DE LA PRÉPARATION DES BOUILLONS MEDICINAUX
presque inodore , presque insipide , tandis que cuit dans l’eau salée il est tendre, et jouit , en dehors de la saveur salée propre au sel marin, d’une saveur sucrée, d’un arôme prononcé qui se communique au bouillon. Des résultats analogues ont lieu avec les autres légumes; toutefois, par suite de l’addition du sel, la proportion des matières enlevées par l’eau, et à la viande et aux légumes, est notablement diminuée.
Que se passe-t-il dans la préparation des bouillons médici- joes naux, en choisissant pour exemple le plus employé, celui de produüsnèpeiî-
* dant Ir-ur pré»*
paration.
A froid, les parties liquides que renferment les nombreux vaisseaux répandus dans le tissu musculaire vulgairement nommé chair, notammentle sang, formé défibriné, d’albumine, de matière colorante ou hématosine , de matières extractives grasses et salines ; la lymphe que l’on peut considérer comme du sang moins l’hématosine , se mêlent à l’eau, et leurs principes constituants s’y dissolvent , sauf la fibrine et les matières grasses.
Au contraire, la peau, les os, la fibre musculaire, le tissu cellulaire qui soude ces fibres les unes aux autres , le tissu aponévrotique qui les recouvre, les tendons qui les lient aux os, le tissu adipeux et les parties graisseuses qu’il enveloppe, les nerfs et les principes gras qui sont propres à Sa pulpe encéphalique et à ses ramifications, les membranes des vaisseaux sanguins, lymphatiques et autres, etc., etc., ne s’y mélangent pas, * ne s’y dissolvent pas.
A chaud, les matières grasses, celles du moins qui sont fusibles à-[- 100° et au-dessous, entrent en fusion, abandonnent le tissu adipeux, et, venant se rassembler à la surface du liquide, y forment ce qu’on appelle les yeux du bouillon.
L’albumine se coagule entraînant avec elle 1 hématosine, d’où la couleur brunâtre des écumes ; et, soit que cette albumine, telle que nous la connaissons, se trouve convertie partiellement par l’eau bouillante, en une matière incoagulable et soluble dans l’eau ; soit, comme le pense M. Couerbc, qu’elle constitue un mélange de deux principes distincts, i’un coagulable , l’autre incoagulable, reste en partie dans la liqueur.
poulet?
19e ET 20e LEÇONS.
En même temps, le tissu cellulaire des os , celui qui lie les fibres musculaires entre elles , ou dont se composent les aponévroses et les tendons, à l’exclusion de la fibre, que l’action de Peau bouillante ne fait guère que durcir, se transforment , d’une part, en gélatine , d’autre part en une matière solide insoluble, qui, restant interposée entre les fibres musculaires, produit ce qu’on appelle vulgairement le nerf de la viande bouillie. En vertu d’autres réactions inconnues , il se produit encore :
De l’ammoniaque sensible aux papiers réactifs ;
Un produit sulfuré qui semble être de l'acide sullhydrique, du moins colore-t-il en noir le papier imprégné d’acétate de plomb;
Un acide volatil anilogue , sinon identique à l’acide acétique ;
Un acide volatil odorant, analogue à l’acide butyrique;
Un principe non acide , doué à un très haut degré de l’odeur propre à la viande bouillie ;
Une matière de saveur douce et sucrée, plutôt indiquée qu’étudiée ;
Une matière azotée toute particulière, cristallisable, insipide, inodore, neutre, très soluble dans Peau, peu soluble dans l’alcool, que M. Chevrcul nomme créatine de X fiCLf , chair.
