‹ Cours complet de pharmacieChapitre 36 sur 103 · DES PROPRIETES DES HUILES ET DES GRAISSES. $Q · texte numérisé non relu

DES PROPRIETES DES HUILES ET DES GRAISSES. $Q

M. Chevreul a vu que celui-ci produit :

Un acide fixe soluble dans l’eau ,

Une matière extractive non acide, soluble dans l’eau, ;

Des acides oléique , margarique et stéarique ,

— volatils odorants ,

Un principe volatil odorant non acide ,

— colorant orangé.

Le développement de ce dernier principe est la cause évidente de la couleur jaune que présente l’axonge rance, le développement des acides et du principe neutre odorants, la cause de l’odeur fétide qu’il exhale.

A des températures inférieures à 250°, les matières grasses n’éprouvent guère d’altération j mais vers 300° elles sont profondément modifiées. Les huiles d’olive et d’oeillette, l’axonge, le suif, que l’on a plus particulièrement étudiés sous ce point de

vue, deviennent bruns, exalent une odeur excessivement acre

et pénétrante, entrent en ébullition et produisent :

De l’hydrogène carboné , de l’oxyde de carbone, de l’acide carbonique, de l’eau, de l’acide acétique;

Un acide particulier appelé sébacique, de sébum suif (Thénard) ;

Une huile volatile odorante non acide , formée d’après M. Freiny, de deux carbures d'hydrogène, l’oléène et l’éléène ;

De l’acide oléique, margarique, stéarique (du moins s’ils renferment de la stéarine);

Un ou plusieurs acides gras volatils (du moins s’ils renferment de l’hircine ou ses analogues);

Une grande quantité d'huile empyreumatique décomposition complexe, dans laquelle Reiehenbach a déjà signalé la présence de la parafine et de l’eupione;

Quelque peu d’une matière céracée rougeâtre analogue à celle que nous verrons bientôt se produire dans la distillation du succin ; et que lYLU. Pelletier et Laurent considèrent comme un carbure d hydrogène solide accidentellement coloré.

Les douzes premières substances , se produisent à peu près simultanément au début, l’huile empyreumatique se forme, seule plus tard, et finalement la matière jaune apparaît, quand la cornue ne renferme plus guère que du charbon.

Fait-on intervenir la chaux, la barite, la strontiane, susceptibles de donner naissance à des carbonates, qu’une très forte chaleur peut seule décomposer j alors, suivant M. Bussy, en même temps que tous les corps qui, tout à l’heure, accompagnaient les acides oléique, margarique et stéarique, continuent de se produire, il se forme aux lieu et place de ces acides, trois corps particuliers neutres, l’oléone liquide, la margarone et la

Action

d« la ehaleur.

stéarone, toutes deux solides, lesquelles sont représentées dans leur composition :

L’oléone , par de l’acide oléiquc moins de l’acide carbonique,

La margarone, — margarique • —

Lastéarone, — stéarique . — —

C’est à dire qu’il se passe là quelque chose d’analogue à ce qui se passe durant la distillation de l'acétate de bioxyde de cuivre, que nous verrons plus tard produire, en outre de l’acide acétique, ce liquide odorant nommé d’abord esprit pyroacétique, et plus récemment acétone, que représente dans sa composition, de l’acide acétique, moins les éléments de l’acide carbonique.

Sous l’influence de la base, les acides oîéique, margarique et stéarique, aussitôt qu’ils se forment, se trouvent convertis en acide carbonique qui se combine avec l’oxyde, en oléone, en margarone ou en stéarone, qui restent libres et se volatilisent; parce qu’elles sont à la fois incapables de contracter union avec les bases, et volatiles.

'a mère 1 chaleur, une base salifiable énergique (le protoxyde

de plomb) intervenant durant la préparation de l’onguent, dit onguent de la mère Thèclc, du nom d’une religieuse de l’Hôtel- Üieu de Paris, qui. la première le mit en vogue, il est probable que sa préparation donne lieu à des réactions analogues à celles que nous venons d’indiquer.

Toutefois, la facile décomposition par la chaleur du carbonate de plomb, la réduclibilité de l’oxyde de plomb par l’hydrogène elle carbone des corps gras à des températures élevées, doivent modifier les résultats, et notamment semblent devoir prévenir la formation de l’oléone et de ses analogues, favoriser celle des composés oxygénés.

Pour préparer cet emplâtre, on introduit dans une bassine en cuivre ou en fonte :

Huile d’olive, 2 parties. Suif de mouton , 1 partie,

Axonge, 1 partie, Cire jaune, 1 —

Beurre , 1 —

On place la bassine sur un feu doux, et lorsque des vapeurs blanches accompagnées d’une odeur fétide pénétrante, se font apercevoir, on y fait tomber par petites portions successives, au

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