‹ Cours complet de pharmacieChapitre 52 sur 103 · DE L’EXTRACTION DES HUILES VOLATILES · texte numérisé non relu

DE L’EXTRACTION DES HUILES VOLATILES

la chaleur, en déterminant l’élimination des composés très volatils qui en favorisaient la solution, on redistille ces premiers produits aqueux. Les huiles volatiles qu’on obtient encore rassemblées au fond des récipients, sont réunies à celles des précédentes opérations.

Ainsi obtenue, l’huile volatile d’amande amère, bien qu’elle soit telle que le Codex prescrit de l’employer, ne constitue pas le composé, que les chimistes désignent sous le nom d’hydrure de benzoïle. Outre l’hydrure qui en forme la presque totalité , elle contient de l’acide benzoïque provenant de la décomposition partielle de celui-ci par l’oxygène de l’air ^ de la benzamide, substance cristaliisable particulière, découverte par M. Laurent, et de l’acide cyanhydrique qui augmente son action physiologique de manière à la rendre quelquefois vénéneuse. On la priverait de cet acide en l’agitant, d’abord avec de l’hydrate de potasse, ensuite avec une solution de perchlorure de fer, et distillant; l’acide cyanhydrique resterait dans la cornue, à l’état de cyanure de fer proto et sesquicyanuré, ou bleu de Prusse.

On a proposé, ce me semble avec raison , de n’employer en médecine l’huile volatile d’amande amère, qu’après l’avoir débarrassée de l’acide cyanhydrique, qui la rend un médicament infidèle, puisqu’il peut y exister en proportions variables.

Quant à l’huile volatile de copahu, qu’il est possible aussi d’obtenir par distillation à feu nu, ou par distillation avec l’intermédiaire de l’eau, M. Âder préfère l’obtenir de la manière suivante :

Il introduit dans un matras à long col : 100 parties d’alcool à 90°, 100 parties de copahu, 37 parties, 5 de soude caustique liquide à 1,333 de densité, laisse macérer pendant quelques heures, en agitant de temps à autre, et verse dansla solution 150 parties d’eau distillée.

Celle-ci sc charge du composé savonneux, produit par la combinaison de l’alcali avec les principes résineux du copahu, et sépare l’huile volatile qui vient nager à la surface. On l’enlève avec une pipette; on la rectifie par distillation avec de Tom. T. 18

De la conservalion

des huiles volatiles.

l’eau, afin delà priver de quelque peu de savon qu’elle aurait pu retenir, ou plus simplement on la filtre au papier.

Les huiles volatiles doivent être conservées à l'abri de la lumière qui tend à colorer les unes, à décolorer les autres, et de l’air, qui de son côté tend à les résinifîer. Si, malgré ces précautions , elles venaient à s’altérer, on les redislillerait avec de l’eau. Les parties résinifiées resteraient dans le vase distilla toire, l’essence passerait dans les récipients, non toutefois sans avoir perdu de sa suavité; aussi a-t-on proposé d’opérer ces sortes de rectifications, sur les plantes dont proviennent les essences : en agissant ainsi , on ne remédie pas plus efficacement aux altérations , mais on les masque mieux.

XVIIe LEÇON.

I’Cûu MtftiUée simple,

ET DE LA CONCENTRATION DE l’aLCOOL. DES ALCOOLATS.

De Veaxx distillée simple.

L’eau, telle qu’on la rencontre dans la nature, n’est pour ainsi dire jamais pure; elle tient en dissolution : de l’air, de l’acide carbonique, des sels, parmi lesquels les plus communs sont, les chlorures de sodium, de calcium, de magnésium; le sulfate de chaux, le carbonatede chaux, dissous à la faveur de l’acide carbonique, le carbonate d’ammoniaque provenant de la décomposition putride des matières azotées, et presque toujours en outre, des débris organiques. Les eaux des puits des

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