DES HUILES VOLATILES
XVIe LEÇON.
jEjutics uolattUjg oit (Essence#.
De même qu’eu général, les huiles fixes résultent de l’association d’un principe huileux fixe, liquide à la température ordinaire (oléine), avec un autre principe huileux fixe, solide à cette même température (margarine), et parfois, semblent pouvoir être considérées comme formées de l’un ou de l’autre, à l’exclusion de son analogue, tant la proportion de celui-ci est faible j de même les huiles volatiles résultent, en général, de l’association d’uu principe huileux volatil liquide (éiaioptène), avec un autre principe huileux également volatil, quoique d’ordinaire à un moindre degré, mais solide (stéaroptène), et parfois sont formées par un éiaioptène ou par plusieurs élaioptènes à l’exclusion des stéaroptènes, ou contrairement, par un stéaroptène à l’exclusion des élaioptènes.
Les huiles volatiles ~ liquides, | solides d’anis, de rose, de menthe poivrée, renferment toutes un éiaioptène et un stéaroptène.
Les huiles volatiles de cajeput et decopahu sont formées par un éiaioptène sans stéaroptène.
Le camphre est un véritable stéaroptène.
Et dans chacune des huiles volatiles de citron et de térébenthine, se rencontrent deux élaioptènes différents, encore sans stéaroptènes.
De même aussi, qu’en général, les huiles fixes sont très analogues entre elles, en raison de ce que les oléines et les margarines qui les constituent offrent de très remarquables analogies ; de même les huiles volatiles se ressemblent pour la plupart beaucoup, parce que, en général aussi, leurs élaioptènes et leurs stéaroptènes possèdent des propriétés, voire des compositions élémentaires analogues; cependant, on peut signaler entre eux des différences non moins grandes, que celles précé *
Leur
composiiton.
$254 16e LEÇON.
demment observées entre les oléines des huiles siccatives et les oléines des huiles non siccatives.
Les élaioptènes de fenouil, de menthe, de rose, renfennent de l’oxigène, que ceux de citron, de térébenlhine, de copahu, véritables carbures d’hydrogène, souvent isomères, ne renferment pas.
Le stéaroptène de rose est formé d’hydrogène et de carbone sans oxygène, contrairement à la plupart de ses analogues.
L’absence à peu près constante de l’oxygène dans les premiers, sa présence à peu près également constante dans les seconds, rapprochée de ce que ceux-ci renferment l’hydrogène et le carbone dans les mêmes proportions que les élaioptènes qui les accompagnent, a même fait naître l’hypothèse, que les stéaroptènes pourraient bien provenir de l’oxygénation d’élaioptènes, dont la formation au sein des végétaux, aurait précédé la leur, et par conséquent, constituer en quelque sorte des oxydes de radicaux binaires, qui, à leur tour, ne seraient autres que les élaioptènes.
De même, enfin, que, parmi les huiles fixes, il s’en rencontre que leurs compositions élémentaires toutes spéciales, que leurs propriétés toutes différentes aussi, pourraient faire considérer comme des substances particulières, $i d’autres propriétés ne les faisaient ranger dans le groupe des huiles fixes; de même, parmi les huiles volatiles, celle de moutarde noire, dans laquelle on trouve outre l’hydrogène et le carbone, que renferment celles d’orange, de citron, de poivre, de cubèbe, de genièvre et de térébenthine, outre l’hydrogène, le carbone et l’oxygène que renferment celles de lavande, de menthe, de rose et d’anis, de l’azote et du soufre; qui de plus, dans son contact avec l’ammoniaque et la potasse caustique, donne naissance à des phénomènes tout particuliers, ne diffère pas moins des huiles volatiles de térébenthine, d’anis et de leurs analogues, que ne le font les huiles de palme, de ricin, voire de lin, par rapport aux huiles d’olive ou d’amande douce.
Les huiles volatiles, constitueront donc en général pour nous , des mélanges en proportions variables d’élaioptènes et de stéaroptènes > ou de plusieurs élaioptènes analogues > d’où
leur très grande analogie ; mais nous admettrons en meme temps, qu’il en existe dans lesquelles l’analogie de propriétés est extrêmement bornée, dans lesquelles la composition élémentaire est toute particulière.
Commençons par décrire celles de leurs propriétés qu’il importe le plus au pharmacien de connaître, par indiquer leur origine ; nous verrons ensuite comment on les extrait, comment on les conserve.
La couleur, l’odeur, la saveur, la densité des huiles volatiles varient ;
| sont incolores.
