‹ Cours complet de pharmacieChapitre 46 sur 103 · DES ONGUENTS · texte numérisé non relu

DES ONGUENTS

faisant fondre la quantité prescrite de gomme ammoniaque purifiée.

Ce procédé , adopté par le Codex, offre l’inconvénient d’entraîner la perte d’une portion considérable d’onguent, que retiennent les feuilles de ciguë. Pour y remédier , MM. Guibourt et Henry , avec la plupart des praticiens étrangers, proposent de remplacer les feuilles fraîches, par de la poudre de ciguë que l’on incorpore à la masse. Afin de communiquer à l’onguent une plus belle couleur verte, M. Guibourt , dans sa dernière édition, conseille en outre, de conserver devers soi une partie de la poudre, de la faire chauffer pendant quelques instants au bain-marie, avec une partie de l’huile de ciguë et delà cire , et d’ajouter cette espèce d’huile de ciguë avec la poudre en suspension , au restant de l’emplâtre en fusion .

Les propriétés que possèdent les substances employées à la De la compost-

jl j. j. •*- tion des ciltc-

préparation des onguents, conduisent à considérer ces médica- rations et de

*- ■* ° Ig conservaton

ments comme de simples mélanges infiniment moins altérables, des onguents, au contact des agents extérieurs, que ne îe sont les cérats, les pommades, et d’autant moins, qu’ils-renferment une plus forte proporliou de matières résineuses.

Toutefois, ils n’en devront pas moins, autant que faire se pourra, être placés à l’abri de l’air, soit en les enfermant dans des vases plus ou moins, hermétiquement clos, soit en enveloppant leurs magdaléons de papier que l’on aura imprégné d’huile d’olive, pour qu’il ne puisse adhérer à la masse. L’onguent styrax et l’onguent brun, sont plus altérables que la plupart des autres : îe premier doit à la présence de l’huile de noix, éminemment siccative, une grande tendance à se dessécher, ou tout au moins à former à sa surface une sorte de pellicule qu’il est bon de ne point enlever, mais seulement de soulever lorsque l’on veut extraire du vase qui le renferme, une portion de l’onguent, parce qu’elle préserve de l’action de l’air ses couches inférieures.

Dans l’onguent brun, mélange de bioxyde de mercure et de basilicum, le bioxyde est peu à peu ramené à l’état métallique, très probablement plutôt par les matières grasses que par les matières résineuses qui leur sont associées, car celte ré-

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vivification est pins rapide avec î’axonge seule qu’avec le basilicum.

Des emplâtres.

Le nom d’emplâtre vient du latin emplastrum ^ ou du grec zy^\ctar pa, noms sous lesquels les anciens confondaient tous les médicaments qu’ils appliquaient à la surface du corps, après les avoir étendus sur un tissu : il désignera, pour nous, ceux assez consistants pour se mouler sur les différentes parties malades , sans y adhérer, sans y pouvoir être liquéfiés par la chaleur naturelle du corps; par conséquent, sous ce double rapport, analogues à certains onguents, mais distincts de ceuxci, en ce qu’ils ont pour principe prédominant un savon à base de plomb.

Des composés Pour en former la base , on peut, soit prendre l’emplâtre

plOmbiqnes , 1 1 . 1

qui forment simple dont il a précédemment été question , soit faire charnier

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emplâtres, jusqu’à combinaison parfaite 1 000 parties d’huile d’olive pure, 500 de céruse également pure, et de l’eau; du reste, opérer comme s’il s’agissait de l’emplâtre simple.

Abstraction faite du stéarate de plomb, que l’huile d’olive, exempte qu’elle est de stéarine, ne peut produire, d’un léger excès de carbonate de plomb, dont l’interposition produit la teinte blanche et mate du composé : ce savon offre la composition de l’emplâtre simple. La théorie de sa préparation est la même, seulement on remarque que le carbonate de plomb saponifie plus aisément les corps gras que ne le fait la litharge, et parce qu’il offre moins de cohésion, et parce qu’il est en poudre plus ténue.

L’acide carbonique en est facilement éliminé , et c’est lui surtout, qui, en se dégageant en même temps que de la vapeur d’eau, soulève la masse, et produit au début une boursouflure qui oblige d’employer une bassine de grande capacité.

Enfin, on peut faire chauffer dans une grande bassine, comme s’il se lût encore agi de préparer de l'emplâtre simple , une partie de minium, deux parties d’huile d’olive et de l’eau.

Dans un pareil mélange , les éléments combustibles du corps gras commencent par ramener le minium à l’état de protoxyde

DES EMPLATRES* 247

en donnant naissance à de l’eau, à de l’acide carbonique, à de l’acide acétique, sans doute à d’autres produits ; puis le protoxyde de plomb détermine la saponification, que le minjum, peu ou point basique, n’aurait pu déterminer , et l’on obtient en définitive, un savon offrant la même composition essentielle, que l’emplâtre simple. La saponification par le minium est toutefois extrêmement lente, parce qu’elle ne se produit qu’après la désoxygénation partielle de l’oxyde, et elle amène inévitablement l’altération du corps gras , par suite l’introduction dans la masse emplastique des produits de cette altération.

Quoique l’on puisse, nous le répétons, faire entrer dans les

emplâtres composés, les savons plombiques, préparés par l’une

des trois méthodes que nous venons de décrire, à l’exception

1 , o . . ï ec Emplâtre de

de l’emplâtre de céruse, que l’on préparé en taisant cnaiiîîer a céruse.

une douce chaleur 1500 parties d’emplâtre préparé avec le carbonate de plomb; puis quand il est en fusion complète, y incorporant 96 parties de cire blanche, malaxant, formant en magdaléons ; tous les emplâtres composés du Codex ont pour base

l’emplâtre simple.

On fait liquéfier ensemble de l’emplâtre simple et de la cire, de^n!u^e on y incorpore, par trituration , du minium à l’avance broyé camphré, sur un porphyre avec de l’huile d’olive ; quand la masse est à dernier efroidie, on ajoute du camphre en poudre, on malaxe et l’on forme en magdaléons.

On opère de la même manière pour l’emplâtre de Canet; avec ^mp^tr^ou emplâtre simple, emplâtre diachylon gommé, huile d’olive, colchotar , cire jaune.

Le mélange d’emplâtre simple, d’emplâtre diachylon gommé, de cire, étant en fusion, on y incorpore le colchotar, à l’avance délayé dans l’huile.

Pour l’emplâtre de savon, dans de l’emplâtre simple liquéfié de savon, avec de la cire blanche, on incorpore, par trituration, du savon blanc, divisé au moyen d’un couteau , ou mieux encore sapé; on laisse refroidir , on malaxe en s’imprégant les mains d huile et l’on forme en magdaléons.

A son tour, l’emplâtre diapalme sera préparé en liquéfiant Emplâtre l’emplâtre simple et la cire, ajoutant du sulfate de zinc, dissous dlapainie’

Emplâtre de diacliylon

gommé.

Emplâtre de Yigo cum mercurio.

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