DES SUCS KN GÉNÉRAL
qui les parcourt , les sucs végétaux ne peuvent guère s’obtenir qu’à l’état de mélanges, plus purs nécessairement, quand ils proviennent de certaines parties dans lesquelles des organes analogues se trouvent réunis, de l’enveloppe ou du parenchyme du citron, par exemple, que lorsqu’ils proviennent de plantes herbacées entières • mais , dans ce cas encore , très probablement mélangés, attendu que l’enveloppe et le parenchyme des citrons, doivent être traversés par des vaisseaux d’ordres différents, gorgés de sucs de compositions différentes.
Aussi, n’étudierons-nous en particulier que la sève, et quant aux sucs qui en dérivent , sans nous occuper de leurs destinations diverses , des parties dont ils proviennent , des mélanges qu’ils peuvent constituer, nous les confondrons sous le nom commun de sucs propres.
A ne consulter que les résultats analytiques de Yauquelin , de MM. Boussingauît et Regimbeau, la sève paraîtrait constituer un liquide de composition plus ou moins complexe, et variable dans les différents végétaux. Ces chimistes ont en effet rencontré dans la sève d’orme , l’une des plus simples, abstraction faite des ^8-8- de 800 P°*(ls d’eau :
De l’acétate de potasse, du carbonate de chaux, quelques matières extractives, et dans la sève de hêtre , l’une des plus complexes :
Des acétates de chaux , de potasse , d’alumine, du tannin, des matières gommeuses, colorantes , extractives; des acides acétique et gallique libres.
Mais si l’on réfléchit, que le sol ne contient aucune substance organique, que la terre végétale se compose de matières toutes différentes de celles qui viennent d’être signalées, que d’après MM. Knigth et Biol la sève est d’autant plus dense, d’autant plus chargée de principes solubles, qu’elle est prise plus loin du point de jonciion de la racine avec la tige , on est conduit à se demander, si les acides acétique et gallique, le tannin, etc.; de la sève du hêtre et de ses analogues , ne proviendraient pas d’un commencement d’élaboration , ou plulôt de l’adjonction d’une certaine quantité de sucs propres, dont on aurait déchiré les conduits particuliers.
Toî>t. ï. 42
D<*S SUCS propres.
De cette nouvelle manière d’envisager les faits , résulterait cette autre conséquence, savoir :
Que la sève pure, consiste en une simple dissolution aqueuse des matières existantes tant dansle sol que dans la terre végétale ; qu’elle est essentiellement identique dans tous les végétaux ; ou du moins n’y diffère, que parce que le sol ne renferme pas toujours les mômes éléments, que parce que les plantes n’absorbent pas également bien tous les éléments qui s’y trouvent.
On ne saurait, au contraire, admettre l’identité, voire l’analogie de composition , entre les sucs propres. Ceux-ci diffèrent, non- seulement d’un végétal à un autre, mais encore dans les diverses parties d’un même végétal. L’on conçoit qu’il n’en saurait être autrement, puisque des appareils éiaborateurs différents, fonctionnant dans des conditions différentes, doivent modifier diversement , quel qu’il soit, le liquide soumis à leur action.
Transparents,' sans couleur, sans odeur, sans saveur dans la tige du marronnier; ces sucs sont épais, blancs, d’aspect laiteux dans l’euphorbe , la grande chélidoine ; aromatiques et résineux dans les pins, les sapins, les mélèzes; aqueux et sucrés dans la betterave , le melon ; acides dans le verjus , les groseilles; amers dans la gentiane; astringents dans l’écorce, acides dans le parenchyme de la grenade ; huileux dans le zeste, acides encore dans le parenchyme du citron.
Il existe, à vrai dire, un nombre indéfini de sucs propres ; cependant, si pour en faciliter l’étude , on fait abstraction par la pensée, des principes que ces sucs ne renferment qu’en très minimes proportions, pour ne considérer que ceux qu’ils renferment en proportions telles, qu’ils impriment à toute la masse dont ils font partie, l’ensemble de leurs propriétés , on voit que ces très nombreux produits peuvent se rattacher à l’un des sept groupes suivants :
Sucs
gommeux. . . . .
résineux
gomrno- résineux, balsamiques. . . »
huileux volatils. .
— fixes.. . .
aqueux.
ou plus brièvement gommes,
— — résines,
— — gommes-résines,
— — baumes,
— — huiles volatiles,
— — — fixes,