DES SUCS AQUEUX
Dans le suc de la canne à sucre :
Du sucre ,
D'albumine végétale ,
De la gomme ,
l ue matière céracée particulière, Dans le suc de betterave :
Des matières extractives ,
Du chlorure de potassium ,
Du sulfate de potasse et d’alurnine(alun).
(Avequin.)
Du sucre ,
De l’albumine végétale ,
De la pectine ,
De l’acide pectique,
Des matières mucilagineuses ,
— grasses,
— céiacées,
— animaliséessolublesdans
l’eau,
— odorantes et âcres
Dn phosphate de magnésie et de chaux ,
Bu ma”te ' I de |10tasse ct de cilaus - Du chlorure de potassium,
Du sulfate t , .
De l’azotate | de Potasse •
Un sel indéterminé à base d’ammoniaque ,
De l’oxyde de fer.
(Braconnot.)
11 est digne de remarque , que le sucre contenu dans les sucs sucrés, contrairement à ce qui arrive pour les sucs acides, est toujours identique à celui delà canne; l’absence des acides libres explique cette différence, et aussi, que ce meme sucre ne s’ y trouve pas accompagné, comme ois l’avait cru jusqu’à ces dernières années, de sucre incrislallisable. Celui-ci est le résultat d’une altération, en sorte qu’il est à croire, que les procédés d’extraction du sucre de canne ou de betterave, en se perfectionnant, finiront par extraire de ces matières à l’état de sucre cristallisable , la totalité de celui qu’elles renferment.
Les sucs mucilagineux sont ceux dans lesquels des principes plusou moins analogues aux principes gommeux, se rencontrent en proportions suffisantes pour communiquer au liquide une notable viscosité.
Le peu d’examen qu’on en a fait ne permet toutefois pas de les leur assimiler complètement, peut-être même ne partagent- ils avec eux que les propriétés tout à fait secondaires de se dissoudre dans l’eau, de l’épaissir et d’en être précipités par l’alcool.
Les sucs de feuilles de bourrache et de buglosse, de racines d’aunée et de grande consolide, sont essentiellement mucilagineux, surtout quand l’année est sèche et chaude.
Les sucs antiscorbutîques doivent à la présence de matières encore peu connues, mais très probablement analogues à celles que renferme la semence de moutarde noire, et comme elles
Des sucs mucilagineux.
Des sucs an'.iscorbuti ques.
12e LEÇON.
susceptibles , au contact de l’eau , de donner naissance à une huile volatile particulière, riche en soufre et très odorante, de saveur âcre et caustique; d’exhaler l’odeur vive et pénétrante , de présenter la saveur âcre, que l’on remarque dans les sucs de feuilles de cresson et de cocliléaria, de racine de raifort, et plus généralement dans les sucs des plantes crucifères, purement Nous confondrons enfin sous la dénomination desucs aqueux, aqueux. ceux (]es sucs ayant l’eau pour principe prédominant, et contenant en solution complète les différents principes immédiats qui les composent, qui ne renferment ni acides libres, ni sels acides, ni principe sucré, ni principe mucilagineux, ni principe antb scorbutique, ou qui ne renferment pas une proportion suffisante de ces différents principes, pour pouvoir être rangés dans un des groupes précédemment étudiés.
Ces sucs auxquels on pourrait, sous ce point de vue, assimiler les sucsanliscorbutiqucs et mucilagineux, voire les sucs acides provenant de plantes herbacées, si l’on faisait abstraction des principes antiscorbutiques mucilagineux et acides qui nous les ont fait grouper à part, n’offrent souvent entre eux aucune analogie de composition.
On en trouve la preuve en comparant les analyses de l’opium, de l’aloès succotrin, de la thridace, etc., cependant ils contiennent presque tous :
De l’albumine végétale, Des principes colorants ,
Des principes gommeux ou muci'a- Un ou plusieurs acides libres, gineux, Des sels.
Quant à la chîorophyle, que la plupart des pharmacoîogistes admettent au nombre de leurs principes constituants, bien qu’elle existe dans les sucs de plantes herbacées obtenus par expression, je ne îa considère pas comme en faisant réellement partie essentielle, attendu qu’elle ne s’y trouve qu’en suspension; aussi, le filtre par son action toute mécanique, l’en sépare-t-il complètement, et par suite, fait-il disparaître, en même temps que leur opacité, la teinte verte que ces sucs présentaient d’abord.
