DE L EXTRACTION DF S HUILES FIXES
L’extraction de l’huile concrète des baies de laurier, se fait en Huile de baies broyant ces baies fraîches ou sèches, de manière à les amener à de !aurier‘ l’état de pulpe ou de poudre, les exposant après division, audessus d’un diaphragme percé de trous, ou d’un tamis à tissu en crin, à l’action de la vapeur d’eau, jusqu’à ce qu’elles en soient bien pénétrées, les enfermant dans des sacs en coutil, comprimant rapidement entre des plaques métalliques chaudes, maintenant le produit en fusion, décantant l’huile surnageante, et s’il en est besoin filtrant.
Il ne faudrait pas confondre celte huile avec la graisse nommée pommade de laurier : celle-ci, comme nous le verrons plus tard, résulte de l’action dissolvante de l’axonge, sur les baies et sur les feuilles de laurier. Les fraudeurs les remplacent l’une et l’autre, par de l’axonge qu’ils aromatisent avec l’huile volatile de baies de laurier, et colorent en vert, au moyen de l’acétate de cuivre. La calcination détruit la matière grasse, laisse pour résidu le cuivre métallique, et permet ainsi de constater la fraude.
Quant à l’huile de croton tigliunij pour l’obtenir, on mélange Huile decrotm à vase clos, avec moitié de son poids d’alcool concentré, le produit de la pulvérisation de ces semences à l’avance séparées de leurs parties desséchées ou gâtées et de leurs robes. On chauffe le mélange au bain-marie, on laisse refroidir, on enveloppe d’un tissu, on exprime entre des plaques en étain, on distille pour retirer l’alcool, et de nouveau on place au bain-marie le résidu, pour en dégager les dernières portions d’humidité. L’huile est filtrée au papier après 12 à 15 jours de repos.
Les émanations délétères qui se dégagent, tant pendant la décortication des semences, que pendant le reste de l’opération, exigent que l’opérateur ne néglige aucune des précautions qui l’en peuvent mettre à l’abri ; et que l’alcool recueilli pendant la distillation, soit mis en réserve pour ne servir qu’à un traitement de même genre.
Les huiles dont nous venons d’étudier les procédés d’extrac- De la constitua
. . . , ... tion generale
tion, indépendamment des principes gras qui les constituent des huiles
essentiellement, et que nous avons précédemment fait connaître, pioyées en
ne renferment guère qu’une petite quantité de matière colorante, *>hdimac,e-
à la présence de laquelle est due la couleur jaune, ou jaune rouge du plus grand nombre ; brune, de l’huile de chenevis; verte, de l’huile de laurier; rouge, du beurre de muscade; mais ces deux dernières renferment en outre une certaine quantité d’huile volatile, que l’on en peut séparer au moyen de l’alcool concentré et bouillant, lequel dissout fort bien l’huile volatile sansattaquer l’huile fixe, et qui semble ne pas être sans influence sur leurs propriétés médicales.
Il faut aussi remarquer que l’huile de croîon tiglium , telle qu’elle s’obtient en traitant à chaud les semences par l’alcool, est formée (d’après M. Guibourl) de deux produits distincts, l’un fade, à peine soluble dans l’alcool froid, que rien ne semble distinguer des huiles fixes; l’autre très âcre, très soluble dans ce même alcool, contenant beaucoup d’acide crotonique, beaucoup de la matière neutre qui peut donner naissance à cet acide sous l’influence des alcalis; il serait donc possible que l’huile de croton n’agit pas toujours de la même manière à poids égal.
^escorpsgras* A l’exemple des huiles végétales, les matières grasses d’origine
dong-ne ani- animale , existent dans tous les animaux, et à très peu près dans toutes les parties d’un meme animal ; mais il s’en faut de beaucoup qu’elles y existent en mêmes proportions. Dans l’état d’embonpoint le plus prononcé, on en rencontre à peine- sous les téguments du crâne, vers le nez, le menton, la plante des pieds, tandis que le marasme le plus complet en laisse des masses considérables dans la région thoracique, autour des mamelles et entre les muscles pectoraux; dans l’épiploon et le mésentère.
Le pharmacien n’extrait, dans son laboratoire, que l’axonge, la moelle de bœuf et l’huile d’œuf. Le suif et le beurre sout obtenus très en grand pour les besoins des arts ou de l’économie domestique : le suif, par un procédé qui consiste essentiellement à chauffer le tissu cellulaire qui le renferme, avec de l’eau chargée d’acide sulfurique, afin que celui-ci, contractant les parois membraneuses du tissu facilite l’exsudation de la matière grasse, puis à comprimer; le beurre, par un procédé tout différent, par lie battage de la matière grasse vulgairement nommée crème, que e repos fait monter à la surface du lait. L’agitation prolongée