DE LA COMPOSITION DES HUILES ET DIS GRAISSES
face d’un papier ou d’un linge, puis exprimons. L’oléine s’écoulera ; la margarine et la stéarine resteront dans le tissu, et pourront ultérieurement être séparées au moyen de l’éther bouillant, qui, dissolvant les deux, ne laissera cristalliser par le refroidissement que la stéarine.
S’agit-il du suif de mouton; la pression fournira pour résidu la margarine et la stéarine, que l’éther isolera suivant ce qui vient d’être dit, et fera exsuder l’oléine, l’hircine et l’aeide hircique* l’ébullition avec l’eau entraînera l’aeide, n’entraînera ni l’oléine ni l’hircine, qu’en séparera l’alcool faible, bien meilleur dissolvant de la seconde que de la première.
Il résulte de ce qui vient d’être dit, que les huiles végétales fixes et les graissesanimales, que nous étudierons simultanément en raison même de celte analogie de composition, et par suite de propriétés, différent souvent davantage les unes des autres par leur origine, que par la nature dcleurs principes constituants; si bien qu’entre les huiles d’illipô ou d’olive, l’axonge et le suif devenu, il existe infiniment plus d’analogie qu’il n’en existe entre les huiles d’olive, de lin et de ricin; entre le blanc de baleine, le suif de mouton et le beurre. Nous allons successivement étudier ces substances dans leur contact :
Avec l’air, Avec Fazotate de mercure,
— la chaleur, — la soude caustique ,
— l’acide azotique. Et le protoxyde de plomb.
— — hypo-azotique ,
Parce que certaines d’entre elles sont mises en contact :
Avec la chaleur et l’air, les acides azotiques, et hypoazotiques,
— l’azotate acide de mercure
— la soude caustique,
— le protoxyde de plomb,
dans la préparation de l’onguent de la mère ,
— — de la pommade oxygénée „
,— — de la pommade citrine,
__ l du savon amygdalin,
| et du savon animal,
— — de l’emplâtre simple.
Toutefois, avant d’aller plus loin, nous devons faire observer,, que les huiles et les graisses sont complètement insolubles dans l’eau, et peuvent tout au plus, à l’exemple des résines, y être mises en suspension à la faveur de matières intermédiaires et plus spécialement des gommes. Elles sont aussi miscibles entre elles en toutes proportions ;
Leur
propriétés.
àctlon de l’air.
^06 lâ® LEÇON,
Fusibles à des températures plus ou moins élevées, quand elles sont solides , ce qui permet de les unir les unes aux autres par voie de fusion ;
En général fort solubles dans l’éther, et fort peu solubles dans l’alcool, quelque concentré qu’il soit, à l’exception des huiles de ricin et de croton tiglium.
L’air altère profondément les matières grasses, et d’autant plus rapidement, d’autant plus profondément, que leurs surfaces sont plus étendues, que la température est plus élevée, Pair plus humide ; aussi, le meilleur moyen de les mettre à l’abri de cette altération, consiste-il à les placer dans des flacons parfaitement secs, que Ton en remplit le plus complètement possible, et que Pon tient hermétiquement fermés, après y avoir fait fondre ccs corps, s’ils sont solides, afin qu’ils s’y prennent en masse par le refroidissement.
La réaction presque toujours rendue sensible par les changements physiques qu’éprouvent les matières premières, par leur coloration en jaune quand elles sont incolores, par leur décoloration quand elles sont colorées, par le développement d’odeurs variables constamment désagréables, donne naissance à des produits très dilférents.
Les huiles de lin, de noix , de pavot, et plus généralement toutes les huiles siccatives, en absorbant l’oxygène de Pair, dégagent du gaz carbonique, s’épaississent, produisent quelque peu d’acide oléiquc, et se transforment presque en totalité en une substance solide, inodore, jaunâtre, insoluble dans Peau, l’alcool, P éther , les huiles fixes et volatiles; partant fort ana logues à certaines résines, et plus encore au suc^in. L’onguent styrax présente un phénomène de ce genre, alors que, laissé au contact de Pair, Phuiie de noix qu’il contient s’épaissit, se dessèche, et finit par former à sa surface une pellicule membraneuse.
Dans ces mêmes conditions ; les huiles non siccatives d’oli ve et d’amande douce : absorbent également l’oxygène de Pair, dégagent aussi de l’acide carbonique , s’épaississent aussi, mais sans jamais se solidifier, et paraissent alors éprouver des modifications identiques à celles qu’éprouve l’axonge.