Les sucs gommeux, Les sucs gommo-résineux ,
De ^extraction — résineux . Les baumes,
des sucs.
et aussi quelques sucs aqueux, spécialement ceux des arbres
de l’extraction des sucs. 187
à mamie, des capsules vertes de pavots (opium par incision), des tiges de laitue montée et prête à fleurir (thridace), sont obtenus en pratiquant des incisions au tronc des arbres, aux capsules, aux tiges qui les fournissent , et recueillant à l’extérieur, dans des vases, dans des trous pratiqués en terre, ou de toute autre manière, les produits liquides.
Il ne saurait être avantageux de chercher à les extraire des végétaux privés de vie, car la quantité de suc qui s’y rencontrerait alors, serait limitée, tandis qu’en opérant ainsi qu’il vient d’être dit, on obtient celui que forme le travail de l’organisme pendant un temps souvent considérable. Les pins, les sapins, les mélèzes, sont notamment exploités, pour leurs très nombreux produits résineux, pendant 50 à 60 ans.
Les sucs huileux volatils sont obtenus, tantôt par expression, tantôt par distillation 5 les sucs huileux Axes, presque exclusivement par expression; quelques-uns cependant au moyen de dissolvants; les uns et les autres dans des conditions que nous aurons soin de préciser lorsque nous en traiterons d’une manière spéciale.
Quant aux sucs aqueux, sauf les rares exceptions précédemment relatées, que présentent ceux des capsuies’dc pavots et des tiges de laitue, ils sont obtenus par expression, en ayant égard aux différences d’état physique des tissus, aux proportions relatives des sucs et des parties solides ; à la fluidité et £à quelques autres propriétés chimiques des sucs eux -mêmes.
Opère-t-on sur des feuilles, sur de jeunes tiges de laitue, de Extraction
cochléaria, de cresson, de cerfeuil, de fumelerre, ou de toute , «issues
’ . . des plantes lirr<
autre plante herbacée d’un tissu facile à déchirer, très riche en Racées cm
suc fluide et très sensiblement neutre?
Ces matières étant supposées mondées de leurs parties altérées, lavées afin d’en séparer la terre adhérente, puis secouées ou mieux encore pressées dans un linge, afin d’absorber l’eau dont le lavage les imprègne; il suffira de les broyer dans un mortier en marbre au moyen d’un pilon en bois, d’enfermer l’espèce de pulpe obtenue, après quelques minutes de macération, dans un sac en toile ou en crin, et de soumettre à la presse.
Extraction des sucs, de fruits.
Opère-t-on sur des carottes, des racines de raifort, ou sur toute autre racine charnue que son élasticité empêcherait de broyer dans un mortier ;
Sur des borraginécs, en général gorgées d’un suc extrêmement épais;
Sur des labiées, d’ordinaire peu riches en suc, surtout dans les années de sécheresse et vers l’arrière-saison ;
Sur l’oseille, dont le suc acide pourrait réagir sur la matière calcaire ;
Dans le premier cas, on substituera aux mortiers,, des râpes ou tout autre instrument plus propre à la division ;
Dans le second ou dans le troisième., on ajoutera au produit de la division, 1/§environ de son poidsd’eau, ci l’on exprimera après 12 à 15 minutes de contact, alors que l’eau additionnelle aura exercé toute son action dissolvante, sans cependant avoir pu amener un commencement de fermentation.
Pareille addition, toutefois, ne sera nécessaire, qu’autant que parmi les plantes mises en expérience, il ne s’en trouverait aucune assez riche en suc très aqueux, pour la rendre inutile.
Dans le dernier cas, on remplacera les mortiers en marbre par des mortiers en bois.
L’extraction des sucs de fruits réclame des précautions spéciales.
Les coings, récoltés avant leur parfaite maturité, à la suite de laquelle s’y seraient développés en abondance, des principes muqueux, et auraient presque entièrement disparu les principes acides, sont frottés dans un linge rude afin d’enlever leur duvet extérieur, capable d’absorber en pure perte une portion du suc, divisés au moyen d’une râpe en évitant d’entamer les cloisons membraneuses très chargées de principes muqueux, et les semences, elles-mêmes très riches en principes analogues. On interpose dans la pulpe une certaine quantité de paille préalablement hachée et lavée, afin de faciliter l’exsudation du liquide en multipliant les points résistants, on enveloppe le tout d’un tissu et l’on exprime.
Les citrons et les oranges en pleine maturité, parce qu’alors les principes acides et sucrés s’y trouvent en aussi grandes pro-