ES SOLUTIONS
Dans les Huiles volatiles on myroiés (de ftvpov, essence); dans les Huiles fixes ou élceolés (de sAeuov, huile). — Huiles médicamenteuses.
Les solutions dans les huiles se partagent en deux groupes, suivant que leur véhicule est une huile volatile ou une huile fixe.
Des Solutions dans les huiles volatiles.
Ce groupe ne comprend guère que quatre préparations.
Le baume de soufre anisé avec la fleur de soufre et l’essence d’anis,
— térébenthiné — — de térébenthine,
— — succiné — et l’huile volatile de succin.
Le baume de Vinceguère, dit aussi de Lecteur ou de Condom , avec :
Huile volatile : Huile volatile de macis. . .)
— muscades.) ^Par^ies-
de petrole
— térébenthine. . .
— lavande. .....
— genièvre
— girofle
Parmi ces baumes, les trois premiers contiennent, outre une certaine quantité de soufre, un peu d’hydrogène sulfuré, provenant sans doute d’un commencement d’altération des essences. Le quatrième lient en dissolution le camphre, l’huile volatile, la matière grasse concrète, un peu du principe colorant du safran, l’ambréinc, la matière résinoïde et le principe aromatique de l’ambre, la stéarine, l’oléine, la cholestérine, l’huile volatile, peut-être l’huile acide combinée à l’ammoniaque que l’on rencontre dans le musc.
On prépare les baumes de soufre en faisant digérer au bain de sable, à une température de 120 h 125°, une partie de fleur de soufre lavée et séchée et 4 parties d’essence. Lorsque le mélange a pris une teinte rouge prononcée, et que le soufre est en grande partie dissous, on laisse refroidir ; on décante et l’on filtre, afin de séparer l’excès de soufre de celui qui s’est déposé par le refroidissement, d’ordinaire sous forme d’aiguilles.
On prépare le baume de Vinceguère, par digestion à l’étuve dans un flacon fermé, en ayant le soin d’agiter de temps à autre, et de prolonger le contact pendant 12 à 15 jours.
Ces solutions sont d’une longue et facile conservation. Seulement, on les doit tenir dans des flacons hermétiquement fermés et à l’abri de la lumière; l’air tendant à résinifier les huiles volatiles qui en font partie, et la lumière à les décolorer.
Des Solutions daass les huiles axes
Les huiles fixes, sont bien plus fréquemment employées que les huiles volatiles, à la préparation des solutions médicamenteuses. Pour mieux dire, l’huile d’olive sert bien plus fréquemment à cet usage, car toutes les solutions dont nous allons avoir à nous occuper, l’ont pour véhicule, sans en excepter l’huile
— benjoin rectifiée. ... 20
40 parties, camphre \ „
safran . » °
nuise . . A C)
ambre gris J
De leur composition
De leur préparation.
De leur préparation.
Par solution.
Huile
camphrée , phosphorée.
Par digestion.
Huile de roses , de lis ,
de camomille, d’hypéricum.
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camphrée, que par exception cependant, les anciennes pharmacopées préparaient avec l’huile d’amande douce.
Gnjla préfère à cette dernière, parce qu’elle rancit plus difficilement; à l’huile blanche, parce qu’elle ne se dessèche pas à l’air.
Le camphre, le phosphore, l’écorce sèche de garou, les pétales mondées et frais de roses pâles et de lis, les fleurs sèches de camomille, les sommités fraîches de plusieurs labiées, les sommités sèches d’hypéricum et de mélilot, les feuilles fraîches de ciguë, de belladone, de jusquiamc, de mo relie, les semences de fenugrec, les cantharides, sont les matières que l’on met le plus habituellement en contact avec l’huile.
On les y met d’ailleurs dans des proportions qui n’ont rien de constant.
Tantôt on triture à froid dans des vases que l’huile ne puisse altérer, par conséquent en évitant ceux en cuivre, la matière médicamenteuse et le dissolvant, jusqu’à ce que la dissolution soit complète, et l’on filtre au papier. (L’huile camphrée.)
Tantôt on opère encore par solution , mais à une température élevée et à l’abri de l’air. Ainsi l’huile phosphorée se prépare, en plaçant le phosphore préalablement séché en le frottant entre des feuilles de papier non collé , dans un flacon en grande partie rempli d’huile d’olive, fermant le flacon, le chauffant au bain-marie jusqu’à fusion complète du phosphore ; agitant fréquemment sans retirer de l’eau, laissant déposer, retirant de l’eau. Quand la solution est complètement refroidie, et l’excès de phosphore solidifié , Ton décante rapidement dans des flacons susceptibles d’être parfaitement bouchés, que l’on en remplit.
