DES CÉRATS, POMMADES, ETC., ETC
XVe LEÇON
Wtëchatû, pütnmaka* 0ugueut0, emplâtres, himom? sparaftraps, taffetas et papiers méMcamenteu* * toiles méMcamenteuses.
L’étude des huiles fixes et des graisses nous conduit naturellement à traiter :
Des cérats ,
— pommades,
Des onguents, — emplâtres;
et, comme appendice :
Des écussons, Des papiers médicamenteux,
— sparadraps, des toiles médicamenteuses.
— taffetas médicamenteux, i
Nous désignerons ;
Sous le nom de cerat, ceux de ces médicaments dans lesquels prédominent l’huile et la cire;
Sous le nom de pommade ^ ceux dans lesquels la graisse prédomine, sans que d’ailleurs on y fasse entrer, au moins en proportion notable, des matières résineuses.
Sous le nom d 'onguent, ceux dans la composition desquels entrent, avec des matières grasses, une proportion considérable de matières résineuses ou gommo-résineuses.
Enfin, sous le nom d’ emplâtre , ceux dont le corps prédominant est un savon à base de plomb.
Dans le langage habituel, grand nombre de ces médicaments portent des noms qui ne leur conviennent pas.
Les baumes de Lucatcî et de geneviôve sont de véritables onguents; les onguents napolitain et populeum, de véritables pommades; les emplâtres de ciguë et de mucilage, de véritables onguents. En effet, bien que se rapprochant des emplâtres pro prement dits, par leur consistance, ces derniers médicaments en différent essentiellement par l’absence de savon plombique. Mais, quelque désignation que l’usage leur ait pu conserver^ en se rappelant les différences de composition que nous venons de signaler entre les cérats, les pommades, les onguents et les cm-
Préparation du cérat simple.
232 15e LEÇON
plâtres j il sera toujours facile de rattacher les médicaments qui vont nous occuper, à leur véritable groupe.
eérats.
Les eérats sont des médicaments externes de consistance variable, quoique toujours demi-solide, formés tantôt seulement d’huile et de cire, tantôt d’huile, de cire et de quelque autre substance médicamenteuse.
Le sous-acétate de plomb fait partie du cérat de Goulard ,
Le carbonate d’ammoniaque, — de Rechoux,
L’extrait sec de quinquina , — au quinquina.
Le cérat simple, uniquement formé de cire et d’huile, est, à vrai dire, le seul dont le mode de préparation ait besoin d’étre décrit avec quelques détails.
Les qualités qnil doit présenler sont : l’homogénéité, la blancheur et par-dessus tout l’absence de tout corps irritant, attendu que, d’ordinaire, il sert au pansement des plaies vives. Pour obtenir ce triple résultat : on donne la préférence à la cire blanche sur la jaune, en raison meme de la couleur de celle-ci, et aux huiles d’olive ou d’amande douce sur l’huile de pavot, que Pair desséche et résinifie.
On se sert d’huile et de cire dans un état de conservation parfait, parce que ces substances en rancissant se colorent et acquièrent de l’âcreté.
On emploie des vases tels que les corps gras ne puissent, aidés du contact de Pair, réagir sur eux, et l’on expose les matières grasses à l’aclion d’une chaleur incapable de les altérer.
Enfin on fait disparaître, à l’aide de manipulations convenables, les grumeaux qui se seraient formés dans la masse.
On chauffe au bain-marie, dans un vase en porcelaine, en faïence ou en terre, à Pexcîusion de ceux en cuivre, trois parties d’huile d’amande douce et une partie de cire blanche brisée en petits morceaux, jusqu’à ce que la dissolution, que l’on facilite par l’agitation, soit complète.
La matière en pleine fusion est versée dans un mortier en marbre, que l’on a d’abord échauffe par le séjour de l’eau bouillante, afin de prévenir la solidification immédiate des couches
DES CÉRATS.
les plus extérieures du mélange contre ses parois, puis parfaitement essuyé pour ne pas y introduire d’eau. À l’aide d’un pilon en bois on triture, en ayant le soin de détacher de temps à autre avec une lame flexible, les portions de cérat solidifiées, tant contre les parois du mortier, que contre celles du pilon, et l’on continue jusqu’à ce que la matière, complètement refroidie, ne laisse apercevoir aucun indice de grumeaux.