Delà Les principes volatils se dissipent, sinon en totalité, du dTsboÏÏons. moins en partie, à moins que le vase dans lequel on opère ne soit maintenu fermé; au contraire , les matières fixes solubles dans l’eau, que d’ailleurs elles préexistassent toutes formées dans la matière mise en expérience, ou soient le résultat de réactions , à savoir :
La gélatine , la partie incoagulable de l’albumine, les matières extractives et salines du sang et de la lymphe, l’acide lactique en partie libre, en partie combiné, la matière sucrée ayant la même origine ; quelque peu de matière grasse , la créatine, restent en dissolution dans l’eau, et lui communiquent les propriétés qui font employer le bouillon. Les unes le rendent nourrissant; les autres , comme les matières extratives et salines , comme la matière grasse des nerfs, le rendent odorant, sapidc , et par cela même d’une plus facile digestion.
DES SOLUTIONS AQUEUSES
Est-il besoin d’ajouter que l’emploi des carottes, des navets, des oignons, amènerait l’introduction dans le bouillon, des principes colorants et gommeux , du sucre, des matières azotées solubles dans l’alcool et dans l’eau , des sels de potasse, peutêtre même des sels à base de chaux et de magnésie , que renferment ces racines?
Les bouillons médicamenteux , dont le véhicule favorable à Des altérations
décomposition putride des matières organiques , se trouve et de leur chargé de principes singulièrement disposés, comme tous ceux conservaiion* formés d’un grand nombre d'éléments , à subir ce genre de décomposition, constituent des médicaments fort altérables. En quelques jours, en quelques heures même, alors que la température est élevée et l’atmosphère chargée d’électricité , ils se troublent et s’aigrissent. On devra les préparer le plus près possible du moment de les administrer, et les placer dans des lieux frais.
Nous ne devons pas omettre de faire remarquer, que l’usage a fait mal à propos conserver le nom de bouillon d’herbes, à une solution aqueuse qui diffère essentiellement des bouillons proprement dits, par l’absence des matières animales au nombre de celles employées à sa préparation.
Cette solution, s’obtient en faisant bouillir dans de l’eau, des feuilles fraîches de laitue , de poirée , d’oseille et de cerfeuil j ajoutant une certaine quantité de sel marin, de beurre frais, et passant au travers d’un linge.
Des Solutions aqueuses employées en médecine sous les noms :
De tisanne,
— boisson ,
— décoction , D’infusion,
D’eau ,
De liqueur ,
— solution ,
— bain ou de pédiluve,
— collyre
De douche,
D’embrocation ,
De lotion,
— fomentation ,
— - gargarisme,
D’injection,
De lavement ou chlystère ,
— potion purgative ou de médecine.
Etc., etc.
Ces solutions ont pour véhicule tantôt, et presque constamment , l’eau commune , quelquefois l’eau distillée.
L’on emploie Peau distillée à la solution de l’azotate d’argent.
19e ET ÜüOe LEÇONS.
(îii chlorhydrate de baryte, de l’acide oxalique, sur lesquels les chlorures , les sulfates , les sels calcaires de Peau commune ne manqueraient pas de réagir * même à celle de l’opium dont le sulfate et les méconates à bases organiques, pourraient, au moins en partie, être décomposés par le carbonate de chaux que certaines eaux de source , de rivière, renferment en très grande proportion. On l’emploie également, quand on peut craindre que le sulfate et le carbonate de chaux produisent avec les principes azotés des matières organiques, des combinaisons insolubles, susceptibles de défendre du contact du dissolvant les principes solubles; de même que , d’après \auquelin et M. Braconnot, les eaux sèléniteuses ne sont impropres à la cuisson des haricots, que parce qu’une combinaison de ce genre se forme à leur surface.
Ouïes obtient toutes par solution, macération, digestion, infusion et décoction, en se conformant aux règles précédemmentexposées, en traitant de ces opérations. Nous supposerons d’abord que 1 on opère sur des matières susceptibles de se dissoudre complètement dans l’eau, auquel cas on a recours à la solution; ensuite que 1 on opère sur des matières premières, en parties seulement solubles dans ce véhicule, auquel cas on emploie la macération, la digestion, l’infusion ou la décoction.
Bes Solutions abuses préparées awee des matières entièrement
sociables dans l’eau.
