DE L'EXTRACTION DIS HUILES FIXES
tienne méthode, puisque le savon préparé par double décomposition, est un mélange de sels neutres ne contenant que de 38 à 40 parties d’oxyde plombique pour 100 parties d’acide gras, tandis que l’emplàtre simple des pharmaciens en renferme près de 50 p. °/o : l’expérience a démontré que, même en substituant à l’acétate de plomb neutre un acétate de plomb basique, renfermant autant d’oxyde qu’il en faut, pour produire par double décomposition, un savon plombique contenant 50° d’oxyde pour 100 de matière grasse, les deux composes ne présenteraient pas une parfaite similitude de propriétés physiques ; l’emplâtre des pharmaciens serait plus liant.
La cause en est, que dans celui-ci, dont on arrête la préparation au moment où le mélange a acquis une consistance convenable, la saponification n’est pas complète malgré l’emploi d’un grand excès de liüiarge, qui sans doute y lorme des sels avec excès de base, et aussi, que la stéarine et la margarine étant plus promptement saponifiées que l’oléine, une portion de celle-ci restée insapomiiée, s’interpose dans la masse. (Soubeiran.)
De même qu’en général les sucs acides existent dans les De r extraction
• des huiles fixes
fruits ; les sucs sucrés dans les racines ; bien qu’on rencontre des végétales, sucs acides dans les feuilles d’oseille; des sucs sucrés dans les tiges de canne à sucre, de maïs, dans le tronc des arbres à manne; de même, les huiles fixes existent en générai dans les semences, quoique les fruits de l’olivier, du cornouiller sanguin en renferment des quantités plus ou moins considérables. Les semences des légumineuses et des graminées ; en sont au contraire presque entièrement dépourvues.
A l’exception de l’huile de semence de croton tiglium , trop peu abondante dans le tissu qui l’enveloppe, pour que la pression l’en puisse extraire, toutes les huiies végétales employées en pharmacie sont obtenues par expression; seulement l’état de lluidité ou de solidité du corps gras, oblige à modifier le mode opératoire.
Pour l’huiie d’amande douce, les amandes douces choisies
' ' . . , ir Huile]
dans un état de conservation parlait, blanches, opaques a 1 in- d’amand* teneur, parce qu’elles deviennent jaunâtres et translucides dès
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que l’huile qu’elles renferment s’altère 5 entières, parce que la pellicule qui les enveloppe les défend du contact de l’air, qui tend à les altérer; débarrassées à la main ou par le van ou par le crible, des pierres et des débris de coques ligneuses, puis secouées dans un sac en toile rude, afin d’en détacher la poussière brunâtre qui les recouvre, et pourrait tout à la fois colorer le produit et en absorber une portion en pure perte ; sont broyées dans un moulin à bras. On enferme la matière divisée dans des toiles en coutil, de manière à produire des plaques carrées d’épaisseur à peu près égale dans toute leur étendue, cependant un peu plus épaisses au centre; on empile ces plaques les unes sur les autres, et on les soumet à l’action convenablement graduée d’une forte presse ; on retire du tissu les résidus ou tourteaux, on enlève les bords de ces tourteaux, lesquels ont été moins fortement comprimés que les parties centrales; 011 les broie, et de nouveau on les reporte sous la presse qui en extrait une nouvelle quantité d’huile.
100 parties d’amandes en fournissent de 40 à 50 p. °/0.
Le produit, que troublent des matières muqueuses en suspension, estabondonné au repos pendant 8 à 10 jours dans des vases fermés, puis filtré au papier.
Après leur épuisement complet, les tourteaux peuvent être divisés et servir de pâte d’amandes, dite bise. La pâte d’amandes blanche des parfumeurs, provient de l’expression des amandes, dont 011 a commencé par enlever la pelliculeà l’aide d’une macération de quelques instants dans l’eau chaude, et que l’on a séchées ensuite à l’étuve.
Cette opération, qui détermine l’altération sensible de l’huile fixe sous l'influence de l’air, de la chaleur et de l’eau, ne doit pas être pratiquée par le pharmacien. La saveur âcre, l’odeur prononcée de l’huile; obtenue des amandes mondées de leurs pellicules, comparée à la saveur douce, à l’absence d’odeur de l’huile fournie par les amandes qui les ont conservées, le prouve surabondamment.