Quand on opère sur une niasse considérable, on remplace avantageusement le mortier en marbre par une bassine en tôle parfaitement éta niée et à cul de poule. La grande conductibilité du métal, permet à la chaleur du vase et du mélange de se maintenir en équilibre, et prévient, beaucoup mieux que ne le ferait un vase mauvais conducteur, l’inégal refroidissement delà masse, et par suite, un départ essentiellement défavorable à son homogénéité définitive.
Au lieu de triturer le mélange pendant son refroidissement, quelques praticiens conseillent de le couler dans un vase à large surface, de l’y laisser en repos, de racler avec un couteau à lame flexible la masse solidifiée, et de triturer dans un mortier l’espèce de pulpe qui en résulte.
D autres, afin de ne pas interposer dans le cérat, de l’air, qui en facilite l’altération , coulent le mélange d’huile et de cire dans un pot, l’y remuent jusqu’à ce qu’il commence à se figer; puis, quand sa consistance est telle, que le départ de la cire ne s’y puisse opérer, en raison de sa plus grande densité, laissent le refroidissement s’achever dans un repos parfait.
La première de ces modifications au mode opératoire adopté par le Codex, ne change en rien les propriétés physiques du produit; mais la seconde le priverait de l’homogénéité parfaite, et surtout du moelleux, que la trituration seule lui peut communiquer.
Le cérat de Galien qui n’est en quelque sorte, que le cérat préparation du simple additionné d’eau distillée de roses, se prépare en faisant ce‘ c ie fondre une partie de cire dans quatre parties d’huile d’amande douce, et quand le mélange est en partie refroidi, bien uni, sans grumeaux, y incorporant par trituration trois parties d’eau distillée de roses, de manière à produire une masse parfaitement unie3
parfaitement homogène, dans laquelle on n’aperçoit aucune strie aqueuse.
L’addition proposée par quelques pharmacologistes anciens, d’une petite quantité d’huile de tartre, .ou carbonate de potasse en déliquium, facilite singulièrement l’interposition de l’eau, mais introduit dans le cérat une substance caustique dont la saveur, les réactions alcalines, dénoteraient la présence, et qui n’en doit pas faire partie.
^des^érats*1 caraG P^us rarement le simple, servent à la préparation
composés, des cérats composés, lesquels s’obtiennent en y interposant par trituration, des quantités déterminées de matières additionnelles. Par exemple :
Pour le cérat de safurne ou de Goulard, on incorpore dans du cérat de Galien 1/16 de son poids de sous-acétate de plomb.
Pour le cérat soufré, on incorpore dans le même cérat de la fleur de soufre lavée.
Pour le cérat au quinquina , on ajoute au cérat simple, de l’extrait hydro-alcoolique de quinquina, à l’avance amené eu consistance de miel , au moyen de quelques gouttes d’alcool.
DsiiionCOdes° ^ l’exception du cérat pour le toucher, dans lequel on fait cérats. entrer de la soude caustique, les cérats semblent devoir constituer de simples mélanges ; dans celui-ci, au contraire, la soude réagit sur la cire, sur le blanc de baleine qu’on lui associe, et produit un commencement de saponification; c’est afin que ce commencement de combinaison et l’absorption de l’acide carbonique de l’air, fasse perdre au médicament une partie de sa causticité, qu’il est prescrit de n’en faire usage qu’après 12 à 1 5 jours d’exposition à l’air.
tion^es' 'cératï méme flue ^es matières grasses qui en font partie, les cé-
rats s’altèrent rapidement au contact de l’air, jaunissent et acquièrent une odeur rance prononcée. Ceux d’entre eux qui renferment de l’air et de l’eau interposés, s’altèrent d’ailleurs plus aisément encore que les autres.
On doit les tenir, le plus possible, à l’abri de la chaleur, de l’air, de l’humidité, et les renouveler fréquemment.
DES POMMADES
Des Pommades.
Les pommades ainsi nommées, de ce que, dans l’origine, on faisait servir à leur préparation des pommes, à l’emploi desquelles on a plus tard renoncé, parce qu’elles n’augmentaient en rien les effets du médicament, et le rendaient très a itéra îde, sont des médicaments externes, de consistance demi-solide, formés d’une ou de plusieurs graisses associées à d’autres substances médicamenteuses.