Les matières premières, qu’elles soient inorganiques ou organiques, sont-elles susceptibles de se dissoudre complètement dans l’eau, ou plus exactement dans la quantité d’eau prescrite,- On les y fait dissoudre en se servant de vases incapables de donner naissance à des réactions, et en opérant à des températures telles, qu’elles en déterminent le plus complètement possible la solution, et cependant ne puissent ni les volatiliser ni les altérer, etc., etc. De plus, l’on a le soin, ou bien de prévenir toute déperdition du liquide, ou bien de remplacer, après coup, celui qui se serait évaporé, afin qu’en définitive la proportion du dissolvant se maintienne ce qu’elle doit être.
DES SOLUTIONS AQUEUSES
Par exemple ,
Les solutions d’iodure de potassium ioduré des docteurs dépotas Lugol et Coindet, daus lesquelles la solubilité de l’iode dans sium ioduré- Peau est remarquablement augmentée par îa présence de l’iodure alcalin, devront être faites dans des vases en verre,, de préférence aux vases en métal, que l’iode attaque profondément, et à la température ordinaire, en raison de la grande volatilité de Piode.
Le foie de soufre, les sels de mercure, devront également être dissous dans des vases en verre.
La solution alcaline du Codex avec carbonate de potasse 64 gr., eau commune 1000 gr.
La solution d’iode hydrate de potasse avec iodure de potassium, 5 gr.,eau distillée 60 gr.
La solution arsenicale de Pearson avec arséniafe de soude cristallisé 0,§r05, eau distillée 32 gr.
L’eau fondante de Trèvez avec sulfate de soude cristallisé 55 gr. , acétate de potasse l/1 33, nitrate de potasse 1 gr., tartrate d’antimoine et de potasse 0, gr. 014, eau pure 1000 gr., pourront être préparées dans des vases en métal qu’elles n’altéreront pas, et à la température ordinaire, attendu la faible proportion^ et la grande solubilité dans Peau des sels à dissoudre, bien que l’intervention de la chaleur ne peut ni les volatiliser ni les altérer.
Au contraire, pour îa liqueur arsénicale de Fowler, il faudra faire bouillir ensemble 5 parties d’acide arsénieux, 5 parties de carbonate de potasse pur, 500 parties d’eau distillée, parce que la réaction du carbonate de potasse sur Pacide n’est complète, ne produit de Parsénite de potasse, qu’à la température de Pébulütion, et lorsque d’ailleurs la solution sera complètement refroidie, Pon y ajoutera 16 parties d’alcoolat de mélisse composé.
Nous indiquerons, en traitant des arsénites et des arséniates, les moyens de distinguer l’une de Pautre, la liqueur de Fowler de son analogue, la solution de Pearson.
À leur tour, l’hydromel simple se devra préparer en dissolvant 64 gr, de miel blanc dans 1000 gr, d’eau commune tiède,
de foie
de soufre, etc.
Solution alcaline du Codex.
Solution d’iodure de potassium .
Solution de Pearson,
Eau fondante de Tïévez.
Liqueur de Sowler.
Hydromel]
simple.
19e ET 20e LEÇONS.
’Tiiane de gomme.
Eau camphrée.
Ëaü
de goudron .
et la tisanne de gomme, en faisant fondre 32 gr. dégommé arabique préalablement lavée, dans 1000 gr. d’eau froide.
Autant que faire se peut, on doit éviter de faire intervenir la chaleur, quand on agit sur des matières organiques , car elle modifie notablement la saveur des dissolutions. On en trouve une preuve remarquable, en comparant la saveur d’une solution de sucre faite à froid, à celle d’une solution semblable faite à chaud.
Le camphre et le goudron, sont à peu près les seules matières, dont la dissolution exige l’emploi de procédés particuliers que nécessite leur peu de solubilité.
Pour opérer la solution du camphre, on peut se contenter de triturer 4 gr. de camphre, préalablement réduit en poudre au moyen de quelques gouttes d’alcool, avec 500 gr. d’eau distillée, introduire le mélange dans un flacon bouché, pendant 48 heures, agiter et filtrer.
