DE L EXTRACTION DES IIÜILES VOLATILES
points déterminés des végétaux, s’emploie très en grand dans le Midi, pour obtenir les huiles volatiles de citron, d’orange, de cédrat, de bergamotte et plus généralement celles des fruits d’hespéridées.
On râpe les enveloppes extérieures ou zestes, en ayant le soin de ne pas entamer la partie blanche sous-jacente, laquelle, par son élasticité et par le pouvoir qu’elle possède d’absorber en pure perte une portion du produit , nuirait au succès de l’opération. On introduit dans des sacs en coutil ou en crin, l’espèce de pulpe obtenue, et l’on soumet à la presse.
Le liquide qui s’écoule est abandonné au repos, afin que les matières muqueuses qui s’y trouvent en suspension se déposent, puis décanté et filtré au papier.
La matière restée dans les sacs, est jetée, ou s’il y a lieu con servée pour être traitée par distillation.
Obtenues par ce procédé, les huiles volatiles offrent une odeur extrêmement suave, qui leur mérite dans le commerce une valeur plus grande, que ne l’est celle de leurs analogues obtenues par distillation. Année commune, l’essence de citron par expression, vaut de 15 à 18 fr. les 500gr; celle par distillation, de 10 à 12 fr. j mais elle doit à la présence d’une petite quantité de résine et de mucilage restés en suspension, de s’altérer plus aisément et de ne pouvoir servir avec un égal succès à détacher les tissus, parce que la résine et le mucilage restent dans ceux-ci. On frotte le tissu, ou mieux encore on le tamponne, au moyen d’un coton imprégné d’essence destinée à déterminer la solution, et par suite, l’imbibition dans le coton, de la matière grasse j on renouvelle ces opérations avec de nouvelle essence et de nouveau coton 5 enfin on chauffe le tissu de manière à volatiliser l’huile volatile, qui l’imprégne seule en dernier résultat.
La distillation sans intermédiaire, s’applique à l’extraction Extraciion . i i • il i * par distillation
de l’huile volatile de térébenthine. Les térébenthines sont placées sans i iv i i • • r . i ce, , f intermédiaire,
dans d’enormes alambics en cuivre ou en ionte, chauüeesa leu
nu, de manière à volatiliser l’essence, et l’on arrête l’opération,
aussitôt que la matière restée dans la cucurbite, et qui par le
refroidissement se prend en une masse solide, cassante, vul-
16e LEÇON.
gairemeut connue sous les noms de colophane ou d’arcanson, est entièrement privée d’essence. Passé ce terme, la colophane elle-même s’altérerait, et scs produits pyrogénés volatils viendraient salir l’essence, qui, telle que la fournit une opération bien conduite, ne contient guère d’autres matières étrangères qu’un peu d’eau, d’aeidc acétique, d’acide succinique, et parfois d’huile volatile hydratée.
L’acide succinique préexistait dans la térébenthine, l’acide acétique, l’eau, et par suite l’hydrate, se sont au contraire formés pendant l’opération.
L’affinité avec laquelle la partie résineuse retient l’huile volatile, l’obstacle que présenterait à l’expansion des vapeurs, la couche de térébenthine qui la surchargerait, rendraient à peu près impossible l’emploi de la distillation par l’intermédiaire de l’eau, quoiqu’on y pût trouver l’avantage de ne pas être exposé à produire l’altération ignée de la matière organique.
Kxirad.mii La distillation par l’intermédiaire de l’eau, applicable à la * 1 * avre* ° rigueur à l’extraction de toutes les huiles volatiles, s’emploie dl'i càJi'sdi/i'pip? surtout pour celle des huiles volatiles des labiées :
basilic, mélisse, romarin,
hysope, menthe crépite, sauge,
lavande, origan, thym ;
des plantes à fleurs composées,
absinthes diverses, camomille,
des fruits d’ombcllifères,
ache , carvi ,
des fruits d’aurantiacées,
bergamotte,
citron,
matricaire, tanaisie ;
coriandre , cumin ;
cédrat,
orange.
Nous avons vu qu’on oblicnt aussi celles-ci par expression.