Ou peut les départager en trois groupes, suivant qu’elles pro-?es pommades
• if,» i e oans la
viennent ou de la réaction plus ou moins profonde des ma- ration destïôres médicamenteuses sur les graisses, ou de l’action purement 1 produit dissolvante de ces graisses sur les matières médicamenteuses, ou, * 10nS*
plus simplement encore, du mélange des graisses avec les ma- gênée, citrine tiôres médicamenteuses. eE niltritum-
Au premier groupe se rattachent la pommade oxygénée et la pommade citrine, dont il a été question au sujet de l’action que l’acide azotique et l’azotate acide de mercure exercent sur l’axonge ; et la pommade nutritum. Celle-ci s’obtient en chauffant légèrement, dans une terrine en terre non vernissée, avec le soin d’agiter continuellement, un mélange de 26 parties de litharge en poudre, de 282 p. d’huile d'olive, de 125 p. de vinaigre blanc, jusqu’à ce que la matière ait acquis la consistance d’un miel épais.
Elle doit contenir de l’acétate et un savon à bases de plomb ; la proportion d’acide acétique n’étant pas telle qu’il puisse en partie rester libre, et par suite décomposer le savon plombique.
Au deuxième groupe se rattachent :
La pommade phosphorée , La pommade ou onguent populéum ,
— rosat, — épispastique au garou,
— de laurier,
Des pommades par solution.
que le Codex de 1818 nommait graisses médicamenteuses, et que l’on peut considérer comme de véritables dissolutions dans l’axonge , du phosphore, des principes solubles dans les corps gras, des pétales de roses pâles, des feuilles et des baies récentes de laurier, des bourgeons de peuplier, des feuilles de plusieurs solanées, de l’écorce de garou, etc.
15e LEÇON.
De leur préparation.
Pommade de phosphore.
Pommade
rosat.
Certaines renferment, en quelque sorte secondairement, de la cire, pour en augmenter la consistance, des huiles volatiles, pour les aromatiser, des matières colorantes, pour les colorer.
Dans quelques-unes, du beurre, du suif, sont associés à l’axonge, ou même la remplacent.
L’ctat solide qu’affectent les graisses à la température ordinaire, ne leur permettant pas, h cette température, d’exercer leur action dissolvante sur les matières médicamenteuses, et d’un autre côté, leur ébullition avant lieu à des températures assez élevées, pour changer leur propre nature, pour altérer profondément les substances organiques en contact avec elles ; c’est toujours à des températures capables de faire entrer ces graisses en fusion, mais de beaucoup inférieures à celles de leur ébullition, qu’on prépare les pommades par solution.
S’agit-il de la pomamde de phosphore.; on prend une partie de phosphore etcinquante parties d’axonge ; on les introduit dans un flacon à l’émeri, à large ouverture; on chauffe au bain-marie, après avoir pris soin d'interposer entre le bouchon et le goulot, une double feuille de papier, afin de livrer passage à l’air inté» rieur au moment de sa dilatation. Lorsque le phosphore et l’axonge sont en pleine fusion, on bouche le flacon, on l’agite vivement et irrégulièrement sans le retirer de l’eau, jusqu’à ce que la dissolution du phosphore soit complète; on retire de l’eau et l’on continue d’agiter jusqu’à parfait refroidissement, afin du moins d’interposer exactement dans la masse, les particules de phosphore dont le refroidissement aurait pu détermir r la séparation.
S’agit-il de la pommade rosat ; on corduse les pétales récents de roses pâles; on les fait macérer pendant deux jours avec un poids égal au leur, d’axonge préalablemen t lavée à l’eau de roses; au bout de ce temps, on liquéfie à une très douce chaleur; on passe avec expression au travers d’un linge, on procède à une nouvelle macération que l’on prolonge 24 heures, en employant autant de roses qu’on en avait d’abord employé; on fait encore liquéfier; on passe avec expression; o?t chauffe le produit au bain-marie, avec une certaine quantité d’orcanette destinée à le colorer ; on passe une troisième et dernière fois; on laisse re^
DES POMMADES. ^37
froidir dans un repos complet, pour que les débris d’orca nette, de pétales de roses, ainsi que l’eau de végétation introduits par ceux-ci puissent se déposer; l’on fait retondre au bain-marie, et finalement on décante dans un pot.