On obtient ainsi une solution contenant environ 0,gr 1 de camphre par 32 gr. d’eau $ mais il vaut mieux, suivant la prescription du Codex, dissoudre 8 gr. de camphre, au moyen de 24 gr. d’éther parfaitement pur, dans un flacon semblable à celui qui sert à préparer le sirop d’éther, ajouter 470 gr. d’eau distillée, agiter à plusieurs reprises durant 24 heures, laisser reposer.
La majeure partie de l’éther encore chargé de camphre, surnage la solution aqueuse, et celle-ci retenant 0,gr 5 de camphre pour 32 gr. d’eau, par conséquent cinq fois autant que la précédente, est soutirée par la tubulure inférieure.
Quanta l’eau de goudron, il existe plusieurs manières de la préparer.
Le Codex emploie 500 gr. de goudron, 15000 gr. d’eau de riv ère, fait macérer pendant 8 à 10 jours en agitant fréquemment, laisse déposer, décante et s’il en est besoin filtre au papier.
M. Soubeiran fait macérer pendant 24 à 36 heures de l’eau sur^ de son poids de goudron, décante, et à plusieurs reprises remet de nouvelle eau sur le résidu.
M. Guibourt place dans une cruche 1 partie de goudron, 10 parties d’eau commune, agite pendant 24 heures, rejette la
DES SOLUTIONS AQUEUSES
première liqueur, et verse sur îc résidu de nouvelle eau qu’il emploie à l’exclusion de l’autre, après un mois de macération.
Il résulte de ce qui vient d’être dît, que l’eau de goudron peut varier dans sa composition; outre en effet, que les proportions d’eau et de goudron prescrites, ne sont pas les mêmes, M. Guibourt enlève par des lavages, certaines matières que le Codex et que M. Soubeiran n’enlèvent pas : M. Soubeiran fait servir le résidu à de nouvelles solutions, ce que le Codex ne fait pas.
Préparée d’après le Codex, elle contient environ 08'1,0135 de matières dissoutes par 32 gr. d’eau. On ne peut préciser la nature des matières dissoutes.
Mais, puisque le goudron , l’un des produits de la décomposition ignée des bois résineux, est essentiellement formé de pyrelaines, de pyrostéarines et de py rétines analogues à celles que nous avons déjà signalées, en traitant de la distillation de la corne de cerf, d’acide acétique, d’esprit de bois, etc., etc., il est probable que l’eau de goudron renferme des traces de ces différentes matières.
Des solutions aqueuses préparées avec des matières en partie
seulement solubles das&s l’eau.
Au lieu d’opérer sur des matières solubles dans l’eau sans résidu, opère-t-on sur des racines, des bois, des écorces, des feuilles, des fleurs, des semences et autres matières, solubles en partie seulement dans ce liquide; on a recours à la macération, à la digestion, à l’infusion, à la décoction, ou plutôt aux trois dernières de ces opérations ; car nous savons, que la macération n’est guère employée, qu’à imprégner d’eau les substances destinées à être traitées plus tard par décoction. Les auteurs du Codex , dans le choix qu’ils ont fait de celles de ces opérations, qu’ils prescrivent de faire servir au traitement des matières premières destinées à la préparation des tisanes, des apozèmes, etc. se sont déterminés d’après des considérations, que déjà nous avons eu l’occasion d’exposer, en traitant de la solution en général. Il nous suffira, quant à présent, de rappeler :
Que la macération et son analogue, la disgestion, s’emploient Tom» L 21
322 19e ET 20e LEÇONS.
dans des circonstances diamétralement opposées, à celles qui font employer la décoction ; lorsqu’il s’agit de prévenir la vaporisation de principes volatils, la solution de principes insolubles à froid et solubles à chaud , la précipitation partielle de ceux que Peau froide dissout mieux que beau bouillante, la coagulation, la modification de ceux que celle-ci coagule ou modifie, la formation sous l’influence de la chaleur et de l’eau, de composés qui rendraient insolubles certains principes solubles, et réciproquement solubles, certains principes naturellement insolubles.
