DE ^EXTRACTION DES GRAISSES
détermine la séparation du liquide aqueux, que l’interposition d’une proportion notable de beurre fait appeler lait de beurre, parce qu’il offre l’aspect opalin du lait, et l’agglomération des particules graisseuses. Celles-ci toutefois retiennent un peu de caséum interposé, qu’au besoin la fusion en séparerait.
L’axonge s'extrait de la panne de porc de la manière sui- De l’axonge et vante : on commence par retrancher de la panne, à l’aide d’un moeiiedebœuf couteau, toutes les parties charnues et membraneuses adhérentes, par la broyer dans un mortier en fonte, afin de briser les cellules du tissu adipeux, par la malaxer dans l’eau froide entre les mains, jusqu’à ce que l’eau de lavage sorte complètement incolore et limpide.
Cela fait, on la chauffe dans une bassine étamée, ou mieux encore dans une capsule en porcelaine ou en faïence , sur un feu doux , et lorsque la graisse est en fusion complète, on jette le tout sur un linge à tissu serré que la matière grasse traverse, et sur lequel demeurentles débris de membranes. On entretient l’axonge en fusion pendant quelques instants, on laisse refroidir, on sépare l’eau rassemblée au fond du vase, on fond de nouveau l’axonge, on l’agite jusqu’à ce que sa consistance, devenue mielleuse, empêche le départ de s’opérer entre l’oléine, la margarine et la stéarine , d’où résulteraient des couches sans homogénéité, les unes demi-fluides , les autres très solides, et finalement on laisse le refroidissement s’opérer dans un complet repos, afin de ne pas y introduire de l’air, qui ne pourrait que hâter l’altération.
Les parties membraneuses comprimées fourniront unecertaine quantité de graisse, mais moins blanche que celle obtenue sans expression, et que, pour ce motif, on ne devra pas mélanger avec elle*
Ce procédé s’applique à l’extraction de la moelle contenue dans les os longs.
L’huile de jaune d’œuf se peut obtenir de différentes ma- Huile dœuf" nières.
Suivant l’une, les jaunes que bon s’est procurés, soit en brisant les œufs frais et mettant à part le blanc, que l’on réserve pour la clarification des sirops ou pour tout autre usage, soit
14e LEÇON.
en séparant des œufs durcis au milieu de l’eau bouillante, le jaune elle blanc qui les composent, soitmême chez lesmarchands de vin qui n’emploient au collage, que la portion albumineuse, sont chauffés au bain-marie, en ayant le soin de les écraser contre les parois du vase au moyen d’un pilon, jusqu’à ce que, devenus pâteux, ils laissent suinter par une légère pression entre les doigts, l’huile fixe qu’ils contiennent; alors on les introduit dans un sac en coutil, puis on les exprime entre des plaques d’étain convenablement chaudes.
Suivant un autre procédé qu’adopte le Codex , après avoir desséché les jaunes d’œufs au bain-marie ainsi qu’il vient d’être dit, on les laisse refroidir, on les met dans un flacon avec de l’éther, et après 24 heures de contact, durant lequel on a de temps à autre agité, on verse le tout dans l’allonge d’un appareil à déplacement au-dessus d’une masse de coton, on recueille la dissolution éthérée, on complète l’épuisement du résidu par l’affusion de nouvelles quantités d’éther, on déplace au moyen de l’eau, le liquide éthéré qu’il retient, on réunit les liqueurs, on les distille au bain-marie, et le produit de la distillation, complètement privé d’éther par son exposition prolongée dans une capsule chauffée au bain-marie, est filtré au papier.
Un troisième procédé, consiste à mélanger dans un flacon, parties égales en poids, d’éther et de jaunes d’œufs frais; après 48 heures de repos, on décante la dissolution éthérée, on la filtre au papier, et comme ci-dessus , on distille, on chauffe le résidu au bain-marie, finalement on le filtre au papier.
Ce dernier procédé n’expose pas la matière grasse à l’altération que lui doit faire éprouver le contact simultané de la chaleur et de l’air, il fournit un produit sans àcreté aucune, pourvu que l’éther employé soit pur.