Les huiles volatiles De térébenthine
— eopahu
— carvi
— bergamotte,
— citron,
— lavande ,
— muscade,
— cannelle,
— menthe ,
— sassafras.
— thym,
— fleurs de dictame,
— feuille de laurus culilaban,
— baie de laurier noble,
sont jaunes ou
d’un jaune rougâtre.— persil ,
Les huiles volatiles :
De pétale de camomille,
— fleur de mat.ricaire,
— racine de zédoaire,
— semence de seseli,
D’absinthe,
De sauge,
| brunes.
cajeput,
mélaleuca leucodendron, racine de valériane , semences de genièvre ,
bleues.
vertes.
Les huiles volatiles de rose, de citron, de fleur d’oranger, offrent une odeur agréable ; celles de Sabine, de matricaire, de eopahu, de térébenthine, de valériane, une odeur plus ou moins désagréable.
Par une exception peut-être unique, l’huile volatile de chaton de noyer est inodore, suivant Laugier.
Les huiles volatiles d’anis et de fenouil sont de saveur douce et sucrée $ les huiles volatiles de thym, de romarin, d’absinthe, de serpolet, amères.
Les huiles volaliles de menthe et de marjolaine, de saveur brûlante d’abord et bientôt glacée.
L’huile volatile de sauge, est de saveur à la fois brûlante et caustique.
Elles ont toutes une saveur prononcée, quoique du reste, fort différente.
Leur densité est tantôt plus faible, tantôt plus forte que celle de l’eau; l’eau étant supposée peser 1000, Tessence de citron.
Leurs
propriétés.
Odeur.
Saveur.
Densité.
Action de l’eau , de l’alcool, de l’éther, de l’acide acétique ,
des li u i les.fi xes etc.
250 16e LEÇON.
l’une des plus légères, pèserait 847 et l’essence de sassafras, l’une des plus lourdes, 1094.
En général, les huiles volatiles fournies par des végétaux indigènes, sont plus légères que l’eau, et les huiles volatiles fournies par des végétaux exotiques, plus pesantes; mais cette règle présente d’assez nombreuses exceptions. L’huile volatile de poivre est plus légère; par contre, les huiles volatiles d’amande amère, de moutarde noire, de céleri, de persil, de ciguë aquatique, d’ail, de raifort sauvage, sont plus pesantes.
Ces différences de densité semblent inhérentes à leur nature; mais il est permis de penser que leurs différences de couleur, d’odenr et de saveur pourraient provenir de la présence de corps étrangers.
En effet, par des rectifications convenablement répétées, on les peut presque toutes obtenir à peu près incolores.
D’autre part :
Il paraîtrait, d’après M. Couerbe, que distillées à plusieurs reprises, sur des dissolutions concentrées de potasse ou de soude caustiques, elles perdraient toute odeur, toute saveur; tandis que l’alcali retiendrait en combinaison la partie odorante et sapide, que les acides énergiques pourraient ensuite mettre en liberté. Suivant cette manière devoir, telles que nous les connaissons, elles présenteraient avec la butyrine, l’hircine, etc., cette remarquable similitude, qu’elles constitueraient des espèces de composés éthérés, dans lesquels une matière huileuse volatile, neutre, inodore, insipide, et remplaçant la glycérine, jouerait le rôle de base par rapport à des acides odorants et sapides.
L’absence d’odeur dans l’huile de chaton de noyer, la présence simultanée dans la valériane, d’une huile volatile, inodore, insipide, et d’un acide volatil, odorant et sapide, ne peuvent que corroborer cette opinion.
L’eau dissout mal les huiles volatiles, assez, cependant, pour qu’elle acquiert leur odeur et leur saveur. Lorsqu’au lieu de se contenter de triturer l’eau avec l’huile, on les met en contact à l’état de vapeur, ou lorsqu’on fait intervenir dans la trituration, une matière solide, susceptible de produire la dissémination plus complète de particules huileuses, on augmente
notablement Sa solubilité de celles-ci. La preuve eu est fournie par la composition des eaux distillées, et par ce fait observé par Hodgson, que le camphre trituré avec l’eau seule ne s’y dissout guère, que dans la proportion de 0,316 pour 100, tandis que par l’intermédiaire de la craie, il s’y dissout dans celle de 0,72.