Qu’à son tour, l’infusion de préférence appliquée aux substances à larges surfaces et à tissu peu compact, résume en quelque sorte, quoiqu’à un moindre degré, les avantages de îa macération, de îa digestion et de la décoction, puisqu’elle consiste dans l’emploi de l’eau à la température de l’ébullition, mais seulement de manière à ce que son contact, à cette température, soit de courte durée.
Ils prescrivent de préparer :
f Les gousses lavées, essuyées avec un linge rude , seront ouvertes longitudinalement, et la pulpe intérieure délayée dans l’eau a-j-60ü, sera laissée en contact avec elle pendant 6 heures. A cette températu-
(re, l’eau n’attaquera pas les débris d'enveloppes chargées de tannin, et ne modifiera pas le principe laxatif de la pulpe, que l’eau bouillante tendrait à rendre astringent.
/ Afin , tout en dissolvant leurs principes de graine de Imucilagineux , de ne pas entraîner les lin, /matières résinoïdes de la graine de lin, de racine \ l’amidon de la guimauve, et en dernier de guimauve, J résultat, d obtenir des solutions transpa- ; f rentes.
de casse,
les
tisanes
simples,
Par digestion, à une douce chaleur ,
de rhubarbe ,
la
tisane
com-
posée,
dite royale ou plutôt 1 apozème royal ,
Afin, tout à la fois, d’obtenir une solution transparente, et de ne point modifier défavorablement les principes laxatifs de la racine.
Les matières premières (feuilles de séné, anis, coriandre, feuilles fraîches de cerfeuil, citron coupé par tranches, sulfate de soude) sont de celles qui, les unes cèdent aisément a 1 eau tiède leurs principes actifs , les autres s'y dissolvent très uien, les autres encore perdent, par l’ébullition, une portion notable de leurs principes actifs volatils.
DES SOLUTIONS AQUEUSES
Par
infusion
en
laissant
le
liquide
en
contact avec les matières premières pendant un
temps
plus
ou moins long.
de fleurs d’arnica,
— coquelicots,
— mauve,
— tilleul,
— bouillon blanc,
— petite centau-
rée ,
— guimauve,
- mauve ,
- tussilage,
- violettes,
de feuilles de bourache,
— chamœdris , —chicorée sauvage,
— scabieuse,
— d’oranger, d’uva ursi ,
de capillaire , de doradille.
Ces fleurs et ces feuilles cèdent à l’eau par x illusion, tous leurs principes médicamenteux.
Les
tisanes
simples,
Les
tisanes
compo-
sées,
d’écorce i La décoction donnerait une tisane de simarouba , f moins amère et plus louche.
IAfin , en ne dissolvant pas le rouge cinchonique , et sa combinaison avec les alcaloïdes susceptibles de se précipiter par le refroidissement, d’obtenir une solution plus transparente.
de racine :
d’asperge, d’aunée , de bardane, de fraisier , de patience, de ratanhîa, de saponaire, de polygala de Virginie , de quassia amara , de sassafras , de valériane, de réglisse,
Ces racines ne seraient pas profondément attaquées par la digestion; d’un autre côté , celles qui sont amylacées, comme la bardane, la patience, ou chargées de matières résinoïdes comme la réglisse, le ratanhia, dont le tannin a été partiellement converti en apothème insoluble, fourniraient par décoction des [solutions troubles.
de cachou,
de pulpe de tamarin ,
!La décoction , en déterminant la solution du tannin transformé en apothème, fournirait une solution louche.
S On délaie la pulpe dans l’eau bouillante ; la décoction en attaquant les semences et les filaments du tamarin, produirait une solution mucilagineuse et astringente.
dite de bardane, t p0l3r éliminer l’amidon de la première, aVdo fnrdane \ ,a tnatière résineuse de la seconde, et et de régisse j Par suite obtenir une solution claire.
d’espèces :
amères, anthelminthiques , astringentes , beehiques ,
diurétiques , principes actifs, pectorales , \
sudorifiques | pour infusion , ‘
Les matières premières qui composent ces espèces, peuvent à peu près également bien céder à l’eau , par infusion , leurs
Par infusion, en laissant le liquide enf contact avec les matières premières pendant un temps plus
ou moins long.
