I)E L EXTRACTION DES UTILES VOLATILES
à l’eau, pourront être distillées sans macération ; le girofle, la cannelle, le sassafras devront, au contraire, être laissés en macération pendant 2 à 3 jours. *
L’extraction des huiles volatiles, dont une cause quelconque retarderait la vaporisation , devra, en outre , se faire en ne versant sur les matières premières, qu’une quantité d’eau de beaucoup inférieure, à celle qui suffirait à l’entraînement de la totalité de l’essence (par exemple, 20 parties d’eau pour 10 de cannelle). On arrêtera l’opération après avoir recueilli les 2/3 environ du liquide 5 on reversera dans la cucurbite l’eau de condensation saturée d’essence, et l’on répétera ces cohobations jusqu a épuisement. Sans cette précaution, l’énorme proportion d’eau qu’il fondrait foire servir à leur extraction complète, pourrait déterminer leur entière dissolution; et comme de quelque manière que l’on opère, le volume d’eau condensé est toujours de beaucoup plus considérable que ne l’est celui de l’es» sence, et pour la raison déjà signalée que celle-ci est infiniment moins volatile que l’eau, et parce que la rupture plus ou moins incomplète des cellules qui la renfermaient, l’espèce d’affinité qui l’unit aux principes huileux fixes , aux matières résineuses ou céracées qui l’accompagnaient dans les végétaux , sont autant d’obstacles à sa vaporisation ; comme, par conséquent, pour recueillir avec toute l’huile, volatile toute l’eau qui distille, il faudrait employer des vases d’une très grande capacité , Ton a tâché d’imaginer des récipients qui pussent retenir les huiles volatiles et laisser écouler l’eau. Le plus ingénieux est connu sous le nom de récipient Florentin, les uns disent du nom d’un distillateur de Grasse qui l’imagina, les autres du nom de la ville de Florence dans laquelle on en fit usage pour la première fois.
Ce récipient a la forme d’une carafe, sur la paroi latérale de laquelle serait soudé un tube en S; à la base, quand le récipient doit servir aux huiles légères , à une certaine hauteur, quand il doit servir aux huiles denses.
Lorsque dans un pareil récipient , on reçoit les produits
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d’une opération ayant pour but l’extraction d’une huile légère, l’essence et l’eau condensées, après s’être superposées l’une à l’autre, suivant l’ordre de leurs densités relatives, pour peu que le repos du liquide l’ait permis, s’élèvent simultanément dans la carafe et dans le tube en S, jusqu’à ce que le liquide parvienne à l’extrémité la plus relevée de celui-ci ; celle hauteur une fois atteinte, l’arrivée de chaque nouvelle couche de liquide dans la carafe, détermine par l’ouverture supérieure du tube en S> la chute d’une quantité correspondante de liquide 5 en sorte qu’en définitive, l’eau susceptible seule de s’engager dans la branche recourbée, parce qu’elle occupe exclusivement les régions inférieures de la carafe, s’écoule seule aussi par cette branche, au fur et à mesure qu’il arrive de nouveau liquide ; tandis que l’huile volatile plus légère, continue de se maintenir à la surface de l’eau de la carafe et d’y augmenter de volume.
Ce ne serait, qu’autaut que par son accumulation toujours croissante, elle viendrait à son tour à remplir le vase, que l’essence pourrait se déverser au dehors.
Il importe que le col de la carafe dépasse en hauteur la partie la plus élevée de la branche courbe ; autrement, une portion de l’huile volatile pourrait, à une certaine époque se déverser par l’ouverture de la carafe , parce que l’équilibre ne s’établit dans la carafe et dans la branche courbe, que lorsque la moindre densité du liquide de la carafe, en partie composé d’huile volatile , peut y être compensée par l’augmentation suffisante de la hauteur de la colonne de liquide, qui doit y faire équilibre à celui de la branche courbe, exclusivement remplie d’eau.
En outre, pour empêcher au début de l’opération, une partie de l’huile volatile qui arrive alors tumultueusement mélangée avec l’eau , de s’engager dans la branche courbe , il est bon d’introduire à l’avance dans la carafe, un volume d’eau capable de fermer l’ouverture inférieure de cette branche.
Si, au lieu d’opérer l’extraction d’huiles volatiles légères, on opérait celle d’huiles volatiles denses, l’eau seule encore s’écoulerait par le tube en S du récipient Florentin , ouvert dans ce cas, nous l’avons dit, à une certaine hauteur au-dessus du fond de la carafe ; mais l’huile volatile plus dense qu’elle, et