Pour la pommade au garou , on commence par couper Pécorce par tranches transversales, par l’humcctcr légèrement avec de l’alcool, par la battre dans un mortier en fonte, de manière à la réduire en une masse fibreuse que la graisse puisse aisément pénétrer; ensuite on la fait digérer 12 heures, au bain-marie, avec de l’axonge; on passe avec expression ; on laisse refroidir lentement; on enlève le dépôt, ou plutôt la pommade qui le recouvre; ou la liquéfie au bain-marie; on lui ajoute la quantité de cire qui doit lui communiquer la consistance voulue; on la coule dans un pot, et on l’y agite presque jusqu’à complet refroidissement.
Pour la pommade populéum, on fera chauffer, avec l’axonge, dans une bassine en cuivre, les feuilles fraîches et contusées de pavot, de belladone, de jusquiame et de morelie, jusqu’à consomption de toute humidité, de même que s’il se fût agi de l’huile de ciguë (voyez les solutions dans les huiles fixes); on ajoutera les bourgeons de peuplier secs; on fera digérer 24 heures; on passera avec expression ; on laissera déposer ; on séparera le dépôt; on liquéfiera la pommade, et on coulera dans un pot.
Les anciens pharmacologistes versaient Paxonge en fusion sur les bourgeons de peuplier frais, et les conservaient ainsi., enveloppés de graisse, depuis la fin de mars époque de leur récolte, jusqu’à la fin de mai, époque de la récolte des plantes narcotiques, pour alors faire bouillir le tout ensemble, feuilles et bourgeons. Plus tard, M. Boulîay, afin de prévenir l’altération que les bourgeons humides éprouvent au sein même du corps gras, a conseillé de préparer avec ces bourgeons frais et i’axonge, une première pommade par décoction, que l’on conserverait jusqu’au moment où Ton pourrait y faire bouillir à leur tour les plantes narcotiques. Le dernier Codex emploie les bourgeons secs, aussi chargés de principes médicamenteux que les bourgeons frais, et par suite, confond en une seule les deux opérations.
Pommade au garou.
Pommade
populéum.
15e LEÇON j
Pommade Pour ia pommade de laurier, avec Paxonge, les feuilles et les baies fraîches de laurier, on agira comme pour le populeum.
C’est cette pommade que nous ayons dit (page 22 7), ne pas devoir être confondue avec Phuile de laurier, et souvent être frauduleusement remplacée par de Paxonge colorée en vert, au moyen de l’acétate de cuivre. Est-il besoin de faire remarquer que le populéum et 1a pommade de laurier ne sont pas préparés à la température de l’ébullition des corps gras, quoique souvent on les désigne sous le nom de pommades par décoction ? La présence de Peau de végétation des plantes ne permet pas au mélange de dépasser sensiblement 100°.
De leur com- j£n nous reportant à ce qui sera dit en traitant des huiles position. 1 1
médicamenteuses; de la solubilité dans les huiles fixes de certains principes immédiats organiques, et spécialement de ceux que renferment les pétales de roses, l’écorce de garou, les feuilles de plantes narcotiques ; il sera facile de se former une idée de la composition probable des pommades par solution. A vrai dire, elles ne diffèrent des huiles médicamenteuses correspondantes, qu’en ce que Paxonge y remplace Phuile d’olive. Il convient d’ajouter, que parmi les pommades à la préparation desquelles on fait servir des cantharides, quelques-unes renferment la poudre de ces insectes simplement interposée , et pour ce motif constituent, sous ce rapport, des pommades par simples mélanges , tandis que dans d’autres, il y a tout à la fois interposition de la poudre et solution de ses principes solubles. Si, dans la pommade épispatique verte du Codex, les cantharides en poudre sont simplement incorporées à la matière grasse à demi refroidie , dans la pommade épispatique jaune, elles sont, au contraire, chauffées au bain-marie, avec Paxonge à laquelle elles cèdent alors leurs principes solubles.
Des pommades Les pommades du troisième groupe sont les plus faciles à ^mélanges1.68 obtenir. On les prépare presque toutes en triturant avec Paxonge, les matières médicamenteuses à l’état de poudre, ou converties en une sorte d’extrait mou, au moyen d’un liquide convenable.
DES POMMADES
On prépare notamment de cette manière :
La pommade antipsorique avec la fleur de soufre lavée , le chlor-
hydrate d’ammoniaque et l’alun;
— soufrée. — la fleur de soufre lavée ;
— de rhasis — le carbonate de plomb ;
— de cirillo — le sublimé corrosif;
— hydriodatée — l’iodure de potassium;
— d’iodure de plomb. . — de plomb ;
— iodurée — l’iodure de potassium et l’iode ;
— stibiée oud’Autenrietht — le tartrate double de potasse et
d’antimoine ,
— de régent x
— de Dessault [ avec les poudres qui en font partie.