19e ET 20e LEÇONS.
L’apozème , antiscorbutique ,
Los
! fomentations,
avec la racine de raifort, les feuilles de cochléaria , de cresson , de trèfle d’eau , la bardane , la patience,
avec les espèces aromatiques , narcotiques ,
de bois degaïac, de racine de jalap ,
de racine J de columbo , \
de racine de chiendent ,
d’écorce de racine de grenadier.
de feuilles d’absinthe sèche ,
Par décoction plus
ou moins , prolongée.
La bardane et la patience chargées d’amidon, les plantes antiscorbutiques chargées de principes volatils, ne pourraient être traitées par décoction, sans que la solution devînt épaisse et louche, I et perdît de son activité.
l’attaque profon-
Les tisanes simples ,
/ de riz , d’orge mondé, \ — perlé, de gruau ,
de lichen dislande ,
\ de mousse de \ Corse ,
Les principes narcotiques des plantes de ce nom , ne pourraient que se dissiper à la température de 1 ébullition , et il en serait de même des principes aromatiques des autres.
Afin de produire la dissolution d’une partie des principes résineux, à la faveur des matières amylacées ou gommeuses qui les accompagnent.
Au moins quand on la destine au traitement des dyssenteries, contre lesquelles elle agit en partie par son principe amylacé; car elle devrait être préparée par infusion si on la voulait employer comme tonique.
La racine aura dû être privée de ses écailles et de ses radicules, lavée à l’eau froide , puis battue dans un mortier.
La décoction seule dément.
Quand on veut dissiper une partie de l’huile volatile qui la rend excitante et l’employer comme tonique , car autrement il faudrait agir par infusion.
Afin d’opérer la rupture des enveloppes des globules amylacées, et par suite Pinitroduction dans le liquide, d’une portion de leur propre substance, soit à l’état de dissolution , soit même à l’état de division extrême.
Les trois lresde ces substances devront, au préalable , être lavées à l’eau froide.
Dans le double but: 1° d’augmenter la proportion de matière gélatinoïde; soit que préexistante toute formée elle ne puisse être dissoute par l’eau qu’à une haute température, soit que, semblable à | la gélatine animale, elle se produise sous l’influence de l’eau bouillante; 2° de diminuer l’amertume de la liqueur, soit, à son tour, que la dissolution d’une plus [grande quantité de mucilage contribue à masquer la présence du principe amer , soit que celui-ci se modifie à une haute température. Le lichen devra être lavé à l’avance à plusieurs eaux, pour déjà lui \ enlever une partie de son principe amer. Pour faire aussi, de même qu’il vient d’être dit au sujet du lichen, qu’une très forte proportion de matière gelatinoïde soit dissoute ou produite.
DES SOLUTIONS AQUEUSES. 355
Par
décoc-
tion
1 La tisane J compo- > sée, j
plus <
J La 1
ou moins
\ décoc- J
prolon-
tion <
gée.
I de
1 Pollini , f
La j fomenta- \ \ tion , j
de fruits pectoraux ,
avec le brou de noix sec , la salsepareille, la squine , le sulfure d’antimoine , la pierre ponce,
avec les espèces émollientes ,
Les principes sucrés et mucilagineux de ces fruits peu ou point altérables par l’eau bouillante, seront dissous par elle en plus fortes proportions qu’ils ne le seraient par beau à une basse température.
Les dattes devront être ouvertes pour en retirer les noyaux, les jujubes et les figues, pour faciliter l’action du liquide, et les raisins, seront privés de leurs rafles.