La plante préalablement séparée des parties qui ne renferment pas d’essence, et divisée si son volume est considérable, est introduite dans un bain-marie en fils métalliques, plongeant au fond de la cucurbite d’un alambic; on ajoute assez d’eau pour qu’elle en soit seulement recouverte. On place le chapiteau sur la eu-
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curbite; on adapte le serpentin $ on lute toutes les jointures de l’appareil, et l’on procède à la distillation en ayant le soin :
De porter le plus rapidement possible le liquide à l’ébullition , afin que les matières restent moins longtemps exposées à l’action de la chaleur; toutefois, si la plante, à l’exemple de la menthe poivrée, était très chargée d’albumine, il faudrait modérer la chaleur, afin que l’albumine., coagulée par petites portions successives, ne pût former à la surface du liquide un réseau, que la vapeur d’eau entraînerait dans le réfrigérant;
De maintenir le réfrigérant à la plus basse température possible, afin d’opérer plus complètement la condensation des vapeurs, à moins que l’essence, comme celles de roses, d’anis, d’aunce, de benoîte, de fenouil, ne fût susceptible, en s’y solidifiant, d’obstruer le serpentin ;
De faire en sorte, que le liquide distillé, coule en un filet non interrompu;
D’arrêter l’opération aussitôt que le liquide, d’aspect laiteux, tant que l’huile volatile se trouve en trop forte proportion pour que l’eau la dissolve, devient transparent : à cette époque la couche d’essence cesse d’augmenter ;
D’employer pour les distillations ultérieures, au lieu d’eau pure, l’eau saturée d’essence des opérations précédentes. Celleci offre l’avantage de ne pouvoir diminuer, en la dissolvant, la proportion d’huile volatile; mais aussi, l’inconvénient, en exposant de nouveau, celle qu’elle relient en dissolution à l’action de la chaleur, d’altérer la suavité du produit.
Quoique les huiles volatiles n’entrent en ébullition que vers 150°; quoique partant, la quantité de vapeur qu’elles produisent à la température dé 100 degrés, soit peu considérable, on conçoit qu’elles distillent assez vite par l’intermédiaire de l’eau, en considérant, d’une part, que la vapeur d’eau qui se forme en très grande abondance à cette température, pour se trouver immédiatement condensée, renouvelle presque constamment l’espace dans lequel la vapeur d’essence se produit; d’autre part, que la vapeur aqueuse doit entraîner mécaniquement une partie de l’essence, de même qu’elle peut entraîner l’acide borique et beaucoup d’autres substances fixes.
1 6e LECOX.
par d'tsi million L’ev traction des huiles volatiles degirofle, de cannelle, et autres
rintermédiairo plus pesantes que l’eau, s’est faite jusqu’à ces derniers temps, <iu l'eau talée. cn remplaçant Peau ordinaire par Peau tenant en solution
de son poids de sel marin.
L’addition du sel, avait pour objet d’élever le point d’ébullition de Peau, et par conséquent de favoriser la vaporisation de l’essence, susceptible, comme tous les liquides volatils, de former, dans un espace déterminé, une quantité de vapeur d’autant plus considérable, que la température est plus élevée $ mais, outre que depuis longtemps la théorie avait conduit à remplacer la solution de sel marin chargée d’un dixième seulement de son poids de sel, par une solution saturée de ce sel (35 pour 100), et. mieux encore, par une solution saturée de quelque autre sel capable d’élever davantage le point d’ébullition, les expériences directes de M. Soubeiran ont démontré, que l’addition du sel marin , loin de favoriser notablement la distillation des huiles volatiles, était parfois sans effet, parfois meme devenait un véritable obstacle.
Des poids égaux de cannelle de Chine, distillée comparativement avec de l’eau pure et avec de l’eau salée, ont fourni des résultats si voisins, que l’augmentation de frais résultant de l’achat du sel aurait plus que compensé l’avantage que l’on . aurait pu retirer de son emploi, en ce sens que le passage dans les récipients d’une moindre proportion d’eau, pour une même quantité d’essence, aurait produit une économie de combustible.
En répétant l’expérience sur des cubèbes , la quantité d’essence distillée avec l’eau pure fut plus forte que celle distillée avec une même quantité d’eau salée.
Au reste, on ne voit pas trop pourquoi l’addition du sel marin serait plutôt nécessaire à l’extraction des huiles plus denses, qu’à celle des huiles moins denses que l’eau ; car il n’existe pas de relation absolue entre la densité et la volatilité: témoin l’eau plus dense, et cependant plus volatile, que l’essence de térébenthine.
Que l’on opère par l’intermédiaire de l’eau seule , ou par celui de l’eau salée, les* plantes à tissu lâche, très perméables