‹ Cours complet de pharmacieChapitre 61 sur 103 · DE LA COMPOSITION DES SOLUTIONS AQUEUSES · texte numérisé non relu

DE LA COMPOSITION DES SOLUTIONS AQUEUSES

Les solutions aqueuses, préparées avec des matières partiellement solubles dans l’eau, les seules doot il poisse être utile de chercher à connaître la composition, car celles préparées avec des matières solubles sans résidu, les renferment évidemment elles-mêmes, doivent être chargées : Des principes immédiats que nous savons posséder la propriété de se dissoudre dans l’eau , ceux-ci à toutes températures, ceux-là à certaines températures.

Par conséquent, de la plupart des acides restés libres dans les végétaux.

De la plupart des sels à acides organiques et à bases inorganiques qui s’y rencontrent, parce que ceux-là même de ces sels qui sont insolubles dans l’eau à l’état neutre, existent dans les plantes avec un excès d’acide qui tend eu général à les y rendre solubles.

Cependant, un excès d’acide ne rend pas soluble l’oxaîate de chaux , et diminue la solubilité du tartrate et de l’oxalate de potasse.

Des bases salifiables organiques, puisque toutes existent dans les végétaux, à l’état de sels acides solubles dans l’eau;

Des principes sucrés ;

Des principes gommeux du genre arabique, quelle que soit la température à laquelle on ait opéré, du genre cérasine si l’on a opéré par décoction, mais à l’exclusion, dans l’un et dans l’autre cas , de ceux du genre bassorine.

De tannin ;

De pectine, à moins que l’on n’ait prolongé l’ébullition, car il est à penser qu’il y aurait eu alors transformation de la pectine soluble, en acide pectique insoluble.

D’albumine végétale, si la dissolution a été faite au-dessous de 70 à 80° ;

De la portion centrale des globules amylacés, si elle a été faite à une température capable de déterminer la rupture de leurs enveloppes-

Des principes huileux volatils, lesquels toutefois ne se dissolvent dans l’eau qu’en très minime proportion, et sont en grande partie volatilisés à la température de son ébullition.

De divers principes colorants ;

De ta

composition des solutions aqueuses.

19e ET 20 LEÇONS.

De quelques-uns de ces principes, qui ne se rencontrent que dans un nombre plus ou moins restreint de végétaux , comme la mannite, la salicine, etc.

Les principes huileux fixes, les principes résineux , le ligneux, devront au contraire, en être exclus. Du moins, insolubles qu’ils sont dans l’eau , ils ne s’y rencontreront que par suite de mélanges intimes, ou de combinaisons contractées sous l’influence d’une ébullition prolongée ; nous savons même, que le ligneux ne paraît pas susceptible d’être introduit dans les dissolutions à la faveur de semblables combinaisons.

Les solutions aqueuses pourront encore renfermer des matières formées pendant l’opération ; telles seraient : les huiles volatiles, développées aux dépens des principes immédiats particuliers aux amandes amères et aux semences de moutarde noire ? sous la double influence de l’eau et d’une substance azotée ; les matières gélatinoïdes, que produit l’action prolongée de l’eau bouillante , aux dépens des squelettes du lichen et de la * mousse de Corse ; l’acide gallique, dans lequel le tannin dénaturé par l’oxygène de l’air se convertit partiellement, etc.

L’extrême difficulté, pour ne pas dire l’impossibilité de prévoir l’influence, que peut exercer par rapport à leurs solubilités 9 ou à leurs insolubilités réciproques, l’existence simultanée, dans les végétaux, de nombreux principes immédiats j les changements que, de leur côté, Peau, la chaleur, l’air, isolément ou réunis, peuvent produire dans la constitution définitive des produits, ne permettent de se former à priori , qu’une idée fort incomplète de la composition des solutions aqueuses, même en supposant parfaitement connue, celle des plantes employées à leur préparation.

Des altérations Quant aux altérations qu’elles peuvent éprouver avec le temps,

des solutions * 1 ^ l *

aqueuses, celles qui ne renfermeraient que des matières inorganiques , seraient tout au plus exposées aux changements que le contact de l’air pourrait faire éprouver à leurs principes constituants, et par conséquent se conserveraient indéfiniment dans des flacons hermétiquement fermés. Les autres, au contraire, seraient susceptibles d’éprouver une véritable fermentation putride, puisque tous les éléments de cette décomposition, à savoir : l’eau, les matières

DES MUCILAGES.

organisées, s’y trouveraient réunis, puisque, même, les principes immédiats sucrés, gommeux, albumineux, amylacés, le tannin, etc., que l’eau dissout de préférence aux résines etaux huiles fixes et volatiles, sont de tous les plus altérables.

Sous ce rapport, elles se rapprochent singulièrement des sucs aqueux, l’eau additionnelle y remplaçant en quelque sorte l’eau de végétation, et constituent comme eux, des médicaments magistraux, qu’on ne peut, quoi que l’on fasse, conserver au delà d’un temps souvent fort court, bien que l’absence de l’air et de la chaleur en retarde l’altération.

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