— de tutbie )
La pommade mercurielle double , ou onguent napolitain, se pommademerprépare en triturant du mercure avec le quart de son poids curiel!cdouWe d’axonge, dans un mortier en marbre ou en fonte, jusqu’à ce qu’une portion du mélange frotté entre une double feuille de papier gris, destiné à absorber la matière grasse, laisse à la surface de ce papier, du mercure tellement divisé, que l’œil armé d’une loupe n’y puisse apercevoir des globules métalliques , puis ajoutant trois fois autant d’axonge qu’on en avait d’abord employé.
Dans le but de bâter l’extinction du mercure, que rend fort difficile le peu d’affinité du métal et de la graisse , surtout leur grande différence de densité , on a imaginé une foule de procédés.
Des praticiens comme MM. Chevalier, Hernandez, n’emploient que de l’axonge récente, du mercure, mais font varier le modus faciendi . Par exemple, ils introduisent dans une bouteille 250 gr de mercure, 125gr d’axonge liquéfiée, agitent jusqu’à ce que le mélange ait acquis la consistance d’un sirop très épais , le versent dans une terrine, l’y agitent avec un bistortier, et quand tout le mercure a disparu, ce qui demande de 15 à 20 minutes, ajoutent les 125gr restants de graisse.
D’autres, comme MM. Guibourt, Planche, Goldefy , Simonin, Vivie, Desmarest , etc., etc., commencent par triturer le mercure avec une petite quantité d’axonge rance, de vieil onguent napolitain, d’huile d’œuf, ou d’huile de noix récemment extraite, de suif ou de beurre de cacao , certains même ajoutent du miel, de la térébenthine , de la farine de lin, de la
pommade citrine, de l’oxyde rouge de mercure, etc., etc. Il est évideut, que s’il est permis d’avoir recours aux premiers de ces procédés qui oe doivent changer eu rien la constitution définitive du médicament , et peut-être aussi à ceux qui n’y introduisent aucune substance étrangère capable d’en altérer sensiblement les propriétés, il ne saurait en être de même de ceux dont les avantages, fussent-ils incontestables , ce qui est loin d’être prouvé, reposent sur l’emploi de matières telles que la pommade citrine et le bioxyde de mercure.
De la pommade La pommade ammoniacale de Gondrot est, à peu près, la
ammoniacale ^ ■*
de GondreG seule que la grande volatilité de la matière essentiellement médicamenteuse , et l’absence complète de tendance à s’unir que présentent la graisse et l’eau , empêchent de préparer par trituration.
On liquéfie au bain-marie , dans un flacon à large goulot, le mélange d’axonge et de suif (axonge 32 parties, suif 32 parties); on retire de l’eau, et quand la matière est à demi-figée, partant assez peu chaude pour ne pas dégager presque instantanément le gaz ammoniac, cependant encore assez liquide pour que l’eau puisse s’y interposer , on ajoute 64 parties d’ammoniaque liquide marquant 25° Baumé ; on bouche le flacon, on en maintient le bouchon, au moyen de l’index, on le plonge dans l’eau froide, ou, pour plus de facilité, on se place sous un filet d’eau et l’on agite jusqu’à refroidissement complet.
Sauf quelques exceptions, les pommades de cette série constituent, à n’en pas douter, de simples mélanges; car le soufre, l’alun, le sel ammoniac, le carbonate de plomb, le bichlorure de mercure, i’iodure de potassium , l’émétique et même l’ammoniaque liquide, ne paraissent pas susceptibles de réagir sur l’axonge et ses analogues à la température ordinaire. Dans la pommade mercurielle elle-même, le mercure est purement et simplement divisé. La preuve en est, que le dépôt qui s’y forme lorsqu’on la liquéfie à une très douce chaleur , ou lorsqu’on l’agite avec de l’éther, en quantité suffisante pour dissoudre toute la graisse, bien qu’il n’offre point l’éclat métallique, en raison même de son extrême division , l’acquiert par la simple trituration et ne dégage aucune bulle d’oxygène quand on le
Leur composition.
DES POMMADES
chauffe ; ou bien encore que cette pommade triturée avec de l’acide acétique , de l’acide sulfurique étendu , ou de l’acide chlorhydrique, ne produit ni acétate, ni sulfate, ni chlorure de mercure, contrairement à ce qui a lieu, lorsque l’on agit sur un mélange d’axonge et d’oxyde de mercure.