Le sulfure d’antimoine et la pierre ponce , réduits en poudre , seront placés dans un nouet ; d’après M. Guibourt, le sulfure d’antimoine pur, ne céderait rien au liquide, mais le sulfure d’antimoine naturel , toujours mélangé de sulfure d'arsenic, lui céderait , à la température de l’ébullition, par suite de la décomposition de l’eau , de l’oxyde d'arsenic.
Les principes mucilagineux de ces espèces n’ont rien à craindre du contact de l’eau bouillante , et ne sont dissous en grande proportion que par elle.
Dans les cas, du reste assez rares, où les matières premières, en raison, soit de leurs textures , soit de leurs compositions différentes , ne pourraient être traitées simultanément, on en formerait deux parts, que l’on soumettrait séparément à l’action d’une portion du véhicule porté à une température convenable , ou que l’on traiterait l’une après l’autre, par la totalité de ce même véhicule, porté , à chaque fois, à la température la plus appropriée à sa double destination.
Par exemple, les tisanes dites de chiendent et d’orge, la première avec les racines de chiendent et de réglisse, la deuxième avec l’orge et la racine de réglisse, se préparent en faisant bouillir, dans les quantités d’eau prescrites, le chiendent préalablement lavé à l’eau froide et conlusé, ou l’orge également lavée à l’eau froide ; puis en versant les décodés sur la réglisse coupée par morceaux, et laissant infuser.
En agissant ainsi, on épuise de ses principes actifs le chiendent, on détermine la solution d’une partie des principes amylacés de l’orge, sans introduire dans la tisane la matière rési» noïde de la réglisse, laquelle en troublerait la transparence.
D’un autre côté, l’apozème ou tisane sudorifique, se prépare en faisant bouillir, pendant une heure, le gaïac et la salsepareille, que l’eau froide attaquerait mal , ajoutant le sassafras
Des tisanes de chiendent etdlôrge.
De l’apozème ou lisane sudorifiq «e.
326 19° ET 20e LEÇONS.
chargé de principes aromatiques , la réglisse, et laissant infuser pendant deux heures.
De quelques manières qu’elles aient été préparées , les solutions aqueuses ont besoin d’être débarrassées des matières qui troubleraient leur transparence, par les moyens précédemment indiqués, c’est-à-dire par îevrepos et la décantation ou par leur passage au travers d’un linge, d'une étamine , ou môme d’un filtre en papier. Celles préparées avec les fleurs d’arnica, de tussilage, de pied-de-chat, de bourrache , avec le capillaire et la doradille, ont plus spécialement besoin d’être filtrées au papier, attendu que les premières entraînent des poils, et les secondes des organes de fructification, assez ténus pour traverser les tissus en toile ou en coton. On ne peut préciser à priori , le mode de dépuration qu’il conviendra d’employer; car des circonstances nouvelles pourraient rendre insuffisant tel procédé, que d’abord on aurait employé avec un plein succès. Mais comme le passage d’un liquide au travers d’un tissu, ne peut guère après tout en changer la nature , l’opérateur est presque toujours libre de faire usage de toiles , d’étamines, ou de filtres en papier.
C’est seulement après avoir été dépurées , que les solutions aqueuses reçoivent les applications diverses qui les font considérer comme des tisanes, des apozèmes, des boissons, des infusions, des collyres, des lotions , des gargarismes , des injections, etc., etc., sans que, souvent, je le répète, on puisse signaler entre elles des différences, sous le point de vue de la composition et du mode de préparation. Cependant, on peut dire, que les tisanes, par cela même qu’elles doivent servir de boissons habituelles aux malades, devront le plus possible être peu chargées , sans odeur, sans saveur désagréable, tandis que rien de semblable n’a lieu pour les apozèmes, les collyres, les injections, etc. De plus , on est dans l’habitude de les édulcorer avec du miel, du sucre, ou mieux encore avec du sirop, qui n’a pas, comme le miel et comme le sucre imparfaitement raffiné , l’inconvénient de troubler leur transparence ; au contraire, les autres solutions aqueuses sont habituellement employées sans être édulcorées.