Tantôt on place dans un vase couvert , en faïence ou en porcelaine, l’huile et la matière médicamenteuse convenablement divisée, l’on fait digérer soit à l’étuve, soit au bain-marie, soit même au soleil, pendant 3 ou 4 jours, en ayant le soin d’agiter de temps à autre , et de modérer d’autant plus la chaleur, que les principes dont on veut charger l’huile sont plus volatils; on répète s’il en est besoin 2 ou 3 fois ces digestions sur de nouvelles plantes, afin d’obtenir des solutions plus saturées ( huile de lis et de roses, etc., etc.), on exprime et l’on filtre.
Si les matières avaient été employées fraîches , comme les pétales de lis et de roses, avant de filtrer, on abandonnerait l’huile au repos, du jour au lendemain, pour que l’eau interposée se déposât, et l’on filtrerait au travers d’un papier imprégné d’huile, afin que l’huile seule pût le traverser.
Tantôt encore, lorsque l’on fait usage de plantes fraîches Par décoction, gorgées d’eau de végétation, et renfermant des principes actifs de cj^l'l*ÂIe peu volatils; de feuilles fraîches de ciguë, de belladone , de belladone,
.. 1 . de jusquiame
jusquiame, de morelle ; après les avoir contusées, on les chauffe à feunu avec l’huile, jusqu’à ce que toute leur eau de végétation se soit dissipée, jusqu’à ce que le frémissement que produisait au début de l’expérience, le passage de la vapeur d’eau au travers de la couche d’huile, ait presque entièrement cessé, et qu’en même temps les feuilles primitivement d’un beau vert et très flexibles, soient devenues d’un brun verdâtre et friables; puis on laisse tomber le feu. Après 2 à 3 heures de digestion, pendant laquelle surtout l’huile exerce son action dissolvante, que la présence de l’eau avait d’abord gênée; Ton passe avec expression et l’on filtre.
Parfois enfin, l’huile est chargée par décoction des prie- Par décoction cipes solubles et peu volatils de certaines plantes, puis versée — chaude sur d’antres plantes, que la volatilité de leurs principes de narcotiques n’aurait pas permis de traiter par décoction. tranquiUe.
Par exemple, pour le baume tranquille, on fait bouillir dans l’huile les feuilles fraîches et contusées de belladone, dejusquiame , de morelle , denieoliane, de pavots, de stramonium; on laisse digérera une douce chaleur, suivant ce qui vient d’être dit pour l’huile de ciguë et ses analogues , puis on verse le produit encore chaud sur les sommités sèches d’absinthe, d’hysope, de lavande, les fleurs de sureau et de romarin; on laisse macérer pendant un mois, l’on passe avec expression , on laisse déposer, on décante et l’on filtre.
Il ne sera, sans doute, pas inutile de rappeler ici ce que nous avons dit ailleurs , savoir : que ces huiles bien que désignées sous le nom d’huiles par décoction et par infusion, ne sont eu réalité préparées ni par décoction ni par infusion, puisque le véhicule huileux n’est point porté au maximum de température
22e LEÇON.
De leur composition
qu’il peut atteindre sous la pression ordinaire de l’atmosphère.
Relativement à leur composition, on peut dire d’une manière générale, que les huiles médicamenteuses semblent devoir
être chargées :
Des principes résineux et huileux fixes , huiieux volatils ,
( ceux de l’orcanette,
De certains principes colorants, ' — du curcuma ,
I la chlorophyle;
De quelques acides libres (benzoïque), à l’exclusion :
du ligneux ,
des principes gommeux ,
— sucrés ,
— fmylacés ,
du tannin,
de la pectine, de l’albumine végétale , du gluten , des sels minéraux , même des sels organiques.
L’analyse des matières premières, employées à leur préparation , conduit à penser que l’on rencontrerait :
Dans l’huile rosat, de l’huile volatile :
Et de la matière grasse des pétales de roses, à l’exclusion du principe colorant , ce qui oblige à la colorer après coup avec la racine d’orcanette. La cochenille, dont le principe colorant est insoluble dans les huiles fixes, ne saurait la remplacer,
Dans l’huile d’hypéricum , de l’huile volatile ,
— — de la résine ,
— de cantharides, de la cantharidine.