Certains élaioptènes et spécialement ceux de térébenthine, de thym, de basilic, de cardamome, d’asarum, de persil, d’anémone, en absorbant l’eau, produisent des hydrates, qui, abstraction faite de l’eau qu’ils renferment, se distinguent des élaioptènes qui les ont produits, en ce qu’ils sont solides, solubles dans l’eau et y cristallisent. (Blanchet et Sell.)
Ce sont des composés de ce genre, que Ton voit fréquemment se déposer dans les eaux distillées.
L’alcool dissout les huiles volatiles infiniment mieux que l’eau. L’addition de celle-ci à leurs dissolutions alcooliques les en précipite, en communiquant au mélange l’aspect laiteux. A l’exception toutefois de l’huile volatile, fournie par les feuilles et le tronc de l’oranger ; l’alcool ne les dissout bien, qu’autant qu’il est très concentré.
L’on observe qu’en général, les huiles volatiles qui contiennent naturellement de l’oxygène, ou qui se sont oxygénées à l’air, sont plus solubles dans ce véhicule que les autres.
L’éther les dissout en toutes proportions; son affinité pour elles est même si grande, qu’il les peut enlever à l’eau. Aussi, quand on veut obtenir l’huile volatile, que certaines plantes ne renferment qu’en très faible proportion, agite-t-on avec de l’éther, l’eau préalablement distillée sur ces plantes, et tenant en dissolution l’huile volatile qu’elles ont fournie : la dissolution éthévée abandonnée à l’évaporation spontanée, laisse l’essence pour résidu.
L’acide acétique, surtout quand il est concentré, les dissout aisément.
A leur tour, elles se mêlent en toutes proportions avec les huiles fixes, et, comme il a été dit page 104, dissolvent le soufre, le phosphore, les acides benzoïque, cinnamique, valérianique et phocénique , quelques bases salifiables végétales, telles que la quinine ; les résines, les principes colorants de l’orcanette, du Tom. i. 47
16e LEÇON.
curcuma, des feuilles ou chlorophyle, le caoutchouc, la cantharidine, etc.
La plupart des vernis résultent de la dissolution de résines dans les huiles volatiles, et nous verrons plus tard, les baumes de soufre anisé et térébentiné, n’étre que des dissolutions de soufre dans l’essence d’anis ou de térébenthine. ao ion de rair. Au contact de l’air, presque toutes absorbent l’oxygène,
dégagent de l’acide carbonique, du gaz hydrogène, produisent de l’eau, se colorent, s’épaississent et finissent par se convertir en de nouvelles matières analogues aux résines, qu’accompagnent parfois des produits divers, de l’acide acétique, des hydrates d’élaioptènes, etc.
Action
de la chaleur.
L’effort quyil faut faire pour soulever les bouchons des flacons renfermant des huiles volatiles, et parce que celles-ci se sont résinifiées contre leurs parois qu’elles ont en quelque sorte soudées, et parce qu’il s’est fait un vide à l’intérieur • l’altération profonde, la viciation de Pair des magasins dans lesquels on conserve des essences j l’inflammation spontanée des bois, des étoffes qui en sont imprégnées, ont pour cause cette absorption d’oxygène.
Dans les mêmes conditions , les huiles volatiles d’amande amère, de cannelle et de spt'rœa ulmaria, donnent naissance à des produits tout particuliers qui sont : d’une part , de l’eau ; de l’autre , de l’acide benzoïque, de l’acide ciunamique ou de l’acide spiroïîique. En considérant ces huiles volatiles comme autant d’hydrures de radicaux ternaires, composés chacun d’oxygène, d’hydrogène et de carbone, le benzoïle dans la première, le cinnamile dans la seconde, le spiroïle dans la troisième, admettant de plus, que ces trois radicaux -j- de l’oxvgène, équivalent aux acides correspondants que je viens de nommer, la réaction proviendrait de l’union d’une partie de l’oxygène de Pair avec l’hydrogène qui les constituait hydrures, d’où la formation de l’eau j de l’autre portion avec les radicaux eux-mêmes, d’où les acides. (Woehler, Liébig, Dumas, Piria, Péligot.)
A une température de -f 150 à-{-16o , elles entrent en ébullition. La majeure partie se vaporise sans éprouver d’altération
sensible ; mais l’autre éprouve une altération à la suite de laquelle se forment des gaz , de l’eau, de l’acide acétique, divers carbures d’hydrogène , des hydrates d’élaioptènes.
Dans le vide, elles distillent pour ainsi dire sans altération, mais non sans que leur point d’ébullition change, soit qu’il y ait encore altération, soit qu’elles contiennent des principes de volatilités différentes.