Les amandes amères renferment une huile fixe, identique a j celle des amandes douces. Toutefois, la présence d’un principe ! particulier (l’amygdaline), capable au contact de l’eau, de pro-
diiire une huile volatile d’odeur d’acide prussique prononcée, laquelle, dissoute par l’huile fixe, lui communique sa propre odeur, empêche de substituer les amandes amères aux amandes douces, pour peu qu’elles soient humides.
Les huiies de noix , Les huiles de lin,
— de chenevis , — de faine ,
— de semences de concombre — de pavot;,
et de potiron (semences — d’épurge?,
froides], — de ricin,
toutes liquides à la température ordinaire, sont obtenues par le même procédé que Phuile d’amande douce, sauf que la remarquable viscosité de Phuile de ricin, oblige d’opérer à des températures élevées et de filtrer à l’étuve. Dans ce cas, la précaution recommandée de placer au dedans de Pétuve, Peutonnoir qui renferme le corps gras, au dehors, le vase destiné à le recevoir, la douille de l’entonnoir traversant la paroi de Pétuve, est avantageuse en ce qu’elle soustrait Phuile, aussitôt qu’elle est filtrée, au contact de la chaleur.
Huile de noix;
— de chenevis:
— de pavot;
— de lin ;
— de ricin ;
— * d’épurge,
etc , etc.
Pour le beurre de cacao, on choisit le cacao des îles, ou cacao Beurres non terré, le cacao caraque ou terré, fournissant moins de ma- demusSwSdC tière grasse. On en sépare les pierres, on îe torréfie légèrement dans un moulin semblable à celui qui sert dans les ménages à torréfier le café, et lorsque les enveloppes sont devenues assez friables, pour qu’elles se brisent aisément par la pression entre les doigts, on les détache, soit en passant les semences entre des cylindres cannelés, soit en les frottant à la surface de cribles en toile métallique à larges mailles, soit môme en les battant à petits coups dans des mortiers en marbre avec des pilons en bois. On vanne, puis on crible pour détacher d’abord les débris de coques, ensuite les germes; en cet état, les semences privées d’enveloppes sont passées au moulin, réduites en pâte dans un mortier en fonte convenablement échauffé, et s’il en est besoin, broyées en dernier ressort sur une pierre à chocolat. La pâte est chauffée au bain-marie, dans un vase en faïence ou en porcelaine, avec un cinquième environ de son poids d’eau bouillante, et quand le mélange est bien empâté, on l’introduit dans des sacs en coutil, que l’on comprime entre des plaques en Tow. ï. 45
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étain ou en fer, préalablement échauffées au milieu de 1 eau bouillante.
Le beurre qui s’écoule, est recueilli, maintenu en fusion à la température de l’eau bouillante, jusqu'à ce que l’eau et les matières muqueuses interposées aient eu le temps de se déposer. On laisse refroidir • on enlève la masse butyreuse solidifiée; on l’abandonne quelques heures à l’air sur un papier non collé afin qu’elle se dessèche; on la brise par morceaux, enfin, on la filtre à l’étuve ou mieux encore dans un appareil semblable à celui
représenté ci-contre. Il se compose d’une caisse en fer-blanc AA, que l’on peut remplir d’eau par l’entonnoir B, vider par le robinet G, et que traversent de part en part deux entonnoirs DD. Un cylindre creux E ouvert par en haut, fermé par en bas, garni en I d’une grille, sert à la fois de cheminée, de fourneau, et permet d’échauffer le liquide appelé à faire fonction de bain-marie. (Cet appareil est de M. Boudet.)
De tous les moyens indiqués pour reconnaître dans cette huile concrète, la présence de l’huile d’amande douce, ou celle du suif de veau, que leur peu d’odeur et de saveur permettent d’y mélanger, sans altérer notablement ses propriétés physiques, le meilleur, jusqu’à ce jour, consiste à déterminer le point de fusion, ou plus exactement le .point de solidification. Le beurre de cacao fondu se solidifie entre le 21° et le 26° du thermomètre centigrade ; la présence d’une quantité notable d’huile le fait ne se solidifier qu’à des températures inférieures à 21°; celle d’une quantité notable de suif de veau, se solidifier à des températures supérieures à 26°.
Les muscades seront traitées comme le cacao, c’est-à-dire, réduites en pâte dans un mortier en fonte modérément chauffé, associées à un cinquième de leur poids d’eau bouillante; et co mprimées dans des sacs.