Rien ne serait si facile que de retrouver dans cette pommade la présence de l’ardoise en poudre, que l’on y a quelquefois introduite, aux lieu et place du mercure ; il suffirait de liquéfier ou de calciner le mélange, rie recueillir le dépôt ou le résidu, et de le traiter par l’acide azotique. L’ardoise, comme les autres terres argileuses, est insoluble dans Lucide azotique, fixe, et indécomposable par la chaleur. Il ne serait pas plus difficile d’y constater l’absence d’une portion du mercure qu’elle doit contenir ; car, la pommade qui n’en renferme pas la proportion voulue, reste à la surface d’un mélange de 3 parties d’acide sulfurique à 66° et d’une partie d’eau distillée, tandis que celle bien préparée, s’y enfonce, la densité de celle-ci étant de 1,68, et la densité du liquide seulement de 1,65. (Soubeiran.)
À quelque groupe qu’elles appartiennent, les pommades s’al- Des altérations tèrent avec le temps; celles-la, parce que semblables aux desP°rama(ies* pommades oxygénée et citrine, l’action chimique s’y continue; celles-ci, seulement parce que la graisse qu’elles renferment rancit (pommade stibiée , pommade soufrée, etc.); celles-ci encore, tout à la fois parce que la graisse rancit, et parce que les substances médicamenteuses qu’on lui associe changent de nature (pommade avec le foie de soufre).
Un des exemples les plus remarquables de l’altération possible des pommades au contact de l’air, nous est fourni par la pommade hydriodatée. Récemment obtenue, elle est incolore; peu à peu elle jaunit, la graisse rancit, et, par une réaction ultérieure, une portion de l’oxygène de la graisse rance se porte sur l’hydrogène de l’acide hydriodique, ou sur le métal de l’iodure, et met l’iode. à nu.
Toutefois, cette altération n’a lieu, ou du moins ne devient apparente, qu’autant que l’hydriodate employé n’est pas alcalin, car s’il l’était, l’excès de potasse réagirait sur l’iode, au fur et à Tom. I* 16
24‘2 15e leçon.
mesure qu’il serait mis en liberté, et produirait de l’iodate et de l’iodure de potassium incolores. De là vient précisément, que, si par suite de l’emploi d’une axonge préparée depuis quelque temps, on avait obtenu delà pommade hvdriodatée tirant légèrement sur le jaune, l’addition d’une quantité de potasse caustique, seulement capable d’absorber l’iode, sans communiquer au produit une causticité sensible, la décolorerait immédiatement.
La pommade de Régent , avec le beurre frais, le camphre, le bioxyde de mercure, l’acétate de plomb cristallisé, même à l’abri de l’air, éprouve une altération qui a pour principal effet visible, de détruire la couleur rouge qu’elle présentait d’abord, et de la remplacer par une teinte grisâtre. Cet effet paraît être dû à la réduction de l’oxyde de mercure, par la matière grasse et surtout par le camphre.
Il résulte de ce qui précède , que les pommades, aussi bien que lescérats, doivent être conservées à l’abri du contact de l’air, de la chaleur et aussi de l’humidité, qui, elle aussi, favorise leur altération.
Bes ©isg-isesits.
Des matières employées à leur préparation.
Sous le nom d’onguent, dérivé du mot onguens lequel avait chez les latins la même signification, on désigne, en pharmacie, des médicaments externes, de consistance variable, tantôt mous comme les cérats et les pommades, tantôt assez consistants pour qu’ils puissent recevoir et garder toute espece de formes, se mouler sur la surface du corps sans y adhérer, sans que îa chaleur naturelle les lasse fondre; dans la composition desquels on fait entrer, en outre des matières grasses, des matières résineuses.
Les huiles d’olive et de noix, les huiles médicamenteuses de fenugrec, d'hypericum, de ciguë ; l’axonge, le suif de mouton, la cire, la plupart des baumes, des résines, des gommes-résines et des huiles volatiles; les poudres de cantharides et de santal rouge, les feuilles de ciguë, sont les matières que l’on emploie habituellement à leur préparation.
Ces matières sont prises telles que le commerce les fournit, ou telles que nous avons appris à les préparer, à l’exception des gommes-résines qu’il faut commencer par purifier.