DE L’EXTRACTION DES HUILES VOLATILES
que tout à l’heure nous supposions rester à sa surface dans le col de la carafe, en gagnerait le fond.
À la fin de l’opération, c’est-à-dire quand le volume d’huile volatile cesse d’augmenter, et leproduitcondcnsé d’étre trouble, au moyen d’un fil de fer aplati à son extrémité, on détache les huiles d'essence adhérantes aux parois du vase, et d'autant plus nombreuses, que ces parois sont plus inclinées, que la densité de l’essence se rapproche davantage de celle de l’eau, etc., etc. On abandonne le tout au repos, et lorsque les liquides superposés se sont complètement séparés l’un de l’autre, on retire l’essence, soit par décantation, soit à l’aide d’une pipette , soit de toute autre manière : on l’expose pendant quelques jours dans un vase hermétiquement bouché, à la chaleur d’une étuve chauffée à 15° environ, afin que les dernières portions d’eau interposées achèvent de se séparer, et finalement on filtre au papier.
Lorsque les quantités d’essences légères à recueillir sont extrêmement faibles, la perte notable qu’entraînerait leur dissémination sur les surfaces très étendues du récipient Florentin , fait employer avec succès un ingénieux procédé proposé par M. Amblard. On engage dans le col de ce récipient , au moyen d’un bouchon percé qu’il traverse, un tube droit de petit diamètre, effilé à son extrémité inférieure, et plongeant dans la couche d’eau à l’avance introduite au fond de îa carafe. L’huile et l’eau condensées tombent dans ce tube, et tandis que celle-ci en sort par l’extrémité effilée, l’essence plus légère s’y accumule. En fermant avec le doigt son ouverture supérieure, le retirant du vase, soulevant le doigt qui le fermait de manière à laisser écouler l’eau qui en occupe la partie inférieure, il n’y reste que de l’essence, et celle-ci peut être reçue dans un vase convenable, ou sur un filtre
A défaut d’un récipient Florentin, disposé pour cet usage, on pourrait recueillir les essences plus denses que l’eau , dans toute espèce de vase qui permettrait à l’essence de se rassembler au fond, à l’eau de se déverser sur les bords ; toutefois, parmi ceux-ci, les plus profonds, qui mettraient davantage les couches
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d’huile essentielle à l’abri des mouvements tumultueux capables de les suspendre dans l’eau, devraient être préférés.
Ce que nous avons dit de l’influence qu’exercent sur la constitution des plantes, les conditions diverses dans lesquelles on les récolte, et spécialement en ce qui concerne les plantes chargées d’essence, qu’elles fournissent en général dans le midi des essences plus abondantes mais d’odeur moins suave que dans le nord, que les feuilles de myrte et quelques autres sont plus chargées d’essence avant qu’après la floraison ; que les labiées au moment où leurs fleurs s’épanouissent, donnent des essences moins abondantes, mais plus suaves qu’apres la floraison , etc., rend raison des différences que l’on observe, tant sous le rapport de la quantité que sous celui de la qualité, entre les produits que fournissent des opérations différentes; de celle aussi que présentent les résultats de Baumé , de MM. Recluz, Raybaut, et autres expérimentateurs.
ne rextradion II est trois huiles volatiles assez fréquemment employées en son t i eVies S tVa*- pharmacie , celles d’amande amère, de moutarde noire et î”311 de mou- C0Pa^u ? dont l’extraction exige des manipulations plus ou
îie' copaim16 ’ 0)0 *s spéciales.
Pour les deux premières , on commence par diviser les semences au moulin , par exprimer les farines afin d’en retirer l’huile fixe, au moins inutile au succès de l’opération, et que d’ailleurs il est possible d’utiliser ne fût-ce que comme combustible; on réduit en poudre les tourteaux , on les délaie dans l’eau froide, de manière à former une pâte liquide que l’on in troduit dans le bain-marie de l’alambic modifié d’après M. Soubeiran (voir la leçon sur la distillation); après 24 heures de macération, on monte l’appareil et l’on procède à la distillation, que Pon continue tant que les liqueurs condensées se montrent odorantes et sapides. Les huiles volatiles, rassemblées au fond des vases destinés à les recueillir , sont séparées de l’eau ; et, comme les liquides aqueux qui les surnageaient doivent à la présence d’un composé cyanique, si l’on opère sur les amandes amères , d’un corps indéterminé , si l’on opère sur la moutarde noire, de retenir en dissolution , surtout au début, une proportion considérable d’huile volatile qu’en sépare, l’action de