DES BOUILLONS MÉDICINAUX
Il semblerait impossible d’étudier d’une manière générale, des médicaments aussi divers, aussi nombreux : cependant, à l’exception des bouillons, que la nature des phénomènes auxquels ils donnent naissance, la nature aussi des matières employées, les précautions spéciales que réclame leur préparation, doivent faire étudier à part 5 on peut très bien en faire l’objet d’indications générales.
La cause en est, que la plupart des solutions aqueuses médicamenteuses, sont obtenues par des procédés analogues, avec des matières analogues, offrent une grande analogie, souvent même une complète identité de composition, et souvent ne diffèrent que par leurs modes divers d’administration, ou par la nature des maladies au traitement desquelles on les fait servir. Cela est si vrai, que telle d’entre elles administrée à des individus d’âges et de tempéraments différents, servirait aux uns de tisànne, aux autres d’apozème; et que telle autre pourrait être employée en collyre, en gargarisme, en injection, etc., etc.
Commençons donc par étudier d’une manière toute spéciale les bouillons, et quant aux autres, sans nous préoccuper des propriétés physiologiques, du mode particulier d’administration, non plus que de toute autre considération de ce genre, qui les pourrait faire ranger dans te! ou tel groupe, si on les considérait du point de vue médical, nous chercherons à faire connaître leurs procédés généraux de préparation, et leur composition générale.
fies Bouillons méûmmaum.
Les bouillons médicinaux, que nous avons définis des solutions Des matières aqueuses médicamenteuses, obtenues en traitanLpar l’eau bouil- pfo™èsr? leur îante certaines matières animales, se préparent, soit avec le préparation, poulet, la chair musculaire du veau, les tortues, les grenouilles, les écrevisses de rivière, ou avec les colimaçons de vigne.
On emploie à cet usage les viandes peu faites du poulet, du veau et les autres matières animales peu savoureuses précitées, de préférence à la chair musculaire du boeuf, au contraire exclusivement employée à la préparation des bouillons alimentaires, pour les motifs précédemment indiqués en traitant de la récolte
De leur préparation.
312 19* ET 20e LEÇONS.
des animaux ; à savoir : que celle-ci fournit un décocté très nourrissant, tonique, excitant même, tandis que les bouillons médicinaux doivent être peu nourrissans et plutôt relâchant qu’excitant.
Après avoir convenablement disposé les matières premières, à cet effet, avoir détaché la tête, les pattes , les intestins et les parties graisseuses du poulet, qu’il est bon de choisir maigre; après l’avoir plumé, puis flambé; avoir également détaché les partie graisseuses du veau, afin qu’elles ne puissent, en s'introduisant dans le bouillon, en rendre la disgestion difficile; avoir coupé les grenouilles en travers du corps et rejeté leurs parties antérieures pour ne conserver que les cuisses, que l’on dépouille après coup; avoir lavé à l’eau tiède les écrevisses toujours salies par de la vase et par des mucosités; avoir extrait de leurs coquilles, les colimaçons morts au milieu de l’eau bouillante, en avoir enlevé les parties noires qui renferment les intestins, les avoir lavées ; après, enfin, avoir détaché l’enveloppe supérieure oucarapace, Fenveloppe inférieure ou plastron, latêteetîespattes des tortues , on coupe par morceaux, à l’aide de ciseaux ou de couteaux, le poulet, le veau, la chair de la tortue , les grenouilles, les colimaçons ; on pile dans un mortier en marbre les écrevisses recouvertes de leur lest : cela fait, on place une quantité déterminée d’eau commune, exempte de sulfate et de carbonate de chaux, dans un vase en terre non vernissé à l’intérieur et muni de son couvercle. On porte lentement à l’ébullition que l’on entretient tranquillement durant 1 ou 2 heures, suivant la texture et la densité des tissus, en ayant le soin d’enlever les écumes au fur et à mesure de leur formation, et de remplacer par une égale quantité, beau qui s’évapore ; on retire du feu, on laisse complètement refroidir, et l’on passe sans expression au travers d’un linge.
S’il avait été prescrit d’ajouter au bouillon quelque matière destinée à lui communiquer de la saveur, ou des propriétés médicamenteuses prononcées , on rajouterait plus ou moins tôt, plus ou moins tard , suivant sa nature. Ainsi, le carottes, les navets, les panais, les oignons, qui devront céder au liquide des principes mucilagineux fixes , y devront bouillir