postérieure en la retournant 5 ce qui en fait voir la disposition intérieure *
Le tube étroit F qui l’accompagne, et que l’on peut à volonté ouvrir ou fermer au moyen d’un bouchon, a pour objet, lorsque la cloche est placée autour du cylindre, de l’empêcher de fonctionner si on le juge convenable, puisqu’il suffit alors de déboucher le tube et par là, de livrer passage à la vapeur, et aussi au début, de lui permettre de s’enfoncer dans l’eau, en donnant issue à l’air.
La cloche étant dans sa position, c'est à-dire enveloppant le cylindre B, l’ouverture du cylindre A étant plus ou moins complètement fermée par un vase susceptible d’être chauffé à feu nu, tandis qu’au contraire les vases destinés à être chauffés au bain-marie, posent sur les ouvertures ménagées à cette intention à la surface du réservoir, la combustion du charbon que porte la grille GG dans le cylindre A, s’entretient au moyen de l’air neuf que laissent pénétrer les ouvertures supérieures et latérales du cylindre B, attendu que le courant d’air s’y établit de haut en bas.
S’active-t-elle; une grande quantité de vapeur est produite, une portion s’en engage sous la cloche, la soulève, la douille de celle-ci vient se placer au devant des ouvertures du cylindre B, et les ferme; dès lors la combustion s’arrête, la vapeur se condense ou plutôt se produit en moindre quantité, la cloche retombe, de nouveau rend libres les ouvertures qu’elle avait précédemment bouchées, pour de nouveau s’abaisser, se relever, ralentir, activer la combustion, par suite de la connexion que présentent le j en de la. cloche et la circulation de l’air.
10' LliCON.
On sent que cet appareil, outre qu’il économise le combustible, permet d’abandonner l’opération à elle-même, sans qu’il soit nécessaire d’augmenter ou de diminuer sans cesse la masse de charbon, suivant qu’il se forme trop de vapeur d’eau, ou qu’il ne s’en forme pas assez.
L’appareil de M. Pelletier ne diffère de celui de M. Henry, qu’en ce que la vapeur d’eau, au lieu de se produire sous la pression de l’atmosphère, auquel cas sa température égale à celle de l’eau bouillante est de— |— 1 00°, se produit sous une pression plus forte, conserve dans tout son trajet, la température supérieure à -f-1 00° qu’elle avait primitivement acquise, et par suite, la communique aux capsules évaporatoires dont elle lèche les parois.
De même que dans la machine de Papin, elle ne s’échappe qu’après avoir soulevé des soupapes chargées de poids, ou, de même que dans le digesteur à soupape de M. Chevreul , qu’après avoir refoulé des spirales métalliques plus ou moins résistantes.
Parmi les appareils que nous venons de voir servir à l’évaporation, par l’intermédiaire de la chaleur, les cornues et les alambics ont sur tous les autres, l’avantage de soustraire les matières en expérience à l’action de l’air , dès le moment où l’appareil est rempli de vapeur, et tant que l’opération, ne languit pas, ce que les capsules et les bassines ne peuvent faire d’une manière aussi complète, quoique l’atmosphère de vapeur qui les entoure, tende à produire un effet semblable -} mais, par contre, ils offrent l’inconvénient non moins grand , de gêner l’expansion des vapeurs, et en raison de leurs formes, et en raison de ce que la condensation n’est point instantanée.
Cependant si, comme je l’ai vu pratiquer dans plusieurs laboratoires, notamment dans celui de M. Laffecteur, le tuyau d’écoulement de la cornue ou de l’alambic était mis en communication avec la cheminée d’un fourneau en activité, le courant d’air entraînerait dans cette cheminée la vapeur aqueuse avec une telle rapidité, que ce moyen d’évaporation pourrait être pratiqué avec d’immenses avantages.
Est-il nécessaire de faire remarquer, qu’il ne faudrait pas conduire dans la cheminée des vapeurs inflammables, telles que celles de l’éther ou de l’alcool?
DIS l’évaporation»
Quels qu’ils soient, les appareils que l’on chauffe à feu nu, même au bain de sable, exposent les matières à des altérations que ne peut toujours prévenir l’opérateur.