— — - de l’huile verte concrète non vésicante,
— jaune non vésicante,
— de garou, de l’huile volatile vésicante,
— — de la résine ,
— — delà cire,
— defenugrec. de l’huile volatile ,
— — — fixe ,
— — du principe colorant.
Quant aux huiles de ciguë, de jusquiame, de belladone , elles renferment, à n’en pas douter, de la chlorophyle et de la résine , mais sans qu’on puisse être aussi certain qu’elles renferment les combinaisons à bases organiques auxquelles ces plantes doivent leurs propriétés, attendu qu’à l’état de liberté, ces mêmes combinaisons sont insolubles dans les huiles fixes. Toutefois l’action thérapeutique des huiles préparées avec les plantes précitées, semble indiquer la présence de leurs principes essentiellement actifs.
Observons que l’expérience pourrait ne pas toujours con-
firmer les indications que vient de fournir la théorie ; car les principes gommeux ou muqueux, tout incapables qu’ils sont d’être dissous par les huiles fixes, dans lesconditions ordinaires, s’y dissolvent parfois, témoin les flocons muqueux que laisse déposer l’huile de pavot chauffée vers 200°, et la nécessité de dépurer l’huile de colza destinée à servir de combustible dans les lampes, afin, précisément, d’en séparer le mucilage, qui arrêterait la combustion en encrassant les mèches, #
Au contraire, bien que le principe actif du garou soit très soluble dans les corps gras, il existe dans l’écorce, tellement enveloppée de matières muqueuses, qu’il est à peine dissous par l’huile. *
Aussi 3YI. Lartigues propose-t-il, de préparer l’huile de garou en faisant bouillir l’écorce avec de l’eau et de l’huile, afin que l’eau dissolvant le mucilage, facilite ensuite l’action dissolvante de l’huile; et M. Goïdefy, de battre l’écorce dans un mortier en fonte et de l’y arroser d’alcool, avant de la traiter par l’huile fixe.
Les huiles médicamenteuses sont des médicaments d’une assez facile conservation. Elles exigent, cependant, qu’on les place à l’abri de l’air, de la chaleur et de l’humidité, qui tendent à faire rancir l’huile, même à l’abri de la lumière, sous l’influence de laquelle M. Save a vu le baume tranquille et quelques autres se décolorer.
Leur
conservation.
23e LEÇON.
XXIIIe LEÇON.
CstraitB.
Lorsque i’op évapore :
Le produit du traitement par l’eau, l’alcool, l’éther, ou par tout autre liquide volatil, des racines, des feuilles, des fleurs, des semences, e!c., etc.; un suc déplanté herbacée ou de fruit charnu, la bile , l’on obtient pour résidu , des matières plus ou moins sèches, plus ou moins molles, suivant que l’évaporation est poussée plus ou moins avant, en général, d’un brun foncé , d’odeurs et de saveurs rappelant mal celles des substances mises en expériences, quelquefois cependant d’un beau vert, d’odeur et de saveurs fort analogues à celles des substances premières , dans lesquelles se retrouvent tous les principes qui préexistaient dans les solutions mises en évaporation, moins ceux qui auraient pu se dissiper, se séparer, se modifier; plus, au contraire, ceux qui auraient pu s’ajouter, se produire, durant l’opération.
Ces matières, portent en pharmacie les noms d’extraiis. Ceux-ci se peuvent donc définir, des médicaments tantôt solides, tantôt mous, de couleurs, d’odeurs et de saveurs variables , provenant de l’évaporation de liquides chargés de principes médicamenteux.
On a parfois désigné quelques-uns d’entre eux sous des noms particuliers : les extraits secs, sous le nom de Sels essentiels, les extraits de sucs de fruits, sous celui de Robs ; l’extrait mou de raisin a été nommé Sapa, et le suc de raisin, réduit au tiers de son volume, Myva; mais comme rien ne motive ces noms spéciaux, comme notamment l’emploi de la dénomination de sels essentiels, ne tendrait à rien moins qu’à donner une fausse idée de la constitution des médicaments auxquels on l’appliquerait, nous nous servirons, à l’exclusion de toute autre , de la dénomination d’extrait.
Les solutions obtenues en traitant par l’eau, les racines, les