Elles tiennent une sorte de milieu entre les huiles fixes, qui n’entrent en ébullition que vers 300°, et se décomposent alors complètement, et l’eau qui bouta -f- 100°, et se volatilise sans altération aucune, en conservant un point d’ébullition constant.
Leur manière de se comporter avec les alcalis, varie $ en général, elles ne se dissolvent ni dans l’eau de potasse, ni dans l’ammoniaque liquide, ne sont nullement altérées par les alcalis, ne s’y combinent point.
Par exceptions : les essences de girofle et de piment de la Jamaïque, se dissolvent dans l’ammoniaque, la potasse et la soude caustique, et forment avec elles des combinaisons cristallisabîes parfaitement définies, solubles dans l’eau, l’alcool, etc., dont les acides séparent l’essence à peine altérée. (Bonastre.)
L’huile volatile de cannelle , insoluble dans les dissolutions aqueuses de potasse et de soude caustique, forme avec le gaz ammoniac une combinaison cristallisable.
L’huile volatile de mou tarde noire, avec lui aussi , forme une combinaison régulièrement cristallisable, de laquelle la potasse ou la soude ne peuvent isoler l’ammoniaque. Il semblerait d’après cela, que celle-ci ne s’y trouve pas simplement combinée , et fond en quelque sorte ses propres éléments avec ceux du corps huileux.
Celte même essence composée d’hydrogène, de carbone, d’oxygène, de soufre et d’azoïe, par conséquent renfermant les éléments de l’ammoniaque (l’hydrogène et l’azote), ceux du sulfocyanogène (le soufre, le carbone et l’azote) produit, lorsqu’on la traite par l’eau de potasse bouillante : de l’ammoniaque qui se dégage , du sulfure et du sulfo-cyanure de potassium qui restent dissous. (Dumas, Pelouze.)
Les huiles volatiles d’amande amère, de cannelle, de spirœa
Aclion dt's ;>ie;«iis,
Imi savon de Slaj key.
260 iGe LEÇON.
ulmaria, que l’on fait chauffer avec des dissolutions de potasse ou de soude caustiques, donnent naissance à du benzoatc , à du cinnamatc, à du spiroïlate alcalin. L’eau se décompose, et en même temps que son oxygène se porte sur les radicaux benzoïle, cinnamilc et spiroïle pour les acidifier , son hy drogène et celui des hydrures décomposés se dégagent. S’il ne serait pas exact de dire, qu’à l’encontre des huiles fixes, les huiles volatiles ne sont point acidifiées par les alcalis, il le serait donc de dire, que, dans les circonstances, du reste assez rares , où leur acidification a lieu, elle résulte, non pas comme pour les huiles fixes, ou d’un changement d’état moléculaire, ou de l’élimination pure et simple d’une substance qui masquait la présence d’acides préexistants, mais bien d’une réaction profonde. En effet, dans le cas précité, les essences de cannelle, d’amande amère et de spirœa, perdent de l’hydrogène et fixent de l’oxygène.
Quoi qu’il en soit, l’inaltérabilité de la plupart des essences, et spécialement de l’essence de térébenthine par les alcalis, leur peu d’affinité pour eux , font voir que le médicament désigné sous le nom de savon de Starkey , ne saurait être considéré comme un véritable savon.
Pour le préparer, on prend :
Carbonate de potasse sec. ....... 1 partie.
Huile volatile de térébenthine \ . —
Térébenthine de Venise —
On triture dans un mortier avec un pilon en verre ou en porcelaine, le carbonate de potasse et l’essence; on ajoute par petites portions successives la térébenthine ; l’on continue de triturer, jusqu’à ce que le mélange ait acquis la consistance d’un miel épais , et finalement l’on porphyrise, afin de rendre la masse parfaitement homogène.
Si l’on triturait le carbonate avec la térébenthine , le mélange acquerrait de suite une consistance qui né permettrait pas d’v introduire l’essence.
Les acides succinique , pinique et silvique , que la portion résineuse de la térébenthine renferme tout formés, se combinent avec une portion de la base du carbonate de potasse qu'ils dé-
composent; et les sels qui en résultent, les principes résineux neutres de la térébenthine, l’huile volatile, l’excès de carbonate, restent mélangés. L’augmentation de consistance et d’homogénéité que le médicament acquiert avec le temps, semble due à ce que la résinification de l’huile volatile sous l’inflcnce de l’air, est favorisée par la présence de l’alcali, et à ce que des matières plus disposées qu’elle ne l’était elle-même, à jouer le rôle d’acide, la remplacent. La preuve que la saponification est restée très incomplète, c’est que le savon de Starkey, traité par l’eau chaude, laisse venir à sa surface une proportion considérable de résine et d’huile volatile.