Telle solution, dont l’ébullition s’était déterminée à une température incapable d’altérer les principes dissous, plus tard se concentrant, pourra ne bouillir qu’à une température supérieure, capable de les altérer ;
Telle autre, dans laquelle la proportion de liquide suffisait d’abord à la dissolution complète des matières, par le fait même de l’évaporation, laissera celles-ci se précipiter.
Dans telle autre encore,, des réactions produites sous la double influence de l’air et de la chaleur, produiront des combinaisons insolubles.
Les dépôts, pour peu qu’ils s’attachent au fond des vases, étant en général mauvais conducteurs du calorique, ne se maintiendront pas en équilibre de température avec le liquide, et pourront s’altérer.
A plus forte raison, en serait-il de même des enduits qui se formeraient contre les parois des vases évaporatoires, alors que son niveau baissant, le liquide cesserait de les mouiller.
Dans les vases évaporatoires qu’échauffe la vapeur d'eau produite sous la pression de l’atmosphère, les liquides ne peuvent atteindre une température supérieure à 100°. (Ils s’y maintiennent nécessairement à des températures inférieures, si leur propre ébullition a lieu au-dessous de 100°, pour la raison déjà dite que leur point d ébullition une fois atteint, leur température reste stationnaire, le calorique qui leur arrive se trouvant dès lors exclusivement employé à produire de la vapeur,) Mais, dans aucun cas, je le répète, ils n’y pourront dépasser 100°, puisque la vapeur d’eau qui tend à les mettre en équilibre de température avec elle, ne peut leur en transmettre une supérieure à la sienne propre.
C’est précisément parce que certains liquides ne peuvent bouillir qu’ au-dessus de 100°, parce que la plupart des dissolutions aqueuses cessent de bouillir à celte température quand les matières fixes s’y accumulent, que l’appareil de Pelletier, dans lequel la température peut, au gré de l’opérateur, être portée à
i»0> 130, 150° et plus, est quelquefois substitué avec infiniment d'avantage à l’appareil de Henry et à ses analogues.
À son défaut, on pourrait plonger le vase évaporatoire dans une huile fixe, dans l’acide sulfurique concentré, dans le mercure, ou dans tout autre liquide susceptible de ne bouillir qu’au-dessus de 1 00°.
Gomme d’ailleurs, l’agitation favorise l’évaporation, surtout alors qu’il se forme à la surface des liquides une pellicule susceptible de gêner l’expansion des vapeurs, ce sera chose utile, que d’agiter constamment le liquide à la main, ou pour plus de commodité, de munir l’appareil d’un mécanisme accessoire, propre à produire le même effet.
Un mécanisme plus ou moins semblable à celui si connu sous le nom de tourne-broche, un ventilateur que ferait marcher le courant d’air déterminé par la combustion, une roue à auge, sur les augets de laquelle serait dirigé le jet de vapeur produite par l’eau du bain-marie , pourraient notamment y faire mouvoir des espèces de spatules; peut-être aussi que l’on pourrait subsli tuer à la table de Derosne une table plane en dessus, à laquelleon imprimeraitun mouvement de bascuiequi rejetterait degauche adroite, puis de droite à gauche, le liquide à évaporer.
Ajoutons, qu’il serait sans doute possible aux pharmaciens, d’approprier à leurs besoins les appareils plus ou moins différents de ceux qu’ils emploient d’ordinaire, que les arts font servir à l’évaporation de masses considérables de liquides.
Ceux-là sont disposés de telle sorte, qu’au sein du liquide chaud, tourne constamment et lentement un cylindre de grand diamètre, destiné à l’exposer, par couches minces, à l’action d’un courant d’air.
D’autres fois, le liquide chaud tombe lentement et en nappes, à la surface de semblables cylindres, ou sur des tissus métalliques.
Dans ceux-ci, des soufflets insufflent au travers du liquide, un courant d’air chaud, lequel les traverse et s’échappe plus au moins saturé de vapeur.
Bans ceux-ci encore, le vide produit, soit au moyen de machines pneumatiques, soit et plus économiquement au moyen