Quant à leur manière de se comporter avec les acides, qu’il nous suffise de savoir que l’essence de cannelle produit à froid avec l’acide azotique un composé cristallisable qui rappelle l’azotate d’urée, et qu’en faisant passer au travers des huiles volatiles de térébenthine et de citron, un courant de gaz chlorhydrique, on donne naissance, avee chacune d’elles, à deux composés fort différents : Lun solide, blanc, cristallisable, fusible, volatil, d’odeur de camphre, plus soluble dans l’alcool à chaud qu’à froid , insoluble dans l’eau , susceptible d’être décomposé par la chaux, en acide chlorhydrique qui reste combiné avec la base, et en une essence qui reproduit immédiatement avec l’acide chlorhydrique le composé cristallin; l’autre liquide, du reste peu étudié, susceptible comme le précédent d’être décomposé par la chaux , mais avec cette différence essentielle, que l’essence qu’on en sépare ne reproduit avec l’acide qu’une combinaison liquide.
Le premier de ces composés, que plusieurs de ses propriétés rapprochent du camphre, bien que sa composition, sa manière d’être avec la chaux, sa non-transformation en acide eamphorique par l’acide azotique, l’en distinguent essentiellement, a reçu le nom de camphre artificiel. (Thénard, Dumas, Oppcrmann, Blanchct et Sell.)
Il résulte de ce qui précède, que les huiles volatiles présentent un ensemble de propriétés communes, qui ne se retrouvent pas dans les huiles fixes.
Dans celles-ci : de l’onctuosité au toucher, peu ou point d’o-
Àclion dos acides.
Du camphre artificiel .
Leur comparaison avec les huiles lixes.
*262 16e LEÇON .
(leur, peu ou point de saveur, une complète insolubilité dans l’eau, une solubilité en général très faible dans l’alcool ; de la fixité, ou du moins la faculté de n’entrer en ébullition que vers 300°, d’ailleurs en se décoinposantalors complètement; la faculté aussi d’être saponifiées, et de suffire à leur conversion partielle en acides, par les alcalis énergiques.
Dans celles-là : de la rudesse au toucher , de l’odeur, une saveur prononcée , une solubilité sensible dans l’eau , très grande dans l’alcool ; de la volatilité ou plutôt la faculté de se volatiliser sans altération profonde vers 150°; l’impossibilité complète d’être acidifiées par les alcalis, ou celle de n’être partiellement acidifiées par eux, qu’en perdant d’un côté et regagnant d’un autre.
Leur origine. Tandis que les huiles fixes ne se rencontrent guère que dans les semences , les huiles volatiles se rencontrent pour ainsi dire dans tous les organes des végétaux:
Dans les racines de l’aunée, de l’angélique etc ,
— bois de sassafras, de santal, etc.,
— écorces de cannelüer, de cassialigne, etc.,
— feuilles de la menthe, de la mélisse, etc.,
— calices des fleurs du giroflier, du rosier, de toutes les labiées, etc ,
— pétales des fleurs d’oranger et de camomille, etc.,
— stigmates des fleurs du crocus sativus ou safran, etc-,
— - zestes des fruits du citronnier, de l’oranger, etc.,
— semences du fenouil, de l’anis, des autres ombellifères, etc.
Certaines plantes, telles que le thym, l’angélique, l’oranger, dont les fleurs fournissent l’essence dite néroli ; les fruits, l’essence dite d’oranger ou de Portugal ; les tiges et le tronc, l’essence dite de petit grain , renferment même des huiles volatiles dans toutes leurs parties, quoique celles-ci diffèrent suivant les organes dont elles proviennent.
En outre des huiles volatiles que présentent toutes formées le plus grand nombre des végétaux , l’on pourrait dire tous les végétaux aromatiques, sans que leur préexistence y puisse être mise en doute, quand, semblables aux huiles volatiles des zestes des fruits des hespéridées (l’orange, le citron, le cédrat , la bergamotte) : la pression suffit pour les extraire ; on peut développer artificiellement, au dépens de certaines matières végétales, sous l’influence de causes plus ou moins connues, de véritables huiles volatiles.
Prenez des amandes amères , privées de toute humidité ; après les avoir divisées , exprimez-les ou traitez-les par Paleool concentré ou par l’éther ; dans aucun cas, vous n’en extrairez la plus minime quantité d’huile volatile; c’est donc qu’elles n’en renferment pas ; car celle-ci , soluble qu’elle est dans l’huile fixe , s’y fût mêlée au moment où Pont eût brisé les parois des cellules qui les renfermaient toutes deux, et plus tard eût coulé avec elle, car cette huile volatile, soluble qu’elle est également, et dans l’éther et dans l’alcool, se fût dissoute dans ces véhicules.
Cependant , abandonnez-vous pendant quelques instants les amandes préalablement divisées, au contact de Peau, bientôt elles exhalent une odeur prussique prononcée» et deviennent susceptibles de céder à l’éther , à l’alcool , à l’huile fixe , de l’huile volatile.
Sous la triple influence d’un principe particulier (Pamygdaline) d’un autre principe également particulier (la sinaptase) et de l’eau, il se développe de l’huile volatile au sein de ces semences, comme il s’en développe, lorsque Pamygdaline, la sinaptase obtenues isolément, se trouvent de nouveau réunies et délayées avec de Peau. Au contraire, il cesse de s’en produire, lorsque Pon a, par un moyen quelconque, soustrait des amandes, ou Pamygdaline ou la synaptasc, ou lorsqu’on a modifié celle-ci; lors, par exemple, que la chaleur ou l’alcool ont réagi sur elle, ainsi qu’ils le font sur le ferment qu’ils privent de la propriété de produire la fermentation, ou sur l’albumine qu’ils coagulent. (îfobiquct, lloutron, Liébig^ Woehler.)
La semence de moutarde noire , dans laquelle existe combine avec la potasse un acide particulier, l’acide myronique (de essence) analogue à Pamygdaline, en ce sens, que, lui aussi, au contact de Peau et d’une matière à son tour plus ou moins semblable à la sinaptase la (myrosyne), produit une huile volatile ; donne naissance à des phénomènes du même genre. Toutefois Palcool qui ne dissout pas le myronatc de potasse, tandis qu’il dissout Pamygdaline , ne prive cette semence du pouvoir de développer de Phuilc volatile par l’action ultérieure de l’eau ,
Lmr
extraction.
Extraction pa v
expression.
26 i J 6° LEÇON.
que parce qu’il agit sur l’analogue de la sinaptasc, ainsi que sur celle-ci. (Bussy, Fauré, Boutron, Frcmy, etc.)
En traitant des émulsions et des sinapismes, nous aurons l’occasion de revenir sur ces intéressantes questions.
Le plus ordinairement, l’on extrait les huiles volatiles des végétaux frais. Le motif en est facile à saisir, puisque la dessiccation doit produire la déperdition d’une partie de l’essence qu’ils contiendraient toute formée, gêner, voire prévenir la formation de celle qui pourrait se produire, dans le cochléaria, le raifort, le cresson et les autres crucifères; dans les feuilles de laurier amande , les fleurs de pécher, etc., etc.
Cependant , les huiles volatiles fournies par des végétaux exotiques, sont extraites de ces végétaux à l’élat sec. Chose curieuse ! Baume et plus récemment M. Raihaut , ont même observé que l’origan , le baume des jardins, et la millefeuille , après qu’on lésa desséchés, fournissent une plus forte proportion d’essence qu’ils ne le faisaient avant. 25 kilog. d’origan frais ont fourni, au premier de ces observateurs, moins de 7 grammes d’essence, et 25 autres kilog.. d’origan, récolté dans les mêmes conditions, après dessiccation, lui en ont fourni plus de 16 grammes.
D’où vient cette différence? Je l’ignore; car je ne puis admettre, avec quelques pharmacologistes, qu’elle provienne de ce que la dessiccation en contractant les principes mucilagineux des plantes, diminue la faculté qu’ils possèdent, de faciliter la dissolution des huiles volatiles. Pour qu’il en fût ainsi , il faudrait attribuer à ces principes un pouvoir dissolvant infiniment supérieur à celui qu’ils possèdent en réalité, surtout supposer qu’iis passent en partie dans les récipients.
A quelques exceptions près, que nous aurons le soin d’indiquer en temps et lieu, les huiles volatiles s’obtiennent :
ou par expression ,
ou par distillation sans intermédiaire,
— - avec l’intermédiaire de l'eau ,
— — chargée de sel.
L’expression, exclusivement applicable h l’extraction des huiles volatiles, réunies en proportion